Le souffle court

Le week-end qui a suivi la deuxième échographie, le petit haricot a donc été au centre des conversations. Je me sentais bien, quoique un peu fatiguée, et j’ai pleinement profité des balades et du beau temps. Nous avons prolongé le séjour par une nuit dans une auberge, nichée au creux de gorges, à deux pas d’une cascade. Le matin nous sommes donc partis sur le chemin des chutes, un sentier qui descend bien raide pendant une dizaine de minutes. En bas, un
endroit magique, une cascade de 70 mètres de haut, une eau turquoise et une rivière qui serpente dans la forêt…

Puis il a fallu remonter. Alors en temps normal il faut savoir que j’ai à peu près autant de souffle qu’un poussin qui sort de l’œuf. Mais là… Au bout de 3 minutes j’étais au-delà de l’essoufflement. La respiration sifflante, le teint rouge, j’ai dû m’arrêter tous les 50 mètres, et j’ai fini au bord de l’agonie. L’homme n’en est pas revenu. Et j’ai compris pourquoi mon bouquin parle d’un accroissement du volume sanguin qui accroît la sensation d’effort.

Et puis, quelques jours plus tard, j’en suis venue à manquer à nouveau de souffle, au sens figuré cette fois. Il y a eu un moment où j’ai réalisé un peu plus que d’ordinaire, sans doute. Toujours est-il que j’ai été prise d’une sorte d’angoisse diffuse, une peur presque honteuse. Ce bébé, il était là, même si j’avais encore du mal à me projeter. Ce bébé, il allait arriver au plus tard à la fin du mois d’avril prochain. C’est horrible à dire mais : que je le veuille ou non. Bien sûr que je le voulais, bien sûr que je le veux toujours, mais c’est la prise de conscience que je ne pouvais plus faire marche arrière qui m’est tombée dessus et qui m’a terrifiée. Elle m’a stoppée net, m’a coupé le souffle, et m’a laissé mille questions en tête. Bon sang, mais qu’est-ce qui nous a pris ?  Franchement, on était pressés, ça pouvait pas attendre encore un peu, hein ? Bordel, mais comment on va faire ? Bordel, mais comment je vais faire ? Bref, panique à bord, arrêtez la planète, je veux descendre.

Cela n’a pas duré longtemps, fort heureusement. Avec le recul je vois ça comme une étape dans la prise de conscience de ce que va être le bouleversement de sa naissance. Et du fait qu’il est bien là, même si je ne le sens pas encore, en train de pousser tranquillement, petite graine d’une vie nouvelle et pleine de promesses.

pousse1

8 réflexions sur “Le souffle court

  1. Je connais ces problèmes de souffle et cette impression de faire un effort surhumain quand je monte les escaliers ou que je fais une petite promenade ^^’
    Mais je connais surtout ces bouffées d’angoisse, ces crises de conscience, et je me pose exactement les mêmes questions: Pourquoi l’avoir fait maintenant? Et si c’était trop tôt? Comment on va
    faire?!
    Puis ça passe… Mais ça revient ^^’
    Puis je me dis que ça doit être quelque chose de normal… Comme tu dis, c’est qu’on prend conscience du bouleversement qui approche.
    Bon courage pour la suite 🙂

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    1. Oh purée merci, je me sens moins nulle! J’avais honte d’écrire un truc pareil, sachant que certaines n’arrivent pas à tomber enceinte je me sentais mal placée pour me plaindre… En fait c’est pas que je me plains, mais bon tu as compris 😉 Je suis rassurée de savoir que je ne suis pas la seule! C’est vrai que ça revient un peu parfois, mais la première « crise » a été la pire, la flippe totale!

      On va s’en sortir 😉

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  2. En fait la prise de conscience je la prend avant la grossesse c’est ça? ^^
    Non mais c’est génial la façon dont tu raconte, votre balade et le lieu du séjour font rêver. ET c’est rassurant comme article. Continue de profiter maintenant ma chérie

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    1. Ouais, mais t’inquiète une fois enceinte ça t’arrivera encore 😉 J’avais lu que pas mal de femmes pouvaient remettre en cause leur désir de maternité sous le coup de la peur, je croyais que c’était exagéré… mais non, on flippe, et après tout c’est normal, parce que faire un enfant ce n’est pas comme acheter un vélo, quoi. Tu vas assurer bichette!!!

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  3. Un bebe c’est un bouleversement dans une vie, on y est jamais vraiment prepare. On doute, c’est normal. On se pose plein de questions et ce sont elles qui nous font avancer.
    Ca fait peur mais je pense que tout ca est tres positif……moi j’ai commence a reve avec ta cascade d’eau et ta foret. Meme si en effet je ne suis pas sure que je pourrais partir en excursion
    aujourd’hui!!!

    Bises et essayes de te relaxer.

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    1. C’est vrai, et les quelques personnes que je connais qui ne se sont jamais posé une seule question (genre avoir un bébé c’est le truc le plus facile du monde, je vois pas où est le problème) ont eu de sacrées surprises par la suite… Alors quand on flippe, c’est qu’on est conscient? Heureusement les moments d’euphorie dominent largement, surtout après une échographie 😉

      Bises!

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