Le choix de la préparation à la naissance

Me voici à la moitié de ma grossesse, déjà ! Nous avons fait la moitié du chemin vers le jour de la rencontre… L’occasion de revenir sur le choix de ma préparation à la naissance, qui n’a pas forcément été simple.

Lorsque je suis allée faire l’échographie du premier trimestre, j’ai commencé à me renseigner sur les cours de préparation à l’accouchement. J’ai alors appris que l’hôpital propose quatre méthodes différentes : les cours classiques, le yoga, la sophrologie et la préparation en piscine. Quand j’ai demandé à la secrétaire comment faire pour être orientée dans mon choix, elle m’a proposé un rendez-vous avec une sage-femme pour en parler. Il s’agissait en fait de l’entretien prénatal précoce, qui se déroule au cours du quatrième mois de grossesse, et donc personne ne m’avait parlé jusque-là. Cet entretien permet en théorie d’aborder différentes questions, auxquelles le gynéco n’a pas forcément le temps de répondre, et d’être orientée vers ce que l’on appelle désormais les cours de préparation à la naissance et à la parentalité.

Fin octobre, c’est donc pleine d’enthousiasme que je m’y suis rendue. Une sage-femme pour moi toute seule pendant une heure, je ne doutais pas qu’elle allait m’aider à choisir ma préparation. Oui mais voilà… Je me suis sentie très rapidement prise de haut. Lorsque j’ai commencé à expliquer que j’avais pris ce rendez-vous car j’étais un peu paumée… elle ne m’a pas laissé finir ma phrase. En fait j’allais dire « paumée dans le choix de la préparation », mais elle n’a entendu que « paumée ». « Cette grossesse est désirée ? » m’a-t-elle brusquement interrompue. Ah oui, tout à fait madame. Elle s’est alors retournée vers l’interne en médecine qui assistait à l’entretien, et lui a patiemment expliqué : « non parce que tu comprends, quand une femme enceinte te dit qu’elle est paumée, c’est souvent qu’elle n’avait pas prévu cette grossesse. » Je vous passe les détails de la suite, mais en gros « ne vous en faites donc pas ma petite », « réservez vite vos cours de préparation, c’est urgent », mais en même temps « allez, va, laissez votre ventre pousser avant de vous poser des questions ». Elle m’a bien fait sentir qu’avec mes ridicules trois mois et demi de grossesse je n’avais pas tellement le droit de la bombarder de questions.

Côte choix de la préparation, elle s’est contentée de me lire la brochure de l’hôpital, et de me dire que c’était à moi de choisir, point barre. Que l’haptonomie c’est pour celles qui ne veulent pas la péridurale. Que pour aller en salle nature il faut s’engager à ne pas la demander non plus. Qu’on ne pouvait pas choisir deux préparations complémentaires. Et, cerise sur le gâteau, que le papa n’était pas le bienvenu aux cours. Je crois qu’on pouvait difficilement faire plus décevant et moins constructif. Sachant que ce rendez-vous entre dans les 8 séances de préparation prises en charge, j’ai eu un sentiment de gâchis immense. En fait ça m’a carrément déprimée pour la soirée tellement je me sentais nulle et incompétente. Deux jours plus tard, j’ai décidé de ne pas me laisser décourager et j’ai fait le tri moi-même dans les préparations à la naissance…

La préparation classique est avant tout informative. Beaucoup de théorie, avec tout de même un peu de relaxation et de respiration. En somme, la base lorsqu’on attend son premier enfant. Mais je trouvais ça un peu trop théorique…

La sophrologie fonctionne selon le principe de la visualisation positive et de la relaxation. Mais, pour avoir essayé en d’autres circonstances, je sais déjà que ça ne fonctionne pas sur moi. Je suis capable de rester concentrée sur les mots utilisés par la personne qui dirige la séance, cherchant à décrypter leur fonction précise, donc bonjour le laisser-aller….

La préparation en piscine me semblait intéressante pour mon dos, qui me cause bien des soucis depuis des années. Le seul problème c’est la distance entre mon domicile et la piscine dont se sert l’hôpital : quasiment trois quart d’heure de route. Autant dire que passer autant de temps dans la voiture que dans l’eau risque d’annuler complètement l’effet détente. Certains considèrent qu’il s’agit uniquement d’un complément à une autre préparation, mais difficile d’en juger sans connaître.

Le yoga présente de nombreux avantages : on travaille la respiration, la détente, le lâcher-prise, mais aussi le corps, que l’on prépare à l’accouchement. Cette solution me plaisait bien, l’absence du père mise à part. J’avais peur que cela reste un peu trop physique pour moi, car, même si les mouvements sont très doux, je ne suis du genre à choper une courbature en éternuant deux fois de suite.

L’haptonomie implique la présence systématique du papa. Le principe du « toucher affectif » vise à entrer en contact très tôt avec le bébé et à interagir avec lui en posant les mains sur le ventre de la mère. J’ai toujours été attirée par cette pratique, et j’ai découvert qu’il s’agissait d’une préparation à part entière, puisque l’on apprend également des gestes pour le jour de l’accouchement. Néanmoins, je l’envisage vraiment comme un complément.

En réalité, j’ai très vite compris que ma préparation idéale est un mix de tout ça, car chaque méthode est utile et complète les autres. Enfin, c’est mon point de vue. Chaque femme est différente et aborde ces différentes méthodes selon son ressenti et sa personnalité, et c’est bien ça qui rend le choix difficile. Ce qui était sûr, c’est que j’allais faire appel à une sage-femme libérale, car il n’était pas question que mon mari n’assiste à aucune séance. J’ai donc parcouru la liste fournie par l’hôpital, et j’ai été confrontée à un autre problème, d’ordre géographique. Les sages-femmes dispensant des cours de yoga se trouvent à une heure de chez moi. Une seule pratique l’haptonomie dans le département, et pas à côté non plus. Quant aux autres, elles ne dispensent que des cours classiques, parfois avec un peu de sophrologie. Forcément, quand on vit au fin fond de la cambrousse, hein…

Et je me suis souvenue d’avoir entendu parler de la méthode Bonapace dans l’émission Les Maternelles. C’est une méthode canadienne à laquelle peu de sages-femmes sont formées apparemment. Un petit tour sur le site internet, et première révélation : c’est ce qui se rapproche le plus de la préparation dont j’ai envie.  Cette méthode implique beaucoup le père, qui apprend à soulager la douleur par des massages et des points de digipuncture. Elle implique également un travail sur la respiration. Seconde révélation : une sage-femme de ma ville y est formée. Voilà, on y était. Je tenais ma préparation.

J’ai téléphoné et je suis tombée sur une jeune femme extrêmement gentille, et plutôt étonnée que je connaisse cette méthode, du moins en partie. Elle m’a proposé un rendez-vous (encore un entretien précoce, tant pis pour la prise en charge) avec le papa. J’étais aux anges. Quelques jours plus tard, nous sommes donc allés la rencontrer. Rien à voir avec la première ! Elle m’a rassurée : oui, on peut commencer en salle nature et passer dans une autre salle si on demande la péridurale, oui je pouvais faire de l’haptonomie en parallèle, et non ce n’était pas normal que le père soit exclu. Et au final elle nous a quasiment proposé du sur-mesure. Ma préparation sera donc composée de séances collectives plutôt classiques, la base pour un premier enfant selon elle, et de séances individuelles en couple. Au cours de celles-ci, nous allons apprendre la méthode Bonapace, mais aussi prendre des cours de puériculture. « Oui, vous aussi monsieur vous allez apprendre à prendre soin du bébé ! ». C’est parfait, exactement ce qu’il nous fallait. Et le bonus, c’est qu’elle donne des cours en piscine auxquels je peux assister en plus si mon dos me pose problème, toujours dans la même ville donc bien plus près pour moi. Elle est pas belle la vie ? Je commence début février normalement, ça fait bizarre d’y penser et de me dire qu’à ce moment-là je serai à seulement deux mois et demi de la rencontre avec notre enfant… Quelque part j’ai hâte, et en même temps j’aimerais que cette grossesse dure éternellement. J’aime tellement être enceinte, malgré les quelques petits désagréments, c’est magique. Mais vu la vitesse à laquelle je grossis il est possible que je roule jusqu’au cabinet de la sage-femme avec enthousiasme et reconnaissance. Nous verrons !

5ème mois grossesse

17 réflexions sur “Le choix de la préparation à la naissance

  1. 3 prépas à la naissance, 3 méthodes différentes pour moi… Sophro avec une sage-femme revêche qui ne me détendait pas d’un muscle + piscine pour femmes enceinte pour Coquillette, Prépa en piscine
    pour Hérisson, et Sophro avec une super sage-femme qui me faisait planer pour Bouchon. J’ai adoré la dernière. Une sage-femme rassurante, à l’écoute et douce, c’est primordial… Et il me semble
    que tu en as trouvé une ! Alors prépare-toi bien, et surtout, pose-lui toutes les questions qui te passent par la tête. Elle a l’air très à l’écoute, et aucune question n’est débile pendant la
    grossesse… On a vraiment besoin d’être rassurés avant tout !

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    1. Voilà, en fait tout est dans la relation avec la sage-femme! Je pense en effet que j’en ai trouvé une vraiment à l’écoute, et je n’ai pas peur de lui poser les questions qui me passent par la tête. C’est vrai que parfois t’as peur d’avoir l’air bête, mais en même temps ça s’apprend tout ça, pas vrai! 😉

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  2. C’est super, du sur-mesure ! Comme quoi, ça t’a bien servi de t’y prendre à l’avance 🙂
    Et la sage-femme de l’hopital, j’aurai bien envie de lui dire 3 mots non mais quelle conne arrogante… Je déteste ce genre de bonne-femme qui ne te laisse pas parler et qui s’addresse a une tierce
    personne devant toi comme si tu n’étais pas là… Pfff une vraie conne !

    Bon j’espère que tu nous racontera ces cours.
    Et quel beau bidou … xx

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    1. J’osais pas le dire, mais t’as raison c’est une vraie conne! J’ai oublié le coup de la baignoire : j’ai commencé à lui parler de la salle nature et de la baignoire, et elle me coupe « ouais, pour le travail, hein! » et elle se tourne vers l’interne « non parce que les nanas elles croient qu’on va les faire accoucher dans l’eau, non mais j’te jure… » J’ai pas osé dire que je le croyais aussi…

      Bref, merci pour ton soutien 😉 Biz!

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  3. Pour ma première grossesse, j’ai été suivie par une sage femme en milieu hospitalier. Elle était très bien, mais les cours étaient en groupe et je me suis sentie fondue dans une masse.
    Pour ma deuxième grossesse, je suis allée consulter une sage femme libérale, et ça a été du pur bonheur avec un programme à la carte, et une sage femme disponible pour répondre à toutes mes
    questions!!
    Je te souhaite une aussi belle préparation à l’accouchement !!

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    1. C’est sûr qu’une libérale est peut-être plus à même de faire du sur mesure, et pour un premier je crois que c’est vraiment important… j’ai l’impression que j’ai absolument tout à apprendre!

      Merci, je vous raconterai tout ça dès le mois de février 😉

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  4. Il y en a qui ferait mieux de changer de métier franchement… N’importe quoi cette sage femme!
    En tout cas bonne préparation, pour ma part, je n’en ai pas faite et le jour J tout s’est très bien déroulé donc ça va, sinon comme toi, toutes les préparations m’aurait tentées 🙂

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    1. Bon ça me rassure, ce n’est pas moi qui suis susceptible alors!

      Sans préparation je crois que je stresserai trop, je suis trop névrosée pour y aller au feeling! Je trouve ça plutôt courageux 😉

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  5. Ho oui dis donc, ça avance vite 🙂
    Effectivement, la SF de l’hopital n’était pas terrible mais la seconde à l’air d’être une perle, je suis ravie pour toi !
    Et merci pour le site de la méthode Boniface, je vais aller regarder ça !!

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    1. J’avais compris 😉

      C’est vrai que la seconde sage femme a l’air géniale, mais la première je vais devoir la revoir malheureusement… je dois faire le suivi du 7ème mois à l’hôpital, et j’ai bien peur que ce soit elle!

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  6. Allo !

    Juste un mot pour dire que j’ai accouché naturellement dans une maison de naissance en juin dernier avec un suivi complet et un accouchement avec une SF, ici, au Québec. Je n’avais pas suivi la
    méthode Bonapace avant l’accouchement. En fait, j’ai regardé vite un vidéo mais, rien de plus. Ça ne m’intéressait pas tellement et mon copain non plus. Mais lors de l’accouchement la SF a suggéré
    que mon copain me fasse des points de pression pendant la poussée et QUEL SOULAGEMENT !!! C’était fantastique ! Et ça donne l’impression qu’on est pas la seule à travailler en plus ! haha 🙂

    Bonne continuation !

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    1. Ah oui à ce point? C’est super si le papa peut contribuer à ce point à soulager sa compagne pendant l’accouchement, c’est vraiment ce que j’attends de la préparation Bonapace! Ici on ne peut pas s’en passer, les sages-femmes qui m’accoucheront ne sont pas du tout formées à cette méthode, donc il faut que l’on apprenne ces fameux points de pression avant le grand jour!

      En tout cas un grand merci pour ce témoignage venu du Québec 😉

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  7. Ben, je ne peux pas dire que c’était la joie et que je ne sentais plus rien… quand même, il y a un bébé qui passe ! Mais ça me soulageait beaucoup. Les points de pression dans le bas du dos ont
    été très aidants. Les autres, ça me dérangeait plus qu’autre chose (dans la main notamment) !

    Nous aussi on voulait vivre l’accouchement ensemble avec un papa qui s’implique et tout. Mais finalement, ce que mon copain a retenu de tout ça, c’est que l’homme n’a franchement pas grand chose à
    faire et il doit apprendre à voir sa compagne surmonter l’épreuve et avoir mal/peur et être émotive et tout. Bon, ça fait mélodramatique mais c’est quand même ça. Oui, il est là et c’est super
    important, oui il encourage, il soutient, il fait des points de pression, il est là pour nous dire qu’on est bonnes et courageuses ! Mais il doit aussi lâcher prise et accepter d’être témoin. Il
    n’y a pas grand chose à faire au final. C’est nous qui réalisons le miracle de l’accouchement. Et on y arrive ! On a tout pour y arriver ! Et c’est fantastique 🙂

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    1. Oui, je me doute que ce n’est pas non plus une partie de plaisir 😉 Mais ça me confirme dans mon choix de méthode!

      Justement le simple fait de pouvoir soulager et aider un peu je pense que c’est important pour le papa. Après comme tu dis il reste témoin de ce moment, et j’imagine que ça peut être difficile pour lui aussi. On a tout pour y arriver, c’est vrai… mais j’avoue que là tout de suite je bénis les sage-femmes quand même!!

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