Les paradoxes de la grossesse

Je me suis rendue compte que la façon dont je vis cette grossesse peut sembler paradoxale. En mon for intérieur, c’est très clair : je suis absolument comblée. J’aime être enceinte, et j’ai le sentiment que c’est ce qui me manquait pour être pleinement moi, pour être pleinement épanouie, adulte, pour être entière, tout simplement. C’est indescriptible et simple à la fois. Et pourtant, vu de l’extérieur, ça n’est pas aussi lisse que cela. Du point de vue de mon homme, je me plains un peu tous les jours de maux divers et variés. Évidemment, je fais le tri, et il ne reste que le positif, ce que j’écris ici est d’ailleurs globalement épuré de toutes ces petits choses sans importance qui font le quotidien de la femme enceinte. Mais aujourd’hui, voyons un peu ces paradoxes…

downIl y a deux semaines, j’ai piétiné tous mes principes et je suis allée voir un ostéo. J’avais mal en haut du dos, et surtout une douleur à la hanche pas possible dès que je posais le pied par terre. C’est musculaire, il n’y a pas grand-chose à faire, depuis je boîte un peu de temps en temps, et je gémis parfois en me levant. Mon homme m’appelle mamie.
upDepuis que je suis enceinte, je n’ai plus eu mal en bas du dos une seule fois, alors que j’ai mal depuis plus de quinze ans. Autant vous dire que ça me fait des vacances. En gros, j’ai autant d’émotion à contempler ma boîte d’anti inflammatoires à laquelle je n’ai plus touché depuis plus de 5 mois (un record) qu’à découvrir une boîte de tampax inutile au fond du tiroir. Putain, ça fait du bien de faire une pause.
downJe dis souvent que je me sens lourde, et c’est vrai que j’ai parfois du mal à me bouger. En même temps, j’ai pris 11Kg déjà… Je grossis à vue d’œil. Mon ventre me gêne de plus en plus pour mettre mes chaussettes, je me demande comment ça va finir.
upJe m’en fous royalement, en fait. Je n’ai jamais autant aimé mon corps. J’ai des formes, des seins (oh, ciel, je suis une femme !), et des fesses que l’on distingue de profil. Le rêve de ma vie. J’espère qu’ils vont rester après, je les aime comme si c’était vraiment les miens. Et qu’est-ce que j’aime regarder ce gros ventre dans le miroir !
downL’estimation du poids du bébé à la dernière écho a surpris même la gynéco : 700 grammes, contre 500 en moyenne. Un beau bébé, donc. S’il continue à ce rythme, c’est pas une épisiotomie que je risque, c’est qu’on le sorte à la machette. De toute façon, passé 4Kg je demande une anesthésie générale.
upJe suis ravie que mon bébé se porte bien, et qu’il soit bien costaud. C’est idiot, mais ça me plaît. Et puis ses parents n’étaient pas des crevettes, loin s’en faut, il suit donc nos traces, c’est mignon !
downQuand j’y pense, dans quoi je me suis embarquée ? Je ne sais même pas faire un biberon, je n’ai aucune idée de ce à quoi peut ressembler un mouche bébé, j’ai toujours eu peur de tenir un nouveau-né dans mes bras, et je n’ai jamais changé de couche. Oh merde, je n’ai pas les qualifications requises !
upJe me suis surprise à parler comme ces femmes enceintes que j’ai toujours enviées, celles qui ont l’air de savoir de quoi elles parlent et d’avoir fait des choix bien arrêtés. J’ai fait certains choix que certains n’approuvent pas, mais ce sont les miens. Et je crois que c’est prometteur : les choses viennent naturellement, je sais que je m’en sortirai, même si les débuts sont toujours un peu compliqués.
downQuand je pense que dans 4 mois je ne serai plus enceinte, j’angoisse carrément. Comment je vais faire pour renoncer à cet état ? Oh, non, je veux pas… je veux être enceinte toute ma vie !
upJe dis souvent (et je le pense) que j’ai hâte de découvrir mon bébé, de le serrer dans mes bras et de le ramener à la maison. Je commence à nous imaginer tous les trois, et j’aime ce que je vois.

Et finalement, ce sont toujours les bons côtés qui l’emportent, et le reste semble insignifiant. A l’heure où je publie cet article, je grimace de douleur et je prie pour que le médecin ait un créneau demain. Mais mon bébé s’agite et je vois mon ventre bouger, des petites bosses apparaître, je sens ses coups vigoureux, et pour ça je suis prête à avoir mal encore un peu…

les-paradoxes-de-la-grossesse

Source image : Les Kopines

 

 

 

 

 

 

 

5 commentaires sur “Les paradoxes de la grossesse

  1. ahahah C’est bien vrai tout ça ! Ça me fait penser au sketch de Florence Foresti 🙂

    Et détrompe-toi, ce sont souvent les bébés de 4kg qui descendent tout seuls et sortent facilememt. Alors que les petits bébés ont plus de mal et sont souvent aidés par les forceps (donc grosse
    épisio…)

    Joyeux Noël !

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  2. Oh, les doux (et tortueux !) paradoxes de la grossesse… Pareil que toi, parfois je suis terriblement impatiente de découvrir ma fille, et parfois je me dis qu’on est juste complètement dingues :
    1/ d’en avoir pondu une première y a deux ans ; 2/ d’en avoir mis en route une seconde y a neuf mois (NANMAISÇAVAPASLATÊTEOUQUOI ??)… Si ça peut te rassurer, y a la moitié des choses concernant
    un nourrisson dont je ne me souviens ABSOLUMENT PAS (genre comment donner le bain, quand tient-il sa tête, combien lui donner de bibs, etc., etc.). J’avais beaucoup lu de livres de puéri avant la
    naissance de ma grande, et je surlignais même des passages entiers en fluo, limite comme si j’allais les réviser en vue de la naissance (t’as le droit de rire ouvertement) ! Et puis finalement, en
    fait, on s’en sort sans livres. On fait au mieux, comme on peut, quand on peut, et ce n’est jamais parfait, ça non ! Des fois on se plante, des fois on assure, mais au final : qu’est-ce que c’est
    libérateur de ne plus chercher les réponses partout, de se laisser faire en se disant : « Bah !! je verrai bien sur le moment… » Ça doit être la fatigue de la grossesse, mais c’est ce que je
    n’arrête jamais de me dire en ce moment : « On verra bien sur le moment ! »

    Et comme toi, j’ai adoré et j’adore être enceinte, quels que soient les maux, les interrogations, les inquiétudes… comme tu dis, cet épanouissement, ce plein qui nous emplit… bon, je ne
    resignerai pas de suite de suite dans les deux mois 😀 mais je suis convaincue que l’envie reviendra très très vite.

    En tout cas, j’ai drôlement hâte de savoir comment tu auras vécu ton accouchement et l’arrivée de ta fille 🙂

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    1. Oui, on verra bien une fois qu’elles seront là ces pépettes! Je me dis souvent que je ne suis pas plus bête qu’une autre, alors je devrais y arriver, hein! Même si parfois j’aurais des moments de panique on va s’en sortir tous les trois!

      Oui, malgré les petits tracas c’est un beau moment la grossesse, je sais que ça va me manquer… même si j’ai hâte maintenant!!

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  3. En fait c’est comme tout, on stresse beaucoup avant, tant qu’on a du temps pour réfléchir et qu’on n’est pas dans le feu de l’action ; une fois qu’on y est, ma foi on réagit sur le moment comme ça
    vient et on n’a pas trop le temps de se torturer les méninges pour savoir si on fait bien ou pas, on est déjà assez occupés comme ça !

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