Larmes de joie et petits tracas

La soirée qui a suivi la seconde séance d’haptonomie fut riche en émotions contradictoires. En fin de journée, lorsque mon homme est rentré et que nous avons commencé à parler, j’ai senti que la puce se réveillait. À vrai dire, ça n’était pas la première fois que cela se produisait, mais le doute n’était plus permis : elle reconnaissait la voix de son père. Sait-elle que si elle bouge en sa présence il y a de fortes chances pour qu’il pose sa main sur mon ventre ? Car en effet si je lui dis que sa fille est réveillée il vient aussitôt le constater, jouer un peu avec elle et finalement la laisse s’endormir au creux de sa main. C’est d’ailleurs impressionnant de la sentir se coller à la paroi de mon ventre une fois son quart d’heure de folie terminé, et se caler dans la large paume qui devient à peine suffisante pour la contenir.

Ce soir-là donc j’ai compris qu’elle avait entendu sa voix, qu’elle avait conscience qu’il était de retour, et qu’elle réagissait à sa présence. Lui est venu s’asseoir près de moi et lui parler. J’ai posé la tête sur son épaule et je me suis dit que cet instant faisait partie de ceux que l’on conserve bien précieusement dans un coin de la tête. Quelques larmes ont coulé, sans que les hormones y soient pour grand-chose. Moment parfait.

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Le reste de la soirée fut moins drôle, puisque j’ai fait ce qui ressemble à une crise de colique néphrétique, et qui m’a valu quelques examens en urgence le lendemain. Rien de grave au final, la douleur a disparu en deux jours et nous nous en sortons avec juste une petite frayeur. Le bon côté des choses, c’est que du coup la gynéco n’a pas trop pris le temps de m’engueuler par rapport à mon poids. À la fin de l’examen, lorsqu’elle est partie le noter sur mon dossier j’ai senti un léger malaise : « Euh, j’ai bien lu ? » « Oui… » « Attendez, ça veut dire que vous avez pris 5Kg en un mois ??? » « Quelque chose comme ça, oui… » En résumé, elle ferme les yeux pour cette fois, mais le mois prochain la balance a intérêt à ne pas trop s’affoler sinon je me fais défoncer. Message reçu.

Depuis, on ne peut pas dire que ce soit la grande forme. La douleur à la hanche que je traîne depuis un mois est devenue tellement forte que j’ai passé la semaine au lit, quasiment incapable de marcher. Une semaine où bien évidemment les médecins cuvent leur dinde aux marrons. Désespérée par ce désert médical, j’ai fait ce que tout le monde sait à bannir mais fait quand même : j’ai consulté le docteur internet. Diagnostic : si je bouge je risque la fracture de la tête fémorale. Ou le décès.

Préférant me faire confiance, j’ai abandonné la bouillotte et la théorie musculaire de l’ostéopathe, pensant qu’il s’agissait d’une douleur inflammatoire. Il me fallait plutôt du froid, j’ai donc dégainé les petits pois surgelés (astuce de kiné, tellement plus confortables que les glaçons). Le soulagement a été notoire. Lorsque j’ai enfin pu voir mon médecin, elle m’a confirmé qu’il s’agissait de douleurs ligamentaires au niveau de l’articulation de la hanche. Il n’y a pas grand-chose à faire, la prise de médicaments étant très limitée. J’ai mille choses à faire pour préparer l’arrivée de la puce, et j’enrage d’être empêchée par une bêtise pareille, alors que ma grossesse se passe pour le mieux sur tous les plans. Même mon dos m’a laissée tranquille ! Mais le médecin n’a pas été hyper encourageante : en gros, je n’ai pas fini d’en baver. Quant à mon dos, elle m’a dit de ne pas crier victoire trop vite… Merveilleux.

Bref, adieu le week-end romantique pour la nouvelle année, et je ne parle même pas de notre voyage de noces, repoussé à janvier pour cause de planning, et jeté aux oubliettes pour cause de relaxine dans le sang. Pourtant, la relaxine je l’adulais, cette hormone à qui j’attribuais l’exceptionnelle mobilité de mon dos. J’envisageais d’écrire aux laboratoires pharmaceutiques pour les inciter à la synthétiser, et en faire la nouvelle came à la mode. J’aurais été son premier dealer. Mais il semble que ce soit elle qui provoque les douleurs ligamentaires chez la femme enceinte. Je me suis fourvoyée, la relaxine est une pute.

Heureusement, le repos et la glace semblent faire effet, et je recommence à marcher normalement. La bonne nouvelle c’est que j’ai eu tout le temps pour réfléchir à la réorganisation des pièces de la maison, faire une liste complète des achats à faire pour le bébé, avancer du même coup sur la liste de naissance, trier les photos du mariage, et même me lancer dans une entreprise hautement improbable : la confection de décorations en tissu pour la puce. Si jamais cela prend une forme acceptable, en 2013 il va y avoir du DIY sur le blog !

4 commentaires sur “Larmes de joie et petits tracas

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