Une Mère en Questions #01 : Sophia

Aujourd’hui nous inaugurons une nouvelle rubrique, qui j’espère vous plaira. J’avais envie de récolter les témoignages de jeunes mamans, qu’elles parlent de leur grossesse mais aussi de la rencontre avec leur bébé et de leur nouvelle vie de mère… Je me rends compte au fil du temps que j’apprends de chacune d’entre vous, même si nos vécus sont différents. C’est cette richesse que j’aimerais montrer. Une Mère en Questions, c’est en quelque sorte un bouquet dont vous êtes les fleurs !

Je suis très heureuse que Sophia ait répondu présente et qu’elle ouvre le bal. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à découvrir son blog, où elle parle de sa vie de maman avec justesse, force et fragilité à la fois. Derrière l’écran se cache une belle personne, qui m’a encouragée et n’a pas minimisé mes récents déboires, malgré le fait qu’elle ait vécu bien pire. Sans ça je n’aurais pas osé publier certains articles. C’est l’occasion de te remercier de ta gentillesse Sophia!

Sophia du blog Sophia et Camille :

 

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Qui es-tu Sophia ?

J’ai 31 ans, je suis maman-au-foyer depuis la naissance de mon fils en octobre 2012 mais j’ai été professeur de français pour les étrangers pendant 6 ans en Asie et j’espère me reconvertir en rentrant en France dans quelques mois, je pense passer le concours de professeurs  des écoles. L’homme et moi sommes d’heureux non-mariés depuis bientôt 12 ans.

Quelle est l’histoire de ta grossesse ?

Ma grossesse était planifiée, depuis environ 9 mois. Sur le coup, ces 9 mois d’essais et d’attente m’ont paru longs mais c’est dans la moyenne paraît-il.  C’est moi qui ai parlé de mon désir d’enfant à mon conjoint en premier, nous rentrions d’un voyage aux Philippines, plus amoureux que jamais mais encore fragiles de notre rupture un an avant. C’était un nouveau départ pour notre couple, un renouveau après 10 ans passés ensemble, une évidence pour moi. Lui, il a eu besoin de quelques mois, le temps qu’on retrouve un appartement ensemble et un certain équilibre dans nos vies.  On n’allait pas faire un bébé pour recoller les morceaux, non, on allait faire un bébé car nous nous aimions.

Comment s’est passée la découverte de ta grossesse ?

Le mois d’avril 2012, je me sentais hyper en forme, très femme, légèrement ronde et j’avais décidé de ne plus stresser, que ça arrivait en temps voulu et puis un, deux, trois jours de retard. Je l’ai senti. Une sorte de 6ème sens. J’ai fait le test le matin très tôt, l’homme dormait encore, j’étais toute nerveuse mais je me sentais bien. Les deux traits sont apparus très vite. J’ai réveillé mon homme en lui chuchotant ces mots très simples : «  H. réveille-toi, regarde, je crois que je suis enceinte ! ». Il a eu l’air ahuri, m’a embrassée et s’est rendormi ! ahah ! Puis, plus tard, il regardait le test posé sur la table de chevet, incrédule, et m’a demandé si c’était sûr à 100%. Il avait l’air heureux mais prudent, oui. Le soir, il ne réalisait toujours pas vraiment. 

Je pense que pour lui ce bébé est devenu réel quand nous avons découvert le sexe lors de la 15 SA. « C’est un garçon » C’est une phrase qui résonne encore en nous. Ce jour-là, un après-midi chaud de juillet, nous sommes allés nous installer dans un café et là, souriant béatement, il m’a dit : « Il faut lui trouver un prénom maintenant ! » J’ai souri en lui disant qu’il le savait déjà. Eh oui, on n’a jamais eu ou fait de liste, un seul prénom s’imposait à nous. Camille.

Quels sont les meilleurs souvenirs que tu gardes de ta grossesse ? 

Ce que je viens de raconter fait partie des meilleurs souvenirs : la découverte du sexe mais aussi mon corps s’arrondissant (je suis très fine, ça changeait beaucoup !), nos soirées à parler du bébé, à toucher ce ventre, à lire beaucoup, me reposer, vivre légèrement, sereinement.

Et les moins bons ? 

Ah ben, le souvenir le plus terrible pour nous c’est lorsque j’ai commencé à avoir une fuite du liquide amniotique à 28 SA, hospitalisation, inquiétude, repos forcé mais finalement accouchement 1 semaine plus tard. Grande prématurité. Soins intensifs, complications, allers retours à l’hôpital pendant 45 jours. Très éprouvant.

Comment as-tu évolué au fil des mois ?

J’avais peur de la fausse-couche car j’avais vécu en direct live celle de mon amie quelques mois avant à 9 SA. Bon, ça c’est une peur que nous avons toutes, 1 femme sur 4 fait une FC quand même. Mais arrivée à la 12 SA, j’ai commencé à me sentir mieux, à ne plus avoir peur, et physiquement aussi, j’étais radieuse pendant le second trimestre. Le premier trimestre a été dur. J’ai aimé et apprécié la grossesse, j’ai aimé les signes de la maternité : les gros seins, le ventre tendu, la ligne brune qui se dessine au bas du nombril, les kilos en plus. J’étais bien dans ma peau.

J’aurais aimé aller jusqu’au bout de cette grossesse, j’aurais aimé être encore plus ronde et puis surtout garder ces kilos. J’ai tout perdu en quelques jours après l’accouchement. Je suis revenue à mes 43 kilos toute mouillée (je fais 1m58), je ne dis pas ça pour faire râler les femmes, non. Les rondeurs ça me fait rêver. J’aurais voulu être danseuse orientale, mais mon corps est celui d’une ballerine.

Parle-nous de la rencontre avec ton bébé !

Comme je le disais, j’ai accouché au début du 7ème mois. C’était un bel accouchement, rapide et pas aussi douloureux que je ne l’aurais cru. Les contractions étaient dures à gérer, je n’avais pas eu le temps de prendre des cours de préparation à l’accouchement, j’ai été servie. La péridurale s’est hyper bien passée. J’ai commencé à avoir mal à 1 heure du matin, et bébé est arrivé à 6h11. 

Le moment où l’on m’a transportée de la chambre à la salle d’accouchement était comme suspendu dans le temps, étrangement calme, j’étais dans mon monde, même si tout s’agitait autour de moi. Le personnel a été surpris de la rapidité de l’avancé du bébé après la péridurale, on pensait avoir le temps, je n’ai pu me reposer que 30 minutes. Le docteur a été appelée en urgence.

Les néons au-dessus de ma tête, l’installation sur la table, l’homme à mes côtés : Je pousse 1 fois, 2 fois, 3 fois et voilà, il est là ! Je le vois dans une sorte de brume, comme lorsqu’on s’éveille Il pousse un petit cri incroyable qui me propulse dans la réalité ! 

Il est rouge, il est petit, il a des cheveux ! J’ai aimé ce moment, je voulais le refaire encore, je voulais tout refaire à nouveau. J’étais souriante et hyper en forme. J’ai dit à mon homme : «  Va près de lui ! ». Il a regardé les infirmières lui donner les premiers soins. Et puis, j’ai pu le toucher. C’était très bref, car il avait besoin d’une assistance respiratoire. 

La joie a très vite laissé place à l’inquiétude bien évidemment, il a fallu gérer de nombreux problèmes liés à la grande prématurité, un gros combat.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, bébé a deux mois tout pile en âge corrigé, mais il est né depuis plus de 4 mois. Il va bien oui, très bien, un beau bébé tout rond ! Très éveillé ! Magnifique ! On l’aime si fort. De le voir dans de si grandes souffrances (tuyaux, perfusions, examens des yeux douloureux…) nous a fait l’aimer encore plus fort. On a développé un sentiment surpuissant de protection.

Une autre grossesse, j’en ai envie bien sûr et je sais que nous aurons un deuxième enfant, mais je serai directement classée dans les grossesses à risques, ça fait un peu flipper quand même. J’espère ne plus jamais repasser par là.

Et ton blog dans tout ça ?

Mon blog a été créé pour parler de nos essais, j’avais envie de laisser une trace et de dire tout ce que j’avais à dire, ça défoule oui, ça fait du bien mais on aide aussi d’autres personnes qui se reconnaissent. J’ai fait la connaissance de nanas extra qui m’ont lue et contactée par la suite, de grandes amitiés se sont créées.  

Par contre, je fais un point d’honneur à ne pas (trop) pousser de coup de gueule ou lancer des débats, il n’y a rien qui m’agace plus dans les blogs que les « pour ou contre… ? ». C’est idiot, on est là pour partager avant tout. Tous les bébés sont différents, il y a 1000000 façons d’être maman, alors envisageons la maternité plus sereinement, en écoutant l’autre sans jugement. Après, oui, on a le droit de s’exprimer, tant que ça reste dans le respect de l’autre et puis avec une pointe d’humour ça ne fait pas de mal. 

Mon blog c’est un petit morceau de vie mais ce n’est pas ma vie et je ne recherche pas la célébrité, pour vivre heureux, vivons cachés !

Un grand merci pour ce joli témoignage, et à la semaine prochaine pour un nouveau « Une mère en questions »!

16 réflexions sur “Une Mère en Questions #01 : Sophia

  1. Un témoignage magnifique en effet qui débute merveilleusement cette belle série. En effet ca doit être beaucoup d’angoisses un bébé prématuré, mais ce qui compte c’est bien sûr que tout soit rentré
    dans l’ordre et qu’ils puissent profiter tous les 3 du bonheur d’être ensemble.

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  2. Je suivrai cette nouvelle rubrique de très prés car je la trouve vraiment intéressante. je ne connaissais pas le blog de Sophia, merci pour la découverte! et longue vie à ta rubrique!

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  3. Super c’est sympa de découvrir des blogueuses et de découvrir d’autre experience de grossesse et de maternité.
    La grande prématurité que ce doit être difficile à vivre !
    Merci pour ce joli témoignage.

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