Cette nuit-là… en route pour la maternité

Voilà déjà près de trois semaines que ma princesse est née… J’ai mille choses à écrire, sans savoir par où commencer. Alors je vais faire les choses dans l’ordre et vous parler de cette fabuleuse rencontre, ce jour qui restera sans doute le plus beau de nos vies, celui de sa venue au monde.

La veille, le 11 avril, j’étais en pleine forme. Aucun signe précurseur, aucune envie de ménage soudaine, rien qui laisse présager que l’accouchement était imminent. Je pensais avoir encore une bonne semaine devant moi. Le soir, ma mère est passée boire une coupe pour mes 30 ans, et je lui ai demandé de nous prendre en photo mon homme et moi, car j’ai beaucoup de photos de moi enceinte, mais quasiment aucune où nous sommes tous les deux. Puis, lorsqu’elle est partie, j’ai mis mon appareil photo en charge avant de partir au restaurant, notre « dernier dîner en amoureux » ai-je dis en plaisantant. Une soirée délicieuse, une petite marche dans ce village, jusqu’au vieux lavoir, un repas excellent, et une puce sage comme une image dans mon ventre. « Elle te laisse ta soirée et elle prend des forces pour arriver » a dit mon homme en riant. Mais aucun de nous n’y croyait.

Retour à la maison, j’ai remis soigneusement la batterie dans l’appareil photo, et nous avons même repris quelques clichés. Les dernières images d’une grossesse… L’Homme est monté dormir pendant que je vous écrivais un dernier article, le cœur empli de la joie de cet anniversaire, contre toute attente le plus beau que j’ai eu. Puis je me suis couchée. Il était une heure du matin, nous étions le 12 avril.

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Vers 1h30, alors que je commençais à sombrer dans le sommeil, une première douleur, assez vive. Puis une seconde, une dizaine de minutes plus tard. Bon, c’est clair, j’ai trop mangé ! me suis-je dit en avalant deux Spasfon. Et les contractions ont continué, toutes les cinq minutes, puis se sont un peu espacées. J’ai réveillé mon homme, j’avais mal, mais j’étais persuadée de faire un faux travail, puisque l’intervalle était plus long entre deux contractions. Sauf que la douleur était chaque fois plus forte… Vers 2h30, elles arrivaient de nouveau toutes les 4 à 5 minutes, et devenaient très difficiles à gérer, avec une douleur dans le bas du dos quasiment constante. À 3h, je me suis levée et là, au seuil de la chambre : « Chéri, je viens de perdre les eaux ! ». « Oh putain ! » À mon retour de la salle de bain, cinq minutes plus tard, c’est un homme totalement réveillé que j’ai trouvé prêt à partir.

Par la suite, il m’a dit m’avoir trouvée très calme. J’étais debout, une liste à la main, j’ai fini de remplir les valises avec les choses de dernière minute. Pourtant la douleur ne me quittait plus à ce moment-là, mais elle était plus supportable debout, et surtout j’étais toute entière concentrée sur les derniers détails. Je me suis plusieurs fois accrochée à son cou, les contractions étaient très courtes mais particulièrement aiguës. Un peu avant quatre heures du matin, cette nuit-là, j’ai jeté un dernier regard à notre maison, dans laquelle nous venions de vivre nos derniers instants à deux.

Du trajet jusqu’à l’hôpital, je garde un souvenir étrange. Les champs baignés d’une lumière douce (y avait-il la lune ?), la douleur constante, un début de panique et en même temps un grand calme. Il m’a demandé à plusieurs reprises s’il devait s’arrêter pour me soutenir lorsque je gémissais, je lui ai dit de rouler doucement mais de ne surtout pas s’arrêter. J’ai commencé à réaliser que cette fois ça y était, que j’allais accoucher ce jour-là. À aucun moment je ne me suis dit que le travail pourrait se prolonger jusqu’au lendemain, pour moi il était clair qu’elle naîtrait le 12. Et cela me gênait bien plus que la douleur, parce que les chiffres ne sont pas seulement des chiffres selon moi, et que la symbolique du 12 me paraissait mauvais présage. « Pourquoi est-ce qu’elle me fait ça ? ». Oui, voilà ce que j’ai pensé, et je pense même l’avoir formulé à haute voix.

Lorsque nous sommes sortis de la vallée, à l’approche de la ville, j’étais comme anesthésiée. La douleur est devenue secondaire, je me revois comme dans une bulle, une bulle qui avait la couleur du clair de lune sur les vignes… Et une pensée en boucle : je vais accoucher, je vais avoir ma fille, tout ceci est donc bien réel. D’où m’est venu ce calme, je me le demande. J’avais peur pourtant, peur de souffrir surtout. J’ai dit à mon homme que je ne voulais pas y aller, que je ne voulais pas accoucher. Même avec le recul je n’arrive pas à analyser cet état, entre tranquillité et frayeur. Pour lui aussi les souvenirs sont flous.

Aux alentours de 4h15, nous sommes arrivés à l’hôpital, j’ai marché depuis le parking, il me semblait avoir moins mal, jusqu’à ce que je sois obligée de m’accrocher à mon mari au milieu d’un couloir des urgences. Un ascenseur, on m’attendait à l’étage. Voilà, c’est là que les choses allaient commencer, et se finir. Moins de quatre heures plus tard en fait, mais ça j’étais loin de l’imaginer…

à suivre…

18 commentaires sur “Cette nuit-là… en route pour la maternité

  1. J’attendais avec impatience que tu nous racontes – Et ça valait le coup d’attendre, ton récit est très beau comme toujours.
    Bises à vous 3.

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  2. Olala c’est trépidant et en même temps, tout plein de sérénité, tu nous fait vibrer avec ce récit, j’ai trop hâte de connaitre la suite !!! Bisous à vous trois.

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  3. tu nous fait saliverrrrrrrrrrrrrrr… la suite !!!
    tu décris ce moment « flottant » de calme avant la tempête 🙂
    comme tjrs tes mots sont beaux, justes, émouvants xx

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