Mon 9ème mois de grossesse

Il me faut revenir sur la fin de ma grossesse avant que les souvenirs se soient totalement enfuis, et déjà il m’est difficile de me remettre dans l’état d’esprit qui était le mien… Ce que je retiens de ce neuvième mois de grossesse, c’est un bien-être aussi grand qu’inattendu.

Physiquement, je me suis vraiment sentie revivre après un mois passé au repos forcé. Bien sûr, en terminant sur un magnifique score de 26 Kg en plus, on ne peut pas dire que j’étais légère comme une plume, mais je trouve que je m’en sortais relativement bien au regard de toutes celles que j’ai vues supplier le ciel de hâter leur délivrance. Malgré une prise de poids impressionnante, j’ai aimé mon corps, j’ai aimé ces rondeurs, ce qu’elles représentaient.

D’un point de vue purement logistique, j’ai enfin respiré : tout était prêt ou quasiment pour la naissance. La dernière semaine de mars, j’ai profité d’avoir le droit de reprendre la voiture pour aller faire les derniers achats que je n’avais pas pu faire sur internet, et j’ai bouclé mes valises pour la maternité. La chambre de la princesse avait pris forme, même si on avait prévu de mettre son lit dans notre chambre, les couches et le liniment attendaient sagement les augustes petites fesses, les vêtements de bébé étaient lavés et, comble du dévouement, repassés. (J’espère qu’ils ont apprécié, car c’est la seule et unique fois qu’ils ont rencontré le fer)(Non mais GENRE j’allais repasser à chaque lessive, n’importe quoi).

L’attente, le compte à rebours, non plus en semaines mais en jours… C’est un mois étrange, un mois où l’on est prêt, et en même temps pas du tout préparés, un mois où l’on trépigne d’impatience, et un mois que l’on veut éternel. Enfin, je l’aurais voulu plus long. J’aurais aimé aller au bout de ce joli neuvième mois, peut-être prolonger encore un peu, même si je voulais vraiment voir ma princesse. Ce fut un mois trop court, 22 jours seulement. Les sages-femmes semblaient vouloir me voir tout faire pour hâter l’accouchement, elles semblaient désapprouver mon peu d’empressement, comme si cela augurait que je n’étais pas prête, que je n’avais pas envie d’avoir ma fille. Pourtant, l’envie était là, mais pourquoi se presser quand les jours défilaient d’eux-mêmes ? Au contraire, je voulais savourer chaque petit coup de pied dans mon ventre, chaque pensée et chaque sensation de cette fin de grossesse, avant la rencontre tant attendue. Parce que ces instants sont uniques, et que je voulais m’en repaître à loisir. Car j’avais bien conscience d’une chose : je ne revivrai plus jamais tout ça, même si j’ai un autre enfant. J’étais en train de devenir mère, et ça, ça n’arrive qu’une seule fois. Une seconde grossesse sera forcément différente, pas moins importante, juste différente, et donc chaque instant passé ne reviendra pas tel quel la prochaine fois. Alors ce dernier mois, je l’ai passé à regarder mon ventre, à parler à mon bébé, à suspendre mes pensées sur un fil que je parcourais cent fois, mille fois, essayant de fixer chaque seconde dans ma mémoire qui aujourd’hui déjà me fait défaut.

Oui, je garde un très beau souvenir de ce dernier mois de grossesse… Je crois que c’est l’un de mes préférés d’ailleurs. Libérée des premières angoisses, des prises de conscience parfois difficiles, des questions innombrables, libérée des listes d’achats à faire, libérée de la crainte d’une arrivée trop précoce de mon bébé, j’ai profité, profité, profité de ce ventre énorme que j’ai adoré voir pousser.

 

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