Celle qui fit garder sa fille

Il y a un peu plus de deux semaines s’est produit un évènement important. Après avoir craqué maintes et maintes fois, je me suis résolue à faire garder ma fille. Béni soit ce jour radieux.

Un jour, je suis passée voir ma copine, marraine de son état, et j’ai assez rapidement fondu en larmes. Elle a alors renouvelé sa proposition de me prendre la bête une après-midi. Jusque-là, j’étais réticente. Non que je n’avais pas confiance, mais plus par peur que ma fille se sente abandonnée (ouais, carrément), et surtout qu’elle rende sa pauvre marraine complètement chèvre. Mais ce jour-là, j’ai accepté. Le largage de bébé fut prévu pour le lendemain.

Super Marraine devant accompagner sa fille à l’école, elle serait chez elle vers 13h55. À 13h54, je tirais le frein à main devant sa grille, un mince sourire aux lèvres. Zéro culpabilité. Repartir fut moins facile… Après avoir déposé une dizaine de kilos d’affaires, plus le précieux colis, j’ai eu peur de la laisser. Pas peur pour la petite, après tout le pire qui pouvait arriver était qu’elle pleure tellement que je sois obligée de revenir la chercher. Non, peur qu’elle fasse la misère à ma copine, comme elle sait si bien faire.

C’était l’heure de sa sieste. « Tu veux que je la couche ? » ai-je demandé. « Non, c’est bon. » Euh… c’est que parfois elle est un peu compl… « Allez, au revoir maman ! » m’a-t-elle coupée. Bon. Euh… « Dégage ! » Ok.

14h15, chez moi. Oh putain, et si elle n’arrive pas à l’endormir ? J’ai pris un livre, tenté de me concentrer sur ce que je lisais. Envoyé un texto « Alors ?? ». Pas de réponse. Bon, je vais y retourner, hein, tant pis, fallait pas s’attendre à des miracles.  14h25 : « Tout va bien, elle dort ». Ben ça alors… Je me suis jetée dans mon lit, et je me rappelle m’être vaguement inquiétée de la réaction de la petite au réveil, lorsque qu’elle ne me verrait pas, avant de sombrer à mon tour dans le sommeil. Cette sieste a probablement été l’une des meilleures de ma vie. Ah, retrouver la saveur d’un réveil dans des draps tièdes, sans bébé qui pleure, avec l’exquise possibilité de refermer les yeux et de repartir pour un tour ! Rien que d’en parler je suis émue.

Prise d’un léger remord d’en profiter autant, j’ai téléphoné à ma copine vers 16h, pour apprendre que tout allait bien, merci. Prend ton temps surtout. Waouh. Bilan : j’ai récupéré un bébé heureux vers 17h30, tout s’est bien passé, super Marraine était contente d’avoir pu en profiter, et un grand pas venait d’être fait. Depuis l’expérience a été renouvelée deux fois, avec succès. Hier, elle l’a gardée de 14h à 18h30, et j’ai pu enfin redonner forme humaine à ma maison. Quand l’Homme est rentré, je l’ai prévenu : « Si le choc est trop grand, regarde les vitres, je les ai pas nettoyées, ça te fera un point de repère ! » Sur la route, j’ai reçu un sms : « Je suis ému ! ». Tu m’étonnes. Six mois, putain.

Donc je suis heureuse comme vous pouvez l’imaginer de voir que ma fille s’amuse bien chez super Marraine. Hier, elle ne m’a même pas calculée quand je suis venue la chercher, elle s’amusait trop bien. Et l’immense bonne nouvelle c’est que  ma copine est assistante maternelle, qu’elle est plutôt dispo, et que d’ici la fin de l’année nous allons surement lui signer un contrat pour deux ou trois demi-journées par semaine. L’Homme s’agrandit, il a besoin d’une vraie comptabilité, donc de mes services inestimables. Et moi, je vais retrouver les neurones que j’ai laissés à terre, enfin j’espère, et je vais pouvoir faire une pause bébé quelques heures par semaine. Je me dis que j’ai de la chance, je n’ai pas à confier ma fille à quelqu’un que je ne connais pas, ni à la laisser l’équivalent d’un temps plein, ce qui aurait été vraiment difficile pour moi. Cela va se passer simplement, sereinement, et je vais pouvoir lui consacrer beaucoup de temps tout en ayant une petite activité à côté. Je sais néanmoins qu’il va me falloir du temps avant de me tranquilliser, de retrouver un peu de patience, car je n’en ai plus tellement. Quatre heures de liberté n’effacent pas les mois de tension accumulée… Mais c’est un bon début tout de même !

ailes

12 commentaires sur “Celle qui fit garder sa fille

  1. Tu m’as fait revivre mes premières séparations (et premiers soulagements) avec chacun de mes enfants… Bon courage, et bravo, car finalement cela vous fait du bien à tous les 4 : toi, bien sûr,
    ton bébé qui apprend que Maman peut disparaitre un peu de son champs de vision mais revient toujours, ton mari qui a besoin de toi, et ton amie qui profite de sa filleule ! 🙂

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  2. C’est super !!! Pour toi et pour elle !!! Tu as de la chance d’avoir une super Amie en tout cas, et qui à compris ce qu’il fallait te dire pour te rassurer!! Bisous

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  3. Je suis vraiment tres heureuse pour toi, pour vous tous. Laisser nos petits la premiere fois, meme dans un environnement familier, ca nous bouscule. Mais ca a du te faire du bien, de te reposer, de
    recuperer.
    Et puis doucement les choses vont se mettre en place. Cette petite separation ne peut que vous faire du bien a toutes les deux.
    Et reprendre une activite va aussi t’aider a voir les choses differemment, a changer d’air.
    Prends soin de toi et de grosses bises a vous trois.

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