La vérité sur la grossesse

Chère femme enceinte,

Bienvenue et toutes mes félicitations. Maintenant que tu fais partie du club, il est temps de te dire la vérité. Parce que, chère amie, jusque-là on t’avait beaucoup menti. Petit tour d’horizon des fausses informations les plus couramment véhiculées…

« La grossesse, c’est caliente ! »

Témoignages de femmes enceintes assoiffées de sexe, articles dans des revues scientifiques sur l’augmentation notoire de la libido pendant la grossesse… On te promet la samba dans la culotte, et tu te demandes, à juste titre, si tu dois poser des RTT. Hum. Calme-toi un peu. Parce que, si cela est vrai pour certaines, pour d’autres (assez nombreuses), c’est plutôt le congé sans solde du string panthère.

Forcément, un premier trimestre qui est consacré à dormir 18 heures par jour, et à vomir le reste du temps, laisse peu de place à l’envie d’avoir envie. Sans compter qu’avec les hormones t’as envie de quitter ton mec environ trois fois par jour, de lui sauter à la gorge plutôt que sur la braguette. Plus tard, il va falloir se rendre à l’évidence : pour un homme le gros ventre et les coups de pied dans sa main font de toi un être sacré (un peu comme les vaches, en Inde), donc asexué. T’aimerais être un peu moins glorifiée et un peu plus honorée, mais en même tu le comprends. Plus les mois passent plus tu partages ton corps avec ce bébé, et c’est merveilleux, mais c’est clair que ça n’incite pas à la gaudriole. Enfin encore une fois ne généralisons pas, disons que ça existe. Chères nullipares, attendez un peu avant de faire le stock de culottes comestibles de voir de quel côté de la barrière vous vous situez…

« Lorsque tu es enceinte, tu deviens la personne la plus importante du monde. »

Alors là, je te dis tout de suite : non ma fille, non… Ton utérus est la chose la plus importante du monde, et à fortiori ce qu’il contient. Toi, tu n’es souvent que l’incubateur qui a mille règles à suivre pour remplir correctement sa fonction. Il suffit de voir comment les gens se précipitent sur ton ventre en disant bonjour, les deux mains tendues vers cette partie de ton corps qui est désormais publique, il faut le savoir. Ensuite ils demandent comment va le bébé, et enfin si tu te reposes assez pour qu’il pousse comme il faut, ce petit. Non parce que t’as l’air fatiguée, là.

Et puis si les gens se préoccupaient un peu de toi, ils ne regarderaient pas leurs pieds à la caisse prioritaire pour faire croire qu’ils ne t’ont pas vue. Les files d’attente s’ouvriraient devant toi telle la mer Rouge, et te donneraient un accès rapide aux guichets du monde entier. Le monde serait juste, la vie serait belle, et ta tension ne descendrait jamais en-dessous de 9.

 

« La grossesse, c’est un état de paix intérieure. »

Par où commencer ? Résumons la chronologie : larmes intempestives, peur de ne pas atteindre les trois mois fatidiques, crises de panique à l’idée que, bordel, on va vraiment avoir un bébé, larmes incontrôlables, envie de tuer quelqu’un, discussions houleuses à propos du prénom, envie de tuer sa mère, cauchemars assez horribles, insomnies avec leur cortège de questions et de peurs diverses et variées, prise de conscience que, bordel, on va avoir un bébé, liste du matériel à avoir, prise de tête devant les catalogues de puériculture, choix de la préparation à la naissance impossible, remarques parce que t’as pris du poids, petite crise de « bordel mais qu’est-ce qui nous a pris ? », peur de ne pas assurer, cours sur les suites de couches, larmes de fatigue… Pas spécialement l’état d’esprit d’un lama tibétain en méditation, hein ?

 

« Une femme enceinte, c’est sacré. »

Sorti de la glorieuse comparaison avec une vache indienne, la sacralisation s’arrête là. En fait, c’est même tout le contraire : ton corps se démocratise terriblement.  Il faut bien se dire qu’en neuf mois tu écartes les jambes devant plus d’inconnus que Madonna dans toute sa carrière. Il est loin, ton statut de nullipare qui ne monte sur la table qu’une fois par an et pour qui cela revêt un caractère particulier. La femme enceinte voit souvent le regard étonné de son interlocuteur se demander pourquoi elle a encore sa culotte. C’est limite si tu ne te déshabilles pas devant ton ophtalmo, par pur réflexe. Je te raconterais bien le jour où une interne a dû demander de l’aide à son collègue pour un examen, mais le traumatisme est encore trop présent.

 

« Une grossesse, c’est 12 kilos maxi. »

Attends, j’éclate de rire. Hum. Reprenons. J’ai le regret de t’informer qu’il s’agit d’une moyenne. Autrement dit : tu prends entre 0 et 30 kilos. Voilà. Ça rigole moins tout de suite, hein ? Plus sérieusement, une sage-femme à la retraite m’a un jour expliqué que plus ton IMC est bas avant la grossesse, plus tu vas prendre cher. À l’inverse, elle a vu des femmes très rondes ne pas prendre un gramme.  Pour ma part j’avais un IMC relativement bas, et j’ai pris… euh, en fait j’ai arrêté de me peser une semaine avant l’accouchement. Sachant qu’aux dernières nouvelles j’étais à +26 kilos, et que je stockais environ trois litres d’eau par jour, c’était préférable de ne rien savoir. Note bien que la plupart des médecins/sages-femmes/boulangères vont t’engueuler si tu dépasses les cinq kilos par trimestre, comme si toutes les femmes avaient exactement le même métabolisme. Bonus : si tu fais partie des nombreuses chanceuses qui font de la rétention d’eau sur la fin, tu auras le privilège de voir l’aiguille de la balance s’affoler à mesure que tes chevilles gonflent, jusqu’à se confondre avec tes cuisses. Et là, l’image de la vache indienne prend tout son sens…

 

« Tu auras une belle poitrine »

Sujet épineux, car, sur ce coup-là, on ne t’a pas totalement menti… Certes, on prend des seins dès le début de la grossesse, pour le plus grand bonheur de certaines et surtout de certains. Mais, pour reprendre l’expression d’un copain, pour l’homme c’est comme avoir les clés d’une Ferrari mais pas le droit de la conduire. Parce qu’au début ils sont super douloureux, il ne vaut mieux pas pour sa tronche qu’il pose ses mains dessus. Ensuite… comme dis plus haut, on n’est pas exactement un objet de désir, même avec une poitrine énorme. Et, pour peu qu’un beau matin une trace du lancement de la production-test du lactarium soit visible, l’image de la machine à traire va se substituer irrévocablement à celle de la Ferrari.

Voilà, tu sais tout. Je te demande pardon, mais il fallait que tu saches. Je vais tout de même conclure sur du positif pour me faire pardonner. Même si les câlins sont en stand-by, ton homme et toi vivez la plus belle aventure de l’histoire de votre couple, et pour lui tu es la personne la plus importante du monde. Tes kilos, tu vas t’en foutre royalement, parce que, même si tes hormones te font passer d’un extrême à l’autre, tu vas probablement vivre les plus beaux moments de ton existence lorsque tu vas sentir ton bébé bouger au creux de ton ventre. Et un jour, tu n’auras qu’une envie : être enceinte à nouveau.

La prochaine fois, on parlera des trucs honteux de la grossesse, ça te calmera.

 

keep-calm-and-baby-on

 

ArticlepubliéSobusygirls-rouge

10 commentaires sur “La vérité sur la grossesse

    1. C’est un article que j’avais quasiment bouclé en fin de grossesse, malheureusement pas très révélateur de l’humeur du moment 😉 Mais bon ça va venir hein!! Bises ma belle 😉

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