Deuxième enfant : lui faire une place

C’est une question commune à bon nombre de mamans, une légère inquiétude que l’on partage lorsque se pose la question du deuxième enfant. Les papas aussi d’ailleurs, en tout cas mon mari l’a formulé de la même façon. Cette question c’est : l’aimerai-je autant ? Et derrière elle se cachent en fait plusieurs interrogations.

L’arrivée du premier enfant est comme un raz de marée qui vient tout chambouler et laisse derrière lui un paysage bien différent. Avec, au centre de ce paysage, le nouveau venu qui occupe presque toute la place, poussant les parents et le couple sur les côtés. Ce changement n’est pas toujours facile à négocier, mais on retrouve petit à petit un équilibre. Équilibre forcément remis en question par l’ajout d’une personne au tableau.

C’est un fait, depuis sa naissance ma fille prend toute la place. Après des débuts difficiles, nous avons retrouvé un semblant de calme, mais notre vie est clairement rythmée par elle : ses heures de sommeil, de repas, la possibilité de l’emmener ou non à tel ou tel endroit… Difficile encore de faire autre chose que s’occuper d’elle, plus difficile encore d’imaginer s’occuper d’un nouveau-né en plus.

Surtout, elle prend toute la place dans notre cœur, dans nos pensées. Elle est le centre de notre univers, celle qui a fait de notre couple une famille, c’est qui nous fait devenir parents jour après jour. Même quand elle nous rend chèvres, même quand elle nous tape sur les nerfs, on l’aime d’un amour qu’on ne saurait décrire. Souvent, nos regards se croisent et on se dit « Quand même, quelle merveille nous avons faites… ».

Et puis un jour, une échographie nous montre un petit être qui gigote. Notre deuxième enfant. L’émerveillement est intact, l’émotion est la même. Et puis les petits coups au creux de mon ventre me font chaque jour prendre conscience de sa présence. On commence à réaliser que nous allons avoir un petit bébé dans quelques mois. Et on s’interroge sur la place qu’il va prendre, parce qu’aujourd’hui il nous semble que toute la place est déjà prise.

Tout doucement, un lien se crée, et une immense tendresse naît pour ce petit être qui grandit en moi. Mais, il faut bien l’avouer, nous ne sommes pas aussi centrés sur mon nombril que pour ma première grossesse. Tout simplement parce qu’il y a une petit tornade de 21 mois qui réclame notre attention.

Pour elle, nous avions fait de l’haptonomie, et nous nous entraînions plusieurs fois par jour à l’appeler de nos mains, à jouer avec elle. Cette fois, le seul moment où nous retrouvons cette belle habitude est le soir, après avoir couché la petite, après avoir mangé et parlé de tout ce que nous n’avons pas pu aborder dans la journée. Fatigués donc, et un peu moins disponibles. Mais le bébé vient se blottir dans la main de son papa, qui commence à percevoir ses mouvements. Ces instants sont moins nombreux, mais tout aussi importants.

L’aimerai-je autant ? Au moment où j’écris ces lignes, je sens des petits coups dans mon ventre. Je lui parle, je le caresse. Il est mon bébé, mon tout petit. Je me rends compte que je ressens pour lui ce que je ressentais pour ma fille au même stade : un mélange d’incrédulité (c’est toujours aussi fou de se dire que j’ai un être vivant dans le ventre !), d’émerveillement, de désir de protection et d’amour naissant. Parce que, si je veux être honnête, je dois dire que l’amour démesuré que je ressens aujourd’hui pour ma fille n’a pas été instantané. Je l’ai aimée bien sûr dès la grossesse, puis encore plus à sa naissance, quand nos regards se sont croisés. Le reste, cette sorte de folie qui me ferait dire sans cesse « putain, qu’est-ce que je l’aime ! », qui m’a tiré les larmes quand elle m’a dit « coucou maman » au téléphone, ce soir où je n’étais pas avec elle, ce sentiment qu’il m’est impossible de décrire tant il est fort et unique, s’est construit au fil du temps.

J’ai écrit ceci à la maternité, lors d’un petit séjour pour un problème sans gravité à 4 mois de grossesse, et je me suis rendue compte que dans quelques mois j’y serai à nouveau, cette fois avec un tout petit bébé. J’ai hâte de le rencontrer. Bon, pas trop quand même, je voudrais être enceinte encore très longtemps, vous me connaissez ! Mais ce que je ressens pour lui quand je le vois sur l’écran ou que je le sens bouger me rappelle tant ce que j’ai ressenti il y a deux ans que je commence à me dire que le paysage va s’élargir pour laisser la place à deux belles images.

Et, quand je vois les yeux de mon mari briller devant une échographie ou un petit coup de pied, je revois ce même visage illuminé qui a marqué mes souvenirs, et je sais qu’il en sera de même pour lui.

Oui, dans quelques mois le paysage va considérablement s’élargir, notre horizon va considérablement s’étirer… Et quelque chose me dit que pour l’instant nous l’entrevoyons à peine. Et que la vue, à n’en pas douter, sera infiniment belle.

source Pinterest

7 commentaires sur “Deuxième enfant : lui faire une place

  1. Ca doit être en effet assez étrange et époustouflant en même temps. Bien sûr que vous l’aimerez, que votre coeur débordera autant d’amour pour ce petit homme que pour la puce. Mais je comprends tes réflexions, tes émotions.
    En tous cas moi j’ai hâte de découvrir le joli visage de la 4e personne de la famille.
    Grosses bises à tous

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  2. Comme tu le dis si bien en préambule, je pense que tous les parents se sont posé la question au moment de l’arrivée du deuxième … Un autre enfant, qui plus est un garçon, sera forcément différent mais c’est aussi ça qui est magique … Quant à l’amour, on sent qu’il est déjà bien là et ça ne fait que commencer ! Bisous ma belle

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    1. Quelque part c’est rassurant de savoir que tous les parents se sont posé la question, c’est tellement difficile à appréhender… Oui après je suis sûre que la question sera résolue d’elle-même 😉 Bisous ma belle!!

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  3. J’ai écrit un article là dessus mais je ne suis pas enceinte du deuxième.. Ton ressenti du coup fait bcp de bien à lire… Ça me rassure de percevoir cette meme émotion… Tes mots font du bien vraiment ❤️

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    1. Je suis contente que cela te fasse du bien 🙂 Je crois qu’on a toutes et tous un peu le même ressenti, c’est très difficile d’imaginer la place qu’un enfant va prendre finalement, que ce soit le premier ou le second. Mais, tu verras, la place se fait toute seule, aujourd’hui j’ai du mal à me revoir avant lui, quand il n’y avait qu’elle… c’est une évidence 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Ah oui?! Tu m’as filé des frissons 🙂 je commence seulement à repenser maternité… Et c’est vrai que c’est une des seules choses qui me bloque… Merci beaucoup en tout cas, ta dernière phrase met vraiment du baume au cœur… ❤️

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