Terrible deux ?

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Ma fille a deux ans. D’ailleurs elle aura 25 mois cette semaine, mais depuis qu’elle a franchi son deuxième anniversaire j’ai moins envie de compter en mois bizarrement. Un cap de franchi, encore.

Bref, ma fille a deux ans. C’est une enfant merveilleuse, jolie comme un cœur, vive, intelligente, drôle, adorable. Vraiment, elle est géniale. Grande pour son âge, elle est très active, elle parle très bien, elle est sociable et autonome dans ses découvertes. Elle nous épate chaque jour, c’est un bonheur de la voir grandir et un étonnement permanent de constater ce que notre tout petit bébé est devenu.

Oui, c’est la plus belle chose qui soit. La plus précieuse. Celle qui nous redonne le sourire et nous fait considérer la vie du bon côté les jours où elle ne nous montre que les mauvais.

Je pourrais m’arrêter là sans mentir en aucune façon. Je vous ai posté de belles cartes postales récemment, et je n’ai pas exagéré sur la saveur de ces moments passés avec elle. Mais la réalité est plus nuancée. Ou plutôt non, elle comporte deux faces, l’une moins brillante que l’autre.

Parce qu’élever cette petite fille, certains jours c’est aussi la chose la plus difficile qui soit. Le quotidien avec cette enfant de deux ans est parfois très compliqué. Pourquoi dis-je parfois ? Ces derniers temps, il ne se passe pas un jour sans cri, sans pleurs, sans combat pour se faire entendre.

J’entends parler du « terrible deux » depuis pas mal de temps, et je m’étais dit que l’on passait plutôt au travers. Elle ne tape pas, ne refuse pas systématiquement tout, ne mord pas, ne fait pas de grosses colères… Mais, bordel, quel petit mulet !

Elle semble être sourde. J’ai d’ailleurs fait des expériences pour m’assurer de sa bonne audition, et, à mon grand soulagement, quand je lui propose un bonbon ses oreilles fonctionnent très bien. C’est donc sciemment qu’elle ignore systématiquement nos appels ou consignes, y compris quand elle est à deux pas de nous. Il y a un mois encore, hausser le ton légèrement suffisait à susciter son intérêt, c’est aujourd’hui un lointain souvenir. Elle s’en fout royalement. Par contre, malheur à qui ne l’écoute pas et n’exécute pas ses demandes dans la seconde ! Elle est devenue incapable d’attendre trois secondes, et ne supporte pas qu’on lui dise non.

C’est une actrice née. La grande scène du jeté sur le canapé en larmes parce qu’on a refusé quelque chose à sa majesté est désormais célèbre. Le jeté en arrière dans sa chaise haute est devenu un grand classique. Se mettre à genoux au milieu du passage parce qu’elle en a marre de tenir la main a été présenté pour la première fois au public ce week-end, avec un succès notoire. Et les cris déchirants « Papaaaaaaaa » quand celui-ci refuse de venir sauter avec elle dans le trampoline sont dignes d’un bébé abandonné sur le bord de l’autoroute. Voyons le bon côté des choses : ce talent pourrait la rendre riche plus tard. Et accrochons-nous à ça.

Elle ne supporte pas que l’on s’occupe d’autre chose. Elle a toujours été très en demande d’attention, mais là ça dégénère carrément. J’en arrive à ne plus pouvoir terminer une phrase, ni avec son père, ni avec des invités. D’ailleurs l’Homme et moi avons renoncé à avoir une conversation avant qu’elle soit au lit. Pendant nos vacances, nous n’avons pas parlé pratiquement, à tel point qu’on s’est dit que ça n’aurait pas changé grand-chose de partir séparément. On peut jouer avec elle pendant une heure, elle ne nous laissera pas dix minutes de temps de parole pour autant. Quand elle ne nous coupe pas la parole tous les trois mots, elle fait une bêtise qui nous oblige à nous interrompre. Le plus flagrant, c’est le matin : elle arrive à rester devant son dessin animé pendant une heure, mais si jamais je passe un coup de fil elle saute de son fauteuil et entame son travail de pertubatrice.

Et puis surtout, elle sait y faire pour nous mettre à bout. Me fait me lever cinq ou six fois pour que je la sorte du trampoline, et s’enfuit à l’autre bout dès que je m’approche. Fais plusieurs fois par jour le « tour des non », c’est-à-dire qu’elle passe une demi-heure à toucher à ce qui est interdit, passant d’un non à l’autre avec un petit regard de défi. Répète une trentaine de fois la même chose, jusqu’à ce que je répète après elle. « Maman, saute, maman ! » « Oui, tu sautes ma chérie. » « Maman, par terre maman ! » « Oui, tu es tombée par terre ma chérie » (dans son trampoline toujours)(oui, elle pourrait y passer des heures), et ainsi de suite. Ça peut durer très longtemps, et quand je m’énerve j’ai la sensation d’être la mère hystérique de service. Ben oui, je l’engueule pour quoi, parce qu’elle me raconte ce qu’elle fait ? Il faut passer deux heures à ce rythme, avec un « maman » en début et en fin de chaque phrase pour comprendre qu’au bout d’un moment on n’a qu’une envie : gueuler « mais lâche-moi un peu !! ». Quand c’est son père qu’elle a choisi comme victime, elle refuse de lui dire bonjour, et il a droit à mademoiselle râleuse jusqu’à ce qu’on la couche. Elle se débat, hurle, m’appelle, et c’est d’autant plus dur pour lui qu’il rentre d’une grosse journée de boulot pour s’occuper d’elle, vu que je n’arrive plus à la doucher et que je dois la soulever le moins possible.

Revenons aux vacances. Nous qui pensions nous reposer ! Chez nos amies, elle nous a accaparés et à refusé de dormir. Arrivés dans notre location, nous pensions qu’elle serait contente d’être avec nous quelques jours, d’avoir ses parents pour elle… Penses-tu. Caprices après caprices, nous avons fini le premier jour à deux doigts de faire les valises et de rentrer chez nous. Complètement à bout de nerfs, déprimés de constater que ces premières vacances depuis longtemps dont nous avions tant besoin n’allaient pas être des vacances. Elle a hurlé à chaque douche. Elle a enchaîné les crises. Elle n’a pas dormi sans nous. Elle qui ne pose JAMAIS sa tête ailleurs que dans son lit a dormi pour la première fois dans le nôtre. Nous n’avons eu qu’un seul repas en tête à tête, le dernier soir. Vers 23h. Bref, ce ne fut pas que des jolis moments à la plage, loin s’en faut.

Bref, en ce moment c’est la fête. À ceux qui me prenaient pour une femme exploitée parce que je continuais à bosser avec mon mari à sept mois de grossesse, je répondais que c’était infiniment moins fatiguant que les mercredis passés seule avec elle. Mercredis que je terminais souvent en larmes et/ou avec des contractions pas possibles. Mercredis désormais passés chez la nounou, jusqu’à la naissance du bébé. Parce que physiquement je ne peux plus suivre.

Oui, notre fille est merveilleuse. La plus belle chose qui nous soit arrivée. Mais en ce moment, soyons honnêtes, on repartirait bien quelques jours en vacances sans elle. Le contexte n’est déjà pas spécialement détendu à la base, mais entendre les sirènes dès le retour à la maison n’aide pas à s’apaiser. Je ne sais pas si c’est vraiment le terrible deux. Je pense que ma grossesse n’est pas étrangère à tout ça non plus. Toujours est-il que j’ai beau chercher, je ne trouve pas la patience pour prendre tout ça avec philosophie. Oui, elle s’affirme, oui c’est normal dans son développement, bon signe même… Mais on peut dire qu’on en chie un maximum.

Soyons honnêtes jusqu’au bout : l’arrivée du second, je ne le sens pas du tout. Je vois mal comment elle pourrait gérer que je m’occupe d’un bébé alors qu’elle ne tolère pas que son père me raconte sa journée. Et je préfère ne pas savoir combien de temps cette phase d’opposition va durer. Là, il est 5h du matin, je me suis levée il y a plus d’une heure parce qu’elle toussait. Elle a posé sa tête sur moi et s’est blotti dans mes bras avant de retourner dormir gentiment. Pendant quelques minutes elle était mon petit bébé d’amour, j’ai respiré ses boucles, senti son petit souffle dans mon cou, son petit corps sur le mien. C’est mon amour, le soleil de ma vie. Attendons la fin de l’éclipse !

11 réflexions sur “Terrible deux ?

  1. Je ne peux que te conseiller la lecture de « j’ai tout essayé » d’Isabelle Filliozat, un livre offert par une amie bienveillante quand mon fils est né en me disant, « tu verras, tu en auras besoin plus tard ». On est en plein dedans aussi.. et moi je me fais taper, ce que je trouve très très dur, donc je fais aussi mon hystérique en voyant que ça ne fait qu’empirer la situation. Bref je lis et relis ce livre qui aide à mieux comprendre ce qui se passe dans leur petite tête à cette période si particulière et à tenter d’y répondre le mieux possible. bon courage

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    1. J’ai entendu parler de ce livre à plusieurs reprises, et du second livre de cet auteur (je crois), « au cœur des émotions de l’enfant ». C’est vrai qu’il faudrait que je le lise, je t’avoue que j’ai juste un peu peur de me sentir encore plus horrible après, parce que j’ai tellement tendance à perdre patience et à crier, et je me rends compte que c’est la chose à ne pas faire… Se faire taper ça doit être hyper dur aussi… bon courage à toi aussi ! On va s’en sortir hein!! 😉

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  2. Ma belle, mes connaissances sur le sujet étant assez limitée, je n’ai rien à te conseiller mais sache que tu as tout mon soutien … (Bon, ça te fait une belle jambe hein, mais bon voilà quoi) A ta place, j’imagine que je serai assez désemparée et à bout de nerfs aussi … Ca doit être une période très difficile à gérer ! Je t’embrasse fort et je suis là quand tu as envie de vider ton sac !

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    1. Merci ma belle ♥ Finalement on vit un peu la même chose, sauf que toi c’est la crise d’ado 😉
      Pour bien faire faudrait se faire une soirée rosé, histoire d’oublier un peu le reste… bientôt, bientôt… 🙂
      Bisous!

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  3. bonjour, je découvre des blogs de mamans sympas ces derniers temps. comme le tiens, je te felicite, il est joyeux,et tu as une princesse magnifique. je te souhaite une bonne grossesse. ca doit pas etre facle avec n enfant de 2 ans. mais si ca peut te rassurer ce n’est qu’un phase et elle va passer. ma fille a 3 ans et demi. entre 2 ans et demi et 3 ans, j’ai vécu l’enfer, c’est phase du non.elle du non a tout, elle n’est jamais contente, pleure sans arret. ne nous aisse jamais tenir une conversation de 5 minutes.quand je parlea teléphone c’est l meme chose, elle fait son cirque et veut de l’attention que pour elle..son papa et moi nous avon utilisé une méthode qui a fnctionné la plupart du temps. essayer de parler avc elle doucement, lui expliquer ce qu’elle ne doit pas faire, et pourquoi elle ne doit pas le faire. si elle le fait ele va etre puni, on lui explique l type de punition. genre si elle se mets a rouler par terre au supermrché, elle n’aura pas de dessin animé lesoir et sera prive de jouer la soirée. avant de sortir on lui rappelle plusieurs fois. pas de pleue et crise, sinon punition. meme dans a voiture et en rentrant au super marché. de cetet façon on est sure qu’elle a bien enregistré le message. si elle reste sage tant mieux, si elle nous joue son cirle, on la prive des jouets comm promis. je te cite cet exemple, comme ca peut etre un autre. je ne sais pas si c’st une forme de chantage, certains parents sont contre cette méthode, mais elle a marché pour nous. lorsqu’elle sait qu’elle n’aura pas ses jouets préféré,elle essaie de faire gaffe. dans le cas extreme, je crie, oui j’a l’air hystérique mais je crie, jusqu’a ce qu’lle se taise, puis je baisse le ton, jelui pare doucement et explique pourquoi je ne suis pas contente. maintentant ces mois de crises sont dernieres nous, elle plus calme. je l’ai mis a l’ecole maternelle depuis 3 mois. ca ce passe bien. bon courage. tiens bon surtout il ne faut pas ceder a leur « caprices » Ils essaient de s’affirmer, pour voir jusq’a ou ils peuvent aller. c’est a nous de leur montrer les limites.

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    1. Merci et bienvenue ici ! 🙂
      Je sais que ce n’est qu’une phase, tout ce qu’il y a de plus normale en plus, mais ça reste compliqué comme tu le sais. Pareil, elle n’est jamais contente… On a essayé aussi de lui parler calmement, de la prévenir de ce qu’on ne veut pas, mais pour l’instant sans succès. Après, on ne cède pas, on sait bien qu’il faut fixer des limites absolument. Avant on la punissait dans son lit ou au coin, mais j’ai lu que ce n’était pas la solution idéale, donc maintenant je le fais asseoir et je lui demande de se calmer. Bref, on teste un peu différents choses pour désamorcer les crises, mais la plupart du temps on craque et on crie. C’est du boulot! 😉

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      1. bonjour, oui oui dure dure. quand je crie et elle ne m’ecoute pas, je la boude, je luit la tete, lui montre que suis fachée contre elle. pour la culpabiliser. au bout d’un moment elle vient me faire des bisous, mais je refuse, d’abord je lui dit pourquoi j’eté fachée puis elle me dit désolée maman, puis apres je la prends dans mes bras. et la remplie de bisous. le plus dure pour moi c’eté ses crises dans les lieux publiques, pas toujours facile le regard des autres, mais apres je ne les calcul meme pas. je reste zen et je regle mes comptes avec ma fille a la maison. bon courage, et profites bien de cette 2 eme grossesse. a bientot.

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  4. Je n’en suis pas encore là, mon fils a 1 an, mais je m’y prépare et je pense que j’aurais du mal à résister à l’envie de crier s’il se comporte comme ta puce… Difficile de savoir quoi faire, j’essaye de lire des livres et des articles en amont pour avoir les bons réflexes lorsque la situation se présentera, mais j’imagine qu’on se sent vite dépassé. Et la théorie c’est bien beau, mais la situation réelle est souvent bien plus complexe.
    Courage en tout cas, ça doit être difficile de mener la grossesse dans ces conditions. Je pense en effet que ça doit aussi jouer sur ta puce.
    Le mieux à faire je pense, rester constant et se répéter encore et encore que c’est NORMAL et que ça finira par passer. Et partir tous les deux régulièrement en faisant garder la puce si vous le pouvez, pour décompresser.
    Encore une fois, courage !!!

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    1. Voilà, la théorie c’est super, mais la pratique… En fait ça demande des efforts constants, et dans la réalité, et bien parfois tu es crevée ou énervée, t’as pas le temps, pas l’envie… bref je trouve ça dur à mettre en oeuvre. Il n’empêche que j’essaie encore de mettre les jolies théories en pratique, même si c’est culpabilisant de ne pas parvenir à s’y tenir.
      Partir à deux… ah ça c’est un doux rêve!! 😉
      Merci en tout cas !

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