Faire le deuil de l’enfant imaginaire

Je suis au volant. Au bout du chemin, une maison. Je me gare devant, je suis arrivée chez moi. Je sors de la voiture et m’avance dans le jardin, laissant la maison sur le côté. Une déclivité du terrain me révèle alors la scène.

Mon homme est accroupi dans l’herbe, un ballon dans les mains. Devant lui, deux petites filles. Nos filles. Une blondinette aux cheveux un peu fous, une petite brune aux cheveux raides. Elles se retournent vers moi, un sourire illumine leur visage. « Maman ! » crient les petites filles. L’homme me sourit.

Mes bébés. Ma famille.

 

Ce rêve, je l’ai fait il y a des années, bien avant que l’idée d’avoir des enfants ensemble soit entérinée. Il est de ces rêves si précis que je peux me le repasser à volonté. Me fixer sur une image, zoomer sur un détail. Ce genre de rêve qui reste gravé. Je crois profondément aux pouvoirs des rêves. J’ai eu l’occasion de les éprouver.

C’est ce rêve qui m’a fait en quelque sorte garder un cap au fil des années. Dans la tristesse, dans la séparation, dans la peur, il m’a assuré que l’essentiel serait là, au bout du chemin. Que je serais mère. Qu’il serait à mes côtés. Que j’aurais la famille dont j’ai toujours rêvé.

Et puis, une petite fille… Blonde, aux cheveux bouclés. Celle de mon rêve. Elle est devenue réalité. Pas un instant je n’en avais douté. La voilà, avec le même sourire et les mêmes cheveux fous. Et le pendule qui tourne toujours deux fois sur ma main, catégorique. Elle aura une sœur.

Évidemment, quand j’ai vu la seconde barre s’afficher ce matin-là, j’ai su que j’attendais une fille. Les vêtements que j’avais rangé des mois plus tôt allaient ressortir des cartons. J’allais entendre mes deux filles rire de concert. Mon homme serait clairement en minorité, mais complètement fou de ses princesses. Je les voyais adolescentes, jeunes adultes même, l’énergique et la sage. La première avait mes yeux et le caractère de son père, la seconde me ressemblait moins mais avait la même tendance au rêve et à la tranquillité.

Mes filles. Mes bébés.

Et puis, cette phrase à l’échographie. Péremptoire et inattendue.

C’est un garçon.

Comment décrire ce qui s’en est suivi ? Il m’a fallu du temps pour trier mes idées.

Ma première réaction a été de verser quelques larmes discrètes dans la pénombre du cabinet, des larmes de tristesse pour cette petite fille qu’on m’avait volée. Puis l’examen a continué, et les larmes ont cessé de couler. Qu’il était beau, notre bébé ! Quel miracle de voir cette vie dans mon ventre !

Le lendemain, il en a été autrement. Une tristesse indéfinissable, une lourdeur, une envie de m’enfouir dans mon lit et d’y pleurer tout le jour. Pendant deux jours, cette noirceur a caché tout le reste, tout le beau, m’a fait taire et pleurer, et considérer mon ventre d’un œil presque étranger.

Pourtant, quand mes amies me demandaient « Mais tout de même, si tu te trompes ? Tu ne seras pas déçue au moins ? », je leur répondais « Tu rigoles ? Comment on peut être déçu, c’est un bébé, pas une poupée ! Je serai heureuse quoi qu’il en soit. » Et c’était vrai, je le pensais.

Pourquoi alors cette envie permanente de pleurer ? J’ai affronté les réactions pendant deux jours, je me suis efforcée de sourire. « Un garçon ? Ah ben ça c’est super ! Le choix du roi ! ». Comme si une seconde fille aurait été une moins bonne nouvelle… Je me suis battue contre mes larmes, et contre la honte devant cette réaction que je ne contrôlais pas. Que je ne comprenais pas tant elle était violente et absurde.

Parce que ce petit garçon je le voulais. Quand le pendule amorçait un troisième mouvement qui le prédisait, quand je pensais à ce que cette femme m’avait dit un jour dans un clin d’œil « Il y aura quand même un garçon », je l’imaginais déjà. À mon mari qui doutait fortement de son envie d’avoir un troisième enfant, je disais « Mais si, il y en aura un, je l’imagine tellement bien ton fils ! On aura un petit garçon ! ». Et j’avais d’ailleurs très peur de devoir faire le deuil de cette image si d’aventure il s’agissait bien de ma dernière grossesse.

Le nœud du problème était là. Faire le deuil de l’enfant rêvé. On y est forcément confronté un tant soit peu en tant que parent, lorsque toutes les images idéales de l’enfant laissent la place au quotidien, à la fatigue, aux difficultés, que l’on découvre la personnalité de cet être à part entière et que brusquement il ne nous appartient plus comme dans les projections que nous nous en faisions avant son arrivée. Ce n’est pas un mal, c’est juste qu’il faut laisser de côté l’imaginaire qui a accompagné la grossesse et même l’avant.

J’ai dû faire mon deuil de cette petite fille imaginaire. Je ne parle pas d’un deuil au sens strict, qu’on soit bien d’accord. Le terme de deuil convient à tant d’autres choses de moindre gravité. J’ai dû faire le deuil d’une image tant de fois répétée, d’une vision précise mais sans réel fondement de ce que serait ma famille.

imaginary

Deux filles, un garçon. Je n’étais pas déçue par la présence de ce petit bonhomme, j’étais juste perdue devant cet oubli. Comme si on avait zappé cette petite fille prévue au tableau. Comme si on me l’avait prise.

Je gare la voiture. Je m’avance dans le jardin… Où est-elle ? Où est mon bébé ?

Cette petite fille aux cheveux noirs et aux yeux doux, pour qui nous avions même déjà choisi un prénom, où est-elle ? Je me suis souvenue de cette fois, quelques mois avant de tomber enceinte la première fois. Peut-être l’avais-je perdue sans le savoir ? Puis je me suis mise à avoir peur, une peur atroce pour cet enfant dans mon ventre. Et s’il arrivait malheur ? J’en aurais crevé. J’ai arrêté de vouloir expliquer.

Il m’a fallu des semaines, non pas pour accepter cet enfant, mais pour oublier l’autre, pour la mettre suffisamment de côté pour ne pas occulter ce bébé que je m’apprête à accueillir. Certains jours ont été plus faciles que d’autres. J’ai eu du mal à ouvrir les cartons de vêtements sans que mon cœur se serre à la vue des petites tenues pliées avec soin dans l’attente de resservir. Les premiers achats ont été difficiles, tant j’ai du mal avec les couleurs du rayon garçon.

Puis j’ai trouvé de jolis vêtements. Ni gris, ni tristes, mignons comme des habits de bébé. Puis on a parlé prénom, et l’image du petit garçon à la charpente solide et au tempérament câlin est revenue m’éclairer. Je me suis souvenue à quel point je le voulais, mon petit homme. Et la petite fille imaginaire a laissé doucement la place.

Ce serait mentir de dire que je ne suis pas inquiète. Ce serait mentir de dire que j’ai totalement fait le deuil de ce rêve qui m’a suivie tant d’années. Je ne parviens pas à m’imaginer avec un tout petit garçon, mais je n’y arriverais sans doute pas non plus avec une autre petite fille… Ma fille prend toute la place, et je ne réalise pas encore qu’elle sera bientôt grande sœur. Comme lors de ma première grossesse, ce bébé est encore irréel.

Dans un mois nous accueillerons ce second bébé. Notre fils. J’ai hâte de le serrer contre moi, de sentir son petit souffle dans mon cou, ses petits pieds dans ma main, de le découvrir. Même si j’ai encore quelques peurs, j’ai acquis ces dernières semaines une certitude : il balayera les questions d’un regard, comme l’a fait sa sœur à la naissance.

J’ai culpabilisé d’avoir été triste et désemparée, alors que je devrais remercier le ciel de me permettre d’être mère à nouveau, d’un enfant en pleine santé. J’ai eu peur que mon fils se soit senti rejeté, alors je lui ai expliqué. Je lui ai dit à quel point sa présence était une joie, à quel point sa vie m’était précieuse, à quel point je l’aimais. Je le sens tellement conscient. Un lien fort s’est développé entre nous, que je n’ai pas connu durant ma première grossesse.

Il a remué tout le temps que j’ai écrit tout ceci, alors que je me suis levée au milieu de la nuit et qu’à cette heure-là il ne bouge jamais. Il m’a encouragée et rassurée. C’est bien maman, il faut que ça sorte. Oui, je sais, je sais. Je suis là, ne t’en fais pas. Tellement doux, tellement fort, tellement conscient. Ce lien qui se construit, magique et inexplicable, me laisse entrevoir quelle merveille de petit homme je porte en moi.

Peut-être était-ce un petit garçon qui jouait au ballon dans mon rêve ? Peut-être le destin a-t-il modifié un peu sa route. Peut-être n’ai-je rien compris du tout. Chaque jour, ce lien me dit que cela doit être exactement comme ça.

J’ai écrit ceci il y a un mois, et il manquait encore quelque chose, sans que je sache quoi. Aujourd’hui, j’ai rêvé de mon fils. Je le soulevais de son berceau pour le prendre dans mes bras, l’appelant de ce prénom qui me semble encore si théorique. C’était un bébé joufflu et paisible, si beau… Mon bébé. Mon tout petit. Mon troisième amour. Ce rêve m’a laissée heureuse et impatiente qu’il soit là. Il ne me manque plus que ça.

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27 réflexions sur “Faire le deuil de l’enfant imaginaire

  1. Peut-être que c’est juste l’ordre d’arrivée des enfants qui va changer…
    Et puis, avant la naissance, c’est normal d’imaginer un enfant différemment de celui qu’il sera.
    J’ai d’ailleurs rédigé un article récemment sur la façon dont j’imaginais ma fille et sur ce qu’elle est en réalité.
    Bonne fin de grossesse à toi 🙂

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    1. Le troisième est hautement improbable pour l’instant, même si ça me fait mal de le dire 🙂
      Ça c’est vrai, je le vois avec ma fille, elle est merveilleuse mais différente de l’idée que je m’en faisais avant. Encore heureux en même temps, ils ne sont pas à nous ces enfants! merci 🙂

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  2. J’ai vécu un peu la même chose. J’aurais aimé une fille en 1er même si je savais pertinemment que ce serait un petit garçon
    QUand on m’a dit garçon, sur le coup pas de déception mais le lendemain matin, la panique.
    Comment on élève un garçon. Une fille, je sais, c’est pareil que moi, mais un petit mec…
    GROSSE angoisse.
    Et puis il est né… Et franchement, on me dit demain : 2nd ptit mec, je signe TOUT DE SUITE
    Acheter des vêtements, des petites baskets pour lui m’a beaucoup aidé !
    Tout le monde autour de nous voulait une petite fille pour nous… Et bien tant pis, on a un magnifique petit garçon de presque 1 an et c’est tellement de joie.
    Des fois, je pense à cette petite fille qui viendra peut être ou peut être pas… On verra bien…
    Le seul truc c’est que je trouve que les prénoms de garçon sont un peu plus dur à trouver ^^
    Gros bisous !
    Mais du coup, carnet rose deviendra peut être Carnet violet (un peu de rose, un peu de bleu 😉 )

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    1. C’est vrai qu’un garçon c’est l’inconnu, une fille on a l’impression de mieux savoir. ça me rassure ce que tu me dis, c’est vrai qu’on angoisse à priori, mais sans doute qu’après cela se fait tout seul… J’avais des questions comme ça pour ma fille, genre « et si je ne sais pas changer une couche?? », et puis avec le recul tu souris en y repensant!
      Ah, pour la couleur du blog je vais y penser, tiens! 😉
      Merci pour ton message 🙂

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  3. Je suis toute chamboulée de ton article ma belle. Je pensais bien qu’il y avait tout ça en toi. On s’imagine des choses, on fait des plans et puis un jour, quelque chose se passe qui vient tout remettre en question.
    Même sans le vouloir, on rêve l’enfant à un moment ou à un autre. C’est étrange mais ton article me rapproche de moi, de mes doutes, de mes certitudes. J’en voyais 3 moi, 3 garçons. Et je crois que je n’en aurai qu’un, même si d’autres me jurent le contraire. Un, presqu’un choix. Même si il est difficile de se dire que je ne porterai pluis jamais la vie. Accepter ce qui se présente. Et faire le deuil oui ma belle. C’est un deuil, différent des autres, mais un deuil important, qu’il est nécessaire de faire, pour toi, pour votre famille. Le temps fera les choses et ce petit homme aussi, tu t’en occuperas merveilleusement bien. J’ai lu il y a quelque temps qu’un garçon annoncait la rupture avec le passé et les valises qu’on se traine, sans même y penser. Je les vois déjà jouer dans le jardin et être heureux!
    Je t’embrasse fort

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    1. Tu ne sais pas ce que la vie te réserve ma belle 😉 Mais je comprends que tu raisonnes comme ça, laisse la vie te surprendre si elle doit le faire!
      Poser les valises, ça me plaît bien comme idée, j’aurais lâché quelque chose plus tôt que prévu alors? Oui, c’est une belle idée!!
      Un grand merci pour tes mots ma belle ❤

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  4. Quelle beau texte ! Quelle sincérité et quel recul ! Je suis admirative de ce chemin que tu as parcouru en si peu de temps finalement. Ton fils a bien de la chance de t’avoir pour maman 😉

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  5. Moi je suis me suis longtemps imaginé maman d’un petit garçon. Et pour mes deux grossesse j’ai pleuré quand l’échographiste nous a annoncé une petite fille. Ça n’a pas duré très longtemps mais j’ai ressenti ce petit pincement au cœur. Et puis, il y eu cette fausse couche avant d’avoir MissG et je me dit très souvent que c’est peut être mon petit garçon que j’ai perdu.
    Un jour peut être que je serais maman d’un petit garçon mais pour le moment, j’imagine très bien MissG et sa petite sœur marchant main dans la main d’ici quelques années et ça me rempli de bonheur!

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    1. Oui, je sais que pour toi c’est l’inverse 😉 Je comprends que tu penses à cette première grossesse qui n’a pas continué, finalement on ne saura jamais… Mais comme tu dis on sera tellement heureuses de voir nos deux bébés grandir ensemble, frère ou sœur, peut importe!

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  6. Tu l’écris toi-même « j’ai acquis ces dernières semaines une certitude : il balayera les questions d’un regard » et en le regardant dormir tu te diras mais comment ai-je pu tant douter.
    Un garçon pour une Maman c’est une page blanche, un voyage permanent en terre inconnue qui t’offrira une incroyable liberté tu verras.
    Bravo pour ce superbe texte

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    1. Je le pense aussi, pour le moment il n’est pas vraiment réel, mais sa sœur ne l’était pas plus avant sa naissance et aujourd’hui je me demande comment j’ai pu vivre sans elle.
      J’aime cette phrase que tu écris, c’est une belle image, je vais la garder précieusement et je te remercie 😉
      Merci beaucoup pour ton message!

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  7. bonjour, ton article est tellement touchant, je sais que tu es heureuse d’avoir ce bébé garçon et peut etre que cette 2 eme fille imaginaire viendra agrandir la famille a l’avenir. qui sait….. quoi qu’il en soit, ton rêve est beau mais ta réalité sera encore plus belle, j’en suis convaincue. ce deuil du bébé imaginaire, si je peux dire ca comme ca, ma soeur m’en avait parlé ya quelques jours justement. son garçon a 8 mois. il est arrivé apres plus de 5 ans d’atente, mais quand elle a su qu’elle etait enceinte, elle été persuadé que ca sera une fille. son fils l’a comble maintenant biensure, mais au fond de son coeur, elle garde secretement ce désir d’avoir un jour une fille. de ma part j’ai une fille de 3 ans et demi. mais avant elle j’avais fait une fausse couche de 5 mois qui m’avais beaucoup fait soufrir car ce bébé je l’avais deja aimé. et il m’arrive jusqu’a présent de penser a lui.. ca peut paraitre idiot et pourtant … en tout cas je te souhaite une bonne fin de grossesse, savoir bien ce dernier mois malgré la fatigue qui s’intalle a ce stade et ta puce de 2 ans qui a besoin encore de beaucoup d’attention et tendresse. bravo pour cet article. bisous.

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    1. Merci pour ton commentaire si touchant 🙂
      Forcément, je me sens presque coupable face à quelqu’un qui, comme toi, a vécu un deuil bien réel, sans commune mesure avec mes petits questionnements. Ton si gentil message me touche d’autant plus, je te remercie mille fois ❤

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  8. Il est magnifique, ton article !
    En y réfléchissant, je crois qu’on fait tous un deuil, quoi qu’il en soit, lorsque l’on apprend le sexe de notre enfant. Un sexe, c’est faire le deuil de l’autre sexe. Mais c’est plus compliqué lorsqu’on s’était persuadé d’un sexe précis… J’avais rêvé de ma deuxième fille, persuadée que la fratrie allait être rééquilibrée… Mais petit Blini a un zizi… Ca a été dur pendant quelques jours après l’annonce de l’échographiste. Mais comme tu le dis si bien, maintenant qu’il est né, c’est une évidence (et j’adore la manière dont Émilie parle de la relation d’une maman avec son garçon !) !
    Bises, profite bien de ces derniers instants magiques de ton tout petit à l’intérieur de toi, avant de pouvoir le couvrir de bisous !

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    1. Merci!
      Tu as tout à fait raison, on fait forcément le deuil de l’un des deux sexes, parce que, tant que c’est l’inconnu, on a tendance à imaginer les deux cas de figure, parler prénoms, et au final on abandonne une partie de nos projections. C’est vrai que le zizi du Blini t’a surprise toi aussi, c’est rassurant de voir que d’autres ont ressenti ce petit pincement au cœur.
      Des bisous!!

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  9. Deuil…c’est pesant comme mot mais tellement vrai, lourd de sens…je connais bien pour devoir faire le même chemin, moi qui ai rêvé pendant des années à une famille nombreuse. Nous sommes certes 5 à la maison une semaine sur deux mais ce n’est pas la famille dont je rêvais. Je voulais mes 3 ou 4 enfants à moi. A moi et rien qu’à moi. Des enfants que je puisse comprendre et pardonner dans leurs mauvais jours, effacer leurs erreurs et leurs blessures avec mon grand coeur de maman. N’ont pas que je n’aime pas mes beaux-enfants, loin de là, ils font partie de l’homme que j’aime. Et il ne serait pas celui que j’aime s’il n’y avait pas ses enfants.
    Mais ce ne sont pas les miens et ce n’est pas pareil. Je n’ai que ma fille et il n’y aura qu’elle, sauf accident. Mr a l’âge avançant et de ses propres mots « plus la patience, c’est déjà assez difficile comme ça de tout faire ». Je ne lui jette pas la pierre, il n’a pas tort. Je pourrais essayer de me consoler à pouvoir retrouver mon corps plus rapidement, faire du sport, avoir du temps pour moi, un cabrio ou une décapotable. Mais ironiquement, même si j’en ai besoin, je remettrais bien le couvert.
    Alors faire le deuil des ses rêves de famille, j’en connais quelques notes. J’ai rêvé d’une fratrie, comme j’ai eu la chance d’avoir. Alors pourquoi privée ma fille de cette richesse, de cette base pour moi indispensable à la vie? Pour des raisons d’organisation, financières, égoïstes?
    Mais être parents, c’est être deux. Alors je préfère un enfant unique avec mon homme que deux enfants sans lui.
    Est-ce un signe de maturité ou de résignation? Je n’en sais rien et peu importe. Il faut continuer à avancer…

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    1. Je vois que pour toi aussi la notion de deuil est bien présente… Je peux comprendre dans la mesure où j’ai toujours dit que je voulais au moins deux enfants. Pourquoi, je n’en sais rien, mais il m’aurait été très difficile de devoir renoncer à ça. Etre parents, c’est être deux, tu as tout à fait raison. C’est pour ça que je ferai sans doute une croix sur un troisième enfant. En ce qui te concerne, je n’ai pas de conseils à te donner, mais j’ai l’impression que le travail de deuil n’est pas terminé, que c’est un sujet douloureux encore. J’espère que tout cela va s’apaiser pour toi. Des bises ❤

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  10. Comme ton article me parle…Sauf que je ne connaitrai jamais « ma fille » puisque nous avons eu un petit gars et nous voulions qu’un! C’est un cheminement, parmi d’autres, et je trouve cela super tabou encore comme si on n’avait pas le droit d’imaginer sa vie avec tel ou telle enfant, même si c’est un rêve…Bref, il s’agit vraiment d’un deuil dans le sens arriver à accepter quelque chose qui ne sera pas…
    j’avais écrit un post sur ce même sujet qui te parlera peut-être….
    :http://readmymind.eklablog.com/quand-la-cigogne-deconne-ou-attendre-x-et-recevoir-y-ou-l-inverse-a47717903
    En tout cas, je te comprends mais je suis certaine que ta future complicité avec ton fils fera disparaître tes regrets.

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    1. Ton article soulève des choses très justes, notamment le besoin de se projeter pendant ces premiers mois de grossesse, et le besoin d’aller vers une image qui nous semble familière. Je suis convaincue que mon histoire me fait appréhender différemment un garçon, comme si une fille comblait un besoin de sécurité (un garçon, c’est l’inconnu). Comme toi j’ai culpabilisé de cette réaction, qui n’était pourtant pas de la déception au sens strict.
      Je suis certaine aussi que tout ira très bien quand il sera là 😉 Merci pour ton message en tout cas!

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  11. Moi aussi je voulais 4 enfants, j’en ai 2 ; je voulais une foule de petits enfants, j’en ai 2 ; la vie est ainsi faite de croix que l’on met sur des mots que l’on s’était prononcé à soi-même, de rêves que l’on avait faits. Mais heureusement, elle nous offre en compensation tellement de beaux moments. Mes deux fils sont mes deux bonheurs et tellement proches de leur mamounette que j’en souris rien que de l’écrire.
    Bonne fin de grossesse !

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  12. Je n’ai pas commenté cet article, non pas par désintérêt (loin de là) puisque ce que j’ai lu m’a beaucoup touchée, mais par peur de ne rien trouver de suffisamment intelligent à dire … La vie entière est faite de deuils et de renoncements… on a beau le savoir, ça ne rend pas les choses plus faciles … mais je suis persuadée que le destin t’a réservé une magnifique surprise avec ce petit homme ! je t’embrasse !

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    1. Tu as toujours un truc intelligent à dire! La preuve, tu as tellement raison, on avait d’ailleurs écrit toutes les deux sur les deuils de la vie, dans tous les domaines 😉 Oui, je crois que je vais être agréablement surprise! Bisous ma belle!!

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