Ce jour-là… en route pour la maternité

imageCette fois, il m’aura fallu du temps pour écrire sur mon accouchement. C’est sans doute le temps qu’il me fallait pour digérer ce qu’il s’est passé ce jour-là. Un grand bonheur certes, mais une violence plus grande encore que la première fois. Mais commençons par le début : le matin du 15 juin.

La veille était un dimanche, nous avions assisté à la fête de la future école de notre fille, qui a ouvert ses portes en septembre. Nous avons rencontré les autres parents, découvert l’avancée des travaux, regardé les enfants jouer avec leur future maîtresse. J’avais eu peur de rater ce jour, j’étais heureuse d’y être. Tout le monde m’a interrogée sur le terme, je répondais « vendredi, normalement ». J’étais bien, juste un peu lourde, le bébé pesait vraiment beaucoup et je sentais qu’on avait passé la barre des 4 kilos. Sauf prolongation, c’était notre dernier dimanche à trois.

Le lundi matin, mon mari a emmené la petite chez la nounou. Comme souvent en cette fin de grossesse, elle avait été difficile et la journée avait commencé dans les cris. Lorsqu’il est revenu, je lui ai demandé s’il pouvait s’occuper de bouger l’armoire de notre chambre avant d’aller bosser, pour que je puisse ranger dans la journée. Parce que nous avons une chambre mansardée, que l’armoire est en plein milieu et délimitait un coin dressing qui devait devenir le coin bébé, il fallait donc la tourner pour mettre les portes à l’opposé. Le plafond étant trop bas, il fallait la vider, la coucher par terre, la faire tourner au sol et la remonter. Bref, on s’en fiche, c’est juste pour situer. (Et, oui, à quatre jours du terme la chambre n’était donc pas prête du tout)

Bref, malgré son enthousiasme extrêmement modéré, je suis montée vider l’armoire. Et là, une contraction m’a obligée à m’arrêter. Rien d’inquiétant à ce stade, cela faisait près d’un mois que j’en avais régulièrement. J’ai donc continué, aidé mon homme à bouger la bête, et, lorsqu’il est parti travailler, j’ai entrepris de la remplir à nouveau, en faisant du tri au passage. Toute la matinée, mon ventre s’est serré toutes les vingt minutes, m’obligeant parfois à faire une pause pour respirer.

Vers midi, j’ai installé le berceau, une moustiquaire et le mobile en tissu. J’ai accroché les boules en papier de soie et tenté de fixer un rideau pour masquer l’arrière de l’armoire. Le facteur est passé, Sophie la Girafe et la veilleuse Pabobo sont venues compléter l’attirail. Je voulais absolument la veilleuse pour la maternité… Les contractions étaient assez fortes, et surtout régulières, mais je n’avais pas la certitude que le grand jour était arrivé.

J’ai gobé deux antispasmodiques et pris une douche bien chaude. Vers 13h, je me suis allongée sur mon lit et j’ai regardé le berceau qui n’attendait plus que le bébé. J’ai posé les mains sur mon ventre, et je lui ai parlé. La semaine précédente, je le suppliais de ne pas arriver, sa sœur étant malade. Ce jour-là, je lui ai dit qu’il pouvait venir. « Tu sais que je serais contente de te garder encore dans mon ventre, mais si tu as envie d’arriver aujourd’hui, alors c’est parti ! ».

Une demi-heure plus tard, j’appelais mon mari. « Je crois qu’il faut que tu rentres ». L’intensité des contractions ne me laissaient que peu de doute dorénavant. Il est arrivé à 14h, et pendant l’heure qui a suivi on a compté les minutes. Ça commençait à piquer un peu, il allait falloir partir. Le temps rajouter les choses de dernière minute dans la valise, de prévenir la nounou, il était près de 15h30 lorsqu’on a quitté la maison.

J’angoissais beaucoup par rapport à ma fille pour le jour de l’accouchement. Et si ça arrivait en pleine nuit ? Et si sa marraine n’était pas joignable ? J’avais demandé à une copine de garder son téléphone allumé jour et nuit, au cas où, mais elle habite à l’opposé de la maternité. Je ne voulais pas que ma fille me voit souffrir, ni la sortir du lit en pleine nuit pour la déposer chez sa marraine sans pouvoir vraiment lui expliquer. En fait, ce qui s’est passé ce jour-là fut le meilleur de tous les scénarios possibles : elle était déjà chez sa marraine, on s’est arrêtés sur la route pour déposer ses affaires pour la nuit discrètement (si elle nous avait vus, je suis sûre que cela aurait été compliqué de repartir), et on avait même le temps de s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’une fausse alerte avant de demander à super nounou-marraine de lui expliquer qu’elle allait rester chez elle le soir. Timing parfait en somme, et c’est clair que j’étais du coup beaucoup plus sereine de partir pour la maternité dans ces conditions.

Le sac de la puce déposé, le trajet s’est déroulé calmement. Nous nous sommes regardés, nous nous sommes souri. « On va avoir un bébé » ai-je dit. J’ai un souvenir léger de ce moment. Pourtant, j’avais peur. « Ça va très bien se passer » m’a-t-il assuré. Bizarrement, je ne garde pas la douleur dans mon esprit, alors que j’étais déjà obligée de respirer profondément pour passer chaque contraction. Oui, je crois que nous étions sereins, et heureux, tout simplement. Peut-être parce que cette fois nous savions quel bonheur nous attendait dans les heures à venir. Sans doute aussi parce que nous étions pratiquement sûrs que tout se passerait mieux, cette fois. Mieux valait ne pas savoir que nous avions tort.

J’ai pris le temps d’aller avec lui faire les étiquettes d’admission, juste pour pouvoir prendre un ticket prioritaire et ne pas avoir à l’attendre seule quand il ferait une demi-heure de queue. On a plaisanté, même si je commençais à avoir du mal à tenir debout. Nous sommes montés, et, arrivés au bureau des sages-femmes, je n’ai pas eu à leur donner le motif de ma visite. « Bienvenue dans mon salon de voyance » a ironisé l’une d’elle, avant de me conduire dans le bloc naissance et d’appeler son collègue. Ce serait donc un sage-femme qui m’accoucherait cette fois. « Vous êtes branchée péri ? » a-t-il demandé dans un sourire. « Oui, pour l’instant ça va, mais dans deux heures je vous supplierai peut-être de m’achever. » On a ri. Je ne savais pas que j’aurais envie qu’on m’achève deux heures plus tard, pour de vrai.

Oui, je garde un souvenir léger de mon arrivée à la maternité. Je nous revois marcher tranquillement depuis la voiture, le sourire aux lèvres, mains dans la main, se jetant des regards pleins de joie. Nous savions que bientôt notre bébé serait là, et, même si je ne réalisais toujours pas, j’attendais ce moment avec impatience. Il n’y avait pas l’inconnu de la première naissance, juste la certitude que nous allions vivre l’un des plus beaux moments de notre vie. Juste avant d’aller dans la salle de travail, nous nous sommes pris en photo. Sur mon appareil, je vois défiler nos sourires et nos airs heureux. Il était 16h. La photo suivante a été prise moins de trois heures plus tard…

IMG_5988

To be continued…

2 commentaires sur “Ce jour-là… en route pour la maternité

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s