[Nocturne] Épuisement parental et perspective optimiste

lune3h06.

J’ai froid. Je suis sur mon canapé et j’attends un délai raisonnable avant de regagner mon lit. Parce que si je rentre dans la chambre avant qu’il soit totalement rendormi il va hurler, c’est sûr.

Depuis plus de trois mois, chaque nuit ou quasiment, le bébé pleure. Crie, hurle. Parfois, il suffit de lui remettre sa sucette dans la bouche, parfois il suffit de le prendre une minute aux bras. Ou alors, comme cette nuit, il se calme sur nous mais hurle à nouveau dès qu’on le pose. J’avais réussi à endiguer un peu ce rituel, sans arrêter les réveils, en le laissant pleurer un peu. A peine, même pas une minute, juste le temps qu’il comprenne que j’étais partie me recoucher. Mais il a été malade, a sorti des dents, et récemment a eu des douleurs la nuit à la suite de l’opération qui ont nécessité des antalgiques forts. Bref, retour à zéro.

La nuit dernière a été infernale. Cette nuit, il s’est réveillé « seulement » à 2h50, s’est rendormi sitôt dans mes bras, mais a hurlé à nouveau lorsque je l’ai posé. Le temps d’aller dans la salle de bain, je l’ai entendu se calmer. Mais s’il ne dort pas totalement il n’est pas question de rentrer dans la chambre, sans quoi il va me réclamer bruyamment.

Je ne sais pas si c’est un rituel de la nuit qui s’installe, comme ce fut le cas pour ma fille, des angoisses, un besoin de dormir avec nous. Un peu de tout ça mélangé sans doute. Mais l’épuisement nous guette. La grande nous réveille plus tôt depuis qu’elle va à l’école, parfois nous ne dormons pas plus de deux heures d’affilée. Je m’aperçois avec effroi que je ne suis pas loin de la période d’enfer que j’avais vécu avec ma fille, celle dont je ne me suis jamais totalement remise, celle qui a fait de moi, en partie du moins, la mère qui hausse facilement le ton, me vidant de toute mes réserves de patience, même les plus insoupçonnées. La différence, de taille, est que mon fils s’apaise tout autant avec son papa, et qu’on peut donc alterner.

La journée, c’est un bébé calme, qui peut jouer tranquillement dans son parc ou patienter pour manger si je dois aller chercher sa sœur à l’école par exemple. Il a des jours râleurs, mais c’est ceux où il est le plus fatigué, ou malade. Mais je suis arrivée à être intolérante, comme avec sa sœur. S’il râle, pleure, se tortille, ça me stresse. Je me crispe, lui demande ce qu’il a encore. Je le vois, je n’ai aucune patience avec la grande, et cela date de ces nuits blanches. Ce qui n’est pas juste pour elle, pour eux. On parle du burn-out maternel, je crois que je n’en suis pas passé loin, à l’époque. On dit qu’il faut des mois, des années, pour s’en remettre, je le crois. Même si j’ai l’impression d’exagérer lorsque je dis que je ne m’en suis pas remise, c’est le cas. Bref, en ce moment les réveils nocturnes à répétition me replongent dans tout ça.

Enfin, rien de nouveau. Je vois des mères et des pères épuisés tous les jours, dans la vie et sur les réseaux sociaux. C’est le lot des parents, et, bien sûr, il y a plus grave dans la vie. Mais ça fait du bien d’écrire quand on est debout au milieu de la nuit et qu’on se met à trop réfléchir.

Certains me diront : il dort encore dans votre chambre ? Oui, mais la maison est mal foutue, on espérait déménager avant la fin de l’année pour qu’il ait une chambre. On ne peut pas le mettre avec sa sœur, si c’est pour qu’il la réveille 6 ou 7 fois dans la nuit. Et ces réveils débutent parfois avant même que nous soyons couchés, donc ce n’est pas notre présence qui est en cause. Pour l’instant, on le garde avec nous puisque de toute façon on passe une partie de nos nuits à son chevet.

La seule chose, c’est que je refuse de le laisser pleurer, comme on me le suggère régulièrement. Je tiens bon et refuse aussi qu’il dorme dans notre lit. Mais je comprends tellement ces parents qui font dormir leur bébé avec eux, qu’on dit faibles, mais pour qui c’est le seul moyen de se lever pour aller bosser le matin. On fait comme on peut. Ici, on ferait bondir les grands esprits qui écrivent tant de chose sur le couple après bébé : parfois l’un dort dans la chambre d’ami, pour faire une vraie nuit. Parce que le couple épuisé, qui plus est englué dans des soucis professionnels, il prend du plomb dans l’aile tout de même. Alors si dormir séparément permet de passer une journée où l’on se parle calmement, soit. Oui, on fait comme on peut…

3h50. Je vais tenter un retour dans mon lit. Le sommeil tardera sans doute à venir, il me réveillera probablement vers 5h, j’en suis à avoir peur d’aller dormir. La nuit dernière, j’ai crié, que j’en avais marre, qu’il me pourrissait les nuits. Je m’en suis voulu, forcément. Cette nuit, je l’ai mieux vécu, j’ai appliqué un principe d’optimisation. J’ai lu je ne sais plus où qu’on pouvait adoucir la moindre chose, et notamment la fatigue quand son bébé nous fait lever la nuit. Il faut cesser de regarder l’instant, lâcher le « je suis fatigué, je veux dormir », pour voir l’action sur le long terme ou la remettre en perspective. Souvent, du coup, j’essaie de me dire « je me suis levée pour m’occuper de mon bébé, il est dans mes bras et je le rassure. Je le rassure, il sait qu’il peut compter sur sa maman, et cela fera de lui un adulte plus serein. » En le formulant ainsi, je me rends compte d’abord que je profite de ce moment, dont a priori je me serais bien passée, où mon tout petit est blotti dans mes bras. Un jour, il se s’endormira plus la tête dans mon cou, et cela me manquera. Et puis, les perspectives changent effectivement : tout d’un coup, je ne me suis plus levée pour rien, je me suis levée pour en faire un adulte serein. Et ça, c’est une excellente raison de se lever, non ?

04h04. Allez, cette fois je vais me coucher.

15 commentaires sur “[Nocturne] Épuisement parental et perspective optimiste

  1. Je compatis! As-tu essayé l’homéopathie pour apaiser bébé et améliorer son sommeil? Notre pédiatre nous a conseillé sédatif pc, 5 granules dans le bibi matin et soir. Chez nous cela a été très efficace. Notre plancton a retrouvé des nuits sans réveil en 2 ou 3 jours. Et comme c’est de l’homéopathie, ça ne risque rien pour bébé, tu peux en faire une grosse cure, au pire cela ne lui fera rien. Courage

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    1. Non je n’ai pas essayé encore mais je vais essayer de trouver un homéopathe, parce qu’en fait il y a plusieurs traitements homéo donc je pense que c’est vraiment en fonction de l’enfant. En tout cas tu me fais rêver là, deux ou trois jours!!! Merci 🙂

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  2. Homéopathie, fleurs de Bach…et surtout, une séance chez l’ostéopathe mais un vraiment spécialisé dans les bébés, si ce n’est déjà fait. C’était ma sage-femme qui m’avait renseigné celui de la puce. Et pourtant, j’étais allée avec elle chez mon ostéo habituel qui lui n’avait rien vu…on ne perds rien à essayer. Prends tout ce que tu peux prendre et o fait comme on peut. Il n’y a pas de recette miracle, nous ne sommes pas nés parents, nous le devenons…

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    1. C’est bien vrai. Et surtout on se réinvente à chaque enfant.
      Oui, l’ostéo j’en ai un bon, j’avais été le voir quand ma fille avait neuf il avait fait des miracles. Bon c’était d’autres soucis mais je pense que je vais le voir. Merci 🙂

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  3. C’est pas mal vu ma belle. C’est une idée qui va faire son chemin en moi (qui le fait déjà parfois quand je suis excédée). Ca permet de relativiser.
    Je me souviens, que je le prenais sur mon ventre, petit, quand il ne trouvait plus / pas le sommeil. Bon je m’endormais avec lui, souvent et me réveillais en sursaut de peur de l’avoir laissé tomber (et non il dormait comme un bienheureux, ses deux bras sur mes côtés!)
    Mais il va quand même falloir que tu arrives à dormir. Juste parce que c’est essentiel pour toi. L’homéopathie, ça a l’air de bien marcher. Tu ne perds rien à essayer.
    Je t’embrasse fort. Prends soin de toi comme tu le peux.

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    1. Oui c’est un bon moyen de relativiser. C’est vrai, dans quelques années ils seront « grands », dormiront bien, c’est peu de chose quand on y réfléchit. Mais comme tu dis dormir reste essentiel… pas facile donc de relativiser 5 fois par nuit!!
      Je t’embrasse ma belle ❤

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  4. Je me suis sentie concernée par cet article et j’ai été touchée…
    On fait comme on peut, c’est exactement ça. On se bat chaque jour contre la fatigue écrasante parce qu’il faut tenir le coup, mais c’est souvent difficile.
    Courage en tous cas, je me dis de mon côté que ça va se tasser et j’essaye de profiter des bons moments 🙂

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    1. Oui, c’est difficile, non ce n’est pas toujours QUE du bonheur 🙂
      Bien sûr ça va passer et il faut profiter parce que demain on se réveillera avec des grands et on n’aura rien vu passer!
      Courage à toi aussi 🙂

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      1. Je crois qu’en tant que parent (mais en tant que Maman surtout), on a une pression telle sur nos épaules…
        Faut avoir le sourire (attends on vient de donner la vie, de quoi on se plaint?!), la forme, rempiler tout de suite sur la maison et le reste. On doit aussi avoir l’instinct dès qu’on te pose ton bébé sur le ventre (ce qui n’a pas été le cas pour moi). Bref, tout doit se mettre en place rapidement et on n’imagine pas que les Mamans, bien qu’aimant leur(s) enfant(s) peuvent être déroutées.

        Heureusement, les bons moments, les rires, les sourires, les câlins, toutes ces petites choses précieuses permettent de tenir bon et de garder la tête hors de l’eau 🙂

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        1. C’est tout à fait ça. On ne le dira jamais assez! On devrait nous le dire dès la préparation à la naissance, histoire de nous éviter le sentiment d’être la seule mauvaise mère du monde à éprouver toutes ces choses 🙂

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  5. Mon grand dormait très mal la nuit. On se disait que jamais on ne pourrait le faire dormir avec son frère et on est parti en vacances, on a du les faire dormir ensemble, nous n’avions pas le choix … tout s’est très bien passé. Le grand était rassuré, le petit était fier. Depuis ils dorment ensemble …. alors que nous n’aurions jamais osé faire le test sans y être forcés.

    Pourquoi ne pas essayer ? Comme on dit, qui ne tente rien n’a rien ; )

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  6. Ces petits êtres ont le don de faire ressortir du plus profond de nos coeurs le meilleur comme le pire.
    Pour améliorer la qualité de sommeil, un médecin m’avait donné l’astuce de râper de la noix de muscade fraîche dans le repas du soir (biberon ou purée). Ça n’aide pas l’endormissement mais ça aide à diminuer voir éviter les réveils. Et si l’enfant aime le goût on peut augmenter la dose. Ce n’est pas un médicament et ça a changé nos nuits en moins d’une semaine.
    Qui sait ? Bon courage, on est que des humains.

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