Confidences d’une maman dépassée

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« Tu nous fais chier, tu comprends ça ? Tu nous fais chier ! »

Ces mots, je les ai criés, hurlés, à ma fille. Une colère noire, dévastatrice. Je l’ai attrapée par le bras, elle est tombée. J’aurais pu lui faire mal. J’en avais presque envie. Une colère que rien ne pouvait arrêter, à part que c’est ma fille et que je l’aime plus que ma vie. Mais ces mots-là lui ont fait tellement mal, je sais.

Oui, je sais. Que c’est horrible, traumatisant. Que ça n’a aucune utilité éducative, que ça ne sert qu’à graver dans son esprit qu’elle est un problème pour sa propre mère. Inutile de me faire la leçon, je sais. L’éducation bienveillante, les recherches en neurosciences sur le développement du cerveau chez l’enfant, tout ça je le sais. Je suis même totalement convaincue par tout ça. Mais ça ne pèse pas lourd face au quotidien. Ou à ma nullité en tant que mère, je ne sais pas.

Avant, quand je m’imaginais maman, je me voyais douce et aimante, berçant un bébé pendant des heures, tendrement, partageant mille choses avec ma fille, déployant des trésors de patience et d’imagination pour la faire entrer dans mes rêves. Je nous voyais allongées dans l’herbe à regarder les nuages et à s’inventer des histoires fabuleuses, complices et heureuses.

Et puis, elle est arrivée. Avec le chamboulement que cela implique et une intolérance au lait diagnostiquée très tard. Elle était mal, elle pleurait sans arrêt, le jour, la nuit, je n’ai pas pu la poser plus de cinq minutes jusqu’à ses neuf mois. Jamais. Je les ai déployés, mes trésors de patience. J’ai puisé dans des réserves insoupçonnables et insoupçonnées. Et j’ai le sentiment que le réservoir est à sec. Comment remplit-on une réserve de patience ? Aujourd’hui, elle a trois ans, et ne me laisse pratiquement pas de répit. Ne me laisse rien faire, hurle dès qu’on lui demande de patienter ne serait-ce qu’une minute. Toutes nos journées, nos soirées, tournent autour d’elle, de ses crises, de ses demandes. Sauf qu’elle n’est plus seule. Il y a ce bébé, qui attend, lui. Tout le temps. Assis dans son parc, dans sa chaise, sur le sol de ma chambre, il attend que sa sœur veuille bien venir, veuille bien s’habiller, veuille bien nous laisser nous occuper de lui. Que maman fasse ce qu’elle doit faire, que maman répare les bêtises de sa sœur. Que maman ait fini de crier.

Les crises, l’opposition, les demandes incessantes, l’absence de répit, tout ceci en soi est déjà difficile à gérer. Mais là je ne supporte plus de voir le bébé en pâtir. Je ne supporte plus de dérouler le fil de la journée et de constater que je ne me suis pratiquement pas occupée de lui. Depuis une semaine, elle est en vacances, et il commence à faire des colères. A dix mois. Parce qu’on lui retire un jouet, parce qu’on le laisse une minute dans une pièce. Il a raison, et, en un sens, cela me soulage qu’il s’affirme de ce côté-là. Je culpabilise tellement. Je culpabilise tout le temps. Et je craque, quand je demande à ma fille de rester une minute avec son petit frère dans le salon, le temps que je prenne des affaires pour sortir et profiter du beau temps, et qu’elle se met à geindre, pleurer, hurler. Pour une minute d’attente, pour en plus lui faire plaisir puisqu’elle veut aller jouer dehors. Juste le temps d’enfiler des baskets et de prendre une veste pour eux, bordel. Et je m’entends lui hurler des horreurs.

Je la monte dans sa chambre, moins pour l’isoler que pour ne plus l’avoir sous les yeux, le temps de me calmer. Le bébé, je l’assois par terre avec des petits jouets et il s’amuse tranquillement. Il attend. Je vais la voir, tente de lui expliquer, me laisse déborder et crie encore. Il attrape les jouets, il attend. Je reviens dans la chambre, prépare un panier de linge à laver, il me regarde et il attend. Je retourne la voir, je crie encore un peu, parviens à lui parler à peu près calmement. Et il attend. Horrible, je suis une mère horrible. Je crie sur l’une, je laisse l’autre sans arrêt jouer seul, je ne m’occupe ni de l’un ni de l’autre en fin de compte.

Et puis, comme si je ne me sentais pas assez nulle comme ça, il y a toutes ces putains de théories, tous ces putains d’articles que je lis. Ces conclusions toujours péremptoires : si vous faites ça, vous brisez votre enfant, sa vie ENTIÈRE, il sera un adulte incapable de contrôler ses émotions. Oui, parce que toutes ces théories, on a beau y adhérer totalement sur le principe, il faudrait voir de les nuancer un peu. Histoire de ne pas se sentir le pire parent du monde entier lorsqu’un jour on perd le contrôle. Parce que j’essaye, mais vraiment. Lui expliquer, mettre des mots sur ses émotions, la prendre dans mes bras pour l’aider à se calmer, lui laisser une alternative, lui faire confiance, lâcher du lest sur ce qui n’est pas important. Et, la plupart du temps, ça marche à peu près. Parfois, pas du tout. Et parfois, je n’ai juste pas la force. L’ordre claque, pour un rien, le ton monte, j’en ai juste marre de me répéter.

C’est comme cette histoire de fessée. On est tous d’accord pour dire que c’est inutile, mauvais pour le développement, bref qu’il ne faut pas s’en servir, jamais. Mais le jour où ça dérape, où tu mets une tape sur les fesses de ton enfant, où tu te sens terriblement mal, et que tu lis qu’il faut voter une loi qui punit sévèrement les parents qui donnent une fessée, et bien ça ne t’aide pas. Et je parle en connaissance de cause, vous l’aurez compris. Non, ce n’est pas un acte anodin, mais ce n’est pratiquement jamais un acte volontaire, et avant de se faire traiter de criminel on a plutôt besoin d’un peu d’écoute et de soutien. Aujourd’hui, on n’ose plus dire quand on a un geste violent, c’est tellement honteux qu’on se tait. Non, je n’en suis pas fière, mais cela m’est arrivé. Et j’aurais aimé pouvoir en parler sans crainte de me faire tomber dessus par plein de gens bien intentionnés qui n’ont aucune idée de qui je suis et de ce qu’est ma vie. Parce qu’il faut pouvoir le dire pour pouvoir avancer, trouver des solutions, reprendre un peu confiance en sa capacité à éduquer correctement son enfant. Se souvenir que ce n’est facile pour personne, malgré les jolies façades que l’on voit.

La vérité, c’est que cette image de mère douce et aimante me hante chaque jour, parce qu’elle me semble inaccessible. La vérité, c’est que je crie tous les jours. La vérité, c’est que nous sommes à bout, et que tout le monde en bave. Que même mon couple est mis à rude épreuve. Que des soucis sans rapport avec les enfants nous bouffent au quotidien, depuis des mois, et qu’il nous faut faire des efforts en permanence pour les laisser de côté lorsqu’on est avec les enfants. Que nous n’avons pas dormi pendant quatre longs mois. Que nous n’avons aucune aide extérieure, personne pour nous soulager et prendre les enfants une soirée ou une journée. Personne qui vienne me donner un coup de main à la maison, ou prendre simplement un café. Que les parents d’élèves me regardent de travers quand je hausse le ton parce que ma fille refuse de me suivre quand je viens la chercher à midi. Que j’ai envie de leur crier d’aller tous se faire mettre avec leurs conférences à la con, que j’en sais autant qu’eux sur la bienveillance mais que moi je suis seule. Je n’ai pas de mère, de sœur, de cousine ou de communauté hippie pour m’aider chaque jour. Que je ne dors pas, que je suis fatiguée, qu’ils aillent tous se faire foutre. Et que j’ai un bébé dans la poussette qui a faim depuis une demi-heure et qui attend. Que je n’ai pas besoin qu’on me juge, que je le fais très bien moi-même.

La vérité, c’est que je me sens en-dessous de tout. Et que j’ai beau avoir entendu en conférence « attention, c’est rattrapable évidemment », je n’en ai pas moins l’impression d’être en train de briser ma petite fille en mille morceaux. Quand je lui dis toutes ces jolies phrases de rattrapage, la serre dans mes bras et lui répète à quel point je l’aime, je vois bien son air triste. Et je me sens tellement nulle. Mais je sais aussi que dans une heure ou deux, ça recommencera. Elle va m’ignorer, m’accaparer, faire une crise pour une broutille. Son frère râlera un peu dans son parc, et je m’entendrai lui dire « ça va, j’ai compris, arrête un peu de râler ! ». Comme s’il passait son temps à ça. Il y a peu de chance que je ne crie pas avant le coucher. Je ne sais pas trop comment sortir de ça, comment rester calme quand rien ne m’aide en ce sens, j’ai l’impression d’être l’une ces caricatures de mères gueulardes que tout le monde regarde d’un air navré. Je ne sais pas trop à quoi ça sert d’écrire tout ça, si ce n’est pour m’en libérer un peu.

Je devrais vous raconter à quel point ma fille est géniale, et elle l’est, qu’elle parle super bien, qu’elle est vive et intelligente, vous dire les trucs marrants qu’elle fait. Vous déballer mes belles théories et les phrases dont je suis fière. Oh ma chérie, qui a dit que tu n’étais pas gentille, c’est faux ! Tu es gentille, adorable, un amour de petite fille. Même si parfois nous ne sommes pas d’accord toi et moi, mais cela arrivera encore tu sais. L’important est que je t’aime, quoi qu’il arrive, même quand tu es fâchée contre moi. Une belle petite image, un truc qui donne envie quoi. Ou alors qui donne l’impression à une dizaine de mères d’être moins bien que moi. Mais là, je n’ai pas trop envie de ça. Désolée, c’est moins joli. Mais c’est comme ça, en vrai. Même si ça ne me plaît pas.

Image tirée du livre pour enfants « Grosse Colère ».

Et toujours sur le thème de l’épuisement maternel : lire L’étendoir qui vole

129 réflexions au sujet de « Confidences d’une maman dépassée »

  1. C’est fou, c’est exactement ce que je ressens, sauf que je n’aurai même pas eu la force de l’écrire ou bien de trouver les mots justes tellement je suis épuisée psychiquement …

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  2. Te lire m a fait un bien fou.
    NOUS sommes normales puisque que ton vécu est le nôtre.
    Et pour ceux qui pensent le contraire, je te rejoins, qu ils aillent se faire foutre!
    On fait comme on peut, sans communauté pour nous aider ou nous soutenir… On fait avec nos propres moyens d’être humains.
    En attendant la suite qui nous ramènera à cette norme qui nous obligera à faire comme on doit.
    Je nous souhaite de la Force, du Courage et de la Détermination à nous toutes.

    P.s: Je passerai bien prendre un café…

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  3. En boule dans mon lit au moment où j’écris ces mots, je pleure encore plus de me rendre compte que je ne suis pas là seule « mère horrible » du monde…. même si ça ne m’aide pas vraiment à m’améliorer, au moins je me sens rassurée de ne pas être là seule qui vit cette situation…tous les jours…
    Maman d’une adorable (malgré tout) petite fille née en janvier 2014 et d’un incroyable (et courageux) petit garçon né en février 2016

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    1. Oh que non, tu n’es pas la seule. La première fois que j’ai écrit ce genre d’article je pensais être le seul monstre au monde qui a envie parfois de partir LOIN. Mais non. Loin de là ! On les aime, oui, inutile de le préciser je crois. Mais nous sommes humaines, et être parent demande des ressources inouïes qu’un humain n’a pas toujours. Courage à toi et merci pour ce joli mot ♥

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  4. Bonjour si vous le désirez vous pouvez me parler voici mon mail je serai ravi de pouvoir vous parler de vous soutenir

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  5. Merci pour cet article. C’est exactement ce que je ressens, chaque mot chaque phrase. Ça me rassure de te lire car je me sens tellement monstre, nulle…

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    1. Vanessa. Tu n’es ni nulle ni monstrueuse, ni rien de tout ça. Si j’ai appris une chose avec ce blo c’est que l’on passe toutes par ces moments. Mais on ne le dit pas toujours 🙂 Tu es humaine, avec un réservoir de patience qui n’est pas inépuisable, tu fais ce que tu peux avec ce que tu as. Tu es une bonne maman, tu sais ça ? Un monstre ne se sent pas nul ! Si tu n’est pas confort avec la situation c’est que tu voudrais mieux, alors OUI tu ES une BONNE MAMAN. Plein de courage 💕

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      1. Merci beaucoup pour cette réponse, je suis un peu à fleur de peau alors j’en ai presque les larmes aux yeux 😉

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  6. Alors je ne suis pas seule à me sentir aussi mamonstre….Meme si au fond je sais qu’on ne l’est pas tout le temps et surtout cest souvent les signes dune tres grande fatigue accumulee mais bon comment se sentir mieux…. je pense quil faudrait arreter de se juger et de se comparer …. laissons nous le temps…. courage à vous toutes

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    1. Au fond on le sait, mais ça ne fait pas de mal de l’entendre de temps en temps 😉
      Bien sûr il faut arrêter de se comparer, même les mères qui semblent parfaites ne le sont pas forcément en réalité !

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  7. Hello, merci de te confier sur ta vie de maman sur ces moments intimes que l’on peut qualifier de « honteux », que certaines cachent et que toi tu livres sans filtre, tu n’es pas la seule à vivre cela…
    Nos bébés ont ce pouvoir de nous mettre à bout, à bout de patience, au bout de nous même…

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  8. Merci Maman Rose.
    Je me reconnais tellement dans ce texte, j’ai l’impression que j’aurais pu l’écrire tellement cela reflète ce que je ressens. Le fait de se sentir nulle, un monstre et de culpabiliser… toujours et toujours. Dur, dur ce rôle de maman…❤❤❤

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  9. Mon dieu mais….c’est moi!!!ces mots,cette description de la situation,de cette vie avec sa fille sont tellement les bons !Merci….Je souhaite bcp de courage à tous ceux(les couples et parents bien sûr qui sont comme nous lucides et bienveillants malgres tout ça ),qui vivent ça!exactement ça!

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  10. Je suis triste mais soulagé de vous lire ce matin. Soulagé de voir que je ne suis pas seule a me sentir incompétente et a bout. A bout de mes moyens, de ma patience. Comment souvent j’ai le goût de partir et de les abandonner, mes 3 beaux garçons. Ils ne sont pas de mauvais enfants mais ils sont tjrs entrain de se chicaner, moi qui a besoin de calme et de douceur. J’ai de la difficulté a trouver ma paix intérieur ds tout ce chaos. Souvent je me dit regretter d’être devenu maman et avoir su que c’était aussi difficile j’aurait pas eu d’enfants. Et comment souvent je me tappe dessus et je suis dure sur moi même de penser ainsi. De me coucher le soir en braillant parce que j’ai encore crié après eux des bêtises que je regrette. Je sais que je suis une bonne personne et je les aimes mes enfants mais je ne sais plus comment rétablir l’harmonie ds notre famille. Dois je lâcher prise ou continuer de me battre ?

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    1. Kristen, je sens un grand désespoir en te lisant, tel que j’ai pu en ressentir aussi. La première chose que j’ai envie de te dire c’est : prend soin de toi. J’ai compris qu’être bien m’aidait à être une maman plus zen. On veut tellement bien faire avec eux, qui s’occupe de TOI ? La deuxième chose est de ne pas culpabiliser outre mesure. Tu as crié aujourd’hui ? Ne te couche pas en t’accusant. Tu fais de ton mieux, tu es humaine, tu as tes limites. Tu fais des efforts et tu te remets en question. Sois fière de toi.
      En résumé : prend soin de toi, lâche la performance et la culpabilité. Si tu te donnes de la douceur à toi-même, le reste ira mieux. Ce ne sera pas miraculeux, certains jours seront plus faciles que d’autres, mais ça te fera du bien.
      Plein de courage ❤

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  11. Omg ! Je pensais être seule comme ça !
    Je suis exactement dans la même configuration. Petite de 2ans et demi et bebe de 6mois.
    Tout pareil mot pour mot c’est incroyable.
    Je suis épuisée psychiquement, des fois jme dis que mon mari va me retrouver étendue sur le sol un jour car mon cœur aura lâché…
    Courage courage

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    1. Combien de fois je l’ai dit : un jour, tu vas me retrouver par terre. Courage à toi, on en sort (un peu!) même si on a l’impression que ça ne s’arrêtera jamais.
      Nous sommes fortes !!!

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  12. Juste MERCI. Je me sens triste de ma journée, de m’être laissée débordée par mes émotions…Et alors en cherchant comment faire mieux je suis tombée sur ce blog et cet article qui résonne en moi.
    Merci pour cette sincérité. Ça enlève un tel poids de ne plus se sentir seule.

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    1. C’est pour cela que j’ai commencé à écrire ce genre d’article, pour qu’on se sente moins seules. En vrai, les mamans zens et parfaites n’existent pas tu sais ? Et tu sais quoi : chercher des solutions pour faire mieux, se remettre en question, ça fait de toi une bonne mère ♥ Plein de courage !

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  13. Merci. En larmes en allant me coucher je suis tombée sur cet article. Journée de m**** durant laquelle j’ai hurlé sur mon garçon de 5 ans et laissé mon petit de 22 mois à sa liberté et ses bêtises toutes trouvées étant donné que mon attention était ailleurs. J’ai hurlé sur eux, dit des mots très méchants,… Je suis si triste. J’idealisais tant mon rôle de maman et la fratrie que j’allais créer… Et rien.. Je ne me sens pas à la hauteur 😕 vous lire ne me déculpabilise pas mais me permet de me rendre compte que je ne suis pas la seule à trouver cela difficile.

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  14. Merci, juste merci. Je sais pas pourquoi on se sent si seule quand tant de mamans vivent la même chose. Bref, ce soir, merci!

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    1. Je me sens tellement concernée par vos dires, j’en ai même l’impression que c’est moi qui ai écrit… Je suis maman de 3 enfants, 2 garçons de 4ans et 9 mois, 3 ans et demi, et ma petite dernière de 2mois et demi. Je me sens dépassée, immonde et inconsolable. Partagée entre la rage et la culpabilité à longueur de temps, mes journées sont tous sauf joyeuses. Plus le temps de rien, déjà pour les tâches ménagères, même faire à manger est devenu mission presque impossible, et puis encore moins de temps pour mes 2 garçons, et pour moi Bien n’en parlons même pas.
      Mon couple n’en est plus un, nous sommes à présent simplement des cohabitants légaux…
      Quand on sort c’est pour les rdv médicaux, car plus possible de faire autre chose sans que Mme la princesse ne s’adonne aux vocalises.
      Puis les garçons sont devenus par la force des choses colériques, et plus, si affinités…
      J’en viens par fois même à regretter… Puis je remonte 3 secondes à la surface et glouppp je culpabilise.
      Je crie tout le temps, je pleure beaucoup, et je dis même des gros mots… C’est nul, moche mais ça fait du bien sur le moment… Puis le « grand » répète et tu culpabilise encore un peu…
      J’en viens à me demander ce que j’ai fais, pourquoi je n’ai pas des enfants qui écoutent, qui ne pleurent pas…
      Puis me prends une rage quand je me demande pourquoi je n’ai personne qui m’aide comme le ferait les proches des autres…
      Je n’ai plus de visites, plus d’activités, je suis devenue une mère en 2015,et à présent ne suis plus que ça… Un robot, une mère…
      Et je souffre !

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  15. Votre récit me parle aussi comme a beaucoup de maman, une petite fille que j’aime tant et qui peut être tellement difficile à comprendre et inquiétante ( pourquoi tant de crises pour des détails, besoin de tant d’attention..) et un petit frère tellement différent, calme joueur bonne humeur non stop.. comment est-ce possible d’avoir des enfants si différents mais on les aime tellement… je m’énervais aussi à avoir honte.. me comportais pas comme je voulais.. (cela dit pas a dire tu me fais chier.. mais bon pour eux le ressenti était sans doute le même). Mes enfants ont juste qqs mois d’écart avec les tient.
    Et puis entrée en cp de ma fille , les difficultés atténuées en maternelle qui reviennent.. perdus on va voir une thérapeute (geniale!!) elle nous a ouverts les yeux notre fille est peut-être HE/HP.. on s’est documenté, changé quelques trucs.. ca va bcp mieux pour elle et pour tous. Une approche plus orientée sur les libertés l’autonomie et la confiance.
    Parents une expérience qui se construit basée sur la remise en question constante!

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  16. Merci pour cet article magnifique. Il m’a fait l’effet d’avoir vidé mon sac à quelqu’un tellement il est proche de mon ressenti. Le quotidien est lourd lorsqu’on n’a aucun soutien… L’envie de partir loin de tout ça, de tout laisser tomber, tout en étant intimement relié à notre petit bout, et finalement ne jamais parvenir à se résigner à vivre sans lui…. Quel paradoxe.. c’est un combat intérieur perpétuel. Je suis tomber sur cet article pensant que j’étais un monstre, comme vous toutes… En se moment, en vous lisant, je ressens quelque chose que je ne ressens pas souvent… Du soutien. Et ça me remplir le coeur ! Merci pour tout.

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