Aux parents qui ne dorment pas

Il y a un an, je crois que je touchais le fond. Cela faisait 14 longs mois que nous ne dormions presque pas. Je publiais un article intitulĂ© « L’Ă©tendoir qui vole ». Vos rĂ©actions ont Ă©tĂ© une source de rĂ©confort immense, mĂȘme si je n’ai pas rĂ©pondu Ă  tous les messages. Je voulais faire ça bien, prendre le temps, et puis… le temps a passĂ©. Mais chaque mot m’a aidĂ©.

Je reçois encore des messages de parents qui tombent sur d’anciens articles oĂč je confie mon Ă©puisement. Des « merci », des « courage », des appels Ă  l’aide aussi. A mon tour de vous dire : Merci. Courage aussi.

Le manque de sommeil a Ă©tĂ© la chose la plus difficile Ă  vivre depuis que mes enfants sont nĂ©s. J’ai compris en quoi rĂ©veiller quelqu’un Ă  chaque fois qu’il sombre dans le sommeil peut ĂȘtre une torture. On le sait, la privation de sommeil entraĂźne de nombreuses consĂ©quences physiques et psychologiques. Cela bousille les journĂ©es autant que les nuits. Ne jamais rĂ©cupĂ©rer, aller se coucher avec l’angoisse du prochain rĂ©veil, ou dĂ©cider de l’attendre plutĂŽt qu’ĂȘtre tirĂ©s des bras de MorphĂ©e au bout d’une demie-heure… ce fut quatorze mois interminables.

Et puis, l’incomprĂ©hension et l’impuissance. On admet facilement de se lever toutes les trois heures pour nourrir un nouveau-nĂ©, mais se lever plusieurs fois pour un bĂ©bĂ© de plus d’un an qui hurle sans qu’on sache quoi faire est une autre histoire. La colĂšre, aussi. Contre lui, contre nous, contre tout.

Pour autant, je n’ai jamais voulu le laisser pleurer. Ce n’est pas dans mes principes. Les nuits oĂč l’Ă©tendoir ne volait pas, je le calmais, tant bien que mal. Nous alternions les nuits avec le papa, pour tenir le coup. Mais lui devait assurer de longues journĂ©es Ă  l’atelier, avec le risque de se blesser par manque d’attention.

Aujourd’hui, nous en sommes sortis. Nous avons retrouvĂ© nos nuits il y a une dizaine de mois. Merci le ciel, c’est derriĂšre nous !

Lorsque j’ai relu cet article d’il y a un an, j’ai mesurĂ© le soulagement. Et j’ai forcĂ©ment une pensĂ©e pour les parents qui vivent la mĂȘme chose. J’ai juste envie de vous prendre dans mes bras et de vous promettre que ça va rentrer dans l’ordre.

Oui, on en sort. FatiguĂ©s, bien moins patients et bien entamĂ©s, mais on s’en remet. Il y a un an, je ne pensais jamais m’en sortir. J’ai cru devenir folle.
On en sort. Les journĂ©es avec deux enfants en bas Ăąge sont loin d’ĂȘtre toujours tranquilles, mais dormir la nuit change tout.

En attendant, prenez soin de vous. Avec le recul, je me rends compte que j’aurais dĂ» lĂącher tellement de choses. Et dormir la journĂ©e quand je le pouvais. Laisser le bordel, la maison sale, et dormir. On culpabilise de tellement de choses. On voit les autres faire des sorties en famille, prĂ©parer de bons petits plats, avoir une dĂ©co super. On s’en fout. Dormez, faites une sieste, ressourcez-vous dĂšs que vous en avez l’occasion. Remplissez votre rĂ©servoir de calme et de patience, vous en avez besoin plus que tout. Et tant pis pour l’image, et tant pis si vous ĂȘtes en pyjama le mercredi Ă  15h, et tant pis si ce soir les enfants mangent une pizza surgelĂ©e.

Pour le sommeil, je n’ai pas de recette miracle, malheureusement. J’ai fait un travail holistique qui a un peu payĂ©. Et puis, un beau jour de mars, j’ai mis une veilleuse dans sa chambre, le truc qui ne marchait absolument pas une semaine avant, et qui a marchĂ©. TerminĂ© les nuits pourries. C’est Ă  n’y rien comprendre. Pour ma grande, une psychomotricienne gĂ©niale avait rĂ©glĂ© le problĂšme en une sĂ©ance, chaque enfant est diffĂ©rent… ça vaut le coup de consulter en tout cas.

Surtout, j’ai envie de vous retourner tous les jolis mots que j’ai reçus quand ça n’allait pas :

Vous n’ĂȘtes pas seuls.

Vous n’ĂȘtes pas nuls.

Si peu le disent, beaucoup en sont passĂ© par des moments de dĂ©couragement extrĂȘmes.

Vous faites du mieux que vous pouvez.

Vous ĂȘtes de bons parents.

MĂȘme si vous perdez patience, oui.

Vous ĂȘtes humains.

Pour chaque fois que vous avez criĂ©, combien de fois l’avez-vous bercĂ© avec amour ? Ne regardez pas uniquement les moments oĂč vous avez « mal » fait, regardez tout l’amour que vous lui donnez.

Votre enfant va grandir, c’est un passage, mĂȘme s’il semble interminable il n’est pas Ă©ternel.

Parlez-en. Pleurez. Faites-vous consoler.

Ça va passer.

Ce qu’on dit est vrai : ce sont les bons souvenirs qui restent, aprĂšs.

.

 

Avec tout mon amour.

5 commentaires sur “Aux parents qui ne dorment pas

  1. Oui, on s’en sort et on replonge mĂȘme dans les nuits sans sommeil avec un deuxiĂšme enfant, pour ma part en relativisant beaucoup beaucoup plus… merci pour cet article que j’aurais aimĂ© lire il y a quelques annĂ©es, mais il y a quelques annĂ©es, je lisais ici que je n’Ă©tais pas la seule dans ce cas…

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  2. Merci pour ces mots qui me parlent tant. Mon grand a Ă©tĂ© comme ça. 2 ans aprĂšs, on en a toujours des sĂ©quelles… Merci pour les mots de la fin surtout, si justes.
    Oui on s’en sort. Un jour. Courage Ă  tous ceux qui traversent cela.

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  3. Alors je peux garder espoir
 Moi au bout de trois ans et demi, j’ai choisi de la faire dormir avec moi. Parce que je n’en peux plus et qu’elle, comme moi, a besoin de dormir des semblants de nuits complùtes et correctes
 C’est toujours bon de te lire ma Laurie


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