[Maman épuisée] Et reprendre mon souffle…

Et voilà 4 mois que je n’ai pas écrit sur le blog. Depuis un mois, un brouillon d’article traîne. Son titre : La tête sous l’eau. J’y explique toutes les raisons qui font que je n’écris pas, que je me noie. Je pourrais vous raconter pendant des pages ces six premiers mois de l’année durant lesquels je n’ai pas émergé. Mais en fait il me suffit que vous dire que mon corps a fini par lâcher, et ce sera un bon résumé.

Il y a eu une chute dans l’escalier en janvier, des maladies qui s’enchaînent, la nounou qui arrête et me laisse sans garde pendant un mois, les vacances scolaires, le bilan de la société et une embauche à finaliser… Rien d’exceptionnel, mais tout en même temps, sans relai et avec des crises de la grande chaque jour par-dessus le marché. En avril j’ai craqué et annulé sa fête d’anniversaire. Pas le temps, pas l’envie d’organiser toute seule tout en essayant de calmer le jeu.

A vouloir tout faire, je n’ai rien fait du tout. La maison en pagaille, les mails sans réponses, les papiers en retard, la tête sous l’eau. Et toujours la culpabilité de ne pas faire comme il faut.

Je me disais que j’allais m’effondrer. Où est la frontière entre la mère épuisée et le burn out maternel ? Le second est juste un peu plus spectaculaire, peut-être. Comme beaucoup de mamans, je suis épuisée nerveusement, et je me demandais jusqu’où on tient comme ça.

Mon corps a tranché je crois.

Il y a deux semaines, d’intenses douleurs m’ont conduite aux urgences. Une semaine d’examens s’en est suivie, une semaine où pour la première fois j’ai eu vraiment peur pour ma vie. Allongée dans le scanner, je me suis dit que cette fois on allait m’annoncer le pire. Et que je serais comme une idiote avec mes listes de choses à faire.

Je ne suis pas du genre à me persuader que je vais mourir à chaque rhume. Simplement, cette fois, je sentais que ça n’allait vraiment pas. Cela fait des mois, voire plus, que les séances de médecines douces se concluent toutes par le même constat : ton corps est vidé de son énergie. Il faut l’aider ! Tu ne peux pas passer un peu le relai ? Non, je ne pouvais pas. Mon mari bosse comme un damné pour qu’on s’en sorte. Et puis je ne sais pas m’organiser, c’est sûrement pour ça. Comment elles font, celles qui bossent à temps plein ? Elles y arrivent bien, ça doit venir de moi.

Bref, mon corps a trouvé un moyen de me dire stop. Et, comme je me noyais, il a choisi les poumons pour faire passer le message. Une infection pulmonaire, ce n’est pas très grave mais suffisamment sérieux pour me contraindre au repos. Deux semaines de traitement intensif et une convalescence qui sera assez longue, d’autant que mes côtes ont lâché à force de tousser.

Ça pourrait être pire. Mais ça a le mérite de remettre les pendules à l’heure. J’ai envie de passer du temps de qualité avec mes enfants. Ramener de la joie dans la maison, laisser le poids du quotidien s’envoler. Au lieu de râler sur le ménage et sur les gosses, sortir et aller se promener. Ce week-end mon homme les a emmenés voir un concert en fin de journée, ils ont mangé tard et ne se sont pas lavés, mais tout le monde était ravi.

Si quelque chose devait arriver, on serait bien avancé d’avoir une maison impeccable, pas vrai ? Demain déjà, ils ne seront plus des enfants, et il nous restera quoi comme souvenirs ? Des cris, des engueulades, du stress ? On sera nostalgiques du « quand ils étaient petits », avec la certitude de n’en avoir pas profité.

Clouée au lit, je me suis remise à lire. Je me demande comment j’ai pu m’en passer. Où suis-je passée ces dernières années ? Moi, c’est les livres. L’écriture. Le calme. Pas cette espèce de dragon prête à cracher des flammes à chaque instant. J’étais une personne positive, pas celle qui soupire dès le début de la journée. J’aimerais me recentrer. Alors je lis, jour et nuit, un bon moyen de me reconnecter.

Je me noyais dans les faits, j’étouffais dans ma tête. Mes poumons ont lâché.

Passé la colère et la culpabilité de voir mon mari absolument tout gérer, en plus de son travail, j’essaie de voir la leçon derrière tout ça. Je peux lâcher. Il peut totalement gérer parfois (je dis parfois parce que clairement son travail a pris un retard monstrueux, il ne faudrait pas que ce soit tous les jours comme ça !). Mes enfants ne sont pas si infernaux si on leur propose des choses. Surtout, ils sont le reflet de nos tensions, de notre stress.

Je ne dis pas que tout est transformé, loin de là ! Aujourd’hui par exemple ma fille a décidé de râler pour tout et n’importe quoi, ce qui m’énerve au plus haut point, d’autant plus que j’essaie de garder mon calme. Tout ne vient pas de moi. Mais j’ai le choix. Le choix de me fixer trop d’objectifs et d’être débordée, ou celui de laisser aller certaines choses et de me concentrer sur l’essentiel.

L’essentiel, dans les prochaines semaines, va être de me remettre physiquement. De me soigner totalement, de nettoyer mon corps de tous ces médicaments, de retrouver mon énergie. Et d’entamer les vacances d’été sans cette insupportable appréhension d’avoir les deux petits à gérer. Je vais laisser le Loulou à la crèche encore un peu en juillet, sans culpabiliser parce qu’il s’y amuse beaucoup. Je vais accorder du temps à ma fille sans exiger d’elle sans arrêt qu’elle me laisse travailler. Dire oui aux invitations, même si je suis seule avec les enfants, sans avoir d’avance peur du moment où il faudra négocier pour partir. Bref, je vais essayer d’introduire un peu de légèreté.

L’épuisement maternel, ce ne sont pas juste des larmes et de la fatigue. Parfois, cela a des conséquences sur la santé. Le corps s’épuise avec le mental, il ne faut pas le négliger. Je vais l’écouter plus attentivement désormais.

Ces derniers mois, je me suis noyée. Je remercie mon corps, il m’oblige à réapprendre à respirer.

6 commentaires sur “[Maman épuisée] Et reprendre mon souffle…

  1. Courage ! Pour moi le signe qui montre que j’atteins le bout du rouleau, c’est quand je ne lis plus. Alors je me force à prendre un peu de temps pour lire chaque jour, ne serait-ce qu’un quart d’heure, parce que je me rends compte que c’est ce qui me détend et me donne l’impression de ne pas courir en permanence. Il est ensuite plus facile de gérer les « émotions » de ma fille de presque 5 ans et les « découvertes » incessantes de mon fils de 16 mois… Mon corps avait lâché de la même façon pendant ma deuxième grossesse avec une pneumopathie qui me faisait énormément souffrir. J’aime toujours beaucoup te lire car je me reconnais énormément dans ce que tu écris

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    1. Oh merci ça me touche ! Pneumopathie atypique ici, on se comprends en effet 😉
      C’est clair, la lecture… je ne lisais plus, moi qui n’ai jamais passé une journée sans lire avant ! Là j’avais le réflexe de prendre mon téléphone mais ça ne détend pas, au contraire. Dix minutes sur Facebook ça aurait même l’effet inverse ! Alors que lire… c’est une bulle précieuse 🙂 Courage avec tes Loulous !! 😙

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  2. Le corps qui lâche c’est l’alerte à prendre au sérieux ma belle. Il est certain que tu fais beaucoup pour les tiens depuis des années, sans prendre du temps pour toi, dans cette course qui ne s’arrête jamais. Souffler est essentiel. Lire aussi. Se prévoir des pauses pour soi. On le dit mais on le fait rarement, il y a toujours une urgence à gérer.
    Prends soin de toi. Il est temps.
    Je t’envoie plein de douces pensées de Paris.

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  3. Ton corps a lâché mais c’est un bien si cela t’a permis de voir l’essentiel. Nous nous mettons tout seul des pressions, souvent inutile. Je suis passée par là et je comprends très bien ce que tu vis. IL faut savoir prendre du recul, dire non et comme tu le dis si bien, tant pis s’ils ne sont pas lavés, tant pis les dents ne sont pas faites, tant s’il y a un peu de bazar et tant pis si à 20h ils ne sont pas coucher. Prends soin de toi, de vous, de ces moments de complicité et surtout fait toi confiance, tu peux y arriver ❤

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  4. Le corps est celui qui te dit ce qu’il faut faire et tu sais que tu ne peux pas lutter contre.
    Et en effet, a quoi bon avoir une maison impeccable si aucun amour, joie, bonheur n’a ete present.
    J’ai ete donner des cours de soutien a une élève de terminale, dans une maison avec 6 enfants, de la poussière, du linge qui séchait a l’étage, des casseroles qui s’amoncelaient. Au debut je me suis dit: oula c’est space ici mais au fil de séances, cette famille etait la plus accueillante, la bonne humeur, le dialogue, la joie étaient présentes et les enfants les plus charmants de tout ce que j’ai eus!
    Prends ton temps, savour ces instants avec tes enfants car oui ce sont des éponges et si ils te sentent stresses ils le sont eux meme.
    Courage Miss 😉

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