Deuxième enfant : lui faire une place

C’est une question commune à bon nombre de mamans, une légère inquiétude que l’on partage lorsque se pose la question du deuxième enfant. Les papas aussi d’ailleurs, en tout cas mon mari l’a formulé de la même façon. Cette question c’est : l’aimerai-je autant ? Et derrière elle se cachent en fait plusieurs interrogations.

L’arrivée du premier enfant est comme un raz de marée qui vient tout chambouler et laisse derrière lui un paysage bien différent. Avec, au centre de ce paysage, le nouveau venu qui occupe presque toute la place, poussant les parents et le couple sur les côtés. Ce changement n’est pas toujours facile à négocier, mais on retrouve petit à petit un équilibre. Équilibre forcément remis en question par l’ajout d’une personne au tableau.

C’est un fait, depuis sa naissance ma fille prend toute la place. Après des débuts difficiles, nous avons retrouvé un semblant de calme, mais notre vie est clairement rythmée par elle : ses heures de sommeil, de repas, la possibilité de l’emmener ou non à tel ou tel endroit… Difficile encore de faire autre chose que s’occuper d’elle, plus difficile encore d’imaginer s’occuper d’un nouveau-né en plus.

Surtout, elle prend toute la place dans notre cœur, dans nos pensées. Elle est le centre de notre univers, celle qui a fait de notre couple une famille, c’est qui nous fait devenir parents jour après jour. Même quand elle nous rend chèvres, même quand elle nous tape sur les nerfs, on l’aime d’un amour qu’on ne saurait décrire. Souvent, nos regards se croisent et on se dit « Quand même, quelle merveille nous avons faites… ».

Et puis un jour, une échographie nous montre un petit être qui gigote. Notre deuxième enfant. L’émerveillement est intact, l’émotion est la même. Et puis les petits coups au creux de mon ventre me font chaque jour prendre conscience de sa présence. On commence à réaliser que nous allons avoir un petit bébé dans quelques mois. Et on s’interroge sur la place qu’il va prendre, parce qu’aujourd’hui il nous semble que toute la place est déjà prise.

Tout doucement, un lien se crée, et une immense tendresse naît pour ce petit être qui grandit en moi. Mais, il faut bien l’avouer, nous ne sommes pas aussi centrés sur mon nombril que pour ma première grossesse. Tout simplement parce qu’il y a une petit tornade de 21 mois qui réclame notre attention.

Pour elle, nous avions fait de l’haptonomie, et nous nous entraînions plusieurs fois par jour à l’appeler de nos mains, à jouer avec elle. Cette fois, le seul moment où nous retrouvons cette belle habitude est le soir, après avoir couché la petite, après avoir mangé et parlé de tout ce que nous n’avons pas pu aborder dans la journée. Fatigués donc, et un peu moins disponibles. Mais le bébé vient se blottir dans la main de son papa, qui commence à percevoir ses mouvements. Ces instants sont moins nombreux, mais tout aussi importants.

L’aimerai-je autant ? Au moment où j’écris ces lignes, je sens des petits coups dans mon ventre. Je lui parle, je le caresse. Il est mon bébé, mon tout petit. Je me rends compte que je ressens pour lui ce que je ressentais pour ma fille au même stade : un mélange d’incrédulité (c’est toujours aussi fou de se dire que j’ai un être vivant dans le ventre !), d’émerveillement, de désir de protection et d’amour naissant. Parce que, si je veux être honnête, je dois dire que l’amour démesuré que je ressens aujourd’hui pour ma fille n’a pas été instantané. Je l’ai aimée bien sûr dès la grossesse, puis encore plus à sa naissance, quand nos regards se sont croisés. Le reste, cette sorte de folie qui me ferait dire sans cesse « putain, qu’est-ce que je l’aime ! », qui m’a tiré les larmes quand elle m’a dit « coucou maman » au téléphone, ce soir où je n’étais pas avec elle, ce sentiment qu’il m’est impossible de décrire tant il est fort et unique, s’est construit au fil du temps.

J’ai écrit ceci à la maternité, lors d’un petit séjour pour un problème sans gravité à 4 mois de grossesse, et je me suis rendue compte que dans quelques mois j’y serai à nouveau, cette fois avec un tout petit bébé. J’ai hâte de le rencontrer. Bon, pas trop quand même, je voudrais être enceinte encore très longtemps, vous me connaissez ! Mais ce que je ressens pour lui quand je le vois sur l’écran ou que je le sens bouger me rappelle tant ce que j’ai ressenti il y a deux ans que je commence à me dire que le paysage va s’élargir pour laisser la place à deux belles images.

Et, quand je vois les yeux de mon mari briller devant une échographie ou un petit coup de pied, je revois ce même visage illuminé qui a marqué mes souvenirs, et je sais qu’il en sera de même pour lui.

Oui, dans quelques mois le paysage va considérablement s’élargir, notre horizon va considérablement s’étirer… Et quelque chose me dit que pour l’instant nous l’entrevoyons à peine. Et que la vue, à n’en pas douter, sera infiniment belle.

source Pinterest

L’échographie morphologique et la découverte du sexe du bébé

Je voulais publier les articles dans l’ordre, mais bon, je ne vais pas trop faire durer le suspense, je sais que certaines attendent la réponse !fille ou garçon

Hier, donc, nous avions rendez-vous pour l’échographie morphologique. Et, forcément, nous attendions avec impatience la confirmation du sexe du bébé ! Je dis confirmation car, comme je l’ai déjà dit, je savais, comme j’ai su pour ma fille. Une simple formalité donc, mais tout de même importante, le feu vert pour le choix du prénom et quelques achats coup de cœur.

Nous voilà donc au même endroit que pour l’échographie du premier trimestre, avec une remplaçante cette fois, très jeune et très sympa. Installés dans la pénombre, les yeux rivés sur l’écran. Bébé ayant la tête en haut, on commence par le cerveau… quand tout à coup, bébé bascule la tête en bas, sous présentant ses fesses.

« Vous voyez ? » nous demande la gynéco. Nous scrutons, nous cherchons le petit abricot attendu. Nous voyant patauger, elle nous aide, et nous assène l’une des phrases les plus stupéfiantes de ma vie.

C’est un garçon.

Qu… quoi ?

J’ai ravalé mon « vous êtes sûre ? » et j’ai regardé ce qu’elle me montrait. « Mais oui, vous voyez, on distingue bien le petit zizi, il avait vraiment envie de nous le montrer ! » plaisante-t-elle.

Instant de flottement. Le choc. Ben oui, j’aurais parié n’importe quoi sur une fille. Tout concordait. Je ne me suis jamais trompée, pour personne. Jamais. Et on me l’a confirmé si souvent… Silence, regard vers mon mari, aussi ébahi que moi.

C’est un garçon.

On parvient à articuler cette phrase une ou deux fois, sans y croire. Puis l’échographie se poursuit. Une heure à regarder ce bébé, à scruter chaque parties de son corps, à mesurer, à expliquer. On oublie l’annonce fracassante, notre bébé va bien, on le regarde remuer, se retourner, on rit. On est heureux.

On découvre pourquoi le papa perçoit si peu les mouvements du bébé : le placenta est à l’avant de mon ventre, donc il amortit les coups. Je les sens de l’intérieur, mais mon homme s’impatientait de ne pas les sentir mieux dans sa main, en tout cas nettement moins que lors de la première grossesse.

À la fin,  la gynéco zoome sur le visage du bébé et nous passe un peu de 3D, différente de la dernière fois, plus nette, plus réaliste. Et nous découvrons les traits de notre bébé. Il est beau hein ? Elle insiste un peu, prend plusieurs clichés, essaie de nous faire la plus belle image souvenir possible. Nous lui en sommes  tellement reconnaissants, surtout qu’elle nous a fait des impressions grand format. Les premières photos de notre deuxième enfant.

Notre fils.

Ben merde alors. Si on s’attendait à ça ! Nous sommes restés un peu sonnés le reste de la journée. Au restaurant, on a parlé prénoms, on a partagé nos premières impressions, on a commencé à assimiler la nouvelle. De mon côté, des sentiments ambivalents qu’il m’est difficile de décrire à chaud. Mais surtout beaucoup d’étonnement.

Le bilan de cette échographie : notre bébé va parfaitement bien, et il est déjà grand et bien costaud. Il bouge beaucoup, il est très tonique. Et il a un petit zizi !

La vérité sur la grossesse

Chère femme enceinte,

Bienvenue et toutes mes félicitations. Maintenant que tu fais partie du club, il est temps de te dire la vérité. Parce que, chère amie, jusque-là on t’avait beaucoup menti. Petit tour d’horizon des fausses informations les plus couramment véhiculées…

« La grossesse, c’est caliente ! »

Témoignages de femmes enceintes assoiffées de sexe, articles dans des revues scientifiques sur l’augmentation notoire de la libido pendant la grossesse… On te promet la samba dans la culotte, et tu te demandes, à juste titre, si tu dois poser des RTT. Hum. Calme-toi un peu. Parce que, si cela est vrai pour certaines, pour d’autres (assez nombreuses), c’est plutôt le congé sans solde du string panthère.

Forcément, un premier trimestre qui est consacré à dormir 18 heures par jour, et à vomir le reste du temps, laisse peu de place à l’envie d’avoir envie. Sans compter qu’avec les hormones t’as envie de quitter ton mec environ trois fois par jour, de lui sauter à la gorge plutôt que sur la braguette. Plus tard, il va falloir se rendre à l’évidence : pour un homme le gros ventre et les coups de pied dans sa main font de toi un être sacré (un peu comme les vaches, en Inde), donc asexué. T’aimerais être un peu moins glorifiée et un peu plus honorée, mais en même tu le comprends. Plus les mois passent plus tu partages ton corps avec ce bébé, et c’est merveilleux, mais c’est clair que ça n’incite pas à la gaudriole. Enfin encore une fois ne généralisons pas, disons que ça existe. Chères nullipares, attendez un peu avant de faire le stock de culottes comestibles de voir de quel côté de la barrière vous vous situez…

« Lorsque tu es enceinte, tu deviens la personne la plus importante du monde. »

Alors là, je te dis tout de suite : non ma fille, non… Ton utérus est la chose la plus importante du monde, et à fortiori ce qu’il contient. Toi, tu n’es souvent que l’incubateur qui a mille règles à suivre pour remplir correctement sa fonction. Il suffit de voir comment les gens se précipitent sur ton ventre en disant bonjour, les deux mains tendues vers cette partie de ton corps qui est désormais publique, il faut le savoir. Ensuite ils demandent comment va le bébé, et enfin si tu te reposes assez pour qu’il pousse comme il faut, ce petit. Non parce que t’as l’air fatiguée, là.

Et puis si les gens se préoccupaient un peu de toi, ils ne regarderaient pas leurs pieds à la caisse prioritaire pour faire croire qu’ils ne t’ont pas vue. Les files d’attente s’ouvriraient devant toi telle la mer Rouge, et te donneraient un accès rapide aux guichets du monde entier. Le monde serait juste, la vie serait belle, et ta tension ne descendrait jamais en-dessous de 9.

 

« La grossesse, c’est un état de paix intérieure. »

Par où commencer ? Résumons la chronologie : larmes intempestives, peur de ne pas atteindre les trois mois fatidiques, crises de panique à l’idée que, bordel, on va vraiment avoir un bébé, larmes incontrôlables, envie de tuer quelqu’un, discussions houleuses à propos du prénom, envie de tuer sa mère, cauchemars assez horribles, insomnies avec leur cortège de questions et de peurs diverses et variées, prise de conscience que, bordel, on va avoir un bébé, liste du matériel à avoir, prise de tête devant les catalogues de puériculture, choix de la préparation à la naissance impossible, remarques parce que t’as pris du poids, petite crise de « bordel mais qu’est-ce qui nous a pris ? », peur de ne pas assurer, cours sur les suites de couches, larmes de fatigue… Pas spécialement l’état d’esprit d’un lama tibétain en méditation, hein ?

 

« Une femme enceinte, c’est sacré. »

Sorti de la glorieuse comparaison avec une vache indienne, la sacralisation s’arrête là. En fait, c’est même tout le contraire : ton corps se démocratise terriblement.  Il faut bien se dire qu’en neuf mois tu écartes les jambes devant plus d’inconnus que Madonna dans toute sa carrière. Il est loin, ton statut de nullipare qui ne monte sur la table qu’une fois par an et pour qui cela revêt un caractère particulier. La femme enceinte voit souvent le regard étonné de son interlocuteur se demander pourquoi elle a encore sa culotte. C’est limite si tu ne te déshabilles pas devant ton ophtalmo, par pur réflexe. Je te raconterais bien le jour où une interne a dû demander de l’aide à son collègue pour un examen, mais le traumatisme est encore trop présent.

 

« Une grossesse, c’est 12 kilos maxi. »

Attends, j’éclate de rire. Hum. Reprenons. J’ai le regret de t’informer qu’il s’agit d’une moyenne. Autrement dit : tu prends entre 0 et 30 kilos. Voilà. Ça rigole moins tout de suite, hein ? Plus sérieusement, une sage-femme à la retraite m’a un jour expliqué que plus ton IMC est bas avant la grossesse, plus tu vas prendre cher. À l’inverse, elle a vu des femmes très rondes ne pas prendre un gramme.  Pour ma part j’avais un IMC relativement bas, et j’ai pris… euh, en fait j’ai arrêté de me peser une semaine avant l’accouchement. Sachant qu’aux dernières nouvelles j’étais à +26 kilos, et que je stockais environ trois litres d’eau par jour, c’était préférable de ne rien savoir. Note bien que la plupart des médecins/sages-femmes/boulangères vont t’engueuler si tu dépasses les cinq kilos par trimestre, comme si toutes les femmes avaient exactement le même métabolisme. Bonus : si tu fais partie des nombreuses chanceuses qui font de la rétention d’eau sur la fin, tu auras le privilège de voir l’aiguille de la balance s’affoler à mesure que tes chevilles gonflent, jusqu’à se confondre avec tes cuisses. Et là, l’image de la vache indienne prend tout son sens…

 

« Tu auras une belle poitrine »

Sujet épineux, car, sur ce coup-là, on ne t’a pas totalement menti… Certes, on prend des seins dès le début de la grossesse, pour le plus grand bonheur de certaines et surtout de certains. Mais, pour reprendre l’expression d’un copain, pour l’homme c’est comme avoir les clés d’une Ferrari mais pas le droit de la conduire. Parce qu’au début ils sont super douloureux, il ne vaut mieux pas pour sa tronche qu’il pose ses mains dessus. Ensuite… comme dis plus haut, on n’est pas exactement un objet de désir, même avec une poitrine énorme. Et, pour peu qu’un beau matin une trace du lancement de la production-test du lactarium soit visible, l’image de la machine à traire va se substituer irrévocablement à celle de la Ferrari.

Voilà, tu sais tout. Je te demande pardon, mais il fallait que tu saches. Je vais tout de même conclure sur du positif pour me faire pardonner. Même si les câlins sont en stand-by, ton homme et toi vivez la plus belle aventure de l’histoire de votre couple, et pour lui tu es la personne la plus importante du monde. Tes kilos, tu vas t’en foutre royalement, parce que, même si tes hormones te font passer d’un extrême à l’autre, tu vas probablement vivre les plus beaux moments de ton existence lorsque tu vas sentir ton bébé bouger au creux de ton ventre. Et un jour, tu n’auras qu’une envie : être enceinte à nouveau.

La prochaine fois, on parlera des trucs honteux de la grossesse, ça te calmera.

 

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Une marraine, pour quoi faire?

Il n’y aura pas de parrain-marraine finalement. Voilà la décision que nous avions prise il y a un mois de ça, après bien des discussions. Car la notion de parrain-marraine nous posait problème. Et maintenant, je m’apprête à faire la demande officielle à mon amie… Pourquoi ce revirement ? Mais d’abord : c’est quoi être marraine, aujourd’hui ?

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Il y a bien sûr la tradition chrétienne qui veut qu’une marraine et un parrain soient désignés pour le baptême. Ils ont avant tout un rôle spirituel et religieux. N’étant pas catholique, quoi que baptisée, cette vision traditionnelle du parrainage n’était donc absolument pas dans mes vues. Il n’y aura pas de baptême, donc la marraine choisie sera une marraine de cœur.

La notion de marraine de cœur, justement, on la retrouve de plus en plus, S-Mummy en parlait d’ailleurs récemment. Tout comme les cérémonies d’engagements qui remplacent le mariage à l’église, le parrainage de cœur remplace le parrainage traditionnel religieux. Légalement, cela n’a aucune valeur notoire, c’est un acte totalement personnel, qui n’engage que les sentiments. C’est une manière de témoigner son amitié et sa confiance, et de demander à un adulte de faire partie de la vie de son enfant, sans obligation ni mission particulière. C’est cette vision que j’ai de ma marraine : une femme qui m’a accompagnée toute ma vie, que je vois régulièrement, qui se préoccupe de moi et avec qui je passe de bons moments. Et j’avais envie de donner une marraine comme ça à ma fille.

Et puis il y a la notion de tutelle qui est nettement sous-entendue dans la notion de parrainage. On dit souvent qu’en cas de problème ce sont les parrains et marraines qui s’occupent de l’enfant. Juridiquement, c’est totalement infondé, néanmoins la question se pose pour moi. S’il devait nous arriver quelque chose, je refuse de savoir ma fille élevée par un membre de nos familles respectives. Pour nous c’est juste inconcevable. La question s’est donc posée de savoir qui désigner, et comment.

Si nous en étions arrivés à abandonner l’idée de nommer un parrain et une marraine, c’est à cause de ces différentes visions et de la difficulté de tout combiner. D’un côté, je rejette par principe tout acte religieux, ce qui exclut la désignation d’une marraine. D’un autre côté, j’avais envie de faire ce cadeau à mes amies chères et à mes enfants. Mon homme, quant à lui, a autant de mal que moi avec la tradition chrétienne, mais sa sœur lui a demandé à être marraine et il n’avait pas envie de lui faire de la peine. Le truc, c’est que pour moi une marraine et une tante sont deux choses différentes, et qu’il était hors de question de désigner quelqu’un pour lui faire plaisir. S’ajoutait à cela l’impératif de la tutelle, ce qui rend le choix extrêmement complexe. Faire confiance à ses amis, c’est une chose, mais encore faut-il que leur situation leur permette d’envisager une telle éventualité. Bref, nous avions déjà du mal à nous mettre d’accord sur la valeur que nous donnerions à ce parrainage, ce qui nous a finalement dissuadés.

Et puis, très récemment, la conversation a repris. Je voulais choisir un second et un troisième prénom. Là encore, les traditions ont la dent dure, mais à partir du moment où je veux absolument donner un second prénom à un éventuel petit garçon, il me semble évident qu’il faut le faire pour ma fille aussi… Bref, dans ma tête il a toujours été clair que je donnerai le prénom de la marraine en second ou en troisième. Le débat était relancé. Cette fois, nous avons pris les choses dans l’ordre, et nous avons décidé de désigner une marraine de cœur. De toute façon cette histoire de tutelle ne sera pas réglée dans les mois à venir, alors autant se laisser du temps pour décider. Du coup ce sera mon amie, qui n’est pas encore au courant. Pour le parrain, l’Homme hésite encore à demander à son meilleur ami, qui n’est pas exactement du genre à s’occuper d’un enfant… Je me dis encore qu’il serait plus simple de laisser tomber pour le moment et d’attendre de voir un notaire pour trancher, mais ces trois prénoms accolés me plaisent vraiment, et surtout j’ai envie d’entendre ma fille appeler ma copine « marraine », lui donnant ainsi le statut particulier qu’elle mérite. J’aime me dire que, contrairement à la famille, on l’a choisie, elle, pour ce qu’elle est.

C’est ainsi que je me retrouve à la veille de la grande demande à la marraine, et j’ai prévu quelque chose de spécial, un souvenir qu’elle gardera longtemps j’espère. Mais je lui laisse la primeur avant de vous le dévoiler…

 


Article publié sur SBG

Ce que je sais d’elle…

Je parlais récemment du fait que j’ai tout à apprendre de ma fille, cette inconnue nichée au creux de moi depuis près de neuf mois. Mais tout de même, nous ne faisons qu’une, elle et moi, pour quelques jours encore… et forcément je la connais un peu, déjà.

 Elle adore le chocolat. Ce qui m’a valu un premier coup de pied à tout juste trois mois et une semaine de grossesse.

 Elle se réveille toujours avec moi, même brièvement. Avant même que je bouge, elle remue un peu, se colle dans ma main et se rendort, ou se lance dans un pédalage enthousiaste.

 Elle aime s’étirer, appuyer ses fesses d’un côté et tendre ses petits pieds à l’opposé pour les caler dans la paume de ma main.

 Elle adore quand le chat ronronne près de mon ventre. Elle se tend vers lui, elle pousse fort et, s’il est à sa portée, lui envoie des petits coups pour capter son attention. Mais le chat ne semble pas disposé à communiquer pour le moment…

 Elle reconnaît son papa. Et son papa, elle l’aime ! Quand il rentre à la maison elle se réveille et se met à pédaler. Elle pédale dans ses mains et s’y blottit très fort, et finit toujours pas s’y endormir. S’il enlève sa main, elle pousse un peu plus sur mon ventre, comme pour la chercher.

 Elle s’endort en entendant la boîte à musique, mais parfois, si on la referme trop vite, elle semble protester. Alors on lui remet la mélodie.

 Elle aime la bouffe. Quand je me régale, elle aussi. Plus j’apprécie un repas, plus elle pédale joyeusement.

 Elle est grande, et c’est un gros bébé. Il suffit de voir mon ventre pour s’en douter. A la troisième échographie, son périmètre crânien et la longueur de son fémur étaient au plafond des courbes de croissance, et son poids estimé à 2.4Kg, contre 1.7Kg en moyenne.

 Elle aime son prénom. Ou alors elle me donne des coups pour me dire qu’elle déteste, on ne sait pas. En tout cas il ne la laisse pas indifférente.

 Elle a la bouche de son père, c’est la seule certitude que j’ai acquise avec les aperçus lors des échographies.

 Elle adore les monitorings. C’est trop rigolo de taper dedans, en plus ça fait un gros bruit si elle vise bien.

 Elle n’aime pas qu’on la réveille. De toute façon si la sage-femme la secoue pour voir son rythme cardiaque éveillée, elle bronche à peine. Si c’est son père, elle remue un peu pour faire plaisir, mais sans plus. Qu’on la laisse tranquille.

 Elle a le hoquet plusieurs fois par jour, et parfois, s’il est un peu fort, ça l’énerve et elle donne deux ou trois grands coups. Mais si je la caresse en lui disant que ça va passer, qu’elle est en train de grandir, elle se calme.

 Elle attend sagement le soleil pour arriver. Elle avait décalé sa tête pour ne plus appuyer sur la sortie après qu’on lui ait expliqué qu’on adorerait la tenir dans nos bras mais qu’elle était encore trop petite.

 Elle est plutôt en forme vers 3 heures du matin. Mais seulement si je suis réveillée, sinon elle attend le réveil de son papa pour gigoter et réclamer des caresses en se collant très fort à l’avant de mon ventre.

 Elle aime les gens, les nouvelles voix. Dès qu’il y a du monde autour, elle est contente et, en vraie star, elle fait son show. Plus il y a de monde et de musique mieux c’est. Elle distribue même les coups de pied à qui veut la sentir bouger.

 Elle aime qu’on la berce, surtout si c’est son papa qui secoue le ventre doucement.

 Elle aime le soleil. Si je soulève mon tee-shirt elle reçoit la lumière, s’étire, se colle à la paroi… c’est une fille du sud, quoi !

 Elle est devenue le centre de notre attention, alors même qu’elle n’est pas encore née. On l’aime déjà si fort, avec le peu que l’on sait, qu’est-ce que cela va être après !!

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Brèves d’utérus

Aujourd’hui je suis à huit mois et deux semaines de grossesse, autrement dit il me reste deux semaines et demies avant l’accouchement. Disons que dans trois semaines maximum ma princesse sera là.

Bon, faisons un point de la situation.

Depuis un peu plus de deux semaines je me suis remise à bouger. Enfin, disons que je ne passe plus mes journées à demi-allongée. Je ne conduis pas, je ne fais pas les courses, mon corps a clairement ses limites, mais j’ai repris une vie normale. Et je me sens bien. On me dit souvent « courage, c’est le mois le plus long, le plus difficile ! ». Franchement, non, pas dans mon cas. Je m’estime plutôt privilégiée quand je pense à d’autres qui au même stade n’arrivent ni à trouver une position pour dormir ni pour s’asseoir, qui n’en peuvent plus. Personnellement, je n’ai pas du tout l’impression d’être à la fin de ma grossesse !

En fait, c’est le huitième mois qui a été le plus difficile. Je me rends compte que l’immobilité a nettement aggravé les douleurs au niveau du bassin, et les douleurs diverses et variées que l’on peut ressentir sur la fin. Je ne dormais plus la nuit, j’avais mal au moindre mouvement, je me sentais lourde et j’avais du mal à me bouger. Le jour où cela a fait huit mois pile que j’étais enceinte, j’ai dit à mon homme « tu vois, la grossesse c’est la chose la plus merveilleuse qui me soit arrivée, mais là ça fait huit mois, c’est bon, j’en ai un petit peu marre des fois », le tout en pleurant et en me sentant coupable de dire un truc pareil (alors que, hein…).

Mais maintenant, plus je bouge mieux je me sens. Hier, j’ai fait du ménage, mais attention un truc de fou : j’ai passé l’aspirateur. Ouais, je suis une dingue. Et bien j’ai dormi sans avoir mal à chaque fois que je me retournais. Bon, hier soir j’ai gémi sur le canapé pendant une demi-heure, mais bon, attends, j’ai fait quatorze allers retours dans l’escalier aussi… Depuis quelques jours je me sens presque comme au septième mois, plutôt légère malgré mon ventre énorme et mes 24 kilos en plus. Je savoure. Je n’ai pas envie que ça s’arrête. J’ai repris le fil du bien-être que je ressentais avant le repos forcé.

Je me rends compte pourtant à quel point ce repos était nécessaire : cette pesanteur vers le bas, cette gêne que je ressentais ont disparues. Il est clair que sans ça la puce serait sans doute déjà là. Je n’ai pas du tout les mêmes sensations, ce qui d’ailleurs me fait dire que ce n’est pas encore le moment de son arrivée. Finalement, la sage-femme avait raison quand elle m’expliquait qu’à un moment l’utérus avait du mal à suivre car il grossissait très vite et se mettait à contracter, mais qu’avec du repos et un peu de patience il se détendait et reprenait docilement sa croissance. Et quand je dis croissance… c’est impressionnant.  Je n’avais pas l’impression d’avoir pris depuis quelques semaines, et d’ailleurs la prise de poids s’est fortement ralentie, jusqu’à ce que j’enfile un haut de grossesse et que je constate… que je déborde. À huit mois et demi j’ai compris l’utilité du bandeau qui contient le bout de ventre qui dépasse.

Alors forcément, si je suis sur le dos, je ne me relève plus, et je fais le culbuto pour me sortir du lit. Évidemment je fais pipi toutes les demies-heures et j’ai peur d’éternuer. Bien entendu, j’ai les chevilles dignes d’un All Black et j’ai enfilé ma première paire de chaussettes de contention. Mais, franchement, qu’est-ce que je suis bien ! J’en arrive à avoir peur, non pas d’accoucher mais de quitter cet état de grossesse que j’aime tant. Même si j’ai hâte de voir ma fille et que je sais que ce sera le début d’une aventure encore plus belle. Pour l’instant je sens ses petits pieds dans ma paume, je vois ses fesses déformer mon ventre, qui semble prêt à craquer quand elle se colle comme ça, et je profite au maximum. Parce qu’en fait, neuf mois, ça passe beaucoup trop vite…

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Le choix du prénom

S’il y a bien un sujet difficile et qui suscite bien des débats entre les futurs parents, c’est le choix du prénom. Il faut dire que ce choix n’est pas sans conséquences, et que son caractère définitif est assez redoutable. Comment être sûr de ne pas se tromper et donner à son enfant le prénom qui lui correspondra vraiment avant même de le tenir dans ses bras? Enfin, pour certains c’est simple, une évidence, mais pour d’autres… En ce qui nous concerne, nous avons une certitude pour le prénom d’un éventuel petit garçon. Comment nous est-elle venue ? Difficile à dire, je crois qu’on en a parlé un jour, sans raison, et que c’est resté depuis. Toujours est-il que je n’imagine pas mon fils s’appeler autrement, si un jour j’en ai un. Pour une petite fille, nous avions aussi un prénom en tête depuis pas mal de temps, mais cela n’a pas été aussi simple.

Lorsqu’on a su que j’étais enceinte, et que nous avons commencé à parler prénom, nous étions toujours d’accord sur le prénom masculin, mais, très rapidement, le prénom féminin nous a posé problème. Car celui que nous aimions est devenu archi courant depuis quelques années. Lorsque j’en ai parlé à une amie, sans lui révéler ledit prénom, elle s’est exclamée « Ah, non, faut trouver un truc original quand même ! ». Facile à dire ! Nous avons de toute façon décidé d’attendre de connaître le sexe avant de se lancer dans des débats potentiellement houleux. Je savais que ce serait une fille, mais si cela avait été un garçon il aurait été inutile de commencer à se prendre la tête sans savoir. Et surtout, nous avons décidé ne n’en parler à personne, de ne rien révéler avant la naissance, pour ne pas avoir à subir les conseils ou éventuelles remarques que les gens ne manquent pas de formuler.

En décembre, nous savions que nous attendions une petite princesse. Les hostilités pouvaient commencer. Je me suis souvenue de la phrase de mon amie, et je me suis demandé s’il fallait chercher l’originalité à tout prix, quitte à mettre de côté un prénom qui nous plaît vraiment au motif qu’il est trop courant. Évidemment que non, ai-je pensé, mais cela ne résolvait pas la question pour autant. Car ce prénom que nous aimions tant avant ne nous plaisait plus tant que ça, finalement. Est-ce de le savoir si répandu, dans le top 5 national ? Il est clair que quelque part cela m’embêtait de me dire que ma fille allait se retrouver en classe avec peut-être trois autres petites filles qui s’appellent pareil. Et puis, au fil des semaines, nous avons eu tous les deux abandonné cette idée, comme si, en découvrant ce bébé au travers de ses réactions, nous savions qu’elle ne s’appellerait pas ainsi. Non, ça ne collait pas. Retour à la case départ donc.

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J’avais pour ma part deux prénoms en tête depuis un moment, dont un qui ne me quittait pas. Mais l’Homme n’a jamais voulu en entendre parler. De même que les deux suggestions qu’il m’a faites ont été refusées catégoriquement. Je me suis mise à chercher un prénom provençal, ou italien, en référence à mes racines, avec l’accord de mon mari, qui vient de région parisienne mais qui voulait également un prénom du sud. Sans succès. Rien ne nous enthousiasmait vraiment. Lorsque la menace d’accouchement prématuré a été évoquée, j’ai paniquée à l’idée de ne pas avoir de prénom à donner à mon bébé si elle venait à naître.

Et puis un soir, mon homme est venu me voir à la maternité, et il a dégainé une application sur son téléphone. La veille, j’avais suggéré le prénom du personnage d’un roman que j’aime particulièrement, et qui représente un peu les valeurs que je voudrais inculquer à mes enfants. Mais, la nuit apportant des réponses, nous savions que ce ne serait pas celui-là, même si nous le gardions sous le coude. Ce soir-là, donc, de la même manière que nous avions joué à ouvrir le livre des prénoms au hasard, nous avons joué à faire défiler son écran et à stopper brusquement, dans l’espoir qu’un prénom nous soit envoyé. Nous en avons coché plusieurs ainsi, mais un nous a arraché à tous les deux un « ah ouaiiis, pas mal ! ». Nous avons laissé décanter.

Le lendemain, l’Homme était toujours fan, moi un peu plus réservée. C’est que j’avais toujours ce prénom derrière la tête… Et puis nous y avons regardé de plus près. Un prénom méditerranéen, à consonance italienne mais étymologiquement issu du grec. Pas mal. C’est son étymologie justement qui nous a convaincus : lorsque nous avons lu la signification, nous avons souri, c’était exactement ça. J’étais juste un peu gênée par la sonorité générale, sans trop savoir pourquoi. Lorsque mon homme m’a donné une variante, avec un « e » à la fin au lieu d’un « a », nous le tenions.

Nous nous sommes laissé des jours et des semaines pour l’apprivoiser doucement ce prénom, car à aucun moment nous n’avons eu cette certitude que notre fille s’appellerait ainsi et pas autrement. Depuis, nous l’avons prononcé de nombreuses fois en nous adressant à elle, comme pour guetter son assentiment et même temps que notre conviction. Cela semble fonctionner. Je dirais que nous sommes sûrs à 90%, car nous conservons la possibilité de changer d’avis lorsque nous verrons notre fille pour la première fois. Mais hier nous avons choisi le second prénom, ce qui signifie je pense que le premier est entériné. A moins d’un mois du terme, je crois bien que notre fille a un prénom, et il était temps !

Et pour vous, comment ça s’est passé?

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