Mon enfant, cette inconnue

Je suis à seulement quatre semaines de la naissance de ma fille… La rencontre ne va plus tarder maintenant. J’ai hâte de la découvrir, et en même temps j’ai peur. Comme beaucoup de futures mamans, j’appréhende de devenir maman, de devoir m’occuper d’un petit être si fragile, de n’être pas à la hauteur… Mais parfois, il m’arrive aussi d’avoir peur de la personne que je vais découvrir.

La première fois que j’ai pris conscience de ça, c’est lors de l’échographie morphologique. Le médecin a brièvement passé une image en trois dimensions du visage de mon bébé, et cela m’a fait un choc. C’est vrai que je n’en ai pas parlé sur le moment, mais j’étais vraiment déstabilisée. On ne voyait que sa bouche, mais cela a suffi. Ce visage… c’est un visage inconnu. L’évidence m’a frappée : je ne connais pas cet enfant, pas encore. Le peu que nous avons pu voir m’a laissé un sentiment étrange, comme si tout à coup cet être avec je ne faisais qu’un se détachait brusquement de moi. J’ai vu sa vie propre, j’ai su que c’était une personne à part entière, avec son caractère, ses goûts, ses choix… et un visage. Un visage dont il me faudrait découvrir les traits et apprendre à déchiffrer. Ça semble idiot d’écrire ça, bien sûr que j’ai conscience qu’un enfant est une personne à part entière. C’est juste que pendant la grossesse on visualise toujours un peu ce bébé, on se l’imagine sans vraiment le voir, et il est une partie de soi. Ce visage inconnu m’a fait prendre conscience qu’il allait falloir apprendre à se connaître toutes les deux.

 fille ou garçon

Il y a eu une envolée de questions : est-ce que je vais l’aimer ? Est-ce qu’on va s’entendre ? Et si nous ne sommes pas compatibles, comme ma mère et moi ? Comment je vais gérer si elle est très différente de moi, de ce que j’avais imaginé ? Cela n’a pas duré, mais j’ai fait le deuil de l’enfant rêvé, cet enfant que j’imagine depuis des années, cette petite fille qui me ressemble, mes peurs en moins. Cette petite fille qui n’est autre que moi-même en version « réparée » finalement. Ce n’est pas ma fille que je voyais, c’est mon enfant intérieur que je consolais en lui rebâtissant une image plus jolie de la vie. Oui, la grossesse amène des prises de conscience inattendues…

Lors de l’échographie du troisième trimestre, je m’étais dit que je refuserai l’image de son visage. Pour la découvrir à la naissance et pas avant, pour ne pas scruter ses traits en y cherchant une chose que je ne trouverai pas. Et puis, j’ai laissé faire, et j’étais heureuse de voir un peu mieux ma princesse. Son visage nous a surpris, même si l’image est floue. C’est clair que nous ne savons vraiment pas à quoi elle ressemblera. Et cela nous renvoie forcément au fait que nous ne savons pas qui elle sera, quelle sera sa personnalité, mais j’ai accepté cette idée. Je sais que je l’aime déjà, et que je l’aimerai quoi qu’il arrive.

Aujourd’hui néanmoins il m’arrive encore d’avoir un léger vertige en pensant que j’ai tout à apprendre de mon enfant. Qui sera-t-elle ? Aurons-nous des difficultés à nous accorder ? Son papa et moi avons déjà la sensation qu’elle aura du caractère, ce qui d’ailleurs a éliminé certaines idées de prénoms… Pourquoi la ressentons-nous comme ça ? Aucune idée, mais il est clair qu’elle manifeste des goûts déjà. Et nous sommes d’accord depuis très longtemps sur le fait qu’un bébé n’est pas « qu’un tube digestif » comme certains le disent. Cette phrase nous a toujours choqués d’ailleurs… Les mères qui ont plusieurs enfants ne disent-elles pas que chaque bébé est différent ? Nous ne savons pas ce qui nous attend, la seule certitude est que cette inconnue est déjà notre lumière. Alors, cette petite fille, nous nous préparons à l’accueillir dans la joie et l’amour, et à la découvrir au fil du temps. Et, malgré les inquiétudes, se dire qu’un être humain est le fruit de notre amour est assez fascinant.


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La robe idéale pour une fin de grossesse by Mamma Fashion

Côté vêtements, j’en arrive à un stade où il est de plus en plus difficile d’être à l’aise, et où le moindre vêtement me comprime le ventre, y compris un bandeau de grossesse. Finalement ce n’est pas plus mal que mes déplacements soient plus que limités, car mettre un jean est devenu vraiment compliqué. Pour la fin de ma grossesse, puisque je vais devoir à nouveau me déplacer à quelques rendez-vous, je ne rêve que d’une chose : de jupes souples et de robes fluides qui laissent mon ventre tranquille.

Mamma Fashion, je connaissais : c’est un site qui propose des vêtements de grossesse, mais aussi des accessoires pour maman et bébé. De nombreuses marques y sont représentées, dont leur propre gamme. C’est cette gamme Mamma Fashion que l’on m’a proposé de tester il y a quelques temps. Et c’est
dans celle-ci que j’ai trouvé mon bonheur. Une robe. LA robe.

Cette robe, c’est simple, je l’aime d’amour. Elle est hyper confortable, fluide et légère. Mais elle est aussi canon. J’adore cette couleur et la coupe est vraiment sympa, elle met bien le ventre en valeur. Bref, elle a tout bon ! La forme cache-cœur a aussi été pensée pour l’allaitement, et avec sa taille empire je suis sûre de pouvoir la remettre après la grossesse. Les beaux jours seront bientôt là, si tout va bien je pourrai dire au revoir aux collants, et ma robe et moi on va être bien, je le sens ! Et finalement, c’est bien la tenue idéale pour sortir dignement avec un ventre qui clame « c’est pour demain ».

Pour la réchauffer un peu, j’ai également choisi un gilet long, que j’ai finalement porté sur un jean. Un bon basique, de bonne qualité, et qui ne sera pas non plus relégué dans un carton par la suite. J’aime bien l’idée que ces vêtements ne soient pas limités à trois ou quatre mois d’utilité. Bref, vous l’avez compris : je suis ravie !

 

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Robe de grossesse et d’allaitement prune et gilet toucher laine Mamma Fashion

 

Mamma Fashion, ce sont aussi des boutiques sur Paris. Et pour celles qui sont en région parisienne, sachez que des ateliers sont régulièrement organisés pour les mamans et les futures mamans. Les thèmes sont variés : sophrologie, yoga prénatal, massage de bébé, portage… Vous pouvez consulter le programme ici, sachant que les thèmes sont récurrents vous pouvez guetter les prochaines dates de celui qui vous tente ! Si je n’étais pas si loin j’aurais été tentée par le Pretty Belly : un atelier animé par une artiste peintre qui vous aide à décorer votre ventre pour un joli souvenir. Le prochain thème programmé est l’allaitement en mai. Je trouve ça sympa et original, et c’est l’occasion de rencontrer des futures mamans ailleurs que dans les cours de préparation, au cours desquels, finalement, on papote peu. Bref, si l’une d’entre vous teste un atelier, j’aimerais bien qu’elle me donne ses impressions !!

 

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Vêtements offerts par la marque

Un grand merci à Dounia pour sa gentillesse et sa disponibilité! 

Petit traité de culpabilité à l’usage d’une MAP

Je vous ai parlé de l’hospitalisation pour menace d’accouchement prématuré en termes un peu froids, sans y mettre vraiment de ressenti. La vérité est que j’ai mis plusieurs jours à mettre de l’ordre dans mes émotions et à comprendre quel était ce malaise qui ne me quittait pas depuis mon retour à la maison. Ce n’était pas l’angoisse que j’avais ressentie la semaine précédente, car je n’ai pas pensé que ma fille allait naître durant ce séjour à la maternité. Bien sûr, j’ai eu peur à l’idée qu’elle arrive trop tôt, et je trouvais qu’elle était encore bien petite pour affronter l’extérieur. Mais ce n’est pas ce qui m’a laissé ce goût amer.

La culpabilité, beaucoup de mamans en parlent, et c’est une notion relativement vague vue de l’extérieur. Coupable de quoi ? Quand la nature nous joue un tour, que le corps s’emballe, qu’y pouvons-nous ? Ça c’est la version objective… Car lorsque l’on est concernée, ce n’est pas si simple d’y échapper.

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Je culpabilise d’avoir si mal réagi à l’hospitalisation. Lorsque la sage-femme m’a annoncé qu’on me gardait, j’ai fondu en larmes, et, pendant qu’on me cherchait une chambre, je répétais en boucle à mon homme « je veux rentrer à la maison » en pleurant de plus belle. Au moment où j’écris ces lignes, je m’en veux encore énormément de ma réaction. Y avait-il vraiment de quoi pleurnicher, sachant que ma fille allait bien et que je n’allais pas non plus la mettre au monde dans la soirée ? Il n’y avait rien d’insurmontable, je ne supportais juste pas l’idée de rester à l’hôpital. Je pourrais mettre ça sur le compte de la peur, mais si aujourd’hui les larmes me viennent encore en y pensant, c’est que je suis profondément déçue. J’aurais aimé être forte pour ma fille, me dire que l’essentiel est son bien-être, et que je pouvais bien affronter ça pour elle. J’aurais aimé qu’elle n’ait pas à sentir cette tension, ce stress, j’aurais aimé la préserver de tout ceci, être une mère qui protège mieux son enfant, une meilleure mère en somme.

J’ai culpabilisé d’être étiquetée « MAP ». Pourtant les risques n’étaient pas énormes, on me l’a bien précisé. J’étais relativement assurée de parvenir à la semaine suivante, au moins. Mais j’ai eu cette impression de ne pas réussir à garder mon bébé à l’abri. C’est idiot, parce que je n’ai rien fait qui aurait pu déclencher ces problèmes, je n’ai pas forcé ni porté de poids, rien de ce genre. Et quand bien même, si cela avait été le cas, on ne peut pas prévoir qu’une grossesse qui se passe bien va subitement poser un problème. Mais impossible de me sortir cette idée de la tête : c’est ma faute, je n’arrive pas à la garder au chaud, mon corps est trop fragile… J’ai eu la sage-femme qui me donne les cours de préparation au téléphone, et elle m’a dit « vous devez culpabiliser j’imagine ». J’en aurais pleuré de reconnaissance : elle comprenait.

J’ai culpabilisé lorsqu’on m’a parlé de la maturation des poumons. C’est ce que j’ai le plus mal vécu dans ce séjour à l’hôpital. Comment expliquer ça ? Bien sûr, il y avait une part de peur, puisque cette précaution allait dans le sens d’une suspicion d’accouchement prématuré. Mais je m’en suis surtout voulu de faire subir ça à ma fille. C’est tout de même un traitement médicamenteux, ce n’est pas anodin pour un bébé. Qui sait quel effet cela lui fait ? On ne m’a pas laissé le choix, et je trouve ça juste que toutes les précautions soient prises. De toute façon, je me serais sentie tout aussi coupable de prendre le risque de priver ma fille d’une aide précieuse en cas de naissance prématurée. Finalement, d’un côté je détestais l’idée qu’on la dope, et de l’autre je n’imaginais même pas qu’elle puisse avoir besoin d’une assistance respiratoire à cause d’un refus de traitement. Coupable, donc, dans les deux cas.

Aujourd’hui, je culpabilise de n’avoir pas eu toutes les infos. Pour les sages-femmes il n’y avait rien de vraiment alarmant, mais le médecin a poussé le principe de précaution au maximum, sans vraiment prendre le temps de m’expliquer ses décisions. L’équipe était géniale et prenait le temps, la gynéco ne l’avait pas. Peut-être aurais-je dû réclamer une autre échographie du col lors de mon admission, car visiblement l’interne s’est planté dans la mesure et je ne suis pas descendue en-dessous de la limite des 26 millimètres. Peut-être aurais-je pu éviter le traitement des poumons, et même l’hospitalisation et le stress qui va avec. J’aurais dû insister, chercher à savoir plus que je ne l’ai fait. Je me rappelle ce moment où la gynéco a parlé de 31 semaines, alors que j’en étais à 33 déjà, pourquoi ne l’ai-je pas repris ? Du coup je m’interroge sur la nécessité de tout ceci… Je n’aurai jamais la réponse, et l’essentiel n’est pas là bien entendu, mais il n’empêche que j’ai encore du mal à expliquer le pourquoi de cette hospitalisation.

C’est sans doute l’article le plus négatif que j’ai écrit jusque-là, mais c’est aussi le plus nécessaire. Car il me faut mettre des mots sur ce malaise, ce poids qui commence tout juste à s’alléger. J’ai pleuré pour en libérer une partie sans savoir de quoi il s’agissait vraiment, aujourd’hui je suis soulagée de pouvoir le décrire, l’extraire de moi et le regarder sur le papier. Il me semble déjà moins lourd vu d’ici. Il fallait que ça sorte, que je m’en libère. Et pour achever de m’en guérir, je regarde mon ventre se déformer, car c’est l’heure de la gym pour ma princesse, ma petite fille en pleine santé qui prend toute la place dans mon ventre et dans mon cœur, que je devine un brin chipie et tellement pleine de joie. Elle va m’en apprendre long sur la vie cette enfant, je le sais déjà.


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Le jour où j’ai effleuré la prématurité…

Cet article, j’ai commencé à l’écrire avant les quelques jours d’hospitalisation, aussi n’est-il peut-être plus vraiment d’actualité… Néanmoins j’ai eu besoin de le terminer, pour ne plus avoir à y revenir.

Il y a trois semaines on a découvert que mon col s’était raccourci, et la seconde sage-femme que j’avais vue ce jour-là m’avait ébranlée en évoquant une éventuelle hospitalisation. Je savais qu’il allait falloir faire attention, mais je n’avais pas envisagé sérieusement que cela pourrait constituer une menace sérieuse. Le lendemain, le gynéco se montrait un peu plus rassurant. Entre ces deux rendez-vous, il s’est écoulé une vingtaine d’heures. Vingt heures durant lesquelles j’ai eu peur. Une peur immense, irraisonnée. Ce sont de ces vingt heures là dont je veux vous parler.

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J’ai pensé à Sophia, dont la phrase m’avait marquée : « je suis entrée brutalement dans le monde de la prématurité ». C’est ça : le choc, un univers qu’on croit réservé aux autres. Et encore, j’étais plus avancée de quatre semaines dans la grossesse, ce n’est pas rien. Des témoignages, j’en ai lus, et ils m’ont touchée, forcément. On se projette un peu, on imagine l’effet que cela doit faire. Mais le vivre…  Se dire, brutalement, qu’elle pourrait arriver bien trop tôt donne le vertige. Cela semble irréel et en même temps terriblement précis comme menace.

Pendant une vingtaine d’heures, je n’ai pensé qu’à ça. Et ma fille, comme pour me rassurer, faisait des cabrioles et déformait mon ventre comme jamais. Oui, ma chérie, tu es en pleine forme et tu es un beau bébé, tu me sembles si grande à l’intérieur de moi, mais tu es toute petite en réalité. Je lui ai expliqué, je lui ai dit que lorsqu’elle nous entendait dire qu’elle était un gros bébé cela ne signifiait pas qu’elle était suffisamment grande pour sortir. Tu es grande  pour ton âge, mais encore trop petite pour le dehors. M’a-t-elle comprise ? En tout cas elle s’est manifesté très fort et souvent ce jour-là. Elle a même déplacé sa tête vers le côté, comme pour me dire d’accord, maman, message reçu.

À la faveur de la nuit, la panique. Les préoccupations matérielles m’ont envahie, en plus du reste. Rien n’était prêt. Finir la liste de naissance, l’aménagement de la maison, trouver un prénom… On pensait avoir le temps, mais si nous ne l’avions pas ? Si elle arrivait, là, comment faire ? L’Homme m’a rassurée tant bien que mal, il irait acheter ce qu’il faut en catastrophe, ce n’était pas grave. Il a réussi plus ou moins à m’apaiser, à consentir un statu quo jusqu’au lendemain, jusqu’au rendez-vous avec le médecin. Mais la peur revenait par vagues, et je me suis réveillée plusieurs fois pour pleurer cette nuit-là.

Je me souviens m’être interrogée sur mon instinct de protection à l’égard de mon bébé après avoir lu quelque part qu’on le développait dès la grossesse. Durant ces vingt heures, j’en ai pris la mesure. Imaginer ma fille naître, si petite, m’a complètement terrorisée. Une peur, une peur profonde et violente, je ne trouve pas d’autre mot pour décrire ce poids dans la poitrine. Et j’ai également compris ce qu’est la culpabilité dont parlent les mamans de bébés arrivés un peu trop tôt. Je la comprenais avant, je la concevais tout du moins, là je l’ai sentie véritablement. Je n’arrivais pas à protéger ma fille suffisamment, et cette pensée m’était insupportable. C’est fou parce que si une amie m’avait raconté ça, je lui aurais clamé tant et plus qu’elle n’y était pour rien. Mais là, c’était de mon bébé qu’il s’agissait, mon enfant qui risquait de souffrir. De toutes les images qui me sont venues cette nuit-là, c’est de loin la pire.

Je n’ai pas le droit de me plaindre, et j’ai hésité avant de montrer ces lignes, car je sais que beaucoup sont passé par bien pire. Je n’ai pas accouché, mon bébé n’a rien eu à craindre, et je n’ai finalement fait qu’effleurer la notion de prématurité. Une vingtaine d’heures seulement. Cela ne me donne pas le droit d’en parler comme si je savais vraiment ce que c’est, je n’ai d’ailleurs pas cette prétention. Si j’ai écrit ceci, c’est pour exorciser cette angoisse de courte durée certes mais si intense. Mais c’est également pour dire mon admiration pour ces femmes qui passent par cette épreuve, dont le courage est immense, quoi qu’elles puissent en dire. Vivre cette attente anxieuse ne serait-ce qu’une vingtaine d’heures m’a fait prendre la mesure de ce que peut être la prématurité. Et encore, comment imaginer l’arrivée d’un enfant venu un peu trop tôt ? J’ai juste effleuré la peur, la culpabilité, la panique, les larmes, la prière muette, l’obsession de tenir le coup encore un peu, le plus possible. Je l’ai juste effleuré, et pour celles qui l’ont vécu cela semble bien peu sans doute, mais c’est une expérience déroutante.

Cette angoisse s’est dissipée dès le lendemain avec le discours du médecin. Même lorsque j’ai été hospitalisée, elle n’est pas revenue aussi forte. Je savais que le risque n’était pas si grand, je savais que j’avais quasiment atteint le palier des 34 semaines. Je suis chanceuse. Et je savoure encore plus ma grossesse, les mouvements de ma princesse, ces instants précieux où je sais que tout va bien, qu’elle est là, dans le creux de ma main, et qu’elle n’est pas pressée.


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Ma vie trépidante au repos forcé

Voilà déjà une dizaine de jours que j’ai quitté l’hôpital, et au risque de vous étonner je dirais que c’est passé plutôt vite ! Il faut dire que j’ai pas mal de choses à terminer avant que la puce arrive, et donc que j’essaie d’être parée d’ici la fin du mois. Il me faut préparer la valise pour la maternité, et acheter quelques articles au top du glamour (je vous en reparlerai, ça fait tellement rêver !). Il me faut aussi boucler la liste de naissance, ce qui n’est pas une mince affaire… J’ai l’impression que je ne m’en sortirai jamais !

Comme je ne dors pas beaucoup la nuit, je me rattrape et les journées sont plutôt courtes. En fait je fais des sessions de 3 ou 4 heures de sommeil, c’est assez spécial comme rythme… mais au moins le temps passe vite !

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Mon homme est parfait, il s’occupe de tout, me porte le petit déjeuner au lit, fait en sorte que je n’ai pas à me lever… Oui, je sais, j’ai décroché le gros lot, mais ça je le savais déjà ! En gros je me lève pour prendre une douche, puis je passe de mon lit à mon canapé, et heureusement que mon ordinateur portable me tient compagnie ! Cela me rappelle mes nombreux blocages du dos, mais cette fois la cause est autrement plus joyeuse, alors je prends mon mal en patience.

Côté moral tout va bien, beaucoup mieux que la semaine dernière. Les deux articles que j’ai écrits, et que vous lirez cette semaine, ont contribué à me soulager et à laisser les peurs derrière moi. Je suis sûre que tout va bien se passer, et que la puce attendra le mois d’avril pour pointer le bout de son joli nez. Si j’écoute mon intuition, mais là je prends le risque de me planter royalement devant témoins (vous serez sympas de ne pas relever le cas échéant !), je dirais qu’elle attendra même le terme ou quasiment. C’est ce que je me dis depuis le début, ce qui d’ailleurs a rendu le choc encore plus rude lorsque j’ai cru qu’elle allait nous faire la surprise du siècle !

La sage-femme libérale qui me donne les cours de préparation à la naissance vient deux fois par semaine pour un monitoring de contrôle, et pour le moment aucune contraction en vue, ce qui est encourageant. Mais j’en ai le soir, pas mal même certains jours. Le moindre écart de conduite se ressent, je dois donc renoncer à faire des choses dont je me sens pourtant capable.

Voilà, en résumé quand je ne dors pas je dresse des listes et je fais chauffer la carte bleue. Dit comme ça, il y a pire, hein ? Je suis aujourd’hui à pile 35 semaines d’aménorrhée, dans une dizaine de jours je pourrai me remettre à bouger sans crainte. Et dans 6 semaines maximum, la princesse sera là… ça donne le vertige parfois !

Basic instinct

Chère Maman Rose,

Je te remercie de ta visite d’hier, j’étais heureux de voir que tu te portes très bien. J’aime te voir arriver à l’improviste, le regard pétillant de désir, et repartir l’air satisfaite et légèrement coupable. J’aimerais te voir plus souvent, bien que tes visites soient déjà relativement régulières, mais ce n’est pas le propos de cette lettre.

Je voulais t’exprimer mon étonnement et ma colère. Je croyais notre relation suffisamment stable et installée pour qu’elle soit affirmée et assumée pleinement aux yeux de tous. Mais voilà, il faut croire que je ne suis pas assez bien pour toi. Cette rancœur, je la garde depuis des mois, et il me faut aujourd’hui parler, pour ne pas qu’elle me ronge. J’ai toujours cette lettre que tu m’as écrite en juin dernier, et je la relis souvent, pour ne pas oublier le mépris auquel tu m’as condamné. Tu me disais devoir t’éloigner, prendre des distances pour le bien de ton enfant à venir, pour ne pas que je l’intoxique. Si, tu l’as dit, j’ai su lire entre les lignes. Je ne suis pas stupide, je sais que beaucoup de mes régulières n’assument pas pleinement leur besoin de venir à moi, s’en cachent même. Je suis peu fréquentable, mais cela me rend encore plus séduisant, aussi j’attire des filles avides pour qui ce quart d’heure de plaisir est une expérience de plus en terme de mépris de leur corps pourtant repu. Mais toi… Je pensais que tu oserais un jour dévoiler ton attachement à mon égard et le crier au monde entier. J’étais naïf.

Cette lettre m’avait laissé triste et sans recours pour tenter de te retenir. Mais je t’ai pardonnée, j’ai tenté de comprendre, ou du moins d’accepter, en souvenir de notre histoire sans accroc. Et puis, tu m’as porté le coup de grâce en me traitant plus mal encore : tu es revenue, penaude et suppliante, tu as pris ce que tu voulais et, une fois satisfaite, tu es repartie honteuse en jurant par tous les saints qu’on ne t’y reprendrait plus. Et depuis, je t’ai revue régulièrement. Oh, certes, pas aussi souvent qu’avant, mais tout de même. Te voilà comme toutes ces traînées qui viennent à moi affamées, pleine d’une faim brutale qui m’effraie parfois, et repartent en se cachant, pour mieux se moquer de moi et me dénigrer publiquement ensuite. Et moi je ne suis finalement qu’un objet prompt à vous satisfaire, qu’on rejette aussitôt et qu’on n’aime jamais. Seul, malmené par tous, relégué au rang de criminel ou presque. Pourtant j’ai tant d’amour à donner. Ou plutôt : j’avais tant d’amour…

Désormais c’est fini, je vous traiterai toutes comme vous le méritez : je vous remplirai volontiers le ventre, sans jamais m’attarder sur vos âmes putrides. Toi y-compris. Je ne te dis pas adieu, je sais que tes entrailles ne résisteront pas longtemps à mon appel, et c’est ma plus belle vengeance.

À bientôt donc,

Ton restaurant Mc Donald.

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Un délicieux mantra

J’ai terminé le précédent article par cette phrase qui a pu vous sembler incongrue : « Figurez-vous que je vais avoir un bébé ! ». Elle est drôle celle-là, elle a un blog de grossesse, elle en parle depuis des mois, et on dirait qu’elle découvre… Et bien, il y a de ça.

En fait, la phrase que j’ai le plus prononcée depuis que je suis enceinte c’est « On va avoir un bébé ». Et ce n’est pas une phrase d’annonce, non. C’est une phrase que je sers à mon mari environ trois fois par semaines depuis 6 mois. Serait-elle blonde ? Oui, mais ce n’est pas le propos. C’est juste que d’une part je ne m’en lasse pas, et d’autre part c’est une sorte de mantra qui accompagne une prise de conscience lente et régulière de ce qui est en train de m’arriver.

Je vous ai souvent parlé de prises de conscience diverses et variées, qui passent soit par un événement, par exemple la première échographie, soit par des inquiétudes, des peurs subites et passagères qui amènent à réaliser un peu plus les implications d’une grossesse. Lorsque les lignes apparaissent sur le test de grossesse, on ne devient pas instantanément maman, ni même future maman sereine et pleine de maîtrise, du moins ce ne fut pas mon cas. Le changement est tellement énorme, sur tous les plans, qu’il faut du temps pour intégrer la nouvelle. Les premiers temps, la réalité même de la grossesse me paraissait insensée, alors qu’elle était plus que planifiée. Je passais mon temps à répéter « Non mais tu te rends compte ? Je suis enceinte. Pour de vrai. Je suis enceinte ! ». Puis cela devient acquis, et on commence à penser que l’on va être parent, qu’un bébé va entrer dans nos vies, et ça c’est une information conséquente aussi !

Bref, depuis six mois je répète à mon homme « on va avoir un bébé », parce que cela me paraît encore totalement dingue. C’est la phrase qui résume le mieux mon état d’esprit à la fois euphorique et confus, à mi-chemin entre le simple constat et l’énoncé d’une grande nouvelle. Elle revient à chaque étape, même symbolique : le premier achat pour bébé, la réception de la poussette, le premier pyjama qu’on nous offre, le premier body qu’on achète, tout finalement est prétexte à s’arrêter pour contempler ce qui pourrait paraître l’évidence, mais mérite un étonnement permanent.

On va avoir un bébé… Et j’ai beau la sentir bouger en moi, j’ai beau préparer sa chambre et remplir son armoire, on a beau faire des projets et en parler sans cesse, je ne réalise pas totalement. Je repense à mon homme qui se demandait si c’était normal de ne pas du tout réaliser au second mois de grossesse, je savais déjà qu’on était loin d’avoir digéré toutes les informations ! Accueillir un premier enfant, c’est l’inconnu. Surtout lorsque, comme nous, on n’a pas de bébé dans notre entourage, ou qu’on ne s’est jamais occupé d’un tout petit. Mais au-delà de questions purement techniques, avoir un enfant c’est une expérience totalement nouvelle, et je crois que l’on ne peut pas anticiper totalement l’effet produit par l’arrivée de ce petit être. On peut l’imaginer, se préparer, mais pas le ressentir tant que l’on n’a pas vécu la rencontre.

On va avoir un bébé ! La fascination est intacte quand je prononce ces quelques mots qui peuvent paraître dérisoires. Pourtant, ils contiennent tant de choses, parmi les plus importantes de toute notre vie. Ils sont effrayants, étonnants, pétillants, détonants, exaltants, délicieux et splendides. Ils ne disent pas grand-chose, mais ils évoquent beaucoup. Ils se murmurent le sourire aux lèvres, ils s’échappent sur un ton anxieux, ils se prononcent les larmes aux yeux. Ces mots-là disent tout.


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