Mon neuvième mois de grossesse

image (21)Qu’il me semble loin déjà, ce dernier mois! Comme les sentiments sont différents après une naissance… Il me faut essayer de rassembler mes souvenirs, pour clore la chronique mois par mois de cette seconde grossesse…

J’ai terminé le mois de mai fatiguée mais avec mille choses à faire. A un mois du terme, rien n’était prêt : les vêtements pas lavés, la chambre pas finie, la valise même pas sortie. Il faut dire que je ne réalisais pas du tout qu’un second bébé allait débarquer dans nos vies. Il faut dire aussi que je ne voulais pas admettre que la fin approchait…

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Mon cinquième mois de grossesse

J’ai toujours autant de mal à voir les chiffres défiler, mais me voilà dans mon sixième mois de grossesse. Autrement, dans trois semaines je rentrerai dans le troisième trimestre. C’est limite déprimant pour moi, décidemment dix-huit mois de grossesse ça serait l’idéal. (Pourquoi je ne suis pas un éléphant, pourquoiiiii ??).

Bref, je vais ravaler mes hormones et faire un petit retour sur ce cinquième mois trop vite passé.

Il a commencé fort en fait : après m’être péniblement remise d’une gastro, j’ai entamé le cinquième mois avec un petit séjour à la maternité. De grosses douleurs, a priori rénales, m’ont valu un séjour de 48h à l’hôpital, mais rien de grave ni pour le bébé ni pour moi.

Ces deux jours ont été un déclic. Je me suis revue dans cette chambre il y a près de deux ans, et j’ai réalisé que j’allais y revenir dans quelques mois, et qu’un petit berceau serait à côté de mon lit. C’est idiot, mais j’ai franchi un nouveau palier dans la prise de conscience de la réalité de cet enfant. Le fait que ce soit le second ne change rien finalement : j’ai toujours autant de mal à croire à ce qu’il se passe, et il me faudra sans doute le tenir dans mes bras pour que cela devienne vraiment réel.

Un déclic donc, et je suis devenue obsédée par la liste des achats à faire. Moi qui pensais être plus cool cette fois, j’ai ressorti les tableaux excel.

Côté forme, après le petit tour à l’hôpital j’ai passé une petite semaine pleine de douleurs et de tiraillements, logique vu que mon ventre a franchi un nouveau cap lui aussi. Puis, enfin, un regain d’énergie. Je suis entrée dans la période où je me sens bien. Évidemment, je me plains un peu après une journée de ménage ou deux heures dans les magasins, mais je me sens bien. J’ai même pu reprendre le travail avec mon homme, et ça m’a fait un bien fou !

Et puis bien sûr il y a eu l’échographie morphologique Nous avons découvert que nous attendions un petit garçon cette fois, et ce fut une surprise totale. Pas forcément facile à accepter à vrai dire, mais je suis heureuse de savoir que mon bébé va bien. J’ai pu enfin aller faire les soldes, et trouver quelques petits habits à ce petit bonhomme. On se projette plus, on parle prénom, on l’imagine un peu… La découverte du sexe est vraiment une étape importante pour nous, et j’admire ceux qui attendent la naissance pour savoir.

Globalement ce cinquième mois était plus léger, plus serein, plus agréable passé la première semaine. Je me concentre sur ces mouvements, ces petits coups qui rythment mes journées. Juste avant la date des 5 mois, on a même pu constater à l’œil nu que notre fils est très actif (ce qui nous inquiète un tant soit peu pour la suite) (on a commandé un bébé calme cette fois, alors pas de blague !).

Et, à 5 mois révolus, toujours ce même constat : qu’est-ce que j’aime être enceinte…

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Mon quatrième mois de grossesse

Voilà deux semaines que je suis entrée dans mon cinquième mois (what ???), et je peine à écrire sur mon quatrième mois de grossesse… Sans doute parce qu’il est passé à la vitesse de l’éclair, encore. Ça va encore plus vite que la première fois on dirait !

Ma grossesse étant officielle, et mon ventre déjà bien rond, j’ai commencé à en parler un peu plus à ma fille, à lui lire des livres pour lui faire un peu comprendre ce qu’il se tramait. Et, conséquence ou pas, j’ai eu quelques jours très difficiles, durant lesquels elle se transformait littéralement en ma présence. Difficile, mais aussi collante, impossible de laisser son père la coucher ou de m’éloigner un peu. Super papa a donc mis un terme à tout ça, en prenant complètement le relai et en s’en occupant quelques jours, le temps qu’elle se calme et qu’elle écoute à nouveau un minimum. Autant dire que ce fut super encourageant pour la suite ! Heureusement les choses sont rentrées dans l’ordre, et elle a même commencé à faire des bisous au bébé, de temps en temps.

La fatigue du premier trimestre ne s’est pas estompée cette fois, et les fins de journée ont été encore difficiles. Pas évident de suivre le rythme de la petite tornade, quand nos plages de sommeil sont complètement décalées. Bien sûr, les fêtes de fin d’année et la gastro bonus de la rentrée n’ont pas vraiment aidé ! Je n’avais pas encore testé le fait d’être malade enceinte, disons que c’est une expérience intéressante… à ne pas renouveler.

Côté poids par contre j’ai béni la gastro. J’avais terminé mon premier trimestre de grossesse à +4 kilos pour la puce, cette fois j’en étais déjà à +7… Autant dire qu’en perdre un et freiner un peu la machine ne fut pas du luxe. J’ai tout de même repris du poil de la bête et terminé mon quatrième mois à +8 kilos. C’est-à-dire le même poids que pour ma première grossesse au même stade. Et rangé par la même occasion 90% de mes vêtements, devenus inutiles.

Comme la dernière fois, l’entrée dans le second trimestre a donné un tournant plus concret à cette grossesse. Encouragée par pas moins de trois naissances en une semaine (quatre avec Natachouette!), je me suis penchée sur la liste d’achats pour ce second bébé… Et j’ai même fait mes deux premiers achats, un petit transat à trimbaler partout et des bodys tout choupinous, dans des tons mixtes pour l’instant.

premiers achats bébé 2

Car, oui, à l’échographie mensuelle, notre cher bébé a préféré garder son secret. Jambes croisées et repliées, il n’a rien voulu montrer à la gynéco, ce petit chameau. Comme sa grande sœur, ça promet ! Certes, je suis persuadée que ce sera une petite fille, comme je le savais déjà pour la première, mais il n’empêche que j’aurais aimé une confirmation en cette période de soldes (notez que mon banquier finalement préfère nettement que ça se passe comme ça).

Et puis, surtout, ce quatrième mois est celui où les coups de pied se font plus vifs, et j’ai nettement senti mon bébé, y compris en faisant complètement autre chose. C’était merveilleux de le sentir très tôt, mais parfois frustrant que ce soit si léger, et pas forcément chaque jour. Là, enfin, il pédale dans mon ventre, et le papa a commencé aussi à le sentir vraiment. Oui, ça devient concret… D’ailleurs il se peut même que nous ayons un prénom ! On devient bons !

Bref, un mois passé très vite, trop vite, mais qui a vraiment rendu cette grossesse plus réelle. Malgré tout je ne réalise pas vraiment qu’un second bébé sera là dans quelques mois, je n’arrive toujours pas à me projeter. En même temps, pour la puce, je ne me suis jamais imaginée avec un bébé au quotidien avant sa naissance, donc jusque-là tout va bien. Cela semble toujours aussi irréel, et je tourne toujours en boucle sur « tu te rends compte, c’est incroyable ! ». Je suis sans doute pénible avec ça, mais je ne m’y ferai jamais. Pour l’instant, j’aimerais freiner le temps, parce qu’à l’heure où j’écris je suis à la moitié de ma grossesse, et que j’ai envie que cela dure plus longtemps, beaucoup plus longtemps… Non parce que, rendez-vous compte, j’ai un bébé dans le ventre !

4 mois de grossesse

Mon troisième mois de grossesse

Avant d’en arriver au quatrième mois (et ça va arriver vite), il est plus que temps de faire un petit retour sur ce troisième mois de grossesse !

Les deux premiers mois ont été difficiles, et j’ai entamé ce troisième mois encore malade, quoique nettement moins, et très fatiguée. Mais les nausées sont rapidement parties comme elles étaient venues, et, à deux mois et demi de grossesse j’étais enfin tranquille de ce côté-là. Quant à la fatigue, les fins de journées ont été difficiles, donc super mari a beaucoup pris le relai pour le bain et le repas de la petite. Rien d’insurmontable donc, ce troisième mois a été bien meilleur.

L’inquiétude, toujours, sur le plan matériel nous a un peu détournés de la joie. Jusqu’au jour de l’échographie du troisième trimestre. Là, nous avons découvert ce petit être qui nous a émus, émerveillés, bousculés. Sans forcément réaliser l’arrivée prochaine d’un deuxième enfant, nous avons pris conscience ce jour-là de notre chance, et de cette vie qui s’ébauchait en silence. Après cela, ma grossesse est devenue officielle, et il était temps car mon ventre avait déjà pris une belle rondeur.

C’est à peu près à ce moment-là, vers deux mois et une semaine de grossesse, que j’ai commencé à le sentir. Encore plus tôt que pour la première, et je pense en partie grâce à l’haptonomie que nous avions fait alors. Pas réellement des mouvements bien sûr, mais une présence, sans aucun doute possible. Puis une tension sous la main de son papa. Des légers mouvements, parfois. Tout ceci était très subtil, et je ne l’ai pas senti tous les jours, cela me demandait un peu de concentration, mais le fait était là : le bonheur était en route. Qu’est-ce que cette sensation m’a manqué depuis deux ans !

Mi-décembre, une petite échographie de routine chez la gynéco m’a permis de voir mon bébé une minute ou deux, et je suis sortie le sourire aux lèvres. En parallèle, l’ambiance s’est un peu allégée en décembre, nous laissant plus le loisir de penser à cette grossesse et de savourer le moment. Pour autant, nous avons beaucoup de mal à réaliser. En même temps, je ne crois pas avoir réalisé l’arrivée de la puce avant de la tenir dans mes bras, et encore !

Ce troisième mois finalement a été la transition entre le début difficile, et la suite de la grossesse qui s’annonce aussi merveilleuse que la première. Je retrouve chaque moment, chaque sensation avec plaisir, seule la fatigue s’est accrochée encore un peu. L’émerveillement est intact, à aucun moment le fait d’avoir déjà vécu une grossesse n’a terni ces belles étapes dans la découverte de notre bébé. Je vois les yeux de mon homme briller, je regarde avec enthousiasme mon ventre s’arrondir. Même si nous sommes moins centrés sur mon nombril au quotidien, grande sœur oblige, nous nous émerveillons toujours autant d’avoir créé un nouveau petit fruit.

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Mes deux premiers mois de grossesse

Pas le temps de réaliser que les deux premiers mois sont passés. Et, en même temps, heureusement, parce que le début de la grossesse n’est vraiment pas ma partie préférée ! Petit retour en arrière…

Après le test positif, l’inquiétude n’a pas disparue. C’est difficile à décrire. Mais pour être tout à fait honnête je n’ai pas bondi de joie. Des peurs nouvelles ont fait leur apparition. Je me rappelle avoir paniqué pour ma première grossesse, lorsque j’ai réalisé que j’allais avoir un bébé, que c’était une responsabilité énorme, que je ne pouvais plus faire machine arrière, que tout allait changer. Cela n’a jamais duré longtemps, mais c’est revenu par vagues tout au long des neuf mois. Cette fois, j’ai paniqué à l’idée que j’allais devoir gérer deux enfants, moi qui encore récemment pleurait toutes les larmes de mon corps de ne pas arriver à en gérer un seul, de n’arriver à rien. Et, alors que les journées commencent tout juste à s’organiser, je me lançais dans un second bébé. Une folie.

Je crois que cette grossesse m’a un peu surprise. La première a été préparée, programmée des mois à l’avance, nous étions dans un état d’esprit bien particulier. Cette fois, ce fut beaucoup moins prémédité. Certes, nous en parlions. Certes, nous le voulions. Mais je me suis décidée du jour au lendemain pratiquement, et une semaine plus tard les premiers signes sont apparus… Cette grossesse est plus ou moins arrivée sans crier gare. Je ne me plains pas, je mesure ma chance évidemment de n’avoir pas eu à attendre, disons juste que cela secoue un peu. Et, forcément, nous avons beaucoup de mal à réaliser, encore aujourd’hui.

Passé ces quelques jours d’inquiétude, la joie de la nouvelle s’est imposée. Forcément, cet enfant est encore un cadeau, quoi qu’il arrive. Je l’ai dit un peu, à quelques amies, et je crois que je n’ai surpris personne. Mais je n’arrivais vraiment pas à y croire. J’attendais avec impatience la première échographie pour être sûre, pour m’aider à réaliser.

À trois semaines de grossesse, les ennuis ont commencé. Des nausées terribles, du matin au soir. En quelques jours, je suis devenue incapable de me lever sans être malade. La bonne nouvelle, c’est que c’était le signe que la grossesse suivait bien son cours. Mais c’était si violent que j’ai commencé à craindre qu’il y ait deux bébés. C’est une de mes grandes peurs, allez savoir pourquoi.

La première échographie, à presque quatre semaines de grossesse, a montré un petit pois. Comme la première fois, cela ne nous a pas vraiment ébranlés. Contents de savoir que tout allait bien, mais pas vraiment plus conscients de la présence d’un petit être en devenir. Comme la première fois, l’homme a insisté pour que la gynéco vérifie qu’il n’y ait qu’un embryon. Comme la première fois, ça l’a fait rire. Comme la première fois, on s’est regardé en se disant « tu te rends compte ? » « pas du tout ».

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Les semaines qui ont suivi, j’ai tout essayé, des remèdes naturels à des médicaments carrément plus forts, rien n’y a fait. Les nausées me clouaient au lit. J’ai eu la chance de garder à peu près ma nourriture, sans quoi j’aurais fini à l’hôpital sans doute. Mon homme a pris le relai, faisant les allers-retours chez la nounou, s’occupant de la petite le soir, s’occupant de tout en fait. Trois semaines de boulot perdu, pour un artisan c’est un peu la catastrophe. Et l’inquiétude est revenue, plus fort, jointe à la culpabilité. Ce n’était vraiment pas le moment de faire ce bébé. Notre situation n’est pas brillante depuis des mois, et voilà que les efforts des mois passés étaient ruinés par des nausées. Retour six mois en arrière, tout ce travail perdu, et à nouveau l’incertitude des lendemains.

Et puis la huitième semaine, alors que je commençais à me lever et à assurer au moins les trajets chez la nounou, la varicelle nous est tombée dessus. J’ai donc du gardé la puce pendant pratiquement deux semaines à la maison. Inutile de vous dire à quel point j’étais épuisée, mais là encore mon homme a bien assuré, il rentrait tôt et gérait la fin de journée, là où j’étais le plus mal.

A huit semaines de grossesse, la seconde échographie. Pour la puce, c’est celle qui nous a permis de prendre conscience qu’il y avait de la vie dans mon ventre. C’est celle qui nous a fait un grand choc, c’est celle où nous avions vu un petit haricot avec un cœur qui battait fort. Autant dire que nous attendions cette fois avec impatience cette première image de notre bébé. Mais voilà, sans moyen de faire garder la puce malade, nous l’avons emmenée avec nous. Erreur fatale. Mademoiselle a peur des médecins, mais ce que je n’imaginais pas c’est qu’elle aurait aussi peur pour moi. Lorsqu’elle m’a vue m’assoir sur la table, elle a commencé à hurler. Résultat, l’écho a duré environ une minute, le papa n’a rien vu, occupé à exfiltrer la sirène jusqu’au parking pour épargner les tympans de tout le monde, et moi je n’ai pas beaucoup profité non plus. La gynéco m’a dit que l’on voyait l’activité cardiaque. « Ah bon ? » Ah oui, tiens, là… Des mouvements ? C’est vrai ? Bref, une grosse déception pour nous deux.

Ce n’est qu’après, en me repassant le film dans ma tête, que j’ai pris conscience d’avoir vu de petits mouvements sur l’écran. Et que l’essentiel avait été dit : tout va bien. Parce qu’après tout les premiers mois les échographies sont le seul moyen d’être sûr que l’embryon se développe bien, en l’absence de sensations dans le ventre c’est le premier et seul lien avec ce petit être. Même si les nausées me disaient chaque jour à leur manière qu’il se développait toujours.

Bref, ces deux premiers mois n’ont pas été de tout repos ! Un peu moins fatiguée que pour la première (à l’époque j’avais dû me marier sous cortisone pour rester éveillée), mais beaucoup plus malade, j’ai attendu qu’ils passent avec impatience. Cela confirme ce que je dis souvent : le début, c’est le plus dur. Pour le bébé, ce sont des semaines déterminantes, celles où tout se met en place. Avant la fin du troisième mois, l’organogénèse est terminée, tout est là, parfois à l’état d’ébauche, mais tout est là. Ce sont des semaines cruciales, et elles sont d’autant plus inquiétantes. L’attente entre chaque rendez-vous est interminable, l’inquiétude est toujours là, en bruit de fond. La joie est ternie par l’incertitude, par la fragilité. Je n’aime pas le tout début de la grossesse, c’est clair. Et, cette fois, les soucis du quotidien ont encore rajouté leur lot de peurs et de questions. Mais restons sur du positif, parce qu’après tout il n’y pas de quoi pleurer : ces deux mauvais mois sont passés, j’en suis sortie moins malade, et tout se déroule parfaitement bien.

Je suis prête à vivre le plus beau de la grossesse, et à préparer l’arrivée de notre bébé. Parce que, oui, rendez-vous compte, on va avoir un bébé !!

Mon 9ème mois de grossesse

Il me faut revenir sur la fin de ma grossesse avant que les souvenirs se soient totalement enfuis, et déjà il m’est difficile de me remettre dans l’état d’esprit qui était le mien… Ce que je retiens de ce neuvième mois de grossesse, c’est un bien-être aussi grand qu’inattendu.

Physiquement, je me suis vraiment sentie revivre après un mois passé au repos forcé. Bien sûr, en terminant sur un magnifique score de 26 Kg en plus, on ne peut pas dire que j’étais légère comme une plume, mais je trouve que je m’en sortais relativement bien au regard de toutes celles que j’ai vues supplier le ciel de hâter leur délivrance. Malgré une prise de poids impressionnante, j’ai aimé mon corps, j’ai aimé ces rondeurs, ce qu’elles représentaient.

D’un point de vue purement logistique, j’ai enfin respiré : tout était prêt ou quasiment pour la naissance. La dernière semaine de mars, j’ai profité d’avoir le droit de reprendre la voiture pour aller faire les derniers achats que je n’avais pas pu faire sur internet, et j’ai bouclé mes valises pour la maternité. La chambre de la princesse avait pris forme, même si on avait prévu de mettre son lit dans notre chambre, les couches et le liniment attendaient sagement les augustes petites fesses, les vêtements de bébé étaient lavés et, comble du dévouement, repassés. (J’espère qu’ils ont apprécié, car c’est la seule et unique fois qu’ils ont rencontré le fer)(Non mais GENRE j’allais repasser à chaque lessive, n’importe quoi).

L’attente, le compte à rebours, non plus en semaines mais en jours… C’est un mois étrange, un mois où l’on est prêt, et en même temps pas du tout préparés, un mois où l’on trépigne d’impatience, et un mois que l’on veut éternel. Enfin, je l’aurais voulu plus long. J’aurais aimé aller au bout de ce joli neuvième mois, peut-être prolonger encore un peu, même si je voulais vraiment voir ma princesse. Ce fut un mois trop court, 22 jours seulement. Les sages-femmes semblaient vouloir me voir tout faire pour hâter l’accouchement, elles semblaient désapprouver mon peu d’empressement, comme si cela augurait que je n’étais pas prête, que je n’avais pas envie d’avoir ma fille. Pourtant, l’envie était là, mais pourquoi se presser quand les jours défilaient d’eux-mêmes ? Au contraire, je voulais savourer chaque petit coup de pied dans mon ventre, chaque pensée et chaque sensation de cette fin de grossesse, avant la rencontre tant attendue. Parce que ces instants sont uniques, et que je voulais m’en repaître à loisir. Car j’avais bien conscience d’une chose : je ne revivrai plus jamais tout ça, même si j’ai un autre enfant. J’étais en train de devenir mère, et ça, ça n’arrive qu’une seule fois. Une seconde grossesse sera forcément différente, pas moins importante, juste différente, et donc chaque instant passé ne reviendra pas tel quel la prochaine fois. Alors ce dernier mois, je l’ai passé à regarder mon ventre, à parler à mon bébé, à suspendre mes pensées sur un fil que je parcourais cent fois, mille fois, essayant de fixer chaque seconde dans ma mémoire qui aujourd’hui déjà me fait défaut.

Oui, je garde un très beau souvenir de ce dernier mois de grossesse… Je crois que c’est l’un de mes préférés d’ailleurs. Libérée des premières angoisses, des prises de conscience parfois difficiles, des questions innombrables, libérée des listes d’achats à faire, libérée de la crainte d’une arrivée trop précoce de mon bébé, j’ai profité, profité, profité de ce ventre énorme que j’ai adoré voir pousser.

 

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