♥ Première bougie ♥

Il y a un an, le moment était venu de te rencontrer. J’ai pensé très fort « s’il te plaît, donne-moi un dernier petit coup de pied ». Tu as fait une dernière cabriole dans mon ventre et je l’ai accueillie les yeux fermés, ultime sensation que je ressentirai à l’infini, en pensée. Et puis tu es né.

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[Nocturne] Épuisement parental et perspective optimiste

lune3h06.

J’ai froid. Je suis sur mon canapé et j’attends un délai raisonnable avant de regagner mon lit. Parce que si je rentre dans la chambre avant qu’il soit totalement rendormi il va hurler, c’est sûr.

Depuis plus de trois mois, chaque nuit ou quasiment, le bébé pleure. Crie, hurle. Parfois, il suffit de lui remettre sa sucette dans la bouche, parfois il suffit de le prendre une minute aux bras. Ou alors, comme cette nuit, il se calme sur nous mais hurle à nouveau dès qu’on le pose. J’avais réussi à endiguer un peu ce rituel, sans arrêter les réveils, en le laissant pleurer un peu. A peine, même pas une minute, juste le temps qu’il comprenne que j’étais partie me recoucher. Mais il a été malade, a sorti des dents, et récemment a eu des douleurs la nuit à la suite de l’opération qui ont nécessité des antalgiques forts. Bref, retour à zéro.

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Brèves de vie à quatre

Six semaines hier. Un mois et demi que ce bébé est là, et, sans surprise, le temps me file entre les doigts. Le sommeil aussi. J’ai mille choses à écrire, sur cette fin de grossesse, cette naissance, cette petite fille devenue si grande tout à coup, ce bébé si calme… Mais voilà, écrire n’est pas chose aisée lorsqu’on ne dort pas plus de trois heures d’affilée ! Alors, en attendant de pouvoir reprendre un rythme normal, je vous livre quelques nouvelles de cette nouvelle vie à quatre.

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Quand le sommeil se détraque

luneCelles qui ont suivi nos péripéties parentales depuis le début le savent : la première année de la puce a été difficile. Mais il y a tout de même une chose qui nous a été épargné : les nuits. Évidemment, je me suis levée régulièrement au milieu de la nuit, pour un pleur, une sucette perdue, ou un peu de fièvre… Mais globalement notre fille dort une douzaine d’heures sans problème.

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★✰ 2 ans ✰★

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Il fallait bien que ça arrive un jour : ce week-end ma princesse a fêté son deuxième anniversaire… Deux ans ma boulette jolie ! J’ai peine à croire, quand je regarde mon ventre énorme, que c’est elle qui se trouvait là-dedans il y a deux ans. Elle est si grande !

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Rencontre avec la mer ☼

Un dimanche de janvier, sur un coup de tête, nous avons décidé d’aller passer la journée à la plage. Il faut dire qu’à 21 mois la puce n’avait jamais vu la mer, un comble, elle qui aurait pu naître au bord de l’eau ! Les plages les plus proches sont à un peu moins d’une heure et demie de la maison, mais nous avions toujours repoussé, pour cause de maladie pour son premier anniversaire, pour cause de touristes en été, pour cause de boulot et de soucis le reste du temps… Bref, il était temps de lui présenter la Méditerranée !

IMG_4575Nous avons donc pris la route tard dans la matinée, et lorsque nous sommes arrivés il était plus que temps de déjeuner. Nous avons trouvé un petit restaurant et pris place, ne sachant pas trop comment ça allait se passer avec la puce. Et là, sous nos yeux ébahis, notre petite fille s’est installée tranquillement sur son rehausseur et est restée assise sans bouger, regardant autour d’elle. Son premier restaurant, inenvisageable il y a quelques mois seulement ! Elle a mangé son pot toute seule pendant que nous mangions nos entrées, a piqué un peu de pain, et a dessiné sur la nappe en papier pendant la suite du repas. Un ange, un vrai ! Mais qu’elle est sage, nous répétait la patronne. Ainsi donc, nous aussi nous avions droit au bébé en plastique que nous avions maintes fois eu l’occasion d’observer chez les autres ? Mademoiselle parfaite a mangé toute sa boule de glace avant de manifester un peu d’impatience. J’en aurais pleuré de joie.

Bref, après cette première fois réussie, nous nous sommes dirigés vers la plage… Elle a adoré courir dans le sable, puis est restée immobile un moment, regardant l’étendue d’eau. Dommage que la saison ne se prête pas à la baignade, je pense qu’elle aurait adoré, si ce n’est qu’elle a eu un peu peur des vagues au début. On s’est promenés, tous les trois, on a couru, elle a ramassé des coquillages, son papa l’a poussée dans le sable et elle l’a poussé aussi, éclatant de rire. Sa première mer, quoi !

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Comme c’était la journée des premières fois, on s’est arrêtés devant le carrousel. Tu veux essayer le manège ? Ouuuais ! Je l’ai installée dans un carrosse, mais elle se levait sans arrêt, donc je l’ai mise sur un cheval. Mais là… « Common ! Common maman !! » Oui, il y avait un camion, comme celui de son papa. C’est donc là-dessus qu’elle a fini, et le tour a commencé. Elle est restée très sérieuse, n’a pas souri, bien cramponnée au volant. Mais quand le manège s’est arrêté, elle a rendu son verdict : encore tourner maman !

Vers 16h, c’est une petite fille aux joues bien rouges d’avoir pris le vent et aux cheveux ébouriffés que nous avons installée dans la voiture. Deux compotes et un peu d’eau, une dernière photo de la mer qui m’a tellement manqué, pas trop envie de rentrer, mais nous voilà repartis. Un kilomètre plus tard, elle s’est mise à ronfloter, mon grand bébé fatiguée. Le lendemain matin, elle voulait y retourner. « A mer maman, a mer ! ».

Je crois que la mer est adoptée.

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Un Noël parfait

C’est fou comme une petite bestiole de 13 kilos a pu transformer l’anti Noël que j’étais. L’année dernière déjà, j’avais versé ma larmichette devant ces petits souliers posés sous le sapin, j’ai aimé chaque moment de ce premier Noël. Et j’avais envie de remettre ça.

Cette année, à 20 mois, la miss comprend mieux ce qui se passe, et l’intérêt grandit encore. Avec l’aide d’un petit livre très bien fait, je l’ai préparée à ce qui allait se passer, et elle a bien compris le concept des cadeaux. On s’y est pris à l’avance, j’ai fait des listes, j’ai décoré le sapin très tôt (le 9 décembre, je n’en reviens toujours pas). Et c’était un Noël parfait.

Le 24 décembre, l’Homme n’a pas travaillé et nous avons profité de la sieste de la puce pour monter le gros cadeau des mamies et de super marraine : la maison de jardin. Presque deux heures de montage. Il faut savoir que l’Homme et moi ne nous disputons pas quand on monte un truc, même quand il s’agit d’un banc de musculation qui demande pratiquement cinq heures d’assemblage. Je lis les plans, on fait ensemble, on est une super équipe. (Et globalement les trucs qu’on fabrique ensemble sont plutôt réussis.)(Ah ah) Bref, un bon moment tous les deux, ravis rien qu’en imaginant la tête de notre fille quand elle verrait le résultat. Puis elle s’est levée, on a goûté, on a joué… On était tous les trois, simplement.

Elle a mangé quelques toasts avec nous avant d’aller au lit, puis on a mis les cadeaux au pied du sapin et on a mangé en les regardant. J’étais émue, encore une fois, pas tant par les cadeaux mais par ce qu’ils représentent. Ce sapin, ces paquets, ce bébé qui dort et qui aura les yeux qui brillent demain… on est une famille, voilà ce que ça m’évoque. Ma famille, mes amours… avec un homard et de l’aïoli maison, le bonheur était total.

Le lendemain matin, on avait mis le réveil pour boire notre café tranquille, puis on est allés réveiller la puce (qui s’était endormie tard la veille) vers 9h30, en lui chantant Petit Papa Noël (on a morflé, je sais). Elle a pris son biberon sagement dans sa chambre (sans quoi elle n’aurait rien avalé), puis on lui a dit « tu sais, je crois que le papa noël est passé… » « oui, j’ai vu des cadeaux en bas ! » Cadeaux ? Elle a couru vers les escaliers (il y a une barrière, hein).

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Et la séance déballage a commencé. Elle faisait des Ooooh à chaque cadeau. S’est assise sur mes genoux pour qu’on lise le livre musical, puis le second. A pris le temps de monter les cubes avant de passer au paquet suivant. A assis le poupon sur ses genoux et lui a donné le biberon. Bref, elle a pris son temps. Et le salon a vite ressemblé à un champ de papiers. Et à une nursery, puisqu’elle est maintenant équipée pour s’occuper du bébé : poussette, lit et chaise haute.

On l’avait déjà habillée, et, une fois les paquets ouverts, papa a fait remarquer qu’il y avait une lettre sous le sapin.

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La petite dans les bras, il a ouvert la fenêtre, et là… « Oh, maison ! ». Nous sommes sortis un peu, l’avons encore un peu mitraillée de photos, puis je suis allée me préparer. J’ai mis une jolie robe, j’ai pris mon ventre en photo (parce que n’oublions pas que c’est notre dernier Noël à trois !).

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Ma mère et mon beau-père sont arrivés, la petite a encore ouvert un ou deux paquets, a éclaté de rire en attendant la peluche lapin crétin rigoler. On a mangé un peu, elle a découvert les crevettes et le foie gras, puis elle est allée à la sieste pendant qu’on attaquait le gigot et la bûche. À son réveil, on est sortis tous les cinq et elle a joué dans sa maison, toujours aussi ravie. Ils sont partis bien après que la nuit soit tombée, on a douché le monstre et on l’a fait manger un peu plus tard que d’habitude.

Elle a eu du mal à s’endormir ce soir-là, on a sorti les restes et on a ouvert le livre du bébé, celui sur lequel on suit l’évolution jour après jour. On a terminé cette soirée sur le canapé, sa main sur mon ventre, le bébé dans sa main. En se disant qu’au prochain Noël il aura six mois.

Voilà, c’était un Noël simple. C’était un Noël parfait. Deux jolies journées ensemble, tous les trois. Même ma mère n’a pas été pénible, un exploit. On a regardé cette petite fille, on s’est souvenus de l’année dernière, quand elle ne marchait même pas à quatre pattes. On l’a regardée courir, s’occuper de son bébé, on l’a écoutée parler, chanter. Et, au moment d’aller me coucher, je suis restée un moment dans le noir, devant le sapin éclairé. J’ai remercié pour tout ça. Je me suis laissée aller à être fascinée par ces petits lumières, comme quand j’étais petite. « A beau papin, maman » me dit-elle souvent. Oui, ma chérie, tu as raison, il est beau ce sapin… Mais s’il est si beau, c’est parce que c’est toi qui l’éclaire.

Promenade à la ferme

Comme beaucoup de petits, la puce aime les animaux. Depuis quelque temps, elle imite leur cri, les reconnais quand on les nomme, et elle adore aller chez nos propriétaires pour discuter avec les canards, qui font, comme tout le monde le sait, « hin hon hin » (tout à fait, oui!). Petit clin d’œil à Sophia : elle ne fait pas un aussi joli cocorico que Camille, mais un coco timide.

Bref, dimanche nous nous sommes décidés à l’emmener dans une ferme pas trop loin de chez nous, la ferme aux autruches. C’est un endroit où se côtoient des dizaines d’animaux en semi-liberté : autruches, donc, mais aussi émeus, faons, lamas, taureaux, chevaux, poneys, ânes… sans oublier les « classiques » de la ferme : poules, lapins, oies, cochons, chèvres, canards, etc.

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Des grands espaces semi clôturés, un joli lac, des animaux qui passent d’un enclos à l’autre et font une halte au milieu des visiteurs, visiblement habitués aux caresses, j’ai adoré ce principe, tellement plus sympa qu’un zoo, où j’ai toujours de la peine pour les animaux…

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Forcément, la puce a ouvert grand les yeux, quand, juchée sur les épaules de son papa, elle a vu un grand et beau cheval et plusieurs ânes venir à sa rencontre dès notre entrée. Elle a couru après les poules, après les oies et criant « hin hon hiiiin ! », elle est restée bouche bée devant les petits lapins et les bébés cochons, a eu un peu peur de l’autruche qui picorait les doigts de papa (c’est plutôt vilain ces bestioles en fait), et a fait coucou à chacun. Mais, surtout, elle a fait un gros gâté et un gros bisou à une biquette et à un petit âne qui s’est gentiment laissé câliner.

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Quant à maman, elle a failli glisser un bébé biquette dans son sac tellement il était trop mignon (mais papa a dit non, pfff.)

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Bref, une belle sortie en famille, à recommencer !

Et, bonus-track (coucou l’expression des années 90) : le soir, on s’est fait des hamburgers maison au fromage de chèvre de la ferme… elle est pas belle la vie?

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Jo la Cagole

Salut, moi c’est Jo la Cagole. Pourquoi on m’appelle comme ça ? Parce que je ne suis pas qu’une dure à cuire, tu vois, je suis aussi une gonzesse.

Tout a commencé quand je me suis mise à marcher. Ma marraine, elle a une grande fille, et du coup chez elle il y a plein de trucs trop cool. Un jour, j’ai trouvé un sac. J’ai passé la journée avec. En même temps, ça faisait un moment que je piquais régulièrement le sac de ma mère, mais le sien je me prenais trop les pieds dedans.

Un jour, ma mère a quand même percuté, et elle a fait un nœud à la bandoulière, du coup j’ai pu le mettre sur mon épaule et montrer à tout le monde comment on porte un sac avec classe. Je me souviens d’avoir fait le tour de la salle d’attente du médecin, je te dis pas le succès que j’ai eu.

Du coup, ma mère a décidé de m’acheter un sac. Mon sac. Avec des paillettes. La classe internationale. Ah, j’en ai passé des après-midi à le remettre patiemment sur mon épaule dès qu’il glissait ! Il m’a suivi partout. Et c’est là qu’on a commencé à m’appeler Jo la Cagole.

Maintenant il y a même une carte Camaïeu dedans, ça rigole plus. Je l’emmène moins souvent avec moi, mais je ne rate pas une occasion de faire la belle, et si jamais on se retrouve à une soirée je prends celui de ma mère et je fais le tour des invités. J’ai un numéro bien rodé : je soulève l’épaule, fais un quart de tour pour que la personne voit le sac, et je pose ma joue sur mon épaule avec un joli sourire. Ça marche à tous les coups.

Je vais te dire: avec un truc comme ça, Jo la Cagole, c’est plus un simple surnom, c’est carrément un nom de scène.

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