Sécher les larmes d’une mère

Cet article, j’aurais pu l’écrire mille fois déjà depuis la création de ce blog. Mais il prend une ampleur nouvelle aujourd’hui. Parce qu’hier, j’ai vu une maman pleurer.

J’étais à la pharmacie, ma fille dans les bras, chose impensable il y a à peine un mois. Il y avait cette jeune femme que je connais de vue, qui parlait au pharmacien de son fils. J’ai vu les larmes monter dans ses yeux, j’ai vu ses efforts pour les refouler. Je connais ça si bien. Se dire non, pas encore… Pas encore pleurer devant un inconnu, pas encore craquer devant tout le monde et passer pour la dépressive de service. Tenter de ravaler ces larmes qui viennent saper le peu de confiance en soi qu’il nous reste. Et puis constater, impuissante, la trahison de son corps, et s’abandonner au sanglot. Cette femme, j’ai eu envie d’aller la serrer dans mes bras. De lui dire que non, elle n’est pas seule. Que oui, on pleure toutes, on est toutes fatiguées. Que non, les bébés ce n’est pas que du bonheur, c’est aussi des doutes, des peurs, de la culpabilité, du stress. Et qu’il faut arrêter d’en avoir honte.

J’aurais voulu lui dire tant de choses, et je n’ai pas osé. C’est lâche, mais j’avais peur de paraître terriblement indiscrète et déplacée. Et j’ai réalisé à quel point votre soutien m’a été précieux. Oui, le vôtre, vous qui me lisez. Vous vous reconnaissez, vous êtes nombreuses à avoir laissé quelques mots d’espoir après votre passage ici. J’ai compris dans quel état d’isolement extrême je me serais retrouvée sans vous.

Ce matin, j’ai lu ce magnifique texte de Marie. D’une justesse incroyable. Je vis dans un tout petit village, tout le monde me connaît, et quand je sors de chez moi je parle avec chaque personne qu’il m’arrive de croiser. Mais personne ne m’a vu perdre pied ces derniers mois. Parce qu’on ne dit pas que ça ne va pas, et même quand on le laisse entrevoir le message reste volontairement flou. Ça arrange tout le monde finalement. Cette discussion autour d’un bon thé dont Marie parle, c’est avec vous que je l’ai eue. Vous qui étiez parfois à des milliers de kilomètres.

Ce matin, je découvre vos articles, ceux où vous vous découvrez un peu, où vous lâchez le contrôle et parlez de vos difficultés. Ceux qui montrent les autres facettes de vos vies de femmes et de mères. Je ne sais pas si c’est la barrière de l’écran qui aide, mais je n’ai jamais vu autant de lâcher-prise dans une conversation en face à face. Pourtant, on est toutes pareilles. Et on a toutes besoin de le savoir. Histoire de lâcher la culpabilité et le sentiment d’échec. Sans vos mots, sans vos histoires, sans vous j’aurais considéré mes premiers mois de mère comme une preuve de mon incompétence et de mon incapacité à être une bonne maman. Parce que je suis si loin de l’image de la maman douce et patiente qu’on imagine avant d’avoir un enfant, si loin de cette maman qui berce son bébé avec amour à chacun de ses pleurs, qui se lève la nuit avec dévouement et avec pour seule préoccupation celle de rassurer son tout petit. Sans vous, j’aurais cru être la seule à en avoir marre, à être tentée de rester au lit et de faire la sourde oreille, à m’énerver même si ma fille pleure parce qu’elle a mal aux dents.

Alors je vais essayer d’aider à mon tour une jeune maman quand l’occasion se présentera. Je vais essayer de ne plus regarder une maman pleurer sans rien dire. J’essaierai de passer outre ma timidité et mon manque abyssal de confiance en moi pour aller vers une femme qui a besoin d’entendre qu’elle est loin d’être un cas isolé, qu’on s’en sort, que ça passe. Que ça vaut le coup. Parce que, moi, vous ne m’avez pas laissé pleurer sans rien dire.

Je n’aurais sans doute pas les mots suffisants pour vous remercier. Vous ne vous rendrez peut-être jamais compte de la différence que vous avez faite. Vous n’imaginerez peut-être pas que j’écris ces lignes les larmes aux yeux, en me maudissant d’être aussi mièvre. Je vais juste essayer d’être là pour vous, moi aussi. Comme je le disais ce matin à l’une d’entre vous, quand vous parlez de vos failles j’aimerais que vous vous voyiez avec mes yeux, car alors vous vous sentiriez fortes et courageuses. Vous l’êtes. Tellement plus que vous le pensez.

https://i2.wp.com/media-cache-ec0.pinimg.com/736x/a8/ce/5c/a8ce5cd7b6fa5592cae7756f30df4704.jpg

Faire un bébé ou écrire, il faut choisir ?

Certains gosses rêvent d’être astronaute, d’autres d’être écrivain. Je me demande quel rêve est le plus inaccessible. Vous vous en doutez, j’appartiens à la seconde catégorie.

Depuis que nous nous sommes installés à la campagne, j’ai un objectif clair : écrire. Sans y mettre tellement d’intentions, même si mon rêve ultime est d’être un jour publiée. Oui, je sais, c’est d’une banalité à crever, surtout pour une blogueuse.

L’année dernière, ma première nouvelle pour enfants a remporté un concours et a été publiée dans un recueil. À dire vrai, j’ai à priori plus envie d’écrire pour un public adulte, mais je n’ai jamais rien soumis à un véritable avis jusqu’à présent.

Il y a un an, je suis tombée enceinte, et ce blog était là pour recueillir tout ce qui concernait cette grossesse, ce bébé à venir. Vos commentaires sur ma façon d’écrire m’ont donné des ailes, mais l’inspiration n’a pas voulu quitter terre. Mon nombril, et surtout ce qu’il cachait, voilà l’unique sujet dont j’arrivais à parler. Mais l’envie est restée.

Depuis que ma fille est là, je n’ai pas le temps. Les mots ne tolèrent pas qu’on s’interrompe, ni qu’on tente de les garder dans un coin de sa tête pour plus tard. Alors ils boudent un peu. Et moins j’écris, plus ils sont difficiles à amadouer, c’est un cercle vicieux. C’est pour cette raison que lorsque j’ai vu les sujets de ce concours, j’ai soupiré et je suis passée à autre chose. Ne rêvons pas, ma grande.

Et puis… A la faveur d’une longue sieste de ma princesse, je me suis installée face à ces sujets, j’ai respiré un grand coup et j’ai fait abstraction de l’enjeu. Une idée a germé, puis deux. Et, contre toute attente, la première a pris forme, la forme d’une nouvelle dont j’ai découvert la fin en l’écrivant. J’adore ça. L’espace d’un instant, j’ai quitté ma maison, mes soucis, ma fatigue, ma fille aussi. Oh, pas totalement bien sûr ! Vous verrez…

Cette nouvelle, je l’ai soumise au concours. Certaines d’entre vous l’auront compris, je participe au concours littéraire organisé par Auféminin. Et j’ai besoin de vous, puisque la présélection se fait pour moitié sur la base des votes des internautes. Cela ne me fera pas gagner, mais plus j’aurai de votes plus j’aurai de chances de faire partie des 14 finalistes, et vu la composition du jury ce serait une chance incroyable.

Alors je vous invite à lire ma nouvelle, et, si jamais elle vous plaît, vous pouvez voter pour m’aider à faire partie de la présélection. Bien entendu, vos avis sont les bienvenus !

Allez lire la nouvelle Ecrire, parfois…

 

Merci ♥

https://i0.wp.com/imworld.aufeminin.com/breves/acc2_223662/acc228x140a111928.jpg