Mon neuvième mois de grossesse

image (21)Qu’il me semble loin déjà, ce dernier mois! Comme les sentiments sont différents après une naissance… Il me faut essayer de rassembler mes souvenirs, pour clore la chronique mois par mois de cette seconde grossesse…

J’ai terminé le mois de mai fatiguée mais avec mille choses à faire. A un mois du terme, rien n’était prêt : les vêtements pas lavés, la chambre pas finie, la valise même pas sortie. Il faut dire que je ne réalisais pas du tout qu’un second bébé allait débarquer dans nos vies. Il faut dire aussi que je ne voulais pas admettre que la fin approchait…

Poursuivre la lecture de « Mon neuvième mois de grossesse »

Mon troisième mois de grossesse

Avant d’en arriver au quatrième mois (et ça va arriver vite), il est plus que temps de faire un petit retour sur ce troisième mois de grossesse !

Les deux premiers mois ont été difficiles, et j’ai entamé ce troisième mois encore malade, quoique nettement moins, et très fatiguée. Mais les nausées sont rapidement parties comme elles étaient venues, et, à deux mois et demi de grossesse j’étais enfin tranquille de ce côté-là. Quant à la fatigue, les fins de journées ont été difficiles, donc super mari a beaucoup pris le relai pour le bain et le repas de la petite. Rien d’insurmontable donc, ce troisième mois a été bien meilleur.

L’inquiétude, toujours, sur le plan matériel nous a un peu détournés de la joie. Jusqu’au jour de l’échographie du troisième trimestre. Là, nous avons découvert ce petit être qui nous a émus, émerveillés, bousculés. Sans forcément réaliser l’arrivée prochaine d’un deuxième enfant, nous avons pris conscience ce jour-là de notre chance, et de cette vie qui s’ébauchait en silence. Après cela, ma grossesse est devenue officielle, et il était temps car mon ventre avait déjà pris une belle rondeur.

C’est à peu près à ce moment-là, vers deux mois et une semaine de grossesse, que j’ai commencé à le sentir. Encore plus tôt que pour la première, et je pense en partie grâce à l’haptonomie que nous avions fait alors. Pas réellement des mouvements bien sûr, mais une présence, sans aucun doute possible. Puis une tension sous la main de son papa. Des légers mouvements, parfois. Tout ceci était très subtil, et je ne l’ai pas senti tous les jours, cela me demandait un peu de concentration, mais le fait était là : le bonheur était en route. Qu’est-ce que cette sensation m’a manqué depuis deux ans !

Mi-décembre, une petite échographie de routine chez la gynéco m’a permis de voir mon bébé une minute ou deux, et je suis sortie le sourire aux lèvres. En parallèle, l’ambiance s’est un peu allégée en décembre, nous laissant plus le loisir de penser à cette grossesse et de savourer le moment. Pour autant, nous avons beaucoup de mal à réaliser. En même temps, je ne crois pas avoir réalisé l’arrivée de la puce avant de la tenir dans mes bras, et encore !

Ce troisième mois finalement a été la transition entre le début difficile, et la suite de la grossesse qui s’annonce aussi merveilleuse que la première. Je retrouve chaque moment, chaque sensation avec plaisir, seule la fatigue s’est accrochée encore un peu. L’émerveillement est intact, à aucun moment le fait d’avoir déjà vécu une grossesse n’a terni ces belles étapes dans la découverte de notre bébé. Je vois les yeux de mon homme briller, je regarde avec enthousiasme mon ventre s’arrondir. Même si nous sommes moins centrés sur mon nombril au quotidien, grande sœur oblige, nous nous émerveillons toujours autant d’avoir créé un nouveau petit fruit.

3mois

Se souvenir des belles choses – novembre

se souvenir des belles chosesJ’ai publié quatre articles en deux mois, ce qui est proprement scandaleux (et je ne vous parle même pas de ma boîte mail). Mais vous savez maintenant pourquoi, et j’ose espérer que vous ne m’en voulez pas trop. Bref, tout ça pour dire : on va tâcher de reprendre les bonnes habitudes ! Et l’un d’elles, forcément, c’est de se souvenir des belles choses. Mais alors, soyons réalistes, comme il est clair que le format hebdomadaire est difficile à tenir, j’ai envie d’en faire un rendez-vous mensuel. Du moins pour l’instant. Et puis j’aime bien les rétrospectives du mois de ma copine Laurie, alors je copie un peu aussi.

Alors, ce mois de novembre ? Comme je vous le disais, c’était mal parti, entre les nausées, la varicelle de la puce, la fatigue, les soucis… Mais il y a eu de jolies choses tout de même !

se souvenir des belles choses novembre 2014

En novembre j’ai aimé :

– Faire des bons gros repas d’hiver.

– Trouver un des (gros) cadeaux de Noël de la puce.

– Lui lire un premier livre qui parle de ma grossesse.

– La voir poser sa petite main sur mon ventre en disant « ah, bébé ! » ♡

– Voir mon ventre prendre cette jolie forme (et mes seins devenir sublimes, sans me vanter)(si, un peu, mais bordel ce que je les aime comme ça !)

– Faire une seconde échographie et savoir que tout va bien.

– Faire l’échographie du premier trimestre, la plus belle sans doute… (j’en reparlerai)

– Recevoir du monde pour un week-end, se balader dans une ville que j’aime de plus en plus, se faire un petit restau le midi avec la petite (une grande première !)(si vous cherchez un restaurant kids friendly sur Uzès, j’ai une adresse!), faire un bon dîner, annoncer la bonne nouvelle…

La regarder grandir, l’entendre prononcer un nouveau mot par jour, la voir poser sa tête en chantant « gâtéééé » et s’allonger sans bouger à côté de nous pour qu’on lui lise une histoire… Il aura fallu 19 mois pour le voir !

Et vous, votre mois de novembre?

15 mois

J’ai l’impression de vous rabâcher sans cesse la même phrase : « ça passe trop vite ». Pourtant, vous savez à quel point c’est vrai. La preuve : je n’ai pas eu le temps de vous écrire l’article des 14 mois qu’elle a eu 15 mois il y a dix jours ! Alors je me bouge avant qu’elle en ait 16 !

Depuis son premier anniversaire tout s’accélère encore, elle change, elle change tellement… Les quatre prémolaires sorties, elle a repris un rythme d’évolution à peine croyable, et chaque jour je pourrais vous rapporter une nouvelle acquisition pratiquement. Enfin, acquisition ou imitation, mais en tout cas une nouvelle chose.

Donc elle gambade carrément bien, elle tente maintenant de courir, et parvient à faire de belles accélérations. Elle arrive à descendre une petite marche debout sans appui (et un escalier sur la tête) (pas drôle, je sais). Elle grimpe sur le fauteuil, le canapé, et en descend tranquillement (on respire), mais commence à vouloir de mettre debout sur la chaise (on respire moins bien). La poussette ne sert presque plus, elle préfère marcher à côté de nous, ou qu’on la promène sur son vélo ou sur les épaules de papa.

Elle développe de plus en plus sa motricité fine, elle saisit de petits objets, fait glisser les billes sur la tige métallique… chose difficile il y a deux mois de ça. Elle a aussi compris l’empilage des blocks, mais pas encore le principe de mettre le plus gros en dessous (et elle s’énerve parce que sa tour ne tient pas). Les formes à mettre dans les trous ont aussi un peu perdu de leur mystère, même si les faire pivoter n’est pas encore un réflexe (et elle les engueule parce qu’elles ne rentrent pas). Oui, le caractère aussi se développe considérablement ! Mademoiselle s’énerve, tape des pieds, fait des caprices quand on lui refuse un objet (« Non ma chérie, maman ne te laissera pas jouer avec le couteau », elle est horrible sa vie).

À côté de ça elle est de plus en plus câline. Sur les épaules de son père, elle pose sa tête sur la sienne. Dans nos bras, elle pose parfois la tête. Bon, pas longtemps, hein, faudrait pas abuser non plus. Ne pas bouger pendant trente secondes relève encore de l’exploit. Je lui ai mis un matelas-canapé dans sa chambre, et ça a contribué à la calmer un peu, elle arrive à s’assoir pour jouer ou pour qu’on lise un livre, même un court instant.

Côté langage elle commence à dire quelques mots, en tête « Papaaa ». Elle dit un semblant de « tot-tot » pour sa tototte, une sorte de « dato » pour le gâteau, elle dit bien « doudou » et « dodo » (mais celui-là sert un peu à tout certains jours). « Do ça » pour « donne ça », ça elle le maîtrise bien aussi ! Mais on a perdu le « maman » de vue… en ce moment elle n’en a que pour son père, et j’avoue que je ne m’en plains pas quand elle crie « papaaaaaa » à 5h du matin parce qu’elle a besoin qu’on la mouche… (Je me moque même un peu, mais chut !) Par contre c’est fou tout ce qu’elle comprend, je ne pas combien de mots elle a assimilé en trois mois, mais c’est assez énorme. Elle comprend vraiment beaucoup de choses, et fais ce qu’on lui demande, le plus souvent. Vraiment, j’ai beau savoir qu’ils intègrent de plus en plus de mots à cet âge, je suis bluffée chaque jour. Reste le problème du « non », ce mot-là elle ne veut vraiment le comprendre (sale gosse).

Globalement ses jeux ont beaucoup changé, elle commence à nous imiter, on est vraiment rentrés dans une nouvelle phase, à mi-chemin entre le bébé et la petite fille. Qui berce un poupon en chantant « dodo, dodo, dodo » ou le fais danser, puis d’un coup le jette par terre et passe à autre chose. Qui pousse la poussette de poupée mais n’aime pas quand on installe un bébé ou une peluche dedans. Qui veut touiller mon café, et finit par tourner ma cuillère dans un verre en plastique avant de la mettre à la bouche, mais qui n’arrive pas à manger sa compote seule.

Le repas, parlons-en. Nous sortons d’une période bien pénible, durant laquelle elle faisait des crises pour manger seule, mais n’arrivait pas à tenir sa cuillère. Impossible de la faire manger, impossible de l’aider à la manier, mais impossible aussi de la laisser gérer seule. Bref, encore une petite épreuve de nerfs pour les parents. Depuis trois jours ça semble passé, elle mange bien, boit tout son biberon, et commence même à manger des assiettes sans tout envoyer par terre. Elle était vraiment dans une phase d’opposition totale face à nous, heureusement passagère. Grande nouvelle, elle accepte désormais le lait normal, quasiment du jour au lendemain, va comprendre…

Voilà, j’ai l’impression d’oublier la moitié des choses qui se sont passées ces deux derniers mois, mais il y en a tellement… Elle a poussé d’un coup, physiquement aussi puisqu’elle mesure 81 cm, soit quatre centimètres de plus qu’à un an ! Donc maintenant elle peut ouvrir son armoire, et ce qui traîne sur le bord de la table est à sa portée. Cela fait deux fois qu’elle joue avec des gamins de deux ans et qu’on constate qu’elle fait la même taille, qu’elle est même plus costaud, mais bon son père et moi sommes très grands (1m85 et 1m78) donc ça semble logique. Par contre je m’étonne souvent quand je la regarde, c’est vrai que mon petit bébé est un lointain souvenir… et ça fait drôle !

Le plus impressionnant ce sont ses cheveux, qui ont triplé de longueur et de volume depuis son premier anniversaire. Elle a maintenant de jolies boucles entre le blond et le roux, et je lui ai fait son premier palmier (oui, je sais, c’est vache, mais c’est trop tentant !).

 

15m1

15m2

 

Bref, ma boulette adorée pousse, encore et toujours, elle devient plus indépendante, plus petite fille… Il y a plus d’échanges, et c’est agréable, du coup j’ai hâte maintenant qu’elle parle ! Quand je pense qu’à l’automne elle aura 18 mois… Et elle aura encore tellement changé d’ici-là !

 

IMG_20140721_183953

Une minute suffit

On le dit souvent, mais il faut sans doute le vivre pour mesurer à quel point c’est vrai. Une minute suffit. Trente secondes même. Autant vous rassurer tout de suite, cette histoire finit bien ! Mais elle aurait tout aussi bien pu être nettement plus dramatique. Ceux qui me suivent sur Instagram en ont eu un aperçu.

Lundi 14 juillet. Un bébé fatigué après un week-end de mariage, tout le monde un peu à la masse en fait, et du monde à la maison. Nous étions tous les trois dans le salon, la petite venait de finir son goûter, et j’ai pris mon téléphone. L’homme faisait du bruit avec la puce, je me suis éloignée. « Je suis au téléphone » « Ok ».

Normalement je serais sortie du salon en enjambant la barrière.

Normalement il aurait compris que j’allais téléphoner à l’étage pour être tranquille.

Normalement je lui aurais fait signe que je montais.

Normalement, la petite n’aurait pas pu me suivre, et quand bien même il l’en aurait empêchée.

Normalement.

Oui mais voilà, quelqu’un avait enlevé la barrière, je suis montée sans rien dire, il n’a pas compris que j’étais à l’étage et la petite a filé derrière moi, tellement vite qu’il a cru qu’elle m’avait rejoint dans la pièce d’à côté.

J’étais au téléphone donc quand j’ai entendu ce bruit. Un bruit qui tourne dans ma tête sans arrêt depuis. Un bruit de chute. Long. Puis le bruit de la barrière, poussée contre le bas de l’escalier. Je n’ai pas eu peur tout de suite, persuadée qu’elle était avec son père. Mais j’ai compris qu’elle avait sans doute loupé une marche.

C’est là que j’ai entendu le cri de mon mari. Il a crié « Non, non ! » quand il a compris que notre fille venait de dévaler l’escalier. J’ai jeté le téléphone, je suis descendue, persuadée de la trouver toute cassée. Glacée. Parce que ces escaliers, on s’en méfie depuis le début. Des marches très hautes, en béton, avec un radiateur en fonte pour arrêter une éventuelle chute, tout en bas.

Pendant quelques secondes, on a paniqué. Elle pleurait fort, on a commencé à se renvoyer la balle. Puis on a stoppé net. Ce n’était pas le moment de s’engueuler. Elle n’avait visiblement rien de cassé, mais son visage bleuissait, elle avait mal, et on craignait pour son crâne. Au téléphone, le médecin du SAMU m’a demandé combien de marches elle avait dévalé. J’ai vu sa sucette au milieu de l’escalier, mon ventre s’est tordu. « Oh, non, au moins 6 ou 7, mais si vous les voyiez ! »

IMG_20140715_142341C’est en attendant l’ambulance que je suis montée chercher des affaires et que j’ai vu son biscuit posé tout en haut. Elle avait grimpé tout l’étage, avant de rater le virage. Parce que l’escalier, elle le monte tous les jours, avec nous. Elle a l’habitude, et arrivés en haut on la porte car elle ne sait pas négocier le tournant. En résumé, ma fille avait dégringolé de tout un étage parce qu’on ne l’avait pas surveillée correctement. Et c’était peut-être grave.

L’ambulancière a été impressionnée par l’escalier, et j’entendrais à chaque compte rendu qui allait suivre la même phrase « Il faut voir les escaliers, paraît-il ». Ouais, il faut voir. Pendant le transport, elle a été rassurante : ma fille n’avait pas de fracture, une bonne tonicité (elle s’est débattue pendant qu’on essayait de lui prendre la tension) et aucun signe de gravité ou d’atteinte cérébrale. Alors j’ai pleuré, tremblé, failli m’évanouir. Un peu soulagée, complètement culpabilisée. Là encore, elle m’a rassurée : « Si vous saviez ce qu’on voit, vous n’avez rien à vous reprocher, ça arrive… Et vous avez réagi, tout va bien. »

Dans les urgences blindées de monde, on ne nous a fait attendre qu’une demi-heure. Rien à l’examen, mais vu les contusions sur le visage on nous a gardées pour la nuit en pédiatrie. Une nuit hachée par les contrôles « pour voir si elle est réveillable », par les pleurs d’une boulette terrifiée dans son sommeil (elle a vraiment eu peur je pense), par mon estomac qui me fait payer la frayeur des dernières heures. Malade, crevée, mais soulagée et reconnaissante qu’il n’y ait rien de plus que quelques bleus et une cheville un peu enflée mais absolument pas douloureuse. Un peu gênée aussi devant l’équipe de pédiatres le matin, à qui j’ai dû expliquer que, oui, elle avait déjà la dent cassée avant, et, non, les bleus sur les genoux ne dataient pas non plus de la veille. Et que, oui, évidemment je savais qu’il fallait mettre une barrière et mettre les produits ménagers hors de portée.

Aujourd’hui la boulette va très bien, elle a encore le nez un peu bleu mais l’énorme bosse du crâne a presque disparu. Le plus gros bleu est celui de la prise de sang, mais elle s’est tellement débattue qu’on a bien failli ne jamais s’en sortir. Et nous, forcément on s’en veut un peu. Même si on sait que tout va très vite, que ça arrive, qu’on aurait aussi bien pu se contenter de frôler l’incident en l’interceptant au milieu de son ascension. Il n’empêche qu’on a conscience qu’en une trentaine de secondes on aurait pu perdre notre fille. Ou la retrouver avec des blessures qui auraient laissé des séquelles, qui auraient changé sa vie. Oui, il suffit d’une minute, de quelques dizaines de secondes. Les accidents domestiques sont la première cause de mortalité chez les petits. Alors on les prend, ces dizaines de secondes, pour remercier les petits anges qui ont pris le relais pour protéger notre bébé.