Et si c’était la dernière?

sablierCette nuit, mon ventre s’est serré souvent. A un peu plus de deux semaines du terme, cela n’a rien d’étonnant, et que le travail ait commencé ne le serait pas non plus. Pourtant, mon cœur se serre lui aussi à cette idée.

La chambre est en désordre, le coin bébé pas terminé, la déco à moitié finie, les valises sorties mais presque vides. Rien n’est prêt, en somme. Et moi encore moins. Je voudrais que cette grossesse n’ait pas de fin.

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Faire d’elle une grande sœur

Quand je pense à un deuxième enfant, je pense forcément à ma fille qui deviendrait grande sœur. À cette relation dont j’ignore tout. Je suis fille unique, j’ai vécu en famille recomposée mais dans des circonstances trop douloureuses pour en retirer un quelconque lien fraternel.

Une amie, fille unique elle aussi, a voulu trois enfants parce que « cela lui a manqué ». Je ne peux pas dire ça. Qu’est-ce qui m’aurait manqué, quelque chose dont je n’ai pas idée ? Non, ce n’est pas un manque qui m’a fait dire depuis toujours que je n’aurais pas qu’un enfant. Je crois que je ne l’explique pas très bien. Mais je me dis parfois que je n’aimerais pas laisser ma fille seule, quand je ne serai plus. Ce qui est bizarre, vu la place qu’occupent les liens familiaux dans ma vie.

En réalité, comment savoir ? Comment savoir si le lien se créera, si plus tard mes enfants seront complices, s’ils s’aimeront et se soutiendront ? Est-ce vraiment un cadeau que je leur fais ? J’avoue que j’ai peur parfois. Si je franchis le pas, comment ma fille le vivra-t-elle ? Les premiers mois, les premières années, à plus long terme encore ?

Moi qui suis intimement convaincue de la nécessité de rompre certains liens délétères, peu importe les liens de sang, je n’ai pas envie de voir ces luttes, que l’on voit trop souvent, au sein de ma famille. Et quand je dis ma famille, je parle de mon mari et de nos enfants. Pour changer, j’aimerais un peu d’harmonie.

Finalement, c’est encore une fois un acte quelque peu égoïste de faire un enfant. Parce que je veux vivre une grossesse, parce que nous voulons vivre à nouveau ce miracle, parce que nous voulons regarder encore une bestiole bizarre de 80cm gambader en se disant « c’est notre bébé ? » d’un air émerveillé, parce que chaque jour elle nous surprend, elle nous émeut, elle nous fascine, pour tout cela nous voulons un autre bébé. Mais elle, que voudrait-elle si elle pouvait décider ?

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Questions autour d’un deuxième enfant

Depuis la fausse alerte du mois de juin, la question du deuxième enfant est devenue assez récurrente. Enfin, quand je dis la question… je devrais dire les milliers de questions. Je crois que j’ai besoin de mettre un peu tout ça par écrit !

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La question finalement n’est pas « est-ce qu’on en veut un second ? », mais « quand ? ». Parce que le désir est là, dans l’absolu. Au départ, on s’était dit que deux ans d’écart c’était parfait. Pas trop proches, pas trop éloignés, idéal pour eux et pour nous.  Oui mais ça veut dire qu’il faut que je sois enceinte avant la fin de l’année. Et c’est là que je bloque.

Pourtant, vous le savez, j’aime être enceinte. J’ai tellement aimé ça que je suis prête à avoir une trentaine de grossesses, ou, mieux, une grossesse qui durerait dix ans. Le rêve ! Mais justement, j’ai envie de profiter de ma grossesse, et aujourd’hui je vois mal comment je pourrais gérer ma petite tornade en même temps. Alors, c’est vrai, toutes les grossesses sont différentes, mais si je suis dans le même état les deux premiers mois, alors je serai clairement incapable de gérer le quotidien de la puce. Parce que pour elle j’ai quand même dormi 18h par jour pendant des semaines, sans parler des nausées du deuxième mois. Bon, ceci dit, je vais augmenter le rythme de garde en octobre…

Il y a d’autres obstacles à une éventuelle grossesse prochaine. Notre situation financière déjà n’est pas très rassurante (les joies de l’artisanat), et, même si la situation aura forcément évolué d’ici neuf mois, cela reste dans un coin de la tête. Ensuite je suis toujours anémiée depuis la naissance, et j’ai du mal à redresser la barre vu que je ne supporte pas les compléments en fer.

Mais je crois que c’est surtout dans la tête que ça bloque. N’ayons pas peur des mots, la première année de la puce a été plutôt infernale. Ma fille est le plus grand bonheur de ma vie, mais nous sommes passés par des moments d’épuisement terribles, nerveusement. Du coup, j’ai forcément plus d’inquiétudes maintenant. J’ai l’impression d’avoir été vidée de ma patience, de mon énergie, et que le stock n’est pas près de se reconstituer. La semaine dernière, j’avais carrément l’angoisse de voir la nounou partir en vacances. Finalement, tout s’est très bien passé, et je crois que c’est un grand pas vers une sorte de guérison, un apaisement certain. Ma puce est plus grande, plus autonome, la communication se met en place, et les bons moments prennent le pas sur les moins bons. C’est sûr qu’un bébé de 17 mois demande beaucoup d’attention et d’énergie, elle ne joue pas beaucoup toute seule, c’est normal, et j’ai parfois l’impression de passer ma journée à dire non, mais les échanges sont de plus en plus riches et sympas.

Avec tout ça, j’ai l’impression de commencer tout juste à profiter d’elle. Comme si j’étais passée à côté de ses premiers mois, prise par l’inquiétude, la fatigue, la gestion de son inconfort. Du coup, je ne peux m’empêcher de culpabiliser à l’idée de lancer le petit deuxième. Comme si je lui volais quelque chose, comme si j’abrégeais notre temps à deux. Je crois que parfois j’ai besoin de me dire que je vais encore nous laisser du temps, pour jouer et rire, pour se faire des câlins et lui faire sentir qu’elle est la personne la plus précieuse de la terre pour moi, pour nous. Derrière tout ça, évidemment, la question que beaucoup se posent ou se sont posée : l’aimerai-je autant ? Oui, on a beau dire que l’amour se multiplie, cela reste difficile à concevoir tant que le second n’est pas là je pense. Je sais que cette question sera balayée sitôt que la petite sœur sera concrète, mais pour l’instant j’ai du mal à voir comment lui faire une place, puisque ma puce prend toute la place dans nos vies, qu’il n’y a qu’elle. C’est idiot, mais j’ai peur de lui prendre quelque chose si je le donne à un autre enfant. Enfin, cette question-là sera résolue d’elle-même, j’en suis certaine.

Bref, je me rends compte que j’ai fait plus ou moins les questions et les réponses, non ? C’est vrai, j’ai des craintes, des questions, le contexte ne m’aide pas à être confiante, mais d’un autre côté repousser d’un an me semble difficile. Parce que, si ce n’est pas cet automne, on attendra l’été prochain, toujours cette histoire de bébé du printemps… Et ça fait long. Et ça fait trois ans d’écart. Et ça m’emmerde. Et puis la terre entière est enceinte en ce moment, et ça les filles ça ne m’aide pas à réfléchir objectivement ! Dans mon entourage il y a déjà trois pondeuses, dont une à qui je vais faire faire un peu d’haptonomie, aider dans sa liste de naissance… Je lui ai sorti mes fringues de grossesse… Hum, on s’est comprises.

Je ne suis peut-être pas hyper claire, mais dans ma tête ça n’est pas beaucoup mieux ! Il y a deux semaines, j’ai décidé d’attendre, ce à quoi l’Homme a répondu que de toute façon il attendait mon feu vert, quand je serai prête il le serait aussi (lui est clairement partant). Il y a une semaine, j’ai beaucoup discuté avec des filles de sa famille, toutes multi-mamans, et j’avais presque envie d’en faire un tout de suite. Quid de la semaine prochaine ? Vous le saurez dans le prochain épisode de « Maman rose ne sait pas où elle a mal ».

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Celle qui (n’)était (pas) enceinte

Moi qui croyais avoir lancé un suspense de folie dans mon dernier « se souvenir des belles choses », j’ai bien raté mon coup. Pas l’ombre d’un « c’est quoi cette histoire de petite sœur ? », rien du tout. Trois explications possibles : vous êtes toutes en vacance/débordées/fatiguées, vous vous en foutez, ou alors je suis tellement prévisible que ce qui va suivre ne vous surprendra nullement. Je me demande si cette dernière éventualité n’est pas la pire, mais passons.

J’ai toujours dit que je voulais plusieurs enfants, mais il y a encore quelques semaines je tenais plutôt un discours qui ressemblait à « plus jamais ça ». Vous le savez, la première année de la boulette a été difficile, entre dépression post-natale, problème de santé, sans gravité mais pas traités pendant des mois, bébé très prenant, pleurs, nuits hachurées, et patience en rupture de stock. Rien d’exceptionnel finalement, c’est le lot de nombreuses mamans, mais vous me comprenez quand je vous dis que je n’ai pas envie de revivre tout ça.

Pourtant, j’ai commencé l’année en vous glissant, dans ma boîte à vœux, l’envie d’un petit pois dans mon ventre pour finir 2014 en beauté. Je crois bien avoir alterné les envies de petit deuxième et les envies de ligature ces derniers mois. Même pour l’Homme, les choses n’étaient pas claires. Quand la boulette avait 4 mois, il aurait bien remis ça, ce à quoi j’ai répondu un truc du genre « si tu me touches, je te défonce » (à ce moment-là, j’aurais encore préféré qu’il fasse un gosse à la boulangère). À l’inverse, quelques mois plus tard, il n’était plus question de remplir le livret de famille (il aurait préféré que je fasse un gosse au facteur). Bref, le moins que l’on puisse dire est que nos sentiments face à l’éventualité d’un second bébé sont mitigés.

Et puis, il y a un mois, des symptômes. Nausées, fatigue, vertiges, seins gonflés, ventre qui tire… Mon corps m’envoyait tous les signaux. Tant et si bien que j’ai commencé à douter, malgré une profonde conviction de n’être pas enceinte. C’est difficile à expliquer, quand le cœur affirme une chose mais que la raison ne peut décemment pas ignorer certains signes. Bref, un seul moyen d’en être sûre.

Je peignais une clôture quand l’Homme est revenu avec un test, vaguement inquiet et surtout impatient que je m’exécute. On a passé une bonne partie de l’après-midi avec ce point d’interrogation au-dessus de la tête. À travailler en silence, la tête pleine de « et si ? ». À imaginer, chacun dans notre coin, ce qui pourrait se passer. Au bout d’un moment je souriais aux anges. « Arrête de sourire, c’est pas drôle ! » m’a-t-il lancé, à moitié rieur, à moitié effrayé. C’est qu’il faut dire une chose importante : matériellement, ce n’est pas le moment de se lancer, mais alors pas du tout.

Après un passage à la maison, je suis revenue lui annoncer le verdict : sans surprise, test négatif. Mais la vraie surprise, ce fut notre réaction. Pas déçus, non, pas vraiment. Mais tout de même… Oui, finalement, le sourire sur nos lèvres des dernières heures s’est un peu effacé. Oh, juste un peu. Mais juste assez. Juste assez pour en parler, pour dire « et si ? », juste assez pour dire « mais oui… ». Juste assez pour se dire qu’on aurait bien aimé, finalement. C’est une idée.

Ce 22 juillet, cela faisait deux ans qu’une petite étincelle de vie s’était allumée. Et quand on regarde cette grande boulette, jolie comme un cœur, on se dit que, pourquoi pas… Contre toute attente, lui est prêt, convaincu, presque impatient. Contre toute attente, je suis plus mesurée, pour une fois. Mais, au fond de moi, je sais qu’on n’attendra pas longtemps encore avant de se lancer dans cette nouvelle aventure. En attendant, je vais à nouveau alimenter la rubrique « des mois dans la tête », parce que des questions, des craintes, des envies, j’en ai des milliers. Et que s’il est un lieu où je peux les déposer sans crainte, c’est bien ici, encore. Parce que je sais que, même si vous me pensez folle sur ce coup-là, vous ne me jugerez pas. La suite ? Si la situation le permet, à l’automne… qui sait ?

 

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Bilan du premier cycle d’essais

28 juillet :

Le mois de juillet s’achève, et avec lui le premier cycle d’essais. Bien évidemment, il y a des choses que je n’avais pas prévues (oui, ça va, vous pouvez vous moquer !) :

« Je pense au mariage du matin au soir, et même la nuit. Tant mieux, je ne deviendrai pas une psychopathe de l’ovulation, mes pensées sont toutes bookées. » Ben voyons…  Je ne me doutais pas que j’arriverais tout de même à me focaliser sur une éventuelle grossesse. Peut-être même plus que sur les préparatifs du grand jour. Conclusion : mon cerveau a des capacités hors normes quand il s’agit de prise de tête, et je suis une psychopathe de la fécondation, doublée d’une bridezilla.

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Juillet : lancement des hostilités

Je vous l’avais dit, les essais sont programmés pour le mois d’août. C’est-à-dire à peu de choses près pour mon mariage, ce qui n’était pas du tout prévu par contre ! Ce qui l’était encore moins, c’est que notre patience allait s’étioler à ce point. Enfin, la sienne, parce que la mienne on se doutait bien qu’elle serait limitée !

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L’avant : un goût de fin et de renouveau à la fois

IMG_74271 Quand j’ai ouvert ce blog je pensais avoir mille choses à dire. Ce projet de grossesse est constamment présent dans mon esprit, les réflexions sont innombrables et les sujets jamais taris. Et pourtant je peine à écrire des articles cohérents. Peut-être parce que beaucoup trop de choses se bousculent dans ma tête, et que le fil directeur est encore ténu. Je pars dans tous les sens, les phrases arrivent toutes en même temps, et refusent de s’ordonner, ou bien elles n’arrivent pas du tout. C’est que parfois je ne saurais décrire avec des mots la manière dont je vis ces semaines préconception.

Je suis dans un état d’esprit plutôt étrange, entre l’impatience et l’inquiétude, entre la sérénité et le sentiment diffus de n’être pas encore tout à fait arrivée à bon port. Je suis dans l’avant. L’avant grossesse, l’avant bébé, l’avant adulte même. Tout prend un goût de nouveauté et de dernière fois.

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Juin : vaccin, calcium et autres considérations

Nous voici déjà à la moitié du mois de juin, soit à environ deux mois des premiers essais. Le temps passe vite, et en même temps je trépigne d’impatience. L’idée a été émise d’avancer un peu l’échéance, mais finalement abandonnée pour plusieurs raisons.

L’une d’entre elles est que je me suis faite vacciner contre le trio diphtérie-tétanos-polio, et contre la coqueluche du même coup. J’ai appelé ma gynéco car j’avais oublié de lui poser la question, elle m’a dit que c’était indispensable, d’autant qu’il y a des épidémies de coqueluche apparemment. Cela ne m’empêche pas d’être enceinte, mais elle m’a parlé d’un petit délai de sûreté (pour la coqueluche surtout), et comme ça ne bouleverse pas nos plans ça ne coûte rien ! Au passage j’ai appris que l’homme devrait lui aussi se faire vacciner, il est ravi.

J’achève bientôt mon premier mois de vitamines B9, que j’ai prises avec une constance à toute épreuve. Le traitement suivi correctement le plus long de mon existence. Par contre côté calcium c’est le fail absolu : j’ai beau essayer je n’y arrive pas. Deux yaourts spéciaux couvrent les besoins journaliers, mais c’est au-dessus de mes forces je crois. Changer d’habitudes alimentaires n’est pas chose aisée. Du coup quand je suis allée voir le médecin pour le vaccin, j’ai craqué et opté pour la solution de la paresseuse : « Dites, le calcium, ça existerait pas en cachets par hasard ? ». Alléluia, ça existe. Une gélule et c’est réglé. Bon, je me suis dit que j’allais quand même essayer d’absorber mes 1000 mg de calcium chaque jour, quitte à faire un complément en cas de raté. Quand je serai enceinte par contre, et si j’en crois mon bouquin qui parle de doubler les apports, il est clair que je n’y arriverai pas sans complément.

Sinon je ronge mon frein pour acheter des livres sur la grossesse. Il est un peu tôt, pas vrai ? Pour compenser j’ai pris le hors-série Famili. Ouais, mon premier magazine de mère. Ça fait tout drôle. Et j’ai fait le plein de fruits de mer et de poisson cru lors de mes vacances. Une bonne chose de faite !