Ce jour-là… en route pour la maternité

imageCette fois, il m’aura fallu du temps pour écrire sur mon accouchement. C’est sans doute le temps qu’il me fallait pour digérer ce qu’il s’est passé ce jour-là. Un grand bonheur certes, mais une violence plus grande encore que la première fois. Mais commençons par le début : le matin du 15 juin.

La veille était un dimanche, nous avions assisté à la fête de la future école de notre fille, qui a ouvert ses portes en septembre. Nous avons rencontré les autres parents, découvert l’avancée des travaux, regardé les enfants jouer avec leur future maîtresse. J’avais eu peur de rater ce jour, j’étais heureuse d’y être. Tout le monde m’a interrogée sur le terme, je répondais « vendredi, normalement ». J’étais bien, juste un peu lourde, le bébé pesait vraiment beaucoup et je sentais qu’on avait passé la barre des 4 kilos. Sauf prolongation, c’était notre dernier dimanche à trois.

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Trois mois

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Comme le temps passe… Mon petit ourson a trois mois et demi déjà, l’article sur ses deux mois et resté dans un coin de mes brouillons, et je dois me faire un peu violence pour ne pas lâcher ce mois par mois si précieux. Parce que, oui, on oublie les petites choses du quotidien, même si chaque petit geste est important à cet âge-là.

J’ai relu ce que j’avais écrit lorsque sa grande sœur avait son âge, ici et . Il y a déjà quelques petites différences, c’est marrant…

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Mon neuvième mois de grossesse

image (21)Qu’il me semble loin déjà, ce dernier mois! Comme les sentiments sont différents après une naissance… Il me faut essayer de rassembler mes souvenirs, pour clore la chronique mois par mois de cette seconde grossesse…

J’ai terminé le mois de mai fatiguée mais avec mille choses à faire. A un mois du terme, rien n’était prêt : les vêtements pas lavés, la chambre pas finie, la valise même pas sortie. Il faut dire que je ne réalisais pas du tout qu’un second bébé allait débarquer dans nos vies. Il faut dire aussi que je ne voulais pas admettre que la fin approchait…

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Deuxième enfant : lui faire une place

C’est une question commune à bon nombre de mamans, une légère inquiétude que l’on partage lorsque se pose la question du deuxième enfant. Les papas aussi d’ailleurs, en tout cas mon mari l’a formulé de la même façon. Cette question c’est : l’aimerai-je autant ? Et derrière elle se cachent en fait plusieurs interrogations.

L’arrivée du premier enfant est comme un raz de marée qui vient tout chambouler et laisse derrière lui un paysage bien différent. Avec, au centre de ce paysage, le nouveau venu qui occupe presque toute la place, poussant les parents et le couple sur les côtés. Ce changement n’est pas toujours facile à négocier, mais on retrouve petit à petit un équilibre. Équilibre forcément remis en question par l’ajout d’une personne au tableau.

C’est un fait, depuis sa naissance ma fille prend toute la place. Après des débuts difficiles, nous avons retrouvé un semblant de calme, mais notre vie est clairement rythmée par elle : ses heures de sommeil, de repas, la possibilité de l’emmener ou non à tel ou tel endroit… Difficile encore de faire autre chose que s’occuper d’elle, plus difficile encore d’imaginer s’occuper d’un nouveau-né en plus.

Surtout, elle prend toute la place dans notre cœur, dans nos pensées. Elle est le centre de notre univers, celle qui a fait de notre couple une famille, c’est qui nous fait devenir parents jour après jour. Même quand elle nous rend chèvres, même quand elle nous tape sur les nerfs, on l’aime d’un amour qu’on ne saurait décrire. Souvent, nos regards se croisent et on se dit « Quand même, quelle merveille nous avons faites… ».

Et puis un jour, une échographie nous montre un petit être qui gigote. Notre deuxième enfant. L’émerveillement est intact, l’émotion est la même. Et puis les petits coups au creux de mon ventre me font chaque jour prendre conscience de sa présence. On commence à réaliser que nous allons avoir un petit bébé dans quelques mois. Et on s’interroge sur la place qu’il va prendre, parce qu’aujourd’hui il nous semble que toute la place est déjà prise.

Tout doucement, un lien se crée, et une immense tendresse naît pour ce petit être qui grandit en moi. Mais, il faut bien l’avouer, nous ne sommes pas aussi centrés sur mon nombril que pour ma première grossesse. Tout simplement parce qu’il y a une petit tornade de 21 mois qui réclame notre attention.

Pour elle, nous avions fait de l’haptonomie, et nous nous entraînions plusieurs fois par jour à l’appeler de nos mains, à jouer avec elle. Cette fois, le seul moment où nous retrouvons cette belle habitude est le soir, après avoir couché la petite, après avoir mangé et parlé de tout ce que nous n’avons pas pu aborder dans la journée. Fatigués donc, et un peu moins disponibles. Mais le bébé vient se blottir dans la main de son papa, qui commence à percevoir ses mouvements. Ces instants sont moins nombreux, mais tout aussi importants.

L’aimerai-je autant ? Au moment où j’écris ces lignes, je sens des petits coups dans mon ventre. Je lui parle, je le caresse. Il est mon bébé, mon tout petit. Je me rends compte que je ressens pour lui ce que je ressentais pour ma fille au même stade : un mélange d’incrédulité (c’est toujours aussi fou de se dire que j’ai un être vivant dans le ventre !), d’émerveillement, de désir de protection et d’amour naissant. Parce que, si je veux être honnête, je dois dire que l’amour démesuré que je ressens aujourd’hui pour ma fille n’a pas été instantané. Je l’ai aimée bien sûr dès la grossesse, puis encore plus à sa naissance, quand nos regards se sont croisés. Le reste, cette sorte de folie qui me ferait dire sans cesse « putain, qu’est-ce que je l’aime ! », qui m’a tiré les larmes quand elle m’a dit « coucou maman » au téléphone, ce soir où je n’étais pas avec elle, ce sentiment qu’il m’est impossible de décrire tant il est fort et unique, s’est construit au fil du temps.

J’ai écrit ceci à la maternité, lors d’un petit séjour pour un problème sans gravité à 4 mois de grossesse, et je me suis rendue compte que dans quelques mois j’y serai à nouveau, cette fois avec un tout petit bébé. J’ai hâte de le rencontrer. Bon, pas trop quand même, je voudrais être enceinte encore très longtemps, vous me connaissez ! Mais ce que je ressens pour lui quand je le vois sur l’écran ou que je le sens bouger me rappelle tant ce que j’ai ressenti il y a deux ans que je commence à me dire que le paysage va s’élargir pour laisser la place à deux belles images.

Et, quand je vois les yeux de mon mari briller devant une échographie ou un petit coup de pied, je revois ce même visage illuminé qui a marqué mes souvenirs, et je sais qu’il en sera de même pour lui.

Oui, dans quelques mois le paysage va considérablement s’élargir, notre horizon va considérablement s’étirer… Et quelque chose me dit que pour l’instant nous l’entrevoyons à peine. Et que la vue, à n’en pas douter, sera infiniment belle.

source Pinterest

Chroniques d’une fille complètement barrée

Vendredi 19 septembre

Après mille discussions aux conclusions diverses et variées, voilà que nous avons plus ou moins décidé de laisser le destin choisir pour nous. Sinon je n’ai pas fini de me prendre la tête.

Ce soir-là, des amis viennent dîner, j’ai sorti mes vêtements de grossesse pour les prêter et je fais faire un peu d’haptonomie aux futurs parents. Je pose mes mains sur ce petit ventre, je n’arrive plus à les enlever. Ma fille observe de loin, et vient poser sa petite main, tout doucement. « Tu vois ma chérie, il y a un bébé dans le ventre d’A. ». Est-ce que je me projette ? C’est peu de le dire.

Samedi 20 septembre

Je poste une photo de mon ventre sur Instagram, taguée #nobabybump, parce que je suis hyper envieuse de tous les jolis #babybump qui fleurissent.

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Mardi 23 septembre

Je prends mon élan et je saute sur le mur extérieur de la piscine pour terminer la peinture de la barrière. Dans ma tête j’essaie d’imaginer comment je vais faire pour bosser quand mon centre de gravité rendra toute ascension d’échelle périlleuse. Est-ce que c’est le moment ? Je n’en sais toujours rien.

Jeudi 25 septembre

J’ai mal aux seins. Voilà, ça y est, je commence à me créer des symptômes, il faut que je pense à autre chose ! Oui mais… et si ?

« Tu prends comme une lapine, toi ! » me lance ma copine. (Pour la puce j’étais tombée enceinte dès le premier cycle).

Je ne sais pas, je suis partagée. Une part de moi essaie de rester lucide, de ne pas interpréter chaque signe. Une autre part de moi se transforme doucement à la pensée que peut-être… En juin, quand il y a eu une fausse alerte, mon corps m’envoyait des signaux clairs mais je savais que je n’étais pas enceinte. Cette fois, les signaux sont plus subtils, mais mon cœur me dit que c’est différent.

Au cas où, je finis le fond de rosé framboise, je savoure mon hypothétique dernier verre. À ce stade, le bébé (si bébé il y a) n’est pas encore relié à moi, mais ça ne va pas tarder.

Vendredi 26 septembre

La dernière fois, j’avais nettement senti une douleur à J7, alors je guette. Même si j’essaie de ne pas guetter. Au supermarché, je dévalise le rayon poisson, j’évite la charcuterie et j’envisage un instant les chips au vinaigre. C’est officiel, j’ai craqué la culotte. J’aurai l’air fine si rien ne se passe !

Pour autant, je ne suis pas totalement enthousiaste. Je suis même inquiète. Ce n’est pas le moment, je me le répète en boucle. À dire vrai, cette sensation étrange me fait paniquer plus qu’autre chose.

Mardi 30 septembre

Je viens de me lever, la puce boit son biberon dans sa chaise haute, je prépare son sac pour la journée chez super marraine. Un malaise suspend mon geste. Je m’assois, grignote un biscuit sous les « datoooo ! » de ma fille qui ne veut pas être en reste. Ce jour-là, à l’atelier, la nourriture m’écœure, et mon mari m’observe d’un air qui en dit long. Oui mais, chéri, tu sais bien que je somatise à mort…

Mercredi 1er octobre

Ce mal de ventre… je le reconnaîtrais entre mille. Cette fois la certitude prend le pas sur le scepticisme. J’achète un test de grossesse, je ne peux plus attendre, je compte les jours qui me séparent de la date présumée de mes règles. Trois jours ? Impensable.

Vendredi 3 octobre

Je devrais avoir mes règles demain, donc en théorie je devrais encore attendre. Mais j’ai épluché les taux d’hormones et je sais que ça peut marcher. Ou pas. Mais une journée de plus me semble intenable. Je sais que ça va marcher. Je sais.

7h27 Je me réveille  avec une angoisse. Une peur me cloue au lit. Non, je ne veux pas faire le test aujourd’hui… De quoi ai-je peur ? Je tente de me raisonner. J’ai peur que le test soit négatif je crois. Je me lève, me fais violence. Allez, tu sais bien qu’il sera positif, ce test. Oui, mais, et si ?

J’ose à peine regarder. Pourtant je sais ce que je vais voir. Elle est là, toute légère, toute pâle.

La deuxième barre. Un petit trait rosé, pas très franc mais qui ne laisse que peu de doute. Forcément, c’est un peu tôt, j’aurais pu attendre un jour ou deux et il aurait été d’un rose foncé, éclatant. Mais il est là tout de même.

Un petit quelque chose, tout petit petit, mais qui deviendra grand.

Mon homme se réveille quand je reviens dans la chambre. « Tu l’as fait ? » « Oui » « Alors ? »

On va avoir un bébé. Encore. Aucun de nous deux n’est surpris. Mais nous sommes tous les deux un peu sonnés de nous dire qu’encore une fois nous n’aurons pas attendu du tout.

« On va être une famille » me dit-il. « Putain, marié deux enfants… » ajoute-t-il. Ouais, si on t’avait dit ça, hein !

Ce sera pour son anniversaire, à trois jours près. Rappelons que la puce est arrivée le lendemain du mien. Comme ça, chacun son bébé.

Me voilà bien barrée !!

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