Séance d’haptonomie #04

Après la troisième séance d’haptonomie, j’étais un peu mitigée, en tout cas nettement moins enthousiaste. Je suis donc allée à la quatrième avec relativement peu d’entrain. C’était sans savoir que mon homme allait passer sur la table, et ça c’est de l’or en barre…

La sage-femme lui avait parlé la dernière fois d’expérimenter l’haptonomie, mais on ne l’avait pas vraiment prise au sérieux, ou du moins on ne pensait pas qu’il allait devoir s’allonger en sous-vêtements et que j’accomplirai tous les gestes du centrage appris précédemment. Et pourtant, c’est ce qu’il s’est passé ! Il a accepté de mauvaise grâce, et s’est donc retrouvé sur le ventre à la merci de la sage-femme. Comment vous décrire la difficulté que j’ai eu à ne pas éclater de rire ? Je la regardais poser ses mains sur lui et lui parler de sentir son giron, et j’imaginais sans mal ses propres difficultés à garder son sérieux. Heureusement nos regards ne se sont pas croisés, cela aurait ruiné nos efforts. Alors, bon, je ne me moque pas de la méthode, comprenons-nous bien. C’est juste une situation assez incongrue, surtout lorsque que l’on entend « Vous sentez, par ce geste votre compagne invite le bébé à prendre sa place dans votre bassin ». Mais c’est une bonne chose que le papa teste le ressenti de la maman, et pas seulement le bien-être, car il se rend aussi compte de la gêne que l’on peut éprouver à être en petite tenue sur une table, à la merci d’une inconnue.

Puis ce fut mon tour, tout de même. Et décidément le programme de la séance était surprenant cette fois… La sage-femme m’a prévenue qu’elle allait me faire très mal (sympa) avant de me pincer brièvement un nerf à l’intérieur de la cuisse. Elle a bien failli se prendre mon pied dans la figure tellement la douleur a été vive, et ça n’aurait été que justice si vous voulez mon avis. Puis elle nous a invités à poser nos mains sur mon ventre, à être avec le bébé, tous les trois ensembles. Les yeux fermés, nous avons tenté de la suivre dans une sorte de méditation guidée dont le but m’apparaissait clairement mais qui ne nous a pas vraiment inspirés. Néanmoins, nous étions tous les deux concentrés sur le bébé, ce qui nous semblait plus essentiel, et notre puce était complètement avec nous, collée dans nos mains et bien éveillée. La sage-femme m’a alors pincée au même endroit, plus fort et plus longtemps. Pas de réaction de défense, je suis revenue doucement hors de mon cocon, surprise. Oui, cela m’a fait bien mal, presque autant que la première fois, mais c’était infiniment plus supportable. Et la douleur s’est arrêtée immédiatement, alors que quelques minutes auparavant elle avait perduré après que la sage-femme ait cessé de pincer. Impressionnant.

Je crois que cette séance m’a enfin montré ce que j’attendais de l’haptonomie : un moment à trois, dans le calme et l’harmonie, et aussi un moyen efficace de s’évader d’une éventuelle douleur. La supporter, pas la supprimer bien entendu. Mais la différence est assez incroyable. Le fait d’être dans notre bulle, centrés sur cet enfant à naître, me rassure et me permet de rester éloignée d’un ressenti désagréable. Et j’en suis la première étonnée. Je suis tout de même prévenue que le jour de l’accouchement l’intensité de la douleur peut rendre cette immersion extrêmement difficile, et à vrai dire je ne compte pas non plus sur un accouchement totalement naturel, sans anesthésie. Mais si cela peut me permettre de rester mobile ne serait-ce qu’une heure de plus, alors tout l’intérêt de cette préparation sera là. Si ça ne fonctionne pas ? Nous aurons au moins eu de belles heures avec bébé tout au long de la grossesse, et c’est déjà énorme.

haptonomie

Séance d’haptonomie #03

Il y a deux semaines, nous nous sommes rendus à notre cours d’haptonomie. La troisième séance était plus centrée sur mon bien-être. En effet, la détente de la mère induit directement celle du bébé, d’où l’intérêt de montrer au père comment aider sa compagne dans cette période où la grossesse commence à provoquer tensions et petites douleurs. Je recommençais à peine à marcher normalement et ma hanche me faisait toujours souffrir. Dans mon cas, le relâchement était plus que bienvenu !

À vrai dire cela a plutôt mal commencé, déjà car je n’ai pas pu tenir la position que la sage-femme me demandait, et ensuite car j’ai été un peu trop franche… Lorsqu’elle m’a demandé si je me sentais soulagée, je lui ai répondu que non, aucune différence. Je n’allais pas mentir, si ? Il faut dire ce qui est : le début de la séance n’est jamais très relax, en grande partie car je viens de faire une heure de voiture pour m’y rendre… Si le bébé réagit instantanément, moi il faut me laisser 5 minutes. Là, elle m’a carrément demandé si je voulais poursuivre l’haptonomie, m’avertissant que les séances suivantes allaient me demander encore plus d’efforts si j’avais toujours mal. Je pense qu’elle a dû me trouver un peu têtue dans mon refus de m’installer comme elle le voulait !

À nouveau le centrage du bébé, que l’on a invitée à descendre un peu cette fois. Apparemment la tension créée par la douleur ne l’incitait pas tellement à prendre toute la place qu’elle aurait pu, il fallait donc l’inviter vers le bas de mon dos. Mon mari est toujours surpris de la sentir dans mon dos, et je l’envie un peu car c’est pour moi une zone totalement insensible, la faute certainement à des années de problèmes.

Et donc, comme je le disais, ce centrage est passé par la détente de la maman. Mon homme a appris de nouveaux gestes qui me soulagent, détendent mon bassin et bercent notre fille en même temps. Un joli moment puisqu’on a vu tout de suite des bosses se former sur mon ventre, au rythme des sauts de joie de la puce.

Et encore une fois on a pu constater le résultat, puisqu’une semaine après, à la visite mensuelle, le bébé avait pour la première fois la tête en bas… Coïncidence ou pas ?

blog Un Carnet Rose

Séance d’haptonomie #02

Le lendemain de l’échographie morphologique, nous sommes allés à notre deuxième séance d’haptonomie. Nous ne savions pas plus à quoi nous attendre que pour la première, puisqu’on se doute bien qu’on ne va pas passer les six séances à poser la main sur mon ventre, nous étions donc tout aussi impatients.

Il a été question cette fois d’un recentrage du bébé. Car en prenant des repères sur mon dos et mon ventre, et en observant sa forme, il est apparu que je le portais légèrement trop bas et trop en avant. Ce qui avait pour conséquence, entre autres, une sensation de pesanteur en bas du ventre. La méthode là encore consiste à « appeler » le bébé avec les mains, pour lui faire prendre conscience de tout l’espace qu’il peut utiliser. C’est vrai que depuis quelques temps je sens parfois des coups nettement plus haut que le nombril, mais globalement la puce est toujours au même endroit. La sage-femme a fait travailler le papa, qui a posé une main sur mon ventre et l’autre dans mon dos.

Puis elle lui a appris à bercer le bébé de manière à lui faire pendre toute sa place, tout en faisant un mouvement qui me soulage le bassin, qui me fait toujours souffrir. Cette séance était axée sur ma détente autant que sur celle du bébé, et c’est bien agréable de se faire chouchouter comme ça. D’autant que ces douleurs dans la hanche n’ont pas cessé depuis un mois, et commençaient à entraver quelques peu mes mouvements au quotidien.

Cette fois encore je me rends compte qu’il est difficile de raconter une séance sans lui enlever son caractère intime ni lui donner une tournure un peu dérisoire… Pour résumer nous sommes sortis de là contents d’être venus, convaincus que nous avions bien fait de nous lancer dans l’haptonomie, et avec quelques conseils précieux sur un bout de papier.

Depuis cette séance en tout cas j’ai l’impression que mon ventre est moins gros, et l’homme trouve aussi que je me tiens moins en avant. Il semble que le recentrage ait bien fonctionné, et nous avons constaté que la pépette n’est plus systématiquement collée à la paroi de mon ventre. On la sent parfois un peu moins nettement, puis d’un coup elle arrive et rempli notre main. Quand j’y pense, comment fait-elle pour avoir encore autant de place avec ses 30cm ?

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Première séance d’haptonomie ♡

Cet article, j’aurais mis du temps à vous l’écrire. Parce que les mots semblent bien peu face à ce que j’aimerais exprimer. Je vais néanmoins tenter de vous raconter notre première séance d’haptonomie.

Je vous en parlais ici, j’ai toujours dit que je voulais en faire lorsque je serai enceinte, mais pour moi c’était plutôt un complément à la préparation à la naissance. Je voulais faire des séances entièrement consacrées à l’haptonomie, un vrai moment à trois, concentré sur la relation avec le bébé. J’ai donc choisi de consulter une seconde sage-femme, en parallèle de celle qui me donnera les cours de préparation et me suivra après l’accouchement.

Dans mon département, pas trop le choix : seulement trois praticiennes sont référencées sur le site du CIRDH. Et vu ma petit mésaventure avec la vilaine sage-femme, j’ai décidé d’y aller au feeling. J’ai téléphoné aux trois, histoire aussi de connaître leurs tarifs (car qui dit complément dit aucune prise en charge), et le choix a été vite fait. La première n’était pas aimable, la seconde s’est offusquée à l’idée que je fasse une autre préparation, et toutes deux imposaient un minimum de 8 séances. La troisième a été très sympa, bien plus ouverte, bref ce fut l’élue.

Il y a pile un mois, nous sommes donc allés à notre première séance d’haptonomie. J’étais à 3 mois et 3 semaines de grossesse. Elle a commencé par nous expliquer un peu plus en quoi consistait l’’haptonomie : un toucher affectif qui permet de nouer une vraie relation avec le bébé avant sa naissance, qui apaise l’enfant et lui fait prendre conscience de lui-même et de notre présence. Elle nous a expliqué qu’une main posée sur le ventre qui cherche à le sentir bouger n’a rien de très stimulant pour lui, tandis qu’une main qui est là pour le caresser et l’accueillir lui procure un bien-être certain. L’affectif est donc au centre de la méthode.

Je me suis allongée, la sage-femme assise d’un côté et mon mari de l’autre. Elle a commencé par mettre la main elle-même sur mon ventre, pour me faire prendre conscience des mouvements du bébé. Lorsqu’elle m’a demandé si je l’avais déjà senti, j’ai hésité. Deux semaines auparavant, il y avait eu ces petits coups… mais c’était bien trop tôt, on lit et on entend partout que pour une première grossesse on ne sent rien avant quatre mois, et puis de toute façon ça commence par des petits frôlements, des bulles, c’est tellement subtil… Elle ne m’a rien dit, et la séance à proprement parler a commencé.

Il faut dire la vérité, mon homme s’est un peu senti inutile durant la première demi-heure. C’est qu’elle a passé un moment à poser ses mains d’un côté et de l’autre de mon ventre, cherchant à me faire ressentir le bébé. Très vite elle a affirmé qu’il venait dans sa main, et nous étions sceptiques. Mais petit à petit, j’ai senti qu’il était là, en effet. Plutôt qu’une réelle sensation,une sorte de présence. Un peu comme lorsque j’ai senti qu’il s’endormait au matin de l’écho du 4ème mois. Puis elle m’a fait constater que mon ventre était plus dur du côté où on plaçait la main. Vint alors mon tour de poser ma main pour « appeler » le bébé.

Et là… un coup. Pas un petit coup léger, non, un gros coup sous mes doigts. La sage-femme l’a senti aussi, elle a même vu une petite bosse sur mon ventre se former. Comment vous décrire ça ? Les larmes sont montées toutes seules, un soulagement, de l’euphorie, tout mélangé. Mon bébé. Il était bien là, dans mon ventre, dans ma main, plein de vie. J’ai alors compris que ces petits coups sentis à tout juste trois mois et une semaine, c’était déjà lui. Je le savais, mais encore une fois je ne m’étais pas suffisamment écoutée. Je ne l’avais dit qu’à mon homme, sans être trop affirmative. Oui, cela faisait deux semaines qu’il se manifestait de temps à autre, et ce jour-là il m’a fait comprendre qu’il était bien là, sans doute possible.

Lorsque mon mari a posé ses mains sur mon ventre, il a senti de petites bulles, un léger mouvement, et la sage-femme lui a répété que c’était bien le bébé. Il n’y croyait qu’à moitié, tellement nous étions à mille lieux d’imaginer le sentir si tôt et surtout si fort. Nous sommes sortis de cette première séance ravis, bousculés et émus. Nous avions senti notre enfant, nous avions pris contact, nous l’avions même bercé.

Les jours suivants, nous avons reproduit les gestes à la maison, sans sentir systématiquement des mouvements. Peu importait, nous savions qu’il était là, et qu’il venait se blottir dans le creux de notre paume. Au fil des jours, les sensations se sont faites plus nettes, et une semaine plus tard j’ai senti le bébé bouger alors que je conduisais, pas vraiment concentrée sur lui donc. À partir de ce moment, tous les jours j’ai eu ma dose de petits coups et de pirouettes, de plus en plus vives. Est-ce grâce à l’haptonomie ? Sans doute pas, puisque je le sentais avant, et qu’à mesure qu’il grandit ses mouvements se font plus perceptibles. Mais d’un autre côté, aurais-je fait suffisamment confiance à mon ressenti pour en avoir conscience aussi tôt ? Probablement pas. Cela m’a permis d’identifier clairement cette sensation nouvelle. Cela conforte aussi le papa, qui a du mal à croire qu’une infime vague puisse être le fait du bébé. Et surtout, cela permet au père de nouer une relation avec son enfant, car le sentir n’est plus l’apanage de la mère. Dès que je lui signale que le bébé est réveillé, mon homme vient le toucher, et il s’étonne à chaque fois, il ne s’en lasse pas.

Aujourd’hui, je me régale à sentir les coups, de plus en plus forts, qui me rassurent et me ravissent. Mon bébé est en pleine forme, je le sais et je le sens. Et il m’étonne par son évolution, car je le sens grandir et devenir plus fort au fil des jours. Il est au moins cinq ou six centimètres plus haut qu’il y a un mois, il prend plus de place, et il réagit de plus en plus aux stimuli tels que la musique, la voix de son père, le ronron du chat, nos caresses, et le chocolat. Oui, car ces premiers coups timides reçus il y a près de deux mois étaient consécutifs à un gâteau au chocolat. Depuis, dès que j’en mange la réaction ne se fait pas attendre très longtemps. Il aime faire des bonds et des cabrioles entre 2h et 3h du matin, il s’agite lorsqu’il y a du monde et qu’il entend plein de voix, il s’éveille un court instant en même temps que moi. Il s’affirme, il se manifeste, il est bien là. Depuis un mois nous ne sommes plus deux, nous sommes
trois
.

haptonomie

Pour trouver un praticien près de chez vous : http://www.haptonomie.org/fr/

Le choix de la préparation à la naissance

Me voici à la moitié de ma grossesse, déjà ! Nous avons fait la moitié du chemin vers le jour de la rencontre… L’occasion de revenir sur le choix de ma préparation à la naissance, qui n’a pas forcément été simple.

Lorsque je suis allée faire l’échographie du premier trimestre, j’ai commencé à me renseigner sur les cours de préparation à l’accouchement. J’ai alors appris que l’hôpital propose quatre méthodes différentes : les cours classiques, le yoga, la sophrologie et la préparation en piscine. Quand j’ai demandé à la secrétaire comment faire pour être orientée dans mon choix, elle m’a proposé un rendez-vous avec une sage-femme pour en parler. Il s’agissait en fait de l’entretien prénatal précoce, qui se déroule au cours du quatrième mois de grossesse, et donc personne ne m’avait parlé jusque-là. Cet entretien permet en théorie d’aborder différentes questions, auxquelles le gynéco n’a pas forcément le temps de répondre, et d’être orientée vers ce que l’on appelle désormais les cours de préparation à la naissance et à la parentalité.

Fin octobre, c’est donc pleine d’enthousiasme que je m’y suis rendue. Une sage-femme pour moi toute seule pendant une heure, je ne doutais pas qu’elle allait m’aider à choisir ma préparation. Oui mais voilà… Je me suis sentie très rapidement prise de haut. Lorsque j’ai commencé à expliquer que j’avais pris ce rendez-vous car j’étais un peu paumée… elle ne m’a pas laissé finir ma phrase. En fait j’allais dire « paumée dans le choix de la préparation », mais elle n’a entendu que « paumée ». « Cette grossesse est désirée ? » m’a-t-elle brusquement interrompue. Ah oui, tout à fait madame. Elle s’est alors retournée vers l’interne en médecine qui assistait à l’entretien, et lui a patiemment expliqué : « non parce que tu comprends, quand une femme enceinte te dit qu’elle est paumée, c’est souvent qu’elle n’avait pas prévu cette grossesse. » Je vous passe les détails de la suite, mais en gros « ne vous en faites donc pas ma petite », « réservez vite vos cours de préparation, c’est urgent », mais en même temps « allez, va, laissez votre ventre pousser avant de vous poser des questions ». Elle m’a bien fait sentir qu’avec mes ridicules trois mois et demi de grossesse je n’avais pas tellement le droit de la bombarder de questions.

Côte choix de la préparation, elle s’est contentée de me lire la brochure de l’hôpital, et de me dire que c’était à moi de choisir, point barre. Que l’haptonomie c’est pour celles qui ne veulent pas la péridurale. Que pour aller en salle nature il faut s’engager à ne pas la demander non plus. Qu’on ne pouvait pas choisir deux préparations complémentaires. Et, cerise sur le gâteau, que le papa n’était pas le bienvenu aux cours. Je crois qu’on pouvait difficilement faire plus décevant et moins constructif. Sachant que ce rendez-vous entre dans les 8 séances de préparation prises en charge, j’ai eu un sentiment de gâchis immense. En fait ça m’a carrément déprimée pour la soirée tellement je me sentais nulle et incompétente. Deux jours plus tard, j’ai décidé de ne pas me laisser décourager et j’ai fait le tri moi-même dans les préparations à la naissance…

La préparation classique est avant tout informative. Beaucoup de théorie, avec tout de même un peu de relaxation et de respiration. En somme, la base lorsqu’on attend son premier enfant. Mais je trouvais ça un peu trop théorique…

La sophrologie fonctionne selon le principe de la visualisation positive et de la relaxation. Mais, pour avoir essayé en d’autres circonstances, je sais déjà que ça ne fonctionne pas sur moi. Je suis capable de rester concentrée sur les mots utilisés par la personne qui dirige la séance, cherchant à décrypter leur fonction précise, donc bonjour le laisser-aller….

La préparation en piscine me semblait intéressante pour mon dos, qui me cause bien des soucis depuis des années. Le seul problème c’est la distance entre mon domicile et la piscine dont se sert l’hôpital : quasiment trois quart d’heure de route. Autant dire que passer autant de temps dans la voiture que dans l’eau risque d’annuler complètement l’effet détente. Certains considèrent qu’il s’agit uniquement d’un complément à une autre préparation, mais difficile d’en juger sans connaître.

Le yoga présente de nombreux avantages : on travaille la respiration, la détente, le lâcher-prise, mais aussi le corps, que l’on prépare à l’accouchement. Cette solution me plaisait bien, l’absence du père mise à part. J’avais peur que cela reste un peu trop physique pour moi, car, même si les mouvements sont très doux, je ne suis du genre à choper une courbature en éternuant deux fois de suite.

L’haptonomie implique la présence systématique du papa. Le principe du « toucher affectif » vise à entrer en contact très tôt avec le bébé et à interagir avec lui en posant les mains sur le ventre de la mère. J’ai toujours été attirée par cette pratique, et j’ai découvert qu’il s’agissait d’une préparation à part entière, puisque l’on apprend également des gestes pour le jour de l’accouchement. Néanmoins, je l’envisage vraiment comme un complément.

En réalité, j’ai très vite compris que ma préparation idéale est un mix de tout ça, car chaque méthode est utile et complète les autres. Enfin, c’est mon point de vue. Chaque femme est différente et aborde ces différentes méthodes selon son ressenti et sa personnalité, et c’est bien ça qui rend le choix difficile. Ce qui était sûr, c’est que j’allais faire appel à une sage-femme libérale, car il n’était pas question que mon mari n’assiste à aucune séance. J’ai donc parcouru la liste fournie par l’hôpital, et j’ai été confrontée à un autre problème, d’ordre géographique. Les sages-femmes dispensant des cours de yoga se trouvent à une heure de chez moi. Une seule pratique l’haptonomie dans le département, et pas à côté non plus. Quant aux autres, elles ne dispensent que des cours classiques, parfois avec un peu de sophrologie. Forcément, quand on vit au fin fond de la cambrousse, hein…

Et je me suis souvenue d’avoir entendu parler de la méthode Bonapace dans l’émission Les Maternelles. C’est une méthode canadienne à laquelle peu de sages-femmes sont formées apparemment. Un petit tour sur le site internet, et première révélation : c’est ce qui se rapproche le plus de la préparation dont j’ai envie.  Cette méthode implique beaucoup le père, qui apprend à soulager la douleur par des massages et des points de digipuncture. Elle implique également un travail sur la respiration. Seconde révélation : une sage-femme de ma ville y est formée. Voilà, on y était. Je tenais ma préparation.

J’ai téléphoné et je suis tombée sur une jeune femme extrêmement gentille, et plutôt étonnée que je connaisse cette méthode, du moins en partie. Elle m’a proposé un rendez-vous (encore un entretien précoce, tant pis pour la prise en charge) avec le papa. J’étais aux anges. Quelques jours plus tard, nous sommes donc allés la rencontrer. Rien à voir avec la première ! Elle m’a rassurée : oui, on peut commencer en salle nature et passer dans une autre salle si on demande la péridurale, oui je pouvais faire de l’haptonomie en parallèle, et non ce n’était pas normal que le père soit exclu. Et au final elle nous a quasiment proposé du sur-mesure. Ma préparation sera donc composée de séances collectives plutôt classiques, la base pour un premier enfant selon elle, et de séances individuelles en couple. Au cours de celles-ci, nous allons apprendre la méthode Bonapace, mais aussi prendre des cours de puériculture. « Oui, vous aussi monsieur vous allez apprendre à prendre soin du bébé ! ». C’est parfait, exactement ce qu’il nous fallait. Et le bonus, c’est qu’elle donne des cours en piscine auxquels je peux assister en plus si mon dos me pose problème, toujours dans la même ville donc bien plus près pour moi. Elle est pas belle la vie ? Je commence début février normalement, ça fait bizarre d’y penser et de me dire qu’à ce moment-là je serai à seulement deux mois et demi de la rencontre avec notre enfant… Quelque part j’ai hâte, et en même temps j’aimerais que cette grossesse dure éternellement. J’aime tellement être enceinte, malgré les quelques petits désagréments, c’est magique. Mais vu la vitesse à laquelle je grossis il est possible que je roule jusqu’au cabinet de la sage-femme avec enthousiasme et reconnaissance. Nous verrons !

5ème mois grossesse