Juin : vaccin, calcium et autres considérations

Nous voici déjà à la moitié du mois de juin, soit à environ deux mois des premiers essais. Le temps passe vite, et en même temps je trépigne d’impatience. L’idée a été émise d’avancer un peu l’échéance, mais finalement abandonnée pour plusieurs raisons.

L’une d’entre elles est que je me suis faite vacciner contre le trio diphtérie-tétanos-polio, et contre la coqueluche du même coup. J’ai appelé ma gynéco car j’avais oublié de lui poser la question, elle m’a dit que c’était indispensable, d’autant qu’il y a des épidémies de coqueluche apparemment. Cela ne m’empêche pas d’être enceinte, mais elle m’a parlé d’un petit délai de sûreté (pour la coqueluche surtout), et comme ça ne bouleverse pas nos plans ça ne coûte rien ! Au passage j’ai appris que l’homme devrait lui aussi se faire vacciner, il est ravi.

J’achève bientôt mon premier mois de vitamines B9, que j’ai prises avec une constance à toute épreuve. Le traitement suivi correctement le plus long de mon existence. Par contre côté calcium c’est le fail absolu : j’ai beau essayer je n’y arrive pas. Deux yaourts spéciaux couvrent les besoins journaliers, mais c’est au-dessus de mes forces je crois. Changer d’habitudes alimentaires n’est pas chose aisée. Du coup quand je suis allée voir le médecin pour le vaccin, j’ai craqué et opté pour la solution de la paresseuse : « Dites, le calcium, ça existerait pas en cachets par hasard ? ». Alléluia, ça existe. Une gélule et c’est réglé. Bon, je me suis dit que j’allais quand même essayer d’absorber mes 1000 mg de calcium chaque jour, quitte à faire un complément en cas de raté. Quand je serai enceinte par contre, et si j’en crois mon bouquin qui parle de doubler les apports, il est clair que je n’y arriverai pas sans complément.

Sinon je ronge mon frein pour acheter des livres sur la grossesse. Il est un peu tôt, pas vrai ? Pour compenser j’ai pris le hors-série Famili. Ouais, mon premier magazine de mère. Ça fait tout drôle. Et j’ai fait le plein de fruits de mer et de poisson cru lors de mes vacances. Une bonne chose de faite !

La visite préconceptionnelle

Comme vous le savez vendredi dernier c’était le jour du contrôle technique chez la gynéco. J’y suis allée en stress, déjà parce que ça faisait un petit moment, et puis personne n’y va de bon cœur, hein, soyons francs. Tellement que j’ai oublié de mettre mes chaussures, et que je m’en suis rendue compte au bout de 15 km, quand je me suis arrêtée pour libérer une abeille hystérique coincée dans ma voiture. Bon c’était pas la mort non plus, j’avais juste des tongs moches rouges, m’enfin c’était bien la peine de m’habiller dans des tons assortis… bref.

Heureusement le souffle de la vie était dans mon dos (douce mélodie) : j’ai traversé la ville en un temps record, sans m’énerver, j’ai trouvé une place dès mon arrivée sur ce parking ridiculement petit, la salle d’attente était fraîche et pourvu de livrets « je veux un enfant » tout neufs, et je n’ai pas attendue plus de trois minutes avant d’être reçue. (Scriiiitch, le disque se raye) Ça a tout de même fini les pieds dans les étriers.

Alors petit résumé :

– Elle m’a parlé de suite de la vitamine B9, sans que j’aie à poser la question. Pour elle ça semble évident, il faut en prendre dès maintenant. Je prends donc consciencieusement mon petit cachet tous les matins, ce qui étonne considérablement l’Homme car je n’ai jamais réussi à suivre un traitement plus de 6 jours. Comme quoi tout est une question de motivation.

– Je suis bien immunisée contre la toxoplasmose. Ce qui est bien, mais ne m’épargne pas la listériose. Rien n’est interdit, mais pour manger de la viande ou du poisson cru il faut être vraiment sûre de leur fraîcheur. Et encore. Bref : adieu sushis.

– Je ne consomme pas assez de produits laitiers, alors sans devenir obsessionnelle il faut quand même que je me force un peu. Je compense mon peu d’intérêt dans les laitages par des yaourts « spécial vieille », plus riches en calcium. Et j’essaye de me dire que je préviens une future prothèse de hanche en faisant ça. La motivation, encore.

– J’étais en pleine ovulation, si vous voulez tout savoir. Je m’en doutais, c’est confirmé : j’ai la régularité d’une montre suisse. Un bon point pour les calculs des fenêtres de tir (sans mauvais jeu de mot) au moment des essais. À mon retour, l’Homme a trouvé que j’avais un regard en coin tout ce qu’il y a de plus suspect… ben ouais c’était tentant quand même !

Voilà, j’ai donc fait connaissance avec celle qui suivra ma grossesse pendant les 6 premiers mois au moins. Elle était un peu speed, dommage, je n’ai pas pu lui poser toutes les questions que je voulais… Mais je l’ai trouvée plutôt rassurante, c’est l’essentiel.

Maintenant, reste à manger sainement et à patienter sagement (ou presque) avant de lancer les essais. Et à me taper des sushis en prévision du manque inévitable qui se fera sentir, si tout se passe bien, d’ici quelques mois.

De l’immunité contre la toxoplasmose

Je voudrais revenir sur cette nouvelle que je vous ai négligemment balancée à la fin du dernier article, premièrement car c’est une bonne nouvelle, et deuxièmement car c’est la première chose vraiment concrète et actée de cette aventure qui n’a pas encore vraiment commencé. Je suis immunisée contre la toxoplasmose! Youpi!

Concrètement je vais pouvoir profiter de mon potager sans soucis et continuer le saucisson et les fromages des paysans du coin. Quand j’écoute ma copine me raconter ses crises de manque devant de la charcuterie, et à quel point 9 mois sans saucisson ça peut être long, je mesure ma chance.

Edit : En réalité, l’immunité contre la toxo ne concerne que les fruits et légumes, cela n’a absolument rien à voir avec les risques de listériose. Les aliments crus (charcuterie, fromages, etc.) présentent un risque pour la femme enceinte, du fait de la présence potentielle de cette bactérie.

Et surtout je voudrais remercier mon chat, sans qui rien de tout cela n’aurait été possible. Mon chat qui m’a griffée, dont j’ai changée la litière un nombre incalculable de fois depuis 5 ans. Mon chat qui fait de petites « perles » de joie quand il fait un énorme câlin… oui, enfin il déborde tellement d’amour qu’il déborde tout court, quoi. Mon chat qui m’a sans doute contaminée il y a belle lurette. Même si ce n’est pas lui, cette immunité je lui dédie. Merci de l’applaudir.

Je vous laisse avec une illustration de circonstance, que vous pouvez retrouver sur le blog Cat vs Human, que j’adore :

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Mission impossible : trouver un médecin traitant

Je vous parlais récemment de ma volonté de voir un médecin généraliste en prévision d’une future grossesse. Sauf qu’ayant déménagé j’ai laissé derrière moi mon médecin traitant. Il me faut donc en choisir un autre près de chez moi, ce qui est à priori relativement simple, le choix n’étant pas infini dans le coin. Ben voyons.

Bon, résumons. J’ai lu à plusieurs reprises, notamment dans le livre que j’avais commandé, qu’il est conseillé de faire une visite de contrôle chez son généraliste et de prendre de la vitamine B9 environ trois mois avant la conception, dans un soucis purement préventif.

En théorie, une visite pré-conception sert (entre autres) à :

– faire un point sur les vaccins

– la prescription de bilans sérologiques divers

– la prescription d’un bilan sanguin de base

– faire un point éventuel sur des affections ou traitements au long cours

– la prescription d’acide folique (B9)

 

m1En pratique, le premier médecin à qui j’ai parlé d’une telle visite a réagi ainsi :

– Euh… ben pour quoi faire ?

– Je ne sais pas, faire un bilan avec vous avant d’entamer une grossesse…

– Ah… euh… non ben vous n’avez pas de maladie chronique, donc je vois pas…

– Ok. Mais, par exemple, je ne suis pas à jour du DTP (Diphtérie Tétanos Polio).

– Ah bon, là d’accord, en effet, il faut que je vous vaccine !

– Et sinon, pour ce qui est de la vitamine B9…

– … c’est-à-dire ?… ah ben je sais pas. Ouh ça fait longtemps, faudrait que je révise tout ça, mais en tout cas ça j’en ai jamais entendu parler. Vous avez vu ça où ?

Si je vous dis qu’il y a peu de chances que j’y retourne, vous me trouvez excessive ?

 

Le moment venu j’ai donc choisi d’aller voir un autre médecin, remplaçant d’une jeune femme en congé maternité. Une belle déception. Il a eu l’air complètement éberlué par ma démarche de consulter un médecin AVANT d’être enceinte. Il m’a assez vite prescrit le vaccin qui me manque, et m’a parlé ensuite de la toxoplasmose. Bon, ça se déroulait pas mal. Sauf que. Quand j’en suis venue aux questions, il n’a plus su quoi dire. Même réaction pour le B9 : « pour quoi faire ? ». Il ne voyait pas tellement le rapport. Il a passé dix minutes sur son ordinateur, et m’a finalement lâché « mouais, bon. J’en sais rien. On va faire un dosage, et puis voilà. »

Alors, je veux bien qu’on me dise que je me prends la tête pour rien, que tout ça ce n’est pas important, que des millions de femmes font des enfants en pleine santé sans ces satanés folates… D’accord. Je ne suis pas monomaniaque, c’est juste que j’aimerais une réponse claire d’un représentant du corps médical. Est-ce exagérer ? Si un médecin me disait : « non mais ça n’a pas d’intérêt, je ne suis pas pour en prescrire si tôt », je l’écouterais. Mais quand j’entends « euh… je sais pas… », ça ne me porte pas tellement à faire confiance ni à enterrer la question.

Bref, le 25 je vois une gynéco, et là j’ose espérer que j’aurai de vraies réponses à mes questions. Même si c’est pour m’entendre dire que la prise de B9 est inutile, tant que c’est clair et catégorique ça me va. Pour ce qui est du généraliste, la jeune revient de congé maternité en octobre… je m’accroche à cette faible lueur.

Bon, le bilan de tout ça c’est que le second médecin m’a prescrit un bilan sérologique pour, tenez-vous bien : HIV, hépatites (toutes) et syphilis. Réaction du laborantin : « ah carrément ! ». Ben ouais. Je l’ai fait uniquement parce qu’il a glissé la toxoplasmose dans la liste. Parce que pour le reste, ce n’était pas exactement le but de ma visite, hein !

Alors au final j’ai quand même retiré un bénéfice de tout ça : je sais que je suis immunisée contre la toxo ! Et ça, et bien ça me fait plaisir !

Mai : retour à des objectifs plus réalistes

Le mois de mai est entamé, et avec lui le compte à rebours : plus que 3 mois avant les essais. Voilà 6 mois que j’attends cette première étape : la préparation de la grossesse.

Je l’ai entamé sur la lancée des bonnes résolutions : un rendez-vous chez le médecin et un livre spécialisé sur l’avant conception. J’ai réglé deux ou trois soucis administratifs avec ma mutuelle, histoire de pouvoir attaquer les visites de contrôle. J’ai eu une longue conversation avec mon dos, au cours de laquelle je lui ai annoncé qu’il allait devoir se passer d’anti-inflammatoires incessamment sous peu, alors autant qu’il s’y fasse dès maintenant.

Et voici ce que sont devenues mes bonnes résolutions au bout de deux semaines :

– J’ai vu un médecin, mais ça mérite un article à part entière cette histoire !

– J’ai sorti de livre « savoir manger » de sous sa couche de poussière et j’ai dressé un comparatif des apports en calcium de différents produits. J’ai fait le plein d’emmental, le seul que je suis à peu près sûre de manger, et je me suis fixée 100 grammes par jour pour un apport moyen. J’ai tenu 3 jours, ça m’a gonflée.

J’ai bu du vin blanc à plusieurs reprises. En même temps, c’est bon pour le cœur, non ? Et puis dans trois mois j’aurais éliminé !

J’ai mangé deux fois au McDo. Alors là évidemment, question saloperie, hein… Et puis je ne mange pas une salade quand j’y vais, autant que vous le sachiez.

Je veux à tout prix me taper des sushis et des fruits de mer avant que cela me soit complètement interdit. C’est primordial pour ma santé mentale.

J’ai mis du vernis à ongles, bourré de produits chimiques. Parce que bon, la beauté naturelle à mon âge, hein…

– Ai-je besoin de préciser que je n’ai pas fait le moindre exercice physique ? Non, on s’est comprises.

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Voilà, pour résumer je me suis globalement bien détendue du string. Je suis toujours dans une optique de préparation de ma future grossesse, mais disons que je lâche un peu de lest. Je ne peux pas être dans l’hyper-contrôle tout le temps. En bonne névrosée, j’avais besoin de me faire une bonne petite crise d’hystérie et de me fixer des règles strictes pour planter le décor. Maintenant que c’est fait je vais pouvoir me calmer un peu.

Une chose aussi a contribué à m’apaiser considérablement : que mon homme parle avec moi de cette future grossesse comme allant de soi. À partir du moment où les « si » ont été remplacés par les « quand » dans nos conversations j’ai tenu un fil encore mince et fragile, mais un fil qui me conduit dans la bonne direction. Je tiens enfin quelque chose qui pèse suffisamment dans ma main pour me tranquilliser sur son existence. Parce que toutes ces résolutions drastiques, au final, ce n’était que du lest

Concrètement, j’ai revu mes objectifs à la baisse : je vais changer progressivement mes habitudes, essayer de penser aux laitages, sans me forcer, réduire la caféine et l’alcool, sans me priver complètement (pour l’instant), modifier doucement mon hygiène de vie, sans me mettre une pression démesurée. Et pour ce qui est du sport, non seulement je risque de me faire mal au dos plus qu’autre chose, mais en plus ce serait renier ma nature profonde, alors bon… Non mais ça j’avoue que je n’y croyais pas moi-même !

Avril : le temps des (bonnes) résolutions

Quand je parle d’une grossesse mentale j’exagère un peu, bien entendu. Mais pas tant que ça. La plupart des gens, qu’ils me le disent ou non, pensent que je me prends trop la tête. Que je me pose trop de questions, et surtout que je cherche trop à planifier, que j’anticipe beaucoup trop. Le mois d’avril illustre bien leur propos.

Le mois d’avril a été celui des résolutions. Je me suis renseignée un peu partout, j’ai fait des recherches, et j’ai pris des décisions applicables dès le mois suivant. Car en mai démarrera le compte à rebours des trois derniers mois avant les essais, ceux de la préparation proprement dite à la grossesse.

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Voici ce que je me suis fixée :

– une visite chez un médecin généraliste pour un bilan et la prescription de vitamines B9

– une visite chez un gynéco, avec une liste de questions à faire pâlir Julien Lepers

– des visites de contrôle chez le dentiste, le dermato, l’ophtalmo (deux n’ont rien à voir avec la grossesse, mais au moins c’est fait)

– une augmentation significative de mes apports en calcium, parce que je ne mange pas assez de produits laitiers

– plus d’alcool, non que je sois accro mais bon

– un contrôle beaucoup plus strict de mon alimentation et des produits que j’utilise, y compris cosmétiques

Je fais là un résumé, car je ne me rappelle même de tout ce que j’ai décidé de bannir de ma vie. Je crois même, mais cela me paraît improbable, que dans un moment d’égarement j’ai parlé de faire de l’exercice. Ouais, genre du sport. J’ai craqué le string.

Est-ce exagéré ? Sans doute. Mais je commence à peine à me détendre, au moment où je vous écris. À ce moment-là, je n’avais qu’une chose en tête : que tout soit fait parfaitement, sérieusement. Je voulais anticiper au maximum, contrôler ce qui était contrôlable, car en vérité je maîtrise bien peu dans cette histoire.

Et puis il faut dire aussi que plus le temps passe plus je trépigne d’impatience, et donc je remplis cette attente comme je peux. La plupart de mes pensées tournent autour de l’avenir, de notre futur statut de parents, de ce mini nous qui sera le fruit d’un bel amour.

Et j’achève ici la série de flashback destinée à vous raconter comment j’ai vécu les six derniers mois avec cet enfant qui a pris sa place dans ma tête, de plus en plus de place. Je vais enfin pouvoir écrire au présent, raconter la dernière ligne droite avant le début des essais, et j’espère très bientôt le début de la plus grande aventure de notre vie!