L’échographie du premier trimestre

Il y a une semaine, nous avons fait l’échographie du premier trimestre, celle qui est sans doute la plus belle de toutes, en tout cas c’est le souvenir que j’en ai.

Je n’ai pas pu aller à la maternité comme pour la première, faute de place. On m’a donné la liste des cabinets privés habilités à pratiquer l’évaluation des marqueurs de la trisomie, et sans surprise très peu de praticiens font cet examen. Nous sommes donc allés dans la ville où nous habitions avant, à environ une heure de route de la maison.

Ce jour-là avait mal commencé, et, contre tout attente, nous n’y sommes même pas allés très enthousiastes. Cela a vite changé. Déjà, la première bonne surprise a été d’être pris pile à l’heure (à la maternité il faut compter entre une et trois heures d’attente). Autant dire que, même avec le trajet, on gagne du temps !

Nous voici donc dans une jolie pièce aux lumières tamisées, après le questionnaire d’usage, installés face à un écran. Et là, un bébé apparaît. Un vrai bébé, pas un haricot, un bébé avec des bras, des jambes, des mains, des pieds… Un visage. On a beau le savoir pour l’avoir déjà vécu, c’est un choc. Mon homme me prend la main, mes yeux sont humides, et ainsi commence une demi-heure magnifique.

La gynéco nous montre tout, nous explique chaque mesure, nous parle du cœur, du cerveau, agrandit son visage, nous dit qu’il a déjà un os du nez. On apprend, on se tait, on ouvre grand les yeux. On regarde ce bébé, sans trop comprendre comment cela est possible. C’est toujours aussi surprenant de voir une telle chose au bout de deux petits mois. Elle nous fait même écouter son cœur, pour la première j’avais attendu 7 mois pour l’entendre. Nos regards se croisent parfois, on se sourit, sa main serre plus fort la mienne, et le reste n’existe plus.

Après les mesures et le contrôle des organes, la gynéco fait une rapide 3D. Et là, nos yeux s’écarquillent devant un petit bout de bébé qui se tourne, se frotte les yeux, étire ses bras en l’air… On le regarde bouger, ce petit miracle, et on se tait encore. Qu’est-ce qu’on peut dire devant ce spectacle ?

Retour à la lumière du jour, les yeux emplis d’étoiles. Les soucis ? Qu’est qu’on en a à faire ? On a un bébé en pleine forme. On a vu notre enfant bouger. L’essentiel est là. Pour rien au monde je ne changerais ma vie. J’ai trouvé en mon mari un amour comme on en rencontre peu, nous avons une petite fille merveilleuse et en bonne santé qui nous rend un peu chèvres, et un bébé en train de grandir dans mon ventre, lui aussi va très bien et nous rendra chèvres bientôt.

J’ai savouré ce moment, et il a changé notre façon de voir si radicalement que les bonnes nouvelles sont arrivées dès le soir. La loi d’attraction, décidemment… J’ai beau le savoir, cela me surprend encore.

Je ne sais pas si je réalise vraiment qu’un deuxième enfant va entrer dans notre vie. En fait, non, je ne réalise pas du tout. Mais maintenant je sais qu’il est là, je commence à sentir sa présence, et mon petit ventre me semble empli de promesses. Je sens que je vais encore aimer cette grossesse !

La visite du 9ème mois

Mardi est à marquer d’une pierre blanche, puisque c’était le jour des derniers rendez-vous. Le dernier cours de préparation à la naissance, et la visite du 9ème mois à la maternité. Cela nous a laissé une impression étrange… la fin est là, on ne peut l’ignorer !

J’ai fait un petit crochet par le bureau de l’anesthésiste… Un vrai con, contrairement à celui qui assure les réunions d’information. J’ose à peine imaginer son affabilité à trois heures du matin… Quand je lui ai demandé si à priori c’était bon pour une péridurale (il a fait la gueule à la mention de mes hernies discales), il m’a répondu que ça dépendait en autre de sa disponibilité, parce que, bon, dès fois il a mieux à faire. Un vrai bonheur cet homme, vraiment… Bref !

J’avais hâte de savoir ce que la sage-femme allait me dire, comment cela s’annonçait à moins de deux semaines du terme. Avant de m’examiner, elle m’a dit qu’en fonction de l’état de mon col elle pourrait me proposer « d’accélérer un peu les choses », à moins que je préfère laisser faire la nature. J’ai été surprise sur le coup, et j’ai compris ensuite qu’à ce stade beaucoup de femmes doivent la supplier de faire sortir leur bébé. C’est vrai, on entend très souvent les femmes dire qu’elles en ont un peu marre sur la fin, et c’est compréhensible. Dans mon cas, comme je vous le disais, je suis en forme, et je n’ai absolument pas envie d’activer les choses. Bien entendu, j’ai hâte de voir ma fille, mais je lui laisse le choix de sa date de naissance… car je suis convaincue que ce n’est pas juste un chiffre.

Bref, je lui ai donc répondu que je préférais laisser la nature suivre son cours, en me demandant bien ce qu’elle aurait fait pour accélérer le processus. Deux heures plus tard, la sage-femme qui  nous donne les cours de préparation nous éclairera : un massage du col, qui peut déclencher des contractions suffisamment efficaces dans un délai de 48h. À l’examen, tout va bien, et le col est un peu plus ouvert désormais, et presque effacé. Le terrain est donc favorable, ça se prépare doucement, et il ne manque plus que des contractions pour lancer la machine. « Ça se présente très bien » a-t-elle conclut. Bon ! Il n’y a plus qu’à attendre, et profiter de ces derniers jours.

Si la princesse n’a pas montré son auguste nez, je dois aller à la maternité le jour du terme, le 21 avril. Comme c’est un dimanche, j’ai le numéro du service, et il me suffira d’appeler pour savoir à quelle heure je peux passer pour un monitoring. C’est comme passer prendre le café chez une copine en fait, sauf que je sens qu’on va encore me demander d’enlever ma culotte… Sauf bien sûr si notre petit rayon de soleil se décide à nous offrir sa lumière un peu avant !

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La visite du 8ème mois

Jeudi s’est achevé mon huitième mois de grossesse. Ce fut aussi le jour de ma première sortie depuis trois semaines, puisque j’avais rendez-vous avec le gynéco de l’hôpital pour le suivi mensuel.

Tout va bien, j’ai vu et entendu brièvement le petit cœur de ma princesse, qui est toujours « un beau bébé ». Le col est court et légèrement ouvert, ce qui à ce stade est plutôt normal. Et la bonne nouvelle c’est que mon bassin est adapté à la grosse tête de mon gros bébé. « Mais qui a dit qu’elle avait une grosse tête ? » a demandé le médecin. « Vous ! ». Léger sourire : « Oui, c’est vrai qu’elle était au plafond des courbes de croissance… » Ah ah, gros malin ! « Mais ne vous en faites pas, vous allez y arriver! » Bon, s’il le dit…

Il m’a demandé de tenir « 2 jours minimum, 16 jours ce serait le top ». Donc aujourd’hui j’ai rempli le contrat des 37 semaines d’aménorrhée, nous sommes sortis de la prématurité sans difficultés finalement. Deux semaines de plus seraient idéales, je pense qu’on peut le faire !

Cette semaine je reprends les cours de préparation à la naissance en ville, donc je vais de nouveau me déplacer un peu. Je recommence à bouger, tranquillement, dans la mesure où mon corps me le permet. Je me suis lancée dans le lavage et le repassage des affaires du bébé, cette semaine je vais enfin boucler mes valises pour la maternité. Oui, en théorie ça devrait être fait depuis un moment, mais bon !

Prochain rendez-vous de suivi le 9 avril, soit moins de deux semaines avant la date prévue d’accouchement, vais-je tenir jusque-là ?  Je le crois, on verra si j’ai raison ! Sinon… je fêterai mes 30 ans à la maternité, mais avec des sushis pour la peine !!

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L’échographie du troisième trimestre

L’article d’hier n’était pas franchement gai, aussi j’ai préféré vous raconter l’échographie séparément. Parce qu’il y a tout de même d’excellentes nouvelles, et la principale est que mon bébé se porte comme un charme. Et c’est ça le plus important pour l’instant.

Hier donc, après cette échographie du col quelque peu perturbante, nous avons fait l’échographie du troisième trimestre. Alors déjà la puce a toujours la tête en bas, mais ça on l’avait compris, la bonne blague ! La première chose que le gynéco a dite : Oh, elle a une grosse tête ! Hum… mais encore ? Non, c’est juste que depuis le matin il voyait uniquement des petits bébés, alors là ça lui faisait du changement. Du coup il s’est détendu. Et ce n’était pas gagné, car il a dû descendre deux fois à la maternité dans la matinée, ce qui nous a valu plus de deux heures d’attente et d’entendre un aperçu de sa mauvaise humeur avant qu’il vienne nous chercher…

Rien de particulier durant l’échographie, c’est vrai qu’à ce stade il fait des coupes et qu’on ne comprend pas du tout ce que l’on voit. De le voir distinguer les organes uns à uns dans cette brouillade force le respect je dois dire. Nous avons tout de même pu observer le cœur battre en gros plan, et cela nous paraît toujours aussi hallucinant… Un cœur qui bat, mais comment a-t-on fait ça ? Il nous a aussi montré son profil, et ses narines vues d’en-dessous. Oh, les jolis trous de nez de ma fiiiille !

Comme la dernière fois, il nous a fait un aperçu en 3D de son visage, et cette fois elle ne s’est pas cachée sous ses mains… Nous avons vu le visage de notre bébé. Difficile de décrire ce que j’ai éprouvé… C’est à la fois merveilleux, fascinant et effrayant… En tout cas c’est un grand moment que cette première découverte, même si l’image n’est pas totalement nette. Sur le moment, l’Homme et moi avons eu la même réflexion : cette bouche, ce nez… on dirait qu’elle est typée café au lait cette petite ! Il faut savoir que mon mari a des origines antillaises. Notre bébé a donc une petite part des îles dans ses gènes… En fait elle est le fruit d’un mélange plutôt hétéroclite, ce qui laisse le suspense entier, mais laisse imaginer un joli résultat. Aura-t-elle hérité de  raits de son arrière-grand père métis ? Impossible à dire. Mais après avoir regardé tranquillement l’image je suis sûre qu’elle ressemble à son papa. Elle a le même air que lui quand il boude, je pense qu’elle a dû moyennement apprécier que le gynéco lui appuie dessus comme ça. Le papa est trop fier, à moitié gaga déjà, sa fille c’est la plus belle et puis c’est tout.

Et elle n’avait pas fini de nous épater… J’attendais avec impatience de connaître l’estimation de son poids, sachant qu’à la seconde échographie elle était de 700 grammes, contre 500 grammes en  moyenne. J’avais lu qu’à ce stade il devait se situer autour des 1Kg700, et c’est d’ailleurs le poids estimé du bébé de l’une des mamans avec qui je prends les cours de préparation lors de sa 3ème écho. Le gynéco nous a dit que c’était un très beau bébé, c’est donc d’une main tremblante que j’ai saisi le compte rendu… 2Kg400, ma fille pèse 2Kg400 ! Ah oui, en effet, un très beau bébé ! C’est simple, sur les courbes de croissance on passe de chiffres pile dans la moyenne lors de la dernière écho à des valeurs qui frôlent, voire dépassent légèrement, la ligne maximum.

Les points positifs de tout ceci : ma fille va très bien, c’est un beau bébé et ça me réjouit, elle doit être hyper intelligente et finalement je n’ai pas tant grossi que ça du coup (c’est ELLE qui pèse lourd). Pour le reste… ça n’a fait rire que mon mari que le périmètre crânien soit au plafond, on voit que ce n’est pas lui qui va devoir la passer, cette jolie tête de futur prix Nobel. Devant mon air désemparé, et les blagues pas drôles de mon homme (c’est à force de lui dire qu’elle est belle ça, je suis sûr que son tour de chevilles est élevé aussi), le médecin a réprimé un sourire (mais pas assez pour que je ne le vois pas) et m’a dit de ne pas chercher à trop analyser tout ça. Que de toute façon elle sortira, d’une manière ou d’une autre. Je ne sais pas pourquoi, mais le « d’une manière ou d’une autre » ne me dit rien qui vaille…

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Visite du 7ème mois, une petite menace de prématurité…

Hier a marqué le début du suivi de ma grossesse à l’hôpital, obligatoire à partir du 7ème mois. Ce n’est donc pas ma gynéco libérale qui a assuré le suivi mensuel, mais une sage-femme de la maternité. J’avais peur d’avoir affaire à la même que lors de l’entretien précoce, qui s’était plutôt mal passé, aussi mon soulagement a été grand en découvrant cette femme joviale, très à l’écoute, qui m’a mise à l’aise. Et cela commençait d’autant mieux qu’elle m’a fait écouter le cœur du bébé, que je n’avais encore jamais entendu ! Oui, lors de la première échographie mon petit cabri bougeait trop pour qu’on arrive à se caler sur son cœur, et lors de la seconde je crois que le médecin n’a même pas songé à nous faire écouter… Bref, j’ai découvert ce bruit étrange, ce battement fort et rapide, un son que j’aurais pu écouter pendant des heures. Un rythme parfait, ma fille est en pleine forme.

J’ai parlé à la sage-femme d’une vive douleur à l’avant du bassin qui a fait son apparition il y a quelques jours, en sachant ce qu’elle allait me dire : c’est la symphyse (le devant du bassin) qui s’écarte en prévision de la naissance. En fait j’ai découvert que les douleurs de décembre et celles-ci sont toutes le fait du syndrome de Lacomme, en gros une inflammation des ligaments du bassin. Rien de grave, mais pas grand-chose à faire pour soulager.

Puis vint le moment de l’examen. J’ai regardé la sage-femme, je savais ce qu’elle allait me dire, et je l’ai vue faire une drôle de tête et s’assurer qu’elle ne se trompait pas. Ce coup-là, je l’ai vu venir quelques jours avant… Je trouve votre col un peu court… a-t-elle dit. Oui, mon col a commencé à bouger sous la pression de la tête de bébé. Elle m’a interrogée sur d’éventuelles contractions, mais il est difficile d’être catégorique : parfois j’en ai de douloureuses, mais très peu, d’autres fois mon ventre se durci sans que cela fasse
mal, et c’est plus courant. Comme j’avais rendez-vous le lendemain pour l’échographie du 3ème trimestre, elle a demandé à ce que le gynéco fasse une échographie du col pour le mesurer plus précisément. En attendant, elle m’a préconisé le repos, car si elle ne se trompait pas cela pouvait être une menace d’arrivée prématurée du bébé.

Je suis sortie sereine, j’ai appelé mon mari pour lui raconter, et il a semblé plus inquiet que moi sur le moment. C’est que je n’étais pas surprise, j’avais senti une pesanteur plus grande, presque une gêne, et depuis quelques jours je limitais de moi-même mes mouvements. Mais pas de quoi s’inquiéter, ma fille est un gros bébé, alors elle pèse un peu, voilà tout, me suis-je dit.

J’avais pris un rendez-vous avec une sage-femme acupunctrice dans la foulée, en espérant qu’elle pourrait un peu calmer ces ligaments capricieux. Bon, j’aurais du mal à vous parler de l’acupuncture en elle-même, vu que c’était une première pour moi… Mais lorsqu’elle m’a laissée dans la pénombre avec les aiguilles une boule s’est formée dans ma poitrine. Est-ce le travail des points sensés détendre ? Sur le moment je n’y ai pas vraiment réfléchi. La séance terminée, elle m’a proposé un rendez-vous pour la semaine suivante, arguant que l’acupuncture pouvait également réduire les contractions, car je lui avais raconté le rendez-vous précédent. Mais elle s’est alors lancée dans un discours plutôt déstabilisant, me disant que si jamais j’étais hospitalisée elle annulerait le rendez-vous, mais qu’il serait bien de tenir encore au moins trois semaines. Puis elle a noté MAP sur sa fiche (j’apprendrais le soir que cela signifie menace d’accouchement prématuré). Et là, j’ai commencé à vaciller un peu. Hospitalisée d’ici lundi prochain ? Non, elle débloque…

Ce n’est qu’en rentrant chez moi, et en racontant plus en détails la matinée à mon homme que j’ai reçu le choc qui était resté en suspens depuis le froncement de sourcils de la sage-femme à l’examen. Lorsque je lui ai répété la phrase « il faut tenir encore 3 semaines », les digues ont rompu et les larmes ont coulé. Je venais brusquement de réaliser les conséquences de tout ceci. Oui, je sentais que le bébé appuyait plus fort, oui je savais pertinemment que mon col aurait bougé un peu, mais je n’ai pas compris avant ce moment-là que cela signifiait peut-être que ma fille menaçait d’arriver. Alors qu’il reste deux mois avant le terme…

Je vous passe la vingtaine d’heures qui se sont écoulées entre ces rendez-vous et l’échographie de ce matin, même si j’y reviendrai sans doute, dans la mesure où il me faudra écrire pour exorciser tout ça. Au point du jour néanmoins tout semble plus facile, rien n’est aussi désespéré qu’à la faveur de l’obscurité. La nuit, tout est tellement plus noir… Nous sommes partis presque sereins pour cette écho, qui allait confirmer ou non les soupçons de la sage-femme.

Deux heures après l’heure dite, c’était notre tour, et je maudissais cette station assise peu recommandée. Le gynéco a commencé par la mesure du col, et en effet il est apparu que celui-ci s’est un peu raccourci. Il a été très clair : vous êtes à 29-31 millimètres, à 26 je vous aurais hospitalisée d’office. En clair, je suis à cinq millimètres maxi de la menace d’accouchement prématuré. Difficile de savoir s’il y a lieu de s’inquiéter, puisqu’il m’a expliqué que je pouvais très bien arriver à terme, voire même le dépasser, avec un bébé qui appuie et un col court. Mais il ne faut pas que ça bouge encore par contre. Conclusion : repos, repos, repos. Pas nécessairement strict, mais je dois me ménager au maximum.

Je vois mal comment en faire moins, puisque depuis quelques temps déjà mon homme se charge du plus gros du ménage et m’accompagne pour les courses, que je fais la sieste et que je ne soulève plus ne serait-ce qu’un pack d’eau. A ce stade, en faire moins signifie faire corps avec le canapé une bonne dizaine d’heures par jour. Bien entendu, je ferai tout pour éviter à ma fille d’arriver trop tôt. Ce qui m’inquiète c’est que je me reposais déjà pas mal, et visiblement cela n’a pas empêché la modification du col… Bref, je revois la sage-femme la semaine prochaine, et si rien n’a bougé d’ici là on pourra se détendre. Sinon… je préfère ne pas trop y penser.

Heureusement, il y eut ensuite l’échographie à proprement parler, mais cela mérite un article à part entière, et il sera nettement plus gai.

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La visite du 6ème mois

Le lendemain du test de dépistage du diabète, je suis allée à mon rendez-vous du 6ème mois, juste après avoir récupéré mes résultats. Première bonne nouvelle : pas de diabète gestationnel.

J’ai voulu parler un peu des douleurs dans le bassin, la réaction de ma gynéco a été « je m’en fous complètement, ma grande ». Enfin, évidemment elle ne l’a pas formulé ainsi, ça ressemblait plus à « mouais, oh, c’est mécanique… », mais le fond du message est le même, je pense. Un rapide examen pour vérifier la fermeture du col, et elle m’a annoncé que le bébé commence à appuyer dessus. J’ai eu une seconde de sueurs froides avant qu’elle me dise que c’est parfaitement normal. Bref, contrôle technique ok.

Comme toujours, elle m’a fait une rapide échographie, et c’est toujours un bonheur de voir ma petite chérie, même furtivement. Cette fois gros plan sur son profil, et sur son petit cœur. Mon homme m’avait accompagnée, nous avons donc savouré ce petit bonus ensemble. Le cœur de notre fille, on ne s’en lasse pas ! La nouveauté, c’est qu’elle avait la tête en bas pour la première fois, peut-être le résultat de la dernière séance d’haptonomie… Et la gynéco nous l’a confirmé : oui, en effet, il semble que ce soit un gros bébé !

Sans surprise, elle a fait la grimace lorsqu’elle m’a pesée. Pourtant la prise de poids avait ralenti… avant de repartir de plus belle. J’en suis à plus de 15Kg, et je m’en tape, mais pas elle visiblement. J’ai pris mon air le plus innocent pour lui affirmer que je ne mangeais guère plus qu’avant, et c’est vrai que mon appétit n’est plus celui du début… Sauf qu’en regardant le visage de l’homme j’ai compris que ce n’était pas tellement la réalité. Il m’a démontré après coup qu’effectivement je mange comme un ogre, mais passons.

Tout ça, c’est la routine, mais malgré tout ce rendez-vous avait quelque chose de spécial. C’est la dernière fois que je voyais cette gynéco, puisqu’à partir du 7ème mois il est obligatoire d’être suivie à l’hôpital. Quand nous sommes sortis, j’étais émue. Cinq mois plus tôt, dans ce même couloir, j’ai libéré les larmes que j’avais contenues durant le premier rendez-vous de suivi. J’étais enceinte de 7 semaines, et nous venions de découvrir pour la première fois notre bébé à l’écran, un tout petit haricot avec un cœur qui battait. Toutes mes craintes venaient d’être balayées, d’autres allaient naître, cette vision nous avait bousculés. Lui était ému, je m’étais effondrée sur son épaule et j’avais versé des larmes de joie, celles qu’on verse lorsqu’un rêve se matérialise. Ici même, dans ce couloir. Il y a cinq mois à peine. Il y a cinq mois déjà.

Cette fois j’ai gardé cette émotion au fond de la gorge, et nous sommes allés acheter les biberons que j’avais repérés. Arrivée à la maison, j’ai déballé le plus petit d’entre eux, et les digues ont lâché. J’ai pleuré comme je n’avais pas pleuré depuis des semaines, dans les bras de mon homme, ce petit biberon à la main. Et les larmes reviennent en écrivant ces mots, tant je suis heureuse de cette grossesse, et tant je suis bouleversée à chaque fois que je me repasse le film dans ma tête. Le test positif, le petit haricot, la première écho à l’hôpital Et maintenant le troisième trimestre qui commence, une toute petite fille qui communique déjà avec nous, que de chemin parcouru pour elle comme pour nous !

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Le test de dépistage du diabète gestationnel

Voilà, il fallait que cela arrive un jour : la semaine dernière j’ai fait le fameux test de dépistage du diabète gestationnel que la gynéco m’a prescrit mi-décembre. Il y a un mois j’étais clouée au lit, ce qui a eu au moins l’avantage de différer considérablement l’évènement. Puis, lorsque je suis allée mieux et que je me suis décidée, la météo annonçait de la neige, et mon mari m’a déconseillé d’y aller, au risque de me retrouver bloquée ensuite. Et je suis une femme obéissante, voyez-vous… Bref, ce n’est pas faute de l’avoir repoussé au maximum, mais je me suis retrouvée à court d’excuses à un moment donné.

J’ai donc pris mon courage et un bon bouquin à deux mains, et je suis bravement allé affronter la bouteille de glucose. J’avais pris soin de choisir un grand laboratoire, et de téléphoner avant pour m’assurer que je ne passerai pas deux heures dans la salle d’attente. Puisqu’il est interdit de quitter les lieux dans l’intervalle, autant être relativement bien installée !

Première prise de sang, à jeun, et une légère crainte en regardant la petite bouteille remplie d’un liquide orange. J’en ai tellement lu sur ce glucose que j’avais vraiment peur de ne pas arriver à l’absorber (oui, c’est VOTRE faute !). Du coup, lorsque j’ai commencé à le boire, j’ai été surprise et soulagée : ce n’était que ça ! En fait ça ressemble à un sirop contre la toux, goût orange, qui a le mérite de sortir du frigo en plus. Et c’est de ça dont vous faites toute une histoire, bande de chochottes ? J’ai eu une pensée ironique pour chacune d’entre vous, petites joueuses. Puis je suis arrivée au dernier tiers de la bouteille, et j’ai ravalé ma poussée d’orgueil en même temps que mon vomi (non, je déconne, j’avais juste envie d’écrire ça, c’est tellement classe !). En fait, sur la fin c’est difficile, et après ingestion une légère nausée a persisté longtemps… Rien d’insurmontable, mais en effet c’est dégueu.

La laborantine m’a laissée dans la salle, non sans avoir au préalable réglé le fauteuil en position semi couchée et m’avoir apporté une couverture toute douce. J’ai commencé à lire, essayant de passer outre cet écœurement persistant, puis le manque de sommeil m’a sauvée. Car cette nuit-là faisait partie de celles où je dors deux ou trois heures maxi, mes préférées. Avant de sombrer dans le sommeil, j’ai eu le réflexe de mettre mon manteau sous ma tête à la place de la couverture, au cas où je bave (j’ai eu une pensée pour la maman de Mon Blog de Bébé), et de faire une courte prière pour ne pas ronfler comme la princesse que je suis.

Une heure plus tard, réveil en sursaut avec le retour de ma geôlière, qui m’a de nouveau torturée avec son aiguille et son manque de douceur notoire (depuis, j’ai l’intérieur du coude bleu jusqu’au milieu de l’avant-bras). J’ai entendu ses collègues lui dire dans le couloir « Elle dort carrément, la dame ? Remarque au moins elle ne s’ennuie pas ! ». Bande de jalouses, parlez moins fort, merde ! Retour au noir. Encore une heure, et une autre femme est venue me tirer de mes rêves en souriant devant mes cheveux en bataille et la grosse marque sur ma joue. Dernière piqure, et me voilà libérée, enfin.

J’avais une dalle intersidérale, et j’étais trop mal pour attendre avant de manger. J’ai donc eu le raisonnement suivant : les résultats du lendemain allaient peut-être me condamner à un régime alimentaire d’ascète, alors autant exaucer mes dernières volontés diabétiques. Un M jaune m’a ouvert les bras, et 18 minutes plus tard j’étais chez moi en train de me taper deux Big Mac. God bless America.

L’échographie du second trimestre, et la découverte du sexe du bébé

fille ou garçonLe grand jour est arrivé, ce fameux 18 décembre dont on parle depuis deux mois bientôt. L’échographie du second trimestre, celle qui allait lever le voile sur le mystère ultime : le sexe du bébé. Et oui, si vous avez suivi vous savez que ce cher ange dormait pendant la visite du 4ème mois, et donc l’écho éclair n’avait rien montré ce jour-là. On savait que cela pouvait arriver, nous nous étions donc mis en tête l’échéance de décembre pour être sûrs.

Évidemment le but est avant tout de voir si le bébé va bien, puisque le médecin vérifie pas moins de 120 items différents. Mais de ce côté-là j’étais sereine. Depuis que je le sens bouger, je sais qu’il est en pleine forme, je n’ai aucune inquiétude. Enfin, si, j’en avais une… le week-end précédent le rendez-vous, on m’a demandé quatre ou cinq fois si c’était des jumeaux. Rapport au volume de mon ventre. « Quatre mois et demi ? Ah, c’est des jumeaux ? Non ? T’es sûre ? Oh, tu sais parfois ils ne le détectent que très tard… ». Sérieusement les gars, c’est un truc à dire à une femme enceinte ça ? Qui plus est quand elle vient de se ruiner en poussette monoplace ?  Bref, de toute façon je savais bien qu’il était tout seul mon bébé.

Le médecin nous a demandé si nous voulions connaître le sexe avant de commencer, et effectivement il vaut mieux qu’il s’en assure avant. Parce que lorsqu’il est arrivé à la zone fatidique j’ai tout de suite compris ce que je voyais. Il est resté quelques secondes au même endroit pour prendre une mesure, et je me demandais si je rêvais, vu que ni lui ni mon mari ne disaient rien. Pourtant, on dirait vraiment… Au moment où j’allais poser la question, il a annoncé le sexe d’une voix monocorde, puis a enchaîné direct avec l’estomac et la vessie, sans plus de cérémonie. Mais le temps s’est arrêté.

Dans la pénombre, mon homme m’a pris la main. J’ai senti des larmes couler. Pourtant je le savais, j’en étais sûre. Je l’ai toujours su, et si j’ai eu des doutes des rêves m’ont confortée à plusieurs reprises dans mon intuition au cours des dernières semaines. Mais c’est une chose de se le dire, ça en est une autre de se l’entendre confirmer et de le voir sur un écran. Voilà, c’est officiel. Et ce bébé prend vie pour la énième fois. Car à chaque étape de la grossesse, il devient plus réel, il prend sa place dans la famille, dans nos cœurs, dans le monde. Il nous a montré ses goûts et sa vitalité en bougeant de plus en plus fort, et nous avons réalisé que nous n’étions déjà plus tout à fait deux. Mais maintenant il est encore plus facile de l’imaginer, et des images peuvent se mettre sur les mots, plus nettes.

Dans environ quatre mois, je vais donner naissance à une petite fille. Ma fille. Notre fille.

Ce n’est plus « bébé », c’est ELLE. Son papa ne dit plus « bonne nuit bébé », il dit «bonne nuit mes chéries ». Une deuxième femme vient d’entrer dans sa vie, et elle a bien de la chance. Moi je n’ai pas de mots. Je crois qu’elle est déjà ma lumière.

Nous n’avions pas de préférence, nous aurions été heureux dans les deux cas. Et il faut dire aussi que dans les deux cas il me faut dire au revoir à une des deux images que j’avais dans la tête, parfois. Cette fois, je dois donc le dire au petit garçon que j’avais imaginé, en sachant au fond de moi que nous nous reverrons dans quelques années. Et j’accueille cette petite princesse avec joie, impatiente de la voir sourire et de l’entendre rire. Il va falloir lui trouver un prénom, le débat promet d’être houleux ! Mais je pense qu’elle saura nous le souffler…

J’en sais un peu plus sur elle : elle pèse 700 grammes, et apparemment c’est au-dessus de la moyenne, elle chausse du 44 millimètres, elle est en pleine forme, elle a grandi de façon vertigineuse pour atteindre une bonne trentaine de centimètres, et elle aime garder du mystère. Car lorsque le médecin a voulu faire un plan en 3D sur son visage, elle l’a caché derrière ses mains, à deux reprises. Seule sa bouche était visible, et je sais maintenant qu’elle a les lèvres de son père. Pour le reste, il nous reste à la découvrir fin avril, et c’est très bien comme ça.

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