La bipolarité de la mère

Ces derniers temps, je prépare souvent des articles dans ma tête, articles que je n’ai jamais le temps de rédiger vraiment, encore moins de publier. Quand j’ai un moment, je suis bien en peine de m’en souvenir, sans doute car une moitié de mon cerveau se repose pendant que l’autre reste en éveil (merde, je suis en train de me transformer en dauphin !).

Bref, je m’aperçois tout de même que si je pouvais publier chacun de ces articles, vous vous feriez sans doute du souci sur ma santé mentale… « Elle est complètement bipolaire, c’te pauvre fille ». Et vous auriez sans doute raison.

On dit qu’il y a des jours avec et des jours sans. Si seulement. Mes montagnes russes à moi ont une fréquence plus propice au vertige, avec une descente toutes les dix minutes environ. Bon, j’exagère, mais je m’explique.

Il y a ces moments merveilleux où je la regarde, ébahie de la voir si belle, si pleine de vie, où je me dis que je n’ai jamais rien regardé d’aussi beau de toute ma vie.

Il y a ce moment où elle se met à hurler parce que je lui enlève mon téléphone des mains.

Il y a ce moment où je la regarde explorer sa chambre, jouer, marcher à quatre pattes et se redresser, et où je constate tout ce qu’elle a appris.

Il y a ce moment où ça dégénère, où elle devient incontrôlable, où il faut chercher comment désamorcer cette boule d’énergie et de colère.

Il y a ce moment où elle me regarde et me sourit dans son bain, puis se remet à tout éclabousser en riant.

Il y a ce moment où je m’énerve parce qu’elle retire son pied du pyjama pour la quatrième fois en pleurant, où elle cogne et se tord.

Il y a ce moment où je la prends dans mes bras, où je lui dis que je l’aime, où je sens son odeur dans son cou.

Il y a ce moment où elle râle non stop jusqu’à ce que je n’en puisse plus (c’est rapide en général, mon seuil de tolérance est au plus bas).

Il y a ce moment où je la contemple, endormie, et où je pleurerais d’amour.

Il y a ce moment où elle se met à crier au milieu de la nuit, pile au moment où je sombre enfin dans le sommeil.

Il y a ce moment, dans le noir, où je sens que sa petite tête s’abandonne dans mon cou, où je sens son souffle s’apaiser, où elle est mon tout petit bébé.

Tout bascule d’une minute à l’autre. Ma fille est belle, merveilleuse, intelligente, éveillée, drôle… et gonflante, capricieuse, colérique. Un instant je me demande de quoi je me plains, l’instant d’après je me rappelle à quel point je suis à bout. Rien au monde ne me séparerait d’elle, et pourtant j’ai parfois envie de m’enfuir quelques heures.

Je pourrais, dans la même journée, vous écrire en pleurant des mots gris et ternes, et d’autres bien roses et bien sucrés comme on les aime. Je vous ferais un bilan de neuf mois difficiles et éprouvants pour tous les trois, et je vous écrirais quel bonheur ce petit soleil a mis dans nos vies depuis sa naissance. Je vous dirais que nous n’avons jamais eu plus de deux jours calmes d’affilée, mais aussi tout ce qu’elle a appris, tout ce qu’elle a souri, tout ce qu’on a ri. Vous pourriez vous y perdre, ou peut-être au contraire vous y retrouver. Si le temps revient, ou bien s’il s’arrête, vous êtes prévenus : ça n’aura ni queue ni tête.

bp

Le chapitre noir du carnet rose

Je viens de m’apercevoir que je n’ai rien écrit sur le blog depuis un mois et demi… Je ne m’en rendais pas compte, vu que je donne des nouvelles régulièrement sur hellocoton. Alors j’ai commencé à écrire, à vous raconter ces dernières semaines, et les mots sont venus tout seuls, plus noirs que ce que j’aurais cru, mais peut-être nécessaires. Je crois que je viens d’écrire le chapitre le plus noir du carnet rose. La bonne nouvelle, c’est que si vous le lisez c’est qu’il est clôt, ou pas loin de l’être.

Fin octobre, la situation était merdique : la puce ne faisait plus ses nuits, faisait des crises à chaque biberon, n’arrêtait pas de pleurer. Verdict de la pédiatre : elle est chiante, surtout ne la prenez pas la nuit. Ben non, hein, un bébé de six mois qui hurle tu le prends pas deux minutes aux bras, voyons. Bref, après une semaine de nez qui coule et de bébé râleur (qui n’avait rien, donc), je suis allée voir ma généraliste. Et là, truc de fou : elle lui a regardé les oreilles. Si si, je te jure. Bref : rhino + otite. Joie.

La généraliste m’a écoutée, et m’a donné raison : mon bébé n’avait pas un comportement de bébé qui va bien. Elle m’a conseillé un pédiatre dans un hôpital vraiment pas à côté de chez moi, mais qu’importe. Je n’ai pas réussi à avoir de rendez-vous… Là, j’ai clairement baissé les bras. Marre de passer pour l’hystérique de service, de pleurer, de me plaindre, de parler à des murs. J’ai passé mes journées à essayer de garder mon calme devant un bébé sans cesse en train de râler, qui ne m’autorisait même pas de quitter la pièce deux secondes. J’ai passé mes nuits à me lever, à la calmer et à lui tenir les mains dans le noir jusqu’à ce qu’elle s’endorme et qu’elle arrête de les agiter. J’ai pleuré, j’ai perdu patience, et j’aime autant vous dire que mon couple a pris cher. Et puis un soir mon homme m’a parlé. Il trouvait que je m’énervais trop, que je criais trop souvent sur la petite, que j’étais tout le temps sur les nerfs et que ça n’arrangeait rien. Il ne me reprochait rien, il voulait que j’en prenne conscience. Ça fait mal de l’admettre, mais il avait raison. Je vous dit pas, côté culpabilité j’étais au top niveau. Si j’avais écrit à ce moment-là, je vous aurais dit à quel point j’étais une mauvaise mère, que je n’aurais jamais dû avoir d’enfant tellement je suis incapable de m’en occuper, tellement tout ça me dépasse.

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Et puis l’Homme a dû partir deux jours dans sa famille, et j’ai passé ma première soirée toute seule avec la petite. J’ai affronté les pleurs habituels, la lutte pour le biberon, pour l’empêcher de se jeter en arrière… le lendemain j’ai pris rendez-vous à l’hôpital où j’ai accouché. J’avais un rendez-vous programmé avec eux, mais sous un délai trop long, et je ne pouvais plus attendre. L’après-midi même, je me suis assise en face d’un pédiatre, et je l’ai prévenu : « Bon, autant que vous le sachiez je vais pleurer. » Et, entre deux sanglots, je lui ai tout dit. Que je n’en pouvais plus, que la pédiatre s’en tapait, que la petite n’arrêtait jamais, que c’était l’enfer, mais qu’en société elle était toute gentille et que personne ne me croyait. Il s’est pris sept mois de désespoir dans la figure. Et là, il m’a dit un truc incroyable : « Je vais l’examiner, et après on va parler. » Incroyable, oui, parce que ma pédiatre habituelle, quand je  commençais à lui parler me coupait en me disant « Euh, vous la déshabillez pas ? » et terminait la consult pendant que je rhabillais la petite (qui hurlais, hein), et me demandait de terminer de l’attacher dans le couloir.

Ce jour-là, bizarrement, je me suis dit qu’ils allaient garder ma fille en partant pour le rendez-vous. Aussi, quand le pédiatre m’a regardé et m’a dit « J’ai une chose à vous proposer, qui pour moi est la meilleure solution, mais je ne sais pas si vous allez être d’accord… » j’ai compris de quoi il allait parler. Il voulait la garder 48h en observation. Je n’ai même pas hésité une seconde, forcément j’étais d’accord, j’étais d’accord avec tout du moment qu’on s’occupait de ma fille pour trouver ce qui n’allait pas. À la condition évidemment que je ne la quitte pas d’une semelle, mais ça c’était évident.

Le lendemain matin, nous étions tous les trois dans une chambre du service pédiatrie, face à un interne de l’équipe qui nous a expliqué qu’ils suspectaient une intolérance aux protéines de lait de vache. Lorsqu’il nous a dit que ces protéines étaient présentes dans le lait 2ème âge, la lumière fut : oui, c’est au moment du changement de lait qu’elle a cessé de faire ses nuits et que tout s’est empiré. Il nous a parlé des démangeaisons (dont ma chère pédiatre se foutait éperdument) et du terrain atopique que présentait manifestement la puce, signes en faveur d’une intolérance. (Je vous ai dit que l’autre connasse de pédiatre est allergologue ?). Le but de l’hospitalisation : observer les effets d’un changement de lait.

Je vous passe les détails de l’enfermement avec un bébé hyper agité pendant deux jours, et de l’horreur de constater que le nouveau lait est si dégueulasse que la petite le refusait. Je suis encore une fois passée pour la mère faible et geignarde quand j’ai pleuré au biberon du soir, et j’ai eu droit à un « faut être plus solide, la maman » qui m’a achevée. En même temps, après six mois de lutte à chaque bib, de crises et de pleurs, voir ma fille avaler péniblement 30ml de lait et les vomir aussitôt, et devoir me résoudre à la coucher le ventre vide, parce que « faut qu’elle comprenne qu’elle n’a pas le choix », ils pensent vraiment que pleurer est un signe de faiblesse ? Ça devient lassant de se justifier… J’ai eu droit à la psy, qui m’a confirmé que ma dépression post-natale n’avait pas contribué à sécuriser ma fille, et expliquait en partie le fait qu’elle soit constamment en demande. Ok, je passerai le restant de mes jours à m’en vouloir et à expier, c’était prévu de tout façon madame. Mais bon l’essentiel est qu’effectivement il y a eu du mieux. En sucrant le lait pour que ça passe mieux, elle a fini par prendre le minimum syndical, et elle a recommencé à babiller, à sourire, chose qu’elle ne faisait plus.

Le retour à la maison a été merveilleux. Deux jours superbes. Deux jours… Après, elle a doublé la gencive du haut. C’était reparti pour les pleurs et les réveils la nuit. Le problème, c’est que j’ai accumulé tellement de fatigue, de tension, que j’ai été trop loin dans mes retranchements pour m’apaiser en deux jours. Alors j’ai pensé égoïstement « ça ne s’arrêtera jamais », sans me dire que la pauvre puce avait mal. Je l’ai consolée, bercée, je lui ai donné de quoi la soulager, mais pour être tout à fait honnête je pense avant tout à ma tranquillité et à mon sommeil quand je fais tout ça. C’est assez horrible à dire, mais c’est vrai.

Une semaine après, lors de la visite de contrôle, le pédiatre l’a trouvée transformée. Et c’était vrai : elle parlait, souriait, avait le ventre souple, ne se tordait plus. Dans la semaine, elle a posé sa petite tête sur moi pour la première fois, et a même fermé ses yeux. J’en aurais pleuré, c’était tellement beau ! Il a été convenu d’arrêter le traitement contre les reflux après deux semaines de lait spécial intolérance, on continue juste à épaissir le lait pour limiter les régurgitations.

C’était il y a trois semaines. Depuis, sa gencive a encore enflé, et les dents sont entrées en scène dans la foulée. La première dent du haut a percé il y a deux jours, et la seconde devrait bientôt briser les 48h de répit de nous venons d’avoir. Alors oui, la puce va mieux depuis qu’on a adapté son alimentation, mais la pauvre n’aura pas eu de période de répit, et moi non plus par la même occasion. Mais bizarrement cette fois les dents ne freinent plus ses progrès, et elle continue à apprendre malgré la douleur. C’est encourageant.

Voilà, si je n’ai pas écrit depuis un mois et demi c’est que c’est un chapitre bien sombre qui est en train de s’achever, et que je n’aime pas noircir les pages d’un carnet si rose. Le contexte n’a pas été facile non plus, avec un mari qui doit bosser sept jours sur sept pour prendre un nouveau départ dans son activité (et qui n’a pas droit à l’erreur sous peine de devoir tout arrêter), ma copine qui finalement, faute d’enfants à garder, a dû accepter de bosser avec son frère pendant trois mois, et qui du coup ne peut me garder la puce qu’un jour par semaine (en même temps que la petite qu’elle garde déjà), et des papiers en retard qui bloquent le contrat que je devrais lui avoir signé depuis des semaines (vive les administrations). Du coup je ne peux pas aider mon mari au moment où le temps presse vraiment. Moi qui essaie toujours de voir le positif en toute chose, là j’ai perdu pied, et j’ai perdu la foi ces derniers temps.

Aujourd’hui, doucement, la lumière revient. Des siestes de deux heures ou presque contre une demi-heure avant. Des sourires, des rires, des jeux, des bons moments avec ma fille. Parfois elle râle, il faut dire qu’elle a un bon petit caractère de merde et qu’elle ne supporte pas d’attendre cinq minutes, mais je profite enfin de mon bébé. Et là, deux nuits complètes en prime, les journées sont encore plus belles. J’arrive à faire deux ou trois choses, à ranger un peu, à tenir la maison propre, chose impensable il y a trois semaines. Je sais que la sœur jumelle de la dent ne va pas tarder à venir nous embêter, mais ça va, j’ai retrouvé mon bébé, ma boulette chérie, ma beauté cosmique, mon soleil joli. Les moments où j’ai profité de mon bébé ont été tellement courts ces sept derniers mois, j’ai l’impression d’avoir passé mon temps à gérer des soucis, des pleurs, de la fatigue. J’ai l’horrible sensation d’être totalement passée à côté de ma fille durant ses premiers mois de vie. Pourtant, non, quand j’y pense, il y a eu des moments de partage. C’est le mois qui s’achève qui a été le pire, celui où je suis allée au bout de ce que je pouvais supporter.

J’essaie de ne pas regarder en arrière, de mettre ma culpabilité de côté, de me concentrer sur le présent. Oui, c’est vrai, un bébé de sept mois c’est tellement éveillé, tellement expressif, tellement plus facile qu’un nouveau-né ! Ça ne marche pas tous les jours, mais quand tout ça me rattrape je regarde ma poupée qui me sourit de toutes ses trois dents en disant « Mam ! » (ou « gaga », je ne suis pas sûre qu’elle fasse la différence) (et en même temps elle n’a pas tort !), et j’oublie tout. Je découvre le vrai plaisir d’être avec elle, de communiquer, de rire, de la regarder grandir. C’est parfois les montagnes russes, elle arrive à me faire sortir de mes gonds, et l’instant d’après elle penche sa tête sur le côté en me souriant. Petite merdeuse.

On peut dire qu’elle aura éclairé ma vie, qu’elle l’aura bouleversée. Mais pour tout changer il faut tout casser. Quand j’y pense, je crois qu’elle a tout pulvérisé pour pouvoir reconstruire nos vies à sa mesure. On en a chié. Mais le pire, c’est qu’au final on est contents. Ce qui a été cassé manquait cruellement d’elle… Ce qui a été construit est éclairé de son sourire, illuminé de ses grands yeux bleus, tout est plus grand, plus joli. Tout est infiniment mieux.

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Celle qui fit garder sa fille

Il y a un peu plus de deux semaines s’est produit un évènement important. Après avoir craqué maintes et maintes fois, je me suis résolue à faire garder ma fille. Béni soit ce jour radieux.

Un jour, je suis passée voir ma copine, marraine de son état, et j’ai assez rapidement fondu en larmes. Elle a alors renouvelé sa proposition de me prendre la bête une après-midi. Jusque-là, j’étais réticente. Non que je n’avais pas confiance, mais plus par peur que ma fille se sente abandonnée (ouais, carrément), et surtout qu’elle rende sa pauvre marraine complètement chèvre. Mais ce jour-là, j’ai accepté. Le largage de bébé fut prévu pour le lendemain.

Super Marraine devant accompagner sa fille à l’école, elle serait chez elle vers 13h55. À 13h54, je tirais le frein à main devant sa grille, un mince sourire aux lèvres. Zéro culpabilité. Repartir fut moins facile… Après avoir déposé une dizaine de kilos d’affaires, plus le précieux colis, j’ai eu peur de la laisser. Pas peur pour la petite, après tout le pire qui pouvait arriver était qu’elle pleure tellement que je sois obligée de revenir la chercher. Non, peur qu’elle fasse la misère à ma copine, comme elle sait si bien faire.

C’était l’heure de sa sieste. « Tu veux que je la couche ? » ai-je demandé. « Non, c’est bon. » Euh… c’est que parfois elle est un peu compl… « Allez, au revoir maman ! » m’a-t-elle coupée. Bon. Euh… « Dégage ! » Ok.

14h15, chez moi. Oh putain, et si elle n’arrive pas à l’endormir ? J’ai pris un livre, tenté de me concentrer sur ce que je lisais. Envoyé un texto « Alors ?? ». Pas de réponse. Bon, je vais y retourner, hein, tant pis, fallait pas s’attendre à des miracles.  14h25 : « Tout va bien, elle dort ». Ben ça alors… Je me suis jetée dans mon lit, et je me rappelle m’être vaguement inquiétée de la réaction de la petite au réveil, lorsque qu’elle ne me verrait pas, avant de sombrer à mon tour dans le sommeil. Cette sieste a probablement été l’une des meilleures de ma vie. Ah, retrouver la saveur d’un réveil dans des draps tièdes, sans bébé qui pleure, avec l’exquise possibilité de refermer les yeux et de repartir pour un tour ! Rien que d’en parler je suis émue.

Prise d’un léger remord d’en profiter autant, j’ai téléphoné à ma copine vers 16h, pour apprendre que tout allait bien, merci. Prend ton temps surtout. Waouh. Bilan : j’ai récupéré un bébé heureux vers 17h30, tout s’est bien passé, super Marraine était contente d’avoir pu en profiter, et un grand pas venait d’être fait. Depuis l’expérience a été renouvelée deux fois, avec succès. Hier, elle l’a gardée de 14h à 18h30, et j’ai pu enfin redonner forme humaine à ma maison. Quand l’Homme est rentré, je l’ai prévenu : « Si le choc est trop grand, regarde les vitres, je les ai pas nettoyées, ça te fera un point de repère ! » Sur la route, j’ai reçu un sms : « Je suis ému ! ». Tu m’étonnes. Six mois, putain.

Donc je suis heureuse comme vous pouvez l’imaginer de voir que ma fille s’amuse bien chez super Marraine. Hier, elle ne m’a même pas calculée quand je suis venue la chercher, elle s’amusait trop bien. Et l’immense bonne nouvelle c’est que  ma copine est assistante maternelle, qu’elle est plutôt dispo, et que d’ici la fin de l’année nous allons surement lui signer un contrat pour deux ou trois demi-journées par semaine. L’Homme s’agrandit, il a besoin d’une vraie comptabilité, donc de mes services inestimables. Et moi, je vais retrouver les neurones que j’ai laissés à terre, enfin j’espère, et je vais pouvoir faire une pause bébé quelques heures par semaine. Je me dis que j’ai de la chance, je n’ai pas à confier ma fille à quelqu’un que je ne connais pas, ni à la laisser l’équivalent d’un temps plein, ce qui aurait été vraiment difficile pour moi. Cela va se passer simplement, sereinement, et je vais pouvoir lui consacrer beaucoup de temps tout en ayant une petite activité à côté. Je sais néanmoins qu’il va me falloir du temps avant de me tranquilliser, de retrouver un peu de patience, car je n’en ai plus tellement. Quatre heures de liberté n’effacent pas les mois de tension accumulée… Mais c’est un bon début tout de même !

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PO-SI-TI-VONS !

« Chérie, pourquoi tu pleures ? »

« Je crois que je ne suis pas faite pour ça… »

« Pour quoi ? »

« Pour avoir un bébé. Je suis pas faite pour ça en fait. Je suis nulle, j’y arrive pas, faut se rendre à l’évidence, je suis pas faite pour ça… Putain, la pauvre, si j’avais
su… »

« Mais arrête tes conneries ! »

« Non, je te jure. Je lui ai gueulé dessus ce matin, quel genre de mère fait ça, hein ? »

« Parce que tu crois vraiment que t’es la seule ?! »

Oui. Je le croyais vraiment.

Quand j’ai écrit mon dernier article, vous avez sans doute remarqué que j’ai modéré les commentaires, c’est dire si j’assumais le truc. Je ne m’attendais pas du tout à ce que chacune d’entre vous me dise « moi aussi, ça m’est arrivé ». Ben merde alors, fallait le dire, les filles ! Cela n’a pas résolu le problème, ni ma culpabilité vis-à-vis de ma fille, mais j’ai été soulagée d’un poids énorme en découvrant que je n’étais pas un cas isolé, que ce n’était pas un comportement anormal, bref que je ne suis pas si exceptionnelle finalement !

Je vous remercie toutes pour vos petits mots et tout le soutien que vous m’avez apporté. Un immense merci à vous, les fidèles qui me suivent depuis le début ou presque, et qui avez toujours les mots pour me rassurer et m’encourager. Une fois de plus, vous avez assuré ! J’ai découvert avec joie des lectrices qui se sont manifestées pour la première fois, pour me soutenir et partager leur vécu similaire. Et un immense merci à toutes celles qui ne me connaissaient pas avant de lire cet article, et qui ont pris le temps de m’écrire, de se raconter, de me consoler… C’est incroyable.

Aujourd’hui, on va faire un petit bilan positif de ces derniers jours… Bon, je ne vous cache pas qu’il y a encore eu des moments de découragement, et qu’il est bien possible que je finisse cette journée avec la tête dans le four, mais concentrons-nous sur ce qui va bien !

Déjà, la seconde dent est presque sortie, ce qui veut dire qu’on a passé le plus dur, que d’ici quelques jours l’humeur de la puce va considérablement s’améliorer (j’irai probablement brûler un cierge si tel est le cas). Selon la pédiatre, elle devrait avoir un bon mois de répit jusqu’à la prochaine poussée dentaire, et je crois qu’il est temps, la pauvre a mal depuis début août, ça commence à faire long.

Ensuite, comme je vous le disais, elle sait maintenant se retourner toute seule. Ce week-end je lui ai trouvé un parc double dans un vide poussette, et du coup le matin elle s’éclate pendant bien trois quart d’heure à rouler d’un bout à l’autre. Et moi je bois tranquillement mon café. Ce qui m’inquiète c’est qu’elle tient de mieux en mieux sur ses genoux… manquerait plus qu’elle commence à avancer maintenant !

Lundi elle a eu la visite des 6 mois. Elle pousse toujours bien : 8kg400 pour 68cm. Et pour la première fois la pédiatre a tendu l’oreille quand je lui ai dit qu’elle passait ses journées à râler. Miracle ! En résumé, rien d’inquiétant au fait qu’elle soit hyper agitée, c’est dans sa nature, la seule chose à faire c’est d’éviter de la surexciter davantage. Et pour le reste, elle m’a dit que les reflux allaient être pénibles encore deux ou trois mois, le temps qu’elle se tienne debout. Parce qu’en fait la station assise, surtout instable comme elle est pour l’instant, a tendance à lui compresser l’estomac plus qu’autre chose, du coup ça n’arrange pas les reflux. Mais, entre le traitement qui agit bien et la fin prochaine de la poussée dentaire, elle devrait être rapidement plus aimable (sinon je la vends sur ebay). Bref, ce fut un peu plus constructif que d’habitude, même si je conserve mon rendez-vous en pédiatrie que j’ai pris pour le mois
de novembre, histoire de consulter quelqu’un d’autre.

Grande nouvelle de cette visite : dans quelques jours je vais supprimer le biberon du midi. Et ça, putain, ça fait du bien… parce qu’entre les gencives hyper sensibles et les reflux, le bib c’est devenu un peu l’enfer. Désormais après le petit pot la miss aura un yaourt. Un vrai repas de grande ! Feu vert aussi pour augmenter la quantité de légumes, je commençais à avoir peur qu’elle m’attaque les doigts à la fin du petit pot. C’est un bonheur de lui donner à manger, elle aime tout et elle est sage comme une image.

Voilà, il y a donc pas mal de bonnes choses malgré tout ! Tout n’est pas rose, mais tout n’est pas noir non plus. Par exemple, cette nuit les dents n’ont pas réveillé la puce… par contre mon gros con de chat s’est mis à miauler comme un perdu à 4h du matin. Les voies du burn out sont impénétrables.

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À bout de nerfs

Ce matin, elle s’est réveillée tôt. Elle commencé à s’agiter pendant le biberon, qu’elle n’a pas fini du coup. Puis je l’ai posée sur son transat, pour une demi-heure assise obligatoire (pour éviter les reflux). Au bout de cinq minutes de jeu, elle a attaqué. Voilà, 8h30, c’est une journée de chouinage qui débute. Quand j’ai pu l’allonger, je l’ai installée par terre sur une couverture, et là elle s’en est donné à cœur joie : c’est qu’elle sait se remettre du ventre sur le dos depuis deux jours ! Elle m’a souri, elle a ri. Dix minutes. Elle s’est remise à râler. Dix minutes sympas, c’est tout ce que j’aurais ce matin.

Elle a râlé après le bain, elle a râlé pendant que je l’habillais, s’est débattue. C’est un combat permanent. Pour l’empêcher de se frotter les yeux, pour lui mettre un body, pour lui mettre du gel sur les gencives. Elle se tord, pleure, cogne. Elle veut dormir, je la couche, et là c’est autre chose. Ce matin, j’ai fini par crier. Oui, j’ai crié sur mon bébé. J’aime autant vous dire qu’il est inutile de me faire remarquer que ça ne sert à rien, encore moins de m’assassiner de reproches. J’y arrive très bien toute seule.

J’ai crié, je l’ai laissée seule, je suis partie pleurer sous la douche, le seul endroit où je ne l’entends pas râler. Quand je suis revenue, cinq minutes plus tard, elle dormait. La suite de ma journée ? Elle va manger son petit pot bien sagement, le biberon sera déjà beaucoup plus compliqué. Puis elle va râler jusqu’à ce que je lui donne son goûter. Elle fera la sieste, ou pas, quoi qu’il en soit elle râlera jusqu’à ce soir, jusqu’au biberon. Dans le meilleur des cas elle le finira et je la garderai aux bras pendant la demi-heure règlementaire de digestion (le seul moyen d’éviter qu’elle se mette à pleurer), puis s’endormira aussitôt couchée. Dans le pire des cas elle s’endormira sur le bib, pour se réveiller un quart d’heure plus tard pour le finir, et pour ne pas se rendormir de sitôt. Oh, j’aurai sans doute une dizaine de minutes de rire, vers la fin de la journée. Dix minutes qui me permettent de tenir le coup, plus ou moins.

Voilà, mes journées. Bientôt six mois que ça dure. Il y a toujours quelque chose. Après les reflux, les gencives, puis les reflux de nouveau, puis les dents… ça ne s’arrête pas. Depuis sa naissance, il ne s’est pas passé une semaine sereine, pas une. La seule chose qui la calme ce sont les bras, et encore, il faut bouger. La prendre aux bras et rester immobile, ce sont les pleurs assurés. Autant dire que je ne peux pas passer mes journées à la promener aux bras, de pièces en pièces ou même dehors. Les moments de calme sont très courts, elle peut jouer seule, avec moi, sur son tapis ou dans son transat, mais elle se lasse au bout de quelques minutes. Dans la salle d’attente de la pédiatre, c’est la seule qui s’impatiente, je suis toujours la seule à arpenter la pièce de long en large pour éviter aux autres les sirènes qui ne manqueraient pas de se mettre en route autrement. J’en viens à me demander ce qui cloche chez elle, chez moi, ou les deux. Quand je fais autre chose que m’occuper d’elle, c’est avec elle qui râle en fond sonore. Autant dire que je ne fais plus rien.

 Alors, quand j’écris, je me concentre sur le positif : elle est belle, elle grandit bien, elle me sourit c’est vrai très souvent, même quand elle râle. Je n’ai pas envie de me plaindre, de déballer mes envies de prendre le large. Parce que quand je vous lis je me sens en dessous de tout. Pas une fois je n’ai lu ou entendu « j’ai crié sur mon bébé ». Pas une fois. Je dois être la pire mère du monde alors.

Je n’écris pas ça pour être rassurée, pour être plainte, encore moins pour me faire fustiger. Mais je me dis que peut-être une maman lira ça un jour, et qu’elle se sentira moins seule. Parce que j’aurais tellement, tellement voulu lire ou entendre « mon bébé n’arrête pas de pleurer, je sais que ce n’est pas par caprice ni pour m’embêter mais je n’ai pas pu m’empêcher de lui crier dessus ». J’aimerais tellement savoir que je ne suis pas le seul monstre qui crie à sa fille « mais arrête de pleurer, putain ! », et qui sort de sa chambre en la laissant chouiner, parce qu’elle a tout épuisé, tous les recours, toutes les solutions. Qui revient en disant « mon bébé, ma chérie, pardon d’avoir crié, maman n’est pas en colère après toi, maman aimerais savoir quoi faire pour que tout aille bien ». Et qui se sent totalement incapable, nulle et monstrueuse.

Aujourd’hui, je comprends… Je comprends ces femmes qui ont hâte de reprendre le boulot. Je comprends ces femmes qui affirment ne pas s’éclater tant que leurs enfants sont au berceau. Je comprends ces femmes qui renoncent à en avoir un second. Je comprends ces femmes qui attrapent un jour quelques affaires au vol, et s’en vont quelque temps ailleurs, seules. Je comprends ces femmes qui disent : « que du bonheur ? non mais tu plaisantes ! ». Moi qui étais archi contre, je comprends qu’on puisse laisser pleurer son enfant quelques minutes. Parce que parfois il n’y a rien d’autre à faire. Je ne la laisse jamais pleurer à grosses larmes, mais maintenant je la laisse parfois chouiner cinq minutes.

Voilà, il fallait que tout ça sorte, désolée. Ce n’est pas exactement le genre de ton que je voulais donner au blog, mais j’ai besoin d’ouvrir les vannes aujourd’hui… J’ai commencé mille fois à écrire un article bien pensé, bien structuré, où je vous parlais de la difficulté d’être mère, de la dépression post-partum, du manque total d’écoute de la part des équipes médicales, et puis j’ai renoncé à chaque fois. Pas envie de noircir le tableau, pas envie d’en dire autant, pas envie de venir contredire toutes ces belles phrases que je faisais, sur le bonheur absolu que procure la maternité. Pour autant, je ne reviens pas dessus : la grossesse et l’arrivée de ma fille sont les plus belles choses qui m’aient été donné de vivre. Mais certains jours, ça ne va pas. L’un n’empêche pas l’autre.

☼ Un jour de lumière ☼

Nous sommes le 22 juillet. C’est un jour particulier pour moi, cette année plus que de coutume.

Cette date porte un voile de mélancolie depuis des années, puisque chaque 22 juillet je pense à l’âge qu’aurait eu mon meilleur ami parti très jeune, dont c’était l’anniversaire. Ce jour-là, plus que tout autre, je pense à lui et aux bons moments partagés, ceux qui restent quand le deuil a plus ou moins fait son travail et que la douleur se tient tranquille. Ce n’est pas vraiment un jour triste, c’est un jour du souvenir, un jour où je lui parle.

Il y a un an, je lui ai adressé une prière muette. Et mon vœu le plus cher a été exaucé. Ce 22 juillet 2012, un petit œuf a pris vie au creux de mon ventre. Mon bébé. Comme un cadeau du ciel, un cadeau qui m’était réservé pour cette date-là en particulier. Mon ami aurait eu 30 ans ce jour-là, et je ne peux m’empêcher de penser que c’est lui qui m’a envoyé cette petite âme, que c’est un clin d’œil qu’il me fait depuis son nuage.

Aujourd’hui, je regarde ma fille et je n’en reviens toujours pas. J’ai porté ce bébé, elle est sortie de moi. Mon œuf, ma toute petite, est-ce bien elle qui a grandi au creux de mon ventre, elle que je sentais bouger, elle que nous attendions tant ? Voilà trois mois qu’elle est là, que je la dévore du regard, et je m’émerveille toujours autant de ce miracle.

Nous lui avons choisi une marraine, mais les circonstances ont fait que nous n’avons pas désigné de parrain. Je crois avoir compris pourquoi. Qui d’autre pourrait remplir ce rôle ?

Il y a un an, une lumière s’est allumée, et elle n’allait pas tarder à tout éclairer.

Il y a un an, une âme m’a choisie pour lui donner la vie, sous l’œil bienveillant de son parrain des nuages.

Depuis un an, tout a changé même si rien n’est si différent.

Aujourd’hui, j’ai pris quelques minutes pour remercier. Remercier mon homme de m’avoir fait mère, remercier ma fille de m’avoir choisie, et remercier mon ange de veiller sur elle. Aujourd’hui,plus que jamais, je me sens aimée de si belle manière que ce 22 juillet est un jour de lumière…

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7 semaines

Ma princesse a eu sept semaines hier. Sept semaines ! Mais où sont-elles passées ?

7 semaines à prendre nos marques.

7 semaines à la contempler, muets de stupeur.

7 semaines à pleurer, dépassée par les évènements.

7 semaines à craindre, à avoir peur de tout, surtout de mal faire.

7 semaines à la regarder grandir et changer à une vitesse folle.

7 semaines à constater ses progrès quotidiens, à la voir s’éveiller de jour en jour.

7 semaines à ne vivre que par elle, que pour elle.

7 semaines sans écrire…

L’envie d’écrire me réveille la nuit, parfois. Mais je n’ai pas la force de me lever. Pourtant, j’en ai des choses à écrire ! Il me faudrait revenir sur l’histoire de cette grossesse, qui reste inachevée. Raconter la toute fin, mettre dessus les derniers mots, ceux qui me resteront de cette incroyable aventure. Parler de ce père que j’ai vu naître et grandir, de ces petites phrases qui ont ponctué ces neuf mois, qui les résument et leur donnent du relief, de ce que j’ai appris qu’on ne m’avait pas dit, de la fin d’une période dont le manque creuse déjà ma poitrine si je me laisse aller à y penser.

Il faudrait que je vous raconte ces premières semaines où je n’étais pas mère, où j’étais effondrée, écrasée sous un poids si lourd que je peine encore à m’en dégager. Je n’ai pas vécu quelques jours de mélancolie, j’ai sombré dans une dépression que je pensais avoir prévenue avec tout ce travail fait sur moi, avant. Mais il faut croire qu’identifier les causes d’un mal-être n’empêche pas totalement d’y céder. Je savais que les premiers temps seraient difficiles, je pensais que j’aurais du mal à accomplir les gestes du quotidien, peur de lui faire mal en l’habillant, peur de lui donner le bain… Mais il n’en fut rien, le malaise est venu de l’intérieur, de choses avec lesquelles je croyais en avoir fini. C’est un douloureux constat d’échec que d’admettre que je me suis retrouvée face à une histoire que j’avais soigneusement archivée et rangée parmi les affaires classées.

Et puis il faudrait que je vous raconte ces trois dernières semaines, les plus éprouvantes. Celles où il a fallu insister pour qu’on se penche sur le problème, pour qu’on arrête de nous prendre pour de jeunes parents inquiets et hystériques. Celles où j’ai vu ma fille souffrir, où les journées n’étaient que cris et pleurs, et pas seulement ses cris et ses pleurs, les miens aussi. Celles où j’ai perdu plus d’une fois patience, et auxquelles je ne repense pas sans me sentir la pire mère du monde, la mère qui a haussé le ton face à un bébé qui exprimait simplement sa douleur.

Depuis deux jours, nous découvrons un autre bébé. Elle est si différente, tout est tellement plus léger… Elle souffrait de reflux, avait mal constamment, on ne pouvait pas la poser. Elle a passé la semaine dernière dans nos bras, nuit et jour, et cela a permis de faire reculer la douleur. Un traitement, un nouveau lait, et tout va mieux. Bien sûr il faudra des mois pour régler le problème, mais au moins nous venons à bout des symptômes. Depuis deux jours, on peut la poser, bien inclinée et à distance raisonnable du biberon, mais on peut souffler un peu. Se remettre à manger, à ranger la maison, à avoir un semblant de vie normale. Et surtout, surtout, la voir apaisée, la regarder dormir sans froncement de sourcils, sans pleurs qui ponctuent un sommeil agité…

Mis à part ça tout va bien. Notre puce est magnifique, elle grandit plus que bien : elle pèse déjà plus de cinq kilos et a pris cinq centimètres durant les trois premières semaines ! Je ne sais pas combien elle mesure aujourd’hui, mais nous venons de passer aux vêtements en trois mois. Quand je la regarde, je cherche le tout petit bébé qui est sorti de moi, et force est de constater qu’il n’existe plus. C’est une belle petite fille, avec de grands yeux bleus (pour le moment), et des cheveux qui tirent sur le roux, ce qui est génétiquement impossible et laisse le suspense entier quant à sa couleur définitive. Elle sourit, de grands et lumineux sourires qui nous font fondre le cœur. Ses petits pieds et ses sourires, les plus belles choses qui soient.

Maintenant qu’elle va mieux, j’espère pouvoir me remettre à écrire, j’en ai tellement besoin ! J’ai mille idées, un million de mots sur le bout des doigts, un milliard de phrases m’ont déjà échappé. Petit à petit, j’aimerais les rattraper, vous raconter ma fille, vous raconter mes peurs, vous raconter la vie qui vient juste de commencer. Écrire en deux tons, rose ici et pétillant là-bas, ce là-bas que j’aimerais vous montrer, à condition de l’avoir rendu plus anonyme qu’il ne l’est pour l’instant. Et puis revenir vers vous, vous lire, rattraper le temps perdu, vous reprendre la main, vous qui m’avez suivie, encouragée, fait rire, émue, vous qui avez manifesté tant de joie et d’affection pour la naissance de ma princesse. Vous qui m’avez manqué, manqué, si vous saviez !

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